{"id":552,"date":"2005-12-10T15:51:43","date_gmt":"2005-12-10T14:51:43","guid":{"rendered":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2005\/12\/10\/george-sand-en-1848\/"},"modified":"2005-12-10T15:51:43","modified_gmt":"2005-12-10T14:51:43","slug":"george-sand-en-1848","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2005\/12\/10\/george-sand-en-1848\/","title":{"rendered":"George SAND en 1848"},"content":{"rendered":"<p>[Lamartine]<em>, j\u00e9suite na\u00eff, esp\u00e8ce de Lafayette qui veut \u00eatre pr\u00e9sident de la R\u00e9publique, et qui en viendra \u00e0 bout<\/em> [&#8230;] <em>parce qu&rsquo;il m\u00e9nage toutes les id\u00e9es et tous les hommes, sans croire \u00e0 aucune id\u00e9e et sans aimer aucun homme.<\/em><br \/>\n<br \/>George Sand, lettre \u00e0 son fils Maurice, fin avril 1848.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s la difficile ann\u00e9e 1847 (rupture avec Chopin, difficult\u00e9s du couple que forme sa fille Solange avec le sculpteur Cl\u00e9singer), 1848 est, \u00e0 plusieurs titres, une ann\u00e9e cruciale pour George Sand : elle vient de se mettre \u00e0 l&rsquo;\u00e9criture de l&rsquo;<em>Histoire de ma vie<\/em> ; elle s&rsquo;engage corps et \u00e2me dans la r\u00e9volution, et, apr\u00e8s le 15 mai, s&rsquo;en retire profond\u00e9ment d\u00e9courag\u00e9e ; elle ne composera plus ensuite de ses \u00ab romans socialistes \u00bb comme <em>Le Compagnon du Tour de France<\/em> (1840), <em>Horace<\/em> (1841), <em>La Comtesse de Rudolfstadt<\/em> (1843), Jeanne (1844), <em>Le Meunier d&rsquo;Angibault<\/em> (1845), ou <em>Le P\u00e9ch\u00e9 de Monsieur Antoine<\/em> (1847).<\/p>\n<p>Ce sont l&rsquo;avocat Michel de Bourges et Pierre Leroux qui l&rsquo;ont initi\u00e9e au socialisme \u00e0 la fin des ann\u00e9es 1830. Elle a fond\u00e9 avec ce dernier <em>La Revue ind\u00e9pendante<\/em> en 1841. Deux ans plus tard, Leroux s&rsquo;est install\u00e9 comme imprimeur \u00e0 Boussac, non loin de Nohant, et y a cr\u00e9\u00e9 une communaut\u00e9 socialiste. Il y imprimait aussi <em>L&rsquo;\u00c9claireur de l&rsquo;Indre<\/em>, cr\u00e9\u00e9 par Sand en 1843[[<em>La politique de <em>L&rsquo;\u00c9claireur<\/em> se rapprochait de celle du journal parisien <em>La R\u00e9forme<\/em>, sur lequel r\u00e9gnait Ledru-Rollin, avocat de verve facile, de belle prestance, au sourire aimable, mais paresseux et assez opportuniste, car il avait fait un mariage riche et courait les femmes<\/em> (Andr\u00e9 Maurois, <em>L\u00e9lia ou la vie de George Sand<\/em>).]].<br \/>\n<br \/>Elle s&rsquo;est ainsi forg\u00e9e peu \u00e0 peu une doctrine sociale, chr\u00e9tienne et utopique qui pr\u00f4ne la cr\u00e9ation de communaut\u00e9s fraternelles pour d\u00e9passer les antagonismes de classes.<\/p>\n<p>En 1847-1848, elle s&rsquo;\u00e9loigne de Leroux qu&rsquo;elle soutient mat\u00e9riellement depuis des ann\u00e9es mais qui lui semble maintenant vivre un peu en parasite. Elle dit de lui : <em>\u00ab Entre le g\u00e9nie et l&rsquo;aberration, il y a souvent l&rsquo;\u00e9paisseur d&rsquo;un cheveu \u00bb<\/em> (lettre du 22 janvier 1848 \u00e0 Mazzini). Leroux est \u00e9lu \u00e0 l&rsquo;Assembl\u00e9e \u00e0 Paris en juin 1848 et s&rsquo;attire les moqueries de la presse par son accoutrement et sa maladresse. Il est davantage un homme de r\u00e9flexion que d&rsquo;action.<\/p>\n<p>Sand s&rsquo;est rapproch\u00e9e de Louis Blanc et collabore \u00e0 <em>La R\u00e9forme<\/em> de Ledru-Rollin.<br \/>\n<br \/>Aussit\u00f4t apr\u00e8s la r\u00e9volution, elle arrive \u00e0 Paris le 1er mars, inqui\u00e8te, \u00e0 la recherche de son fils Maurice qu&rsquo;elle retrouve sain et sauf. Elle retourne \u00e0 Nohant du 8 au 21, pour regagner ensuite la capitale, cr\u00e9ant l&rsquo;hebdomadaire <em>La Cause du peuple<\/em> et r\u00e9digeant jusqu&rsquo;au 29 avril, sans les signer, des articles pour le <em>Bulletin de la R\u00e9publique<\/em>, o\u00f9 elle tente de convaincre les campagnes de payer l&rsquo;imp\u00f4t r\u00e9publicain et de voter pour la R\u00e9publique. Son adresse est alors le 8 rue de Cond\u00e9, chez Maurice.<\/p>\n<p>Le 16 avril, le 15 mai et juin 1848 provoquent la ruine de ses espoirs de r\u00e9volution sociale. Elle s&rsquo;\u00e9loigne du gouvernement, qu&rsquo;elle assimile \u00e0 un pouvoir bourgeois. Elle repart \u00e0 Nohant le 17 mai au soir. Elle a attendu deux jours apr\u00e8s le 15, s&rsquo;attendant \u00e0 \u00eatre arr\u00eat\u00e9e mais ne voulant pas donner l&rsquo;impression qu&rsquo;elle fuit.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s son retrait du <em>Bulletin<\/em> et l&rsquo;\u00e9chec de <em>La Cause du peuple<\/em>, elle collabore \u00e0 <em>La Vraie R\u00e9publique<\/em> du socialiste Thor\u00e9. Elle \u00e9crit \u00e0 un cousin le 20 mai : <em>\u00ab Les meneurs de la v\u00e9ritable id\u00e9e sociale ne sont gu\u00e8re plus \u00e9clair\u00e9s que ceux qu&rsquo;ils combattent et jouent trop la partie \u00e0 leur profit.<\/em> [&#8230;] [Le peuple] <em>manque de guides \u00e0 la hauteur de leur mission \u00bb<\/em>. En juillet, elle partage la tristesse de Lamennais, et l&rsquo;exprime en particulier \u00e0 son \u00e9diteur Hetzel.<\/p>\n<p>Le 1er juin 1848, elle reprend la r\u00e9daction de <em>Histoire de ma vie<\/em>, dont la publication commence \u00e0 l&rsquo;automne 1854 dans <em>La Presse<\/em> de Girardin (elle aurait pu commencer plus t\u00f4t, mais l&rsquo;\u00e9diteur craignait la censure imp\u00e9riale). Sand ne s&rsquo;\u00e9panche sur 1848 ni dans ces m\u00e9moires, ni ailleurs dans son \u009cuvre, se contentant de l&rsquo;\u00e9voquer dans la pr\u00e9face de <em>La Petite Fadette<\/em>, compos\u00e9e en ao\u00fbt 1848.<\/p>\n<p>Elle \u00e9crit le 22 d\u00e9cembre dans <em>La R\u00e9forme<\/em> : <em>\u00ab Le peuple n&rsquo;est pas politique.<\/em> [&#8230;] <em>Mais un peu de patience. Dans peu de temps, le peuple sera socialiste et politique, et il faudra bien que la r\u00e9publique soit \u00e0 son tour l&rsquo;un et l&rsquo;autre \u00bb<\/em>. Elle pense maintenant que seules la patience, la sagesse et la raison permettront au peuple d&rsquo;\u00e9voluer vers la r\u00e9publique sociale.<\/p>\n<p>Il lui faudra attendre 23 ans pour que la Commune de Paris confirme cette proph\u00e9tie. Mais la r\u00e9volution sociale se heurte alors \u00e0 l&rsquo;incompr\u00e9hension de Sand, sinon \u00e0 sa haine. Influenc\u00e9e par Flaubert, Dumas Fils et d&rsquo;autres, elle ira m\u00eame jusqu&rsquo;\u00e0 attaquer Hugo pour sa cl\u00e9mence envers les Communards.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>[Lamartine], j\u00e9suite na\u00eff, esp\u00e8ce de Lafayette qui veut \u00eatre pr\u00e9sident de la R\u00e9publique, et qui en viendra \u00e0 [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[2],"tags":[45,42,31],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/552"}],"collection":[{"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=552"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/552\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=552"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=552"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=552"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}