{"id":573,"date":"2006-01-07T00:00:00","date_gmt":"2006-01-06T23:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2006\/01\/07\/au-petit-rocher\/"},"modified":"2006-01-07T00:00:00","modified_gmt":"2006-01-06T23:00:00","slug":"au-petit-rocher","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2006\/01\/07\/au-petit-rocher\/","title":{"rendered":"Au Petit Rocher"},"content":{"rendered":"<p class=\"post_excerpt\">Le repas complet co\u00fbte trente sous, la sp\u00e9cialit\u00e9 maison est le pot-au-feu.<\/p>\n<p><!--more--><br \/>\n<em>Par Bernard Vassor<\/em><\/p>\n<p>Si l&rsquo;on parlait du \u00ab Petit Rocher \u00bb, personne ne connaissait l&rsquo;endroit, mais si l&rsquo;on pronon\u00e7ait<br \/>\n<em>\u00abDinocheau \u00bb,<\/em> alors, tous les boulevardiers \u00e9taient unanimes pour vanter la qualit\u00e9 de cet \u00e9tablissement. Le seul d\u00e9cor \u00e9tait une grande glace occupant tout un mur.<br \/>\n<strong>Edouard Dinocheau<\/strong>, fils, reprit la succession de l&rsquo;auberge maternelle.<\/p>\n<p><em>\u00ab La salle minuscule (elle existe toujours) pouvait contenir environ douze clients. Un petit escalier menant \u00e0 une salle bois\u00e9e, ch\u00eane vernis et papier rouge velout\u00e9. Table en fer \u00e0 cheval, le d\u00eener est bourgeois et provincial, de la soupe grasse et du bouilli. A la fin du d\u00eener apr\u00e8s le caf\u00e9, Dinochau, mine \u00e9merillonn\u00e9e, dans ce monde d\u00eenant en manches de chemises, cheveux fris\u00e9s, venant se m\u00ealer de litt\u00e9rature et racontant des charges d&rsquo;Auvergnat \u00bb<\/em>.<\/p>\n<p>Les soirs d&rsquo;affluence, on finissait par y entasser plus de quarante personne parmi lesquelles on pouvait reconna\u00eetre certains jours :<br \/>\nBaudelaire accompagn\u00e9 de Jeanne Duval, <em>le pi\u00e9ton de Paris Paul Delvau<\/em>, Poulet-Malassis, Scholl, Monselet, Jules Janin qui habitait rue Br\u00e9da, F\u00e9lix Nadar Tournachon et Henri M\u00fcrger, enfant du quartier depuis sa naissance rue Saint-Georges.<\/p>\n<p>Ce brave Dinochau fit faillite en 1871, la plupart de ses \u00abclients\u00bb oubliaient parfois de le payer. Pendant le si\u00e8ge de Paris, il s&rsquo;\u00e9tait ent\u00eat\u00e9 \u00e0 maintenir ses prix bas, le conduisant ainsi \u00e0 la ruine. C&rsquo;est Henri de Villemessant qui, flairant une bonne affaire, rach\u00e8tera le restaurant en 1871.<\/p>\n<p>Portrait fielleux par Edmond de Goncourt : <em>\u00ab le p\u00e8re Dinochau, un vieil abruti, la m\u00e8re Dinochau, qui avait de gros yeux saillants comme des tampons de locomotive et le fils  devenu c\u00e9l\u00e8bre plus tard : un voyoucrate intelligent \u00bb<\/em>.<br \/>\n<br \/>Un autre portrait charmant que donne Jules cette fois, au cours d&rsquo;un d\u00eener chez Dinochau \u00e0 propos de la ma\u00eetresse de M\u00fcrger :<br \/>\n<em>\u00ab Ma\u00eetresse de M\u00fcrger, petite cr\u00e9ature menue, visage tout pointu, tout brid\u00e9, tout retir\u00e9. Les cheveux sur le front, petite moustache piquante. Ratatin\u00e9e, venimeuse, pie-gri\u00e8che frott\u00e9e de mots, disant que Buloz demande de ses nouvelles \u00bb<\/em>.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le repas complet co\u00fbte trente sous, la sp\u00e9cialit\u00e9 maison est le pot-au-feu.<\/p>\n","protected":false},"author":7,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[5],"tags":[41,48,19],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/573"}],"collection":[{"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/7"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=573"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/573\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=573"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=573"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=573"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}