{"id":569,"date":"2005-12-30T23:11:28","date_gmt":"2005-12-30T22:11:28","guid":{"rendered":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2005\/12\/30\/balade-litteraire-dans-le-paris-de-proust-1\/"},"modified":"2005-12-30T23:11:28","modified_gmt":"2005-12-30T22:11:28","slug":"balade-litteraire-dans-le-paris-de-proust-1","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2005\/12\/30\/balade-litteraire-dans-le-paris-de-proust-1\/","title":{"rendered":"Balade litt\u00e9raire dans le Paris de Proust (1)"},"content":{"rendered":"<p>Cette balade nous prom\u00e8ne sur les pas de personnages proustiens, r\u00e9els ou de fiction, et jusqu&rsquo;aux derni\u00e8res demeures de l&rsquo;\u00e9crivain et d&rsquo;Anna de Noailles.<\/p>\n<figure id=\"attachment_1926\" aria-describedby=\"caption-attachment-1926\" style=\"width: 300px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" class=\" aligncenter size-full wp-image-1926\" src=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2005\/12\/jpg_noailles.jpg\" alt=\"Anna de Noailles\" title=\"Anna de Noailles\" class=\"caption\" align=\"center\" width=\"300\" height=\"441\" srcset=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2005\/12\/jpg_noailles.jpg 300w, https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2005\/12\/jpg_noailles-204x300.jpg 204w\" sizes=\"(max-width: 300px) 94vw, 300px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-1926\" class=\"wp-caption-text\">Anna de Noailles<\/figcaption><\/figure>\n<p>1)\tAnatole France habite <strong>5 villa Sa\u00efd<\/strong> (la voie est  aujourd&rsquo;hui priv\u00e9e) \u00e0 partir de 1893. Avec sa barbiche, son style et son nez en colima\u00e7on, il devient Bergotte dans la <em>Recherche<\/em>. Mais Bergotte est aussi, comme tous les personnages de la <em>Recherche<\/em>, un composite de plusieurs caract\u00e8res : Ernest Renan, Proust lui-m\u00eame, etc.<\/p>\n<p>2)\tProust vit entre juin et octobre 1919 dans un appartement appartenant \u00e0 l&rsquo;actrice R\u00e9jane, <strong>8 bis rue Laurent-Pichat<\/strong> (3e \u00e9tage sur rue). C&rsquo;est Jacques Porel, le fils de l&rsquo;actrice, qui propose \u00e0 Marcel cet arrangement avant que, du 102 boulevard Haussmann qu&rsquo;il doit quitter, il n&#8217;emm\u00e9nage rue Hamelin.<br \/>\n<br \/>En juin 1919 para\u00eet <em>\u00c0 l&rsquo;Ombre des jeunes filles en fleur<\/em> chez Gallimard.<\/p>\n<p><figure id=\"attachment_1927\" aria-describedby=\"caption-attachment-1927\" style=\"width: 290px\" class=\"wp-caption alignleft\"><img loading=\"lazy\" class=\" alignleft size-full wp-image-1927\" src=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2005\/12\/jpg_pichatdef.jpg\" alt=\"8 bis rue Laurent-Pichat.\" title=\"8 bis rue Laurent-Pichat.\" class=\"caption\" align=\"left\" width=\"290\" height=\"400\" srcset=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2005\/12\/jpg_pichatdef.jpg 290w, https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2005\/12\/jpg_pichatdef-218x300.jpg 218w\" sizes=\"(max-width: 290px) 94vw, 290px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-1927\" class=\"wp-caption-text\">8 bis rue Laurent-Pichat.<\/figcaption><\/figure>3)\tBoni de Castellane, un des aristocrates dont Proust fr\u00e9quente les r\u00e9ceptions, se fait construire en 1896 un h\u00f4tel 50 avenue du Bois (rebaptis\u00e9e <strong>avenue Foch<\/strong> en 1929), h\u00f4tel aujourd&rsquo;hui disparu.<\/p>\n<p>4)\t\u00c0 l&rsquo;occasion de son mariage avec Mme Verdurin qui devient ainsi princesse de Guermantes, le prince de Guermantes se fait construire un h\u00f4tel avenue du Bois (<strong>avenue Foch<\/strong>), se d\u00e9pla\u00e7ant ainsi du Faubourg Saint-Germain (rue de Varenne) vers ce quartier qui trouve son essor avec le Second Empire.<br \/>\n<br \/>Pour nous rendre \u00e0 l&rsquo;\u00e9tape suivante, nous pouvons emprunter la rue Paul Val\u00e9ry, au n\u00b040 de laquelle se trouve la demeure que le po\u00e8te symboliste occupe entre 1900 et 1945.<\/p>\n<p>5)\tDes amis anglais de Proust donnent en mai 1922 une f\u00eate \u00e0 l&rsquo;h\u00f4tel Majestic (<strong>19 avenue Kl\u00e9ber<\/strong>) en l&rsquo;honneur des Ballets russes. L&rsquo;h\u00f4tel est \u00e9galement cit\u00e9 dans la <em>Recherche<\/em>.<\/p>\n<p>6)\tDans le roman, Odette de Cr\u00e9cy r\u00e9side rue Lap\u00e9rouse avant son mariage avec Swann. Elle a \u00e9t\u00e9 l&rsquo;amante d&rsquo;Adolphe, grand oncle du narrateur. Son principal mod\u00e8le dans la r\u00e9alit\u00e9, la demi-mondaine Laure Hayman dont l&rsquo;adresse est le <strong>4 rue Lap\u00e9rouse<\/strong>[[Un immeuble plus r\u00e9cent a remplac\u00e9 celui de l&rsquo;\u00e9poque.]], a \u00e9t\u00e9 \u00e9galement la ma\u00eetresse de Louis Weil, lui-m\u00eame mod\u00e8le d&rsquo;Adolphe. Laure est tr\u00e8s froiss\u00e9e, lorsque para\u00eet <em>La Recherche<\/em>, de se reconna\u00eetre en partie dans Odette.<br \/>\n<br \/>Cette derni\u00e8re fait son chemin dans la <em>Recherche<\/em>, puisqu&rsquo;elle \u00e9pouse Swann et son argent, puis le comte de Forcheville et sa noblesse, et sera l&rsquo;amante du duc de Guermantes. La fille que lui donne Swann, Gilberte, sera un moment adul\u00e9e par le narrateur, puis \u00e9pousera le marquis de Saint-Loup apr\u00e8s avoir h\u00e9rit\u00e9 de la noblesse de son beau-p\u00e8re le comte. Saint-Loup \u00e9tant le neveu du baron de Charlus, lui-m\u00eame Guermantes, Gilberte deviendra ainsi une Guermantes.<\/p>\n<p><figure id=\"attachment_1928\" aria-describedby=\"caption-attachment-1928\" style=\"width: 280px\" class=\"wp-caption alignright\"><img loading=\"lazy\" class=\" alignright size-full wp-image-1928\" src=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2005\/12\/jpg_hamelindef.jpg\" alt=\"44 rue Hamelin.\" title=\"44 rue Hamelin.\" class=\"caption\" align=\"right\" width=\"280\" height=\"370\" srcset=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2005\/12\/jpg_hamelindef.jpg 280w, https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2005\/12\/jpg_hamelindef-227x300.jpg 227w\" sizes=\"(max-width: 280px) 94vw, 280px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-1928\" class=\"wp-caption-text\">44 rue Hamelin.<\/figcaption><\/figure>7)\tLe 1er octobre 1919, Proust emm\u00e9nage au 5e \u00e9tage sur rue et cour du <strong>44 rue Hamelin<\/strong> (plaque). L&rsquo;immeuble est aujourd&rsquo;hui un h\u00f4tel, et l&rsquo;on peut r\u00e9server une chambre \u00e0 l&rsquo;\u00e9tage o\u00f9 Proust a v\u00e9cu ses derniers mois.<br \/>\n<br \/>Le 10 d\u00e9cembre, il re\u00e7oit le prix Goncourt pour <em>\u00c0 l&rsquo;Ombre des jeunes filles en fleurs<\/em>.<br \/>\n<br \/>L&rsquo;appartement n&rsquo;est pas chauff\u00e9, Proust ne supportant ni la poussi\u00e8re chass\u00e9e par les radiateurs, ni la fum\u00e9e d&rsquo;une chemin\u00e9e.<br \/>\n<br \/>Il d\u00e9c\u00e8de ici le 18 novembre 1922 d&rsquo;une pneumonie, dans une temp\u00e9rature glaciale. Sa mort est celle d&rsquo;un pauvre homme, alors que sa fortune lui aurait permis de se soigner mieux.<br \/>\n<br \/>Les parties publi\u00e9es de la <em>Recherche<\/em> sont <em>Du C\u00f4t\u00e9 de chez Swann, \u00c0 l&rsquo;Ombre des jeunes filles en fleur, Le C\u00f4t\u00e9 de Guermantes I et II, Sodome et Gomorrhe I et II<\/em>. <em>La Prisonni\u00e8re<\/em> et <em>Sodome et Gomorrhe III<\/em> sont en relecture chez Gallimard. C&rsquo;est Robert, le fr\u00e8re m\u00e9decin de Marcel &#8211; dont il refusera toujours les soins -, qui reprend plus tard les manuscrits non encore publi\u00e9s pour en faire (\u00e0 sa mani\u00e8re, qui est aujourd&rsquo;hui bien discut\u00e9e) les trois derni\u00e8res parties que l&rsquo;on conna\u00eet : <em>La Prisonni\u00e8re, Albertine disparue<\/em> et <em>Le Temps retrouv\u00e9<\/em>.<\/p>\n<p>8)\tJeanne Proust est op\u00e9r\u00e9e \u00e0 deux reprises, en 1896, \u00e0 la maison de sant\u00e9 des S&#339;urs du divin r\u00e9dempteur, <strong>rue Georges Bizet<\/strong> (est-ce la clinique du n\u00b024 actuel ?). Elle souffre de crises d&rsquo;ur\u00e9mie. Mais, \u00e0 la diff\u00e9rence de son fils, elle ne se plaint pas de sa sant\u00e9.<br \/>\n<br \/>Pour se rendre \u00e0 l&rsquo;\u00e9tape suivante, on peut \u00e9ventuellement emprunter le m\u00e9tro entre Alma-Marceau et Trocad\u00e9ro (2 stations). \u00c0 la sortie du m\u00e9tro Trocad\u00e9ro se trouve le cimeti\u00e8re de Passy, o\u00f9 reposent de nombreux \u00e9crivains et artistes (Proust, lui, est enterr\u00e9 au cimeti\u00e8re du P\u00e8re Lachaise).<\/p>\n<p><figure id=\"attachment_1929\" aria-describedby=\"caption-attachment-1929\" style=\"width: 285px\" class=\"wp-caption alignleft\"><img loading=\"lazy\" class=\" alignleft size-full wp-image-1929\" src=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2005\/12\/jpg_anna.jpg\" alt=\"40 rue Scheffer.\" title=\"40 rue Scheffer.\" class=\"caption\" align=\"left\" width=\"285\" height=\"360\" srcset=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2005\/12\/jpg_anna.jpg 285w, https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2005\/12\/jpg_anna-238x300.jpg 238w\" sizes=\"(max-width: 285px) 94vw, 285px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-1929\" class=\"wp-caption-text\">40 rue Scheffer.<\/figcaption><\/figure>9)\tRobert de Montesquiou habite au rez-de-chauss\u00e9e du <strong>8 rue Franklin<\/strong>, l\u00e0 m\u00eame o\u00f9 a demeur\u00e9 Georges Clemenceau apr\u00e8s lui.<br \/>\n<br \/>Proust rencontre Montesquiou en avril 1893 et comptera sur lui pour l&rsquo;introduire dans les salons du faubourg Saint-Germain. Il est cousin de la comtesse de Greffulhe, ainsi que mod\u00e8le du baron de Charlus et du triste Des Esseintes dans <em>\u00c0 Rebours<\/em> de Huysmans.<br \/>\n<br \/>Le mus\u00e9e Clemenceau se visite l&rsquo;apr\u00e8s-midi, tous les jours sauf lundi et dimanche. <\/p>\n<p>10)\tAnna de Noailles, fille de la princesse de Brancovan et femme du comte de Noailles, d\u00e9c\u00e8de <strong>40 rue Scheffer en 1933<\/strong>. Elle s&rsquo;installe ici en 1910, un an apr\u00e8s la construction du bel immeuble que l&rsquo;on peut voir encore aujourd&rsquo;hui, et y tient un salon litt\u00e9raire jusqu&rsquo;\u00e0 sa mort. Ind\u00e9pendante, dreyfusarde alors que tout son entourage est antidreyfusard, elle a de quoi s\u00e9duire Proust. Sa chambre est reconstitu\u00e9e dans le mus\u00e9e Carnavalet \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de celle de Proust, dont certaines salles donnent l&rsquo;illusion de se retrouver au milieu des personnages et du Paris de Proust.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Cette balade nous prom\u00e8ne sur les pas de personnages proustiens, r\u00e9els ou de fiction, et jusqu&rsquo;aux derni\u00e8res demeures [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":1926,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[3],"tags":[45,47],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/569"}],"collection":[{"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=569"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/569\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/1926"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=569"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=569"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=569"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}