{"id":576,"date":"2006-01-08T00:00:00","date_gmt":"2006-01-07T23:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2006\/01\/08\/la-brasserie-des-martyrs\/"},"modified":"2006-01-08T00:00:00","modified_gmt":"2006-01-07T23:00:00","slug":"la-brasserie-des-martyrs","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2006\/01\/08\/la-brasserie-des-martyrs\/","title":{"rendered":"La Brasserie des Martyrs"},"content":{"rendered":"<p class=\"post_excerpt\">7 et 9 rue des Martyrs et 8 rue Notre-Dame-de-Lorette<\/p>\n<p><!--more--><br \/>\n<em>Par Bernard Vassor<\/em><\/p>\n<p>Cette maison fut ouverte vers le d\u00e9but des ann\u00e9es 1850 par un certain Schoen, qui fit rapidement faillite.<br \/>\nUn sieur Bourgeois qui a succ\u00e9d\u00e9, lui donnera une certaine notori\u00e9t\u00e9 en modifiant la d\u00e9coration de l&rsquo;\u00e9tablissement (criardes aux yeux de certains) et qui devint bient\u00f4t le lieu de rendez-vous de tous les artistes, les peintres les plus divers, comme <strong>Alfred St\u00e9vens, Yan d&rsquo;Argent<\/strong>, les ingristes et les coloristes s&rsquo;opposaient avec violence \u00e0 celui qui allait vite devenir le ma\u00eetre des lieux, l&rsquo;\u00e9l\u00e8ve de l&rsquo;\u00e9cole de Bougival, <strong>Gustave Courbet<\/strong>.<\/p>\n<p><strong>Manet<\/strong> venait souvent avec son cousin le commandant <strong>Lejosne,<\/strong> militaire r\u00e9publicain voisin de l&rsquo;avenue Trudaine, en disponibilit\u00e9 depuis le coup d&rsquo;\u00e9tat du 2 d\u00e9cembre et de son ami <strong>Baudelaire.<\/strong> <\/p>\n<p>Des \u00e9crivains, <strong>Champfleury, Philibert Audebrand, Louis Desnoyers<\/strong>  le pr\u00e9sident de la Soci\u00e9t\u00e9 des Gens de Lettres, des musiciens, des hommes politiques, et <strong>Jules Andrieux<\/strong> le futur responsable de la commission administrative de la Commune de Paris, firent de cet endroit le plus tumultueux \u00e9tablissement du quartier. <\/p>\n<p><strong>Pierre Dupont<\/strong>, le chansonnier po\u00e8te auteur de l&rsquo;immortelle chanson \u00ab <em>Les B\u009cufs \u00bb<\/em> y venait avec le chef d&rsquo;orchestre de l&rsquo;Elys\u00e9e Montmartre <strong>Olivier M\u00e9tra<\/strong>. Le <strong>docteur Gachet<\/strong> y c\u00f4toyait <strong>Renoir Boudin, Monet<\/strong> et bien sur <strong>Henri M\u00fcrger<\/strong> <strong>Aur\u00e9lien Scholl, Vall\u00e8s et Monselet.<\/strong><\/p>\n<p>Le journaliste de l&rsquo;\u00c9v\u00e8nement <strong>Philibert Audebrand<\/strong> en donne la description suivante :<br \/>\n\u00ab<em> Une maison ni belle ni laide,, sans enseigne, mais qui passait pour servir la meilleur bi\u00e8re du monde. Une grande porte vitr\u00e9e ouverte \u00e0 deux battants, un boyau de deux cents m\u00e8tres \u00bb<\/em>.<br \/>\n<br \/>Audebrand exag\u00e8re un peut, la brasserie donnait de la rue des Martyrs \u00e0 la rue Notre-Dame-de-Lorette, ce qui doit repr\u00e9senter tout au plus une trentaine de m\u00e8tres (vous pouvez v\u00e9rifier sur place en visitant le magasin qui occupe cet emplacement).<\/p>\n<p>On peut lire dans le dictionnaire des Lieux \u00e0 Montmartre (\u00e9ditions Andr\u00e9 Roussard, Paris, 2001) :<br \/>\n<br \/>\u00ab<em> La brasserie tenta de se muer en caf\u00e9-concert entre 1890 et 1900 sans beaucoup de succ\u00e8s, en 1896 elle prit le nom de \u00ab Bengali \u00bb puis celui de \u00abLa Savoyarde \u00bb.(&#8230;) C&rsquo;est sur cette sc\u00e8ne qu&rsquo;avait d\u00e9but\u00e9 la tr\u00e8s jeune Mistinguett.<br \/>\n(&#8230;) En 1897 l&rsquo;enseigne changea et prit le nom de Brasserie Concert des Martyrs. (&#8230;) Une mercerie dite \u00ab Galerie des Martyrs \u00bb rempla\u00e7a la brasserie apr\u00e8s 1900. \u00bb<\/em> <\/p>\n<p>La rue des Martyrs, ou le chemin des Martyrs existait depuis le XII\u00b0 si\u00e8cle. Elle commen\u00e7ait pr\u00e8s de la rue du jour et \u00e9tait confondue avec la rue Montmartre et du faubourg Montmartre. Autour de la chapelle des Porcherons, des guinguettes s&rsquo;\u00e9taient \u00e9tablies.<\/p>\n<p>La chapelle fut remplac\u00e9e par une \u00e9glise Notre-Dame-de-Lorette qui \u00e9tait situ\u00e9e environ \u00e0 l&rsquo;angle de la rue Milton et de la rue Lamartine. La nouvelle \u00e9glise fut construite sur l&#8217;emplacement du lieu nomm\u00e9 \u00ab La Croix des Porcherons \u00bb.<\/p>\n<p>Au XIX\u00b0, les cabarets, les auberges, les tables d&rsquo;h\u00f4te et les \u00ab petites maisons \u00bb s&rsquo;\u00e9chelonnaient sur toute la mont\u00e9e de la rue : le \u00ab<em> B\u009cuf Rouge<\/em> \u00bb avec son jardin au num\u00e9ro 12, \u00ab le <em>Lion-d&rsquo;Argent<\/em> \u00bb un petit peu plus haut au n\u00b0 16.<\/p>\n<p> L&rsquo;architecte <strong>Hittorff<\/strong> avait sa maison \u00e0 l&#8217;emplacement de la rue Hyppolyte Lebas, \u00e0 l&rsquo;angle de la rue des Martyrs.<br \/>\n<br \/>Les cr\u00e8meries aussi \u00e9taient des \u00e9choppes ou l&rsquo;on faisait volontiers cr\u00e9dit aux danseuses et aux nombreuses \u00ab artistes \u00bb du quartier.<br \/>\n<br \/>Nous avons les adresses des \u00ab <em>petites maisons<\/em> \u00bb qui jalonnaient la rue \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque.<br \/>\nUne de ces demeures avait \u00e9t\u00e9 habit\u00e9e par le po\u00e8te <strong>B\u00e9ranger<\/strong> et son ami d\u00e9put\u00e9, le c\u00e9l\u00e8bre <strong>Manuel.<\/strong><\/p>\n<p>C&rsquo;\u00e9tait aussi l\u00e0 que les ducs et les marquis avaient leur pied-\u00e0-terre et donnaient leurs rendez-vous galants.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>7 et 9 rue des Martyrs et 8 rue Notre-Dame-de-Lorette<\/p>\n","protected":false},"author":7,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[5],"tags":[41,19],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/576"}],"collection":[{"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/7"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=576"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/576\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=576"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=576"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=576"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}