{"id":585,"date":"2006-01-16T00:00:00","date_gmt":"2006-01-15T23:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2006\/01\/16\/la-maison-de-loncle-fulber\/"},"modified":"2006-01-16T00:00:00","modified_gmt":"2006-01-15T23:00:00","slug":"la-maison-de-loncle-fulber","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2006\/01\/16\/la-maison-de-loncle-fulber\/","title":{"rendered":"La Maison de l&rsquo;Oncle Fulber"},"content":{"rendered":"<p class=\"post_excerpt\">10 rue Chanoinesse<br \/>\nPour les uns<\/p>\n<p>1 rue des Chantres<br \/>\n Pour les autres\n<\/p>\n<p><!--more--><br \/>\n<em>Par Bernard Vassor<\/em><\/p>\n<p>En 1858, cet alexandrin \u00e9tait inscrit sur la muraille du 1 rue des Chantres, la maison ayant \u00e9t\u00e9 refaite en 1849 :<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Ab\u00e9lard, H\u00e9lo\u00efse habit\u00e8rent ces lieux.\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<p>On lisait de plus \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur :<\/p>\n<p><em>Ab\u00e9lard, H\u00e9loise, 1118<\/em>  <\/p>\n<p>La rue Chanoinesse \u00e9tait la principale art\u00e8re du clo\u00eetre Notre Dame,<br \/>\nelle date du temps des carolingiens. Les propri\u00e9t\u00e9s faisant partie de l&rsquo;ancien clo\u00eetre Notre Dame \u00e9taient exempt\u00e9es d&rsquo;imp\u00f4t en vertu d&rsquo;un \u00e9dit de Charlemagne.<\/p>\n<figure id=\"attachment_1941\" aria-describedby=\"caption-attachment-1941\" style=\"width: 300px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" class=\" aligncenter size-full wp-image-1941\" src=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2006\/01\/jpg_Rue_Chanoinesse2.jpg\" alt=\"La rue Chanoinesse.\" title=\"La rue Chanoinesse.\" class=\"caption\" align=\"center\" width=\"300\" height=\"431\" srcset=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2006\/01\/jpg_Rue_Chanoinesse2.jpg 300w, https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2006\/01\/jpg_Rue_Chanoinesse2-209x300.jpg 209w\" sizes=\"(max-width: 300px) 94vw, 300px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-1941\" class=\"wp-caption-text\">La rue Chanoinesse.<\/figcaption><\/figure>\n<p>L&rsquo;historien de Paris, l&rsquo;abb\u00e9 Lebeuf, rapporte que Saint Bernard ayant pr\u00each\u00e9 en pure perte, des \u00e9coliers de l&rsquo;Universit\u00e9 vinrent g\u00e9mir, prier, implorer le ciel \u00e0 la chapelle Saint-Aignan du clo\u00eetre afin d&rsquo;obtenir les gr\u00e2ces du ciel pour ces p\u00eacheurs endurcis.<\/p>\n<p>Au carrefour des rue Chanoinesses et de la Colombe \u00e9tait une des quatre portes du clo\u00eetre qui portait le nom de porte Marmouset, nom de la rue qui  prolongeait la rue Chanoinesse au-del\u00e0 du clo\u00eetre.<\/p>\n<p>Cette rue fut aussi le th\u00e9\u00e2tre d&rsquo;un fait-divers qui alimenta longtemps l&rsquo;imagination des parisiens : en 1387, dans la rue Marmouset, deux commer\u00e7ants, l&rsquo;un barbier l&rsquo;autre p\u00e2tissier r\u00e9put\u00e9 pour la succulence de ses p\u00e2t\u00e9s avaient fond\u00e9 une parfaite association, le barbier tuait par ci par l\u00e0 un client de passage, le p\u00e2tissier le hachait menu et avec une recette dont il avait le secret, en faisait d&rsquo;excellents plats. H\u00e9las, une des victimes, un Allemand, avait un chien qui ne voyant pas revenir son ma\u00eetre, se mit \u00e0 hurler \u00e0 la mort pendant plusieurs jours, ce qui attira l&rsquo;attention du guet et provoqua la perte de nos honorables commer\u00e7ants&#8230;<\/p>\n<p>Au num\u00e9ro 14, Bichat est mort, au 18, emplacement d&rsquo;une tour du XV\u00b0si\u00e8cle, dite <em>\u00ab Tour Dagobert \u00bb<\/em> d\u00e9molie en 1908. Lacordaire logeait au 17.<br \/>\n<br \/>Au num\u00e9ro 26, on a trouv\u00e9 au XVIII\u00b0 si\u00e8cle des d\u00e9bris de pierres tombales dont on a dall\u00e9 le chemin d&rsquo;entr\u00e9e.<\/p>\n<p>Il y a <strong>888 ans<\/strong>, dans cette maison, le chanoine <strong>Fulbert<\/strong> demanda \u00e0 Pierre <strong>Abailard ou Ab\u00e9lard<\/strong>, de devenir le pr\u00e9cepteur de sa ni\u00e8ce.<br \/>\n<br \/>Celui-ci \u00e9tait alors \u00e0 l&rsquo;apog\u00e9e de sa gloire. Th\u00e9ologien philosophe, il avait ouvert une \u00e9cole o\u00f9 il professait avec une habilet\u00e9 \u00e9clatante. Les vingt-deux ans qui s\u00e9paraient le ma\u00eetre et l&rsquo;\u00e9l\u00e8ve ne firent nullement obstacle \u00e0 l&rsquo;irr\u00e9parable. H\u00e9lo\u00efse devint m\u00e8re et \u00e9pousa Pierre Ab\u00e9lard secr\u00e8tement. <\/p>\n<p>Elle mit au monde un gar\u00e7on qu&rsquo;elle pr\u00e9nomma <strong>Pierre-Astrolabe.<\/strong><br \/>\nAb\u00e9lard fut alors chass\u00e9 du clo\u00eetre Notre Dame.<br \/>\n<br \/>Repli\u00e9 sur la Montagne Sainte-Genevi\u00e8ve, il fut suivi par 3000 disciples. Il nomma 50 \u00e9v\u00eaques, vingt cardinaux et un pape : Innocent III.<br \/>\nCela n&#8217;emp\u00eacha pas Fulbert en soudoyant des mis\u00e9rables, de faire subir au docteur une mutilation, que Fran\u00e7ois Villon a appel\u00e9 le supplice d&rsquo;Ab\u00e9lard dans sa <em>Ballade des dames du temps Jadis<\/em>.<\/p>\n<p>Ab\u00e9lard et H\u00e9lo\u00efse prononc\u00e8rent leurs v\u009cux d\u00e9finitifs, H\u00e9lo\u00efse prit le voile, <em>\u00ab\u00a0Ab\u00e9lard fut chatr\u00e9 et puis moine<\/em>\u00ab\u00a0.<br \/>\n<br \/>Oblig\u00e9 de s&rsquo;enfuir, Ab\u00e9lard fit construire non loin de Nogent-sur-Marne un petit oratoire qu&rsquo;il d\u00e9dia \u00e0 la Trinit\u00e9 et qu&rsquo;il appela \u00ab<em> Le Paraclet<\/em> \u00bb (consolateur).<br \/>\n<br \/>Consid\u00e9r\u00e9 comme le principal fondateur de la philosophie au moyen \u00e2ge, il se fit de redoutables ennemis, le pire \u00e9tant <strong>Saint Bernard<\/strong>, l&rsquo;abb\u00e9 de Clairvaux qui, trouvant que la peine qui lui avait \u00e9t\u00e9 inflig\u00e9e n&rsquo;\u00e9tait pas suffisante, demanda une nouvelle condamnation.<\/p>\n<p>Les amants maudits moururent tous les deux \u00e0 l&rsquo;\u00e2ge de soixante-trois ans, mais \u00e0 vingt deux ans d&rsquo;intervalle.<br \/>\nH\u00e9lo\u00efse fit secr\u00e8tement transporter le corps de son mari \u00e0 l&rsquo;oratoire du Paraclet qu&rsquo;il avait fond\u00e9. La \u00ab tr\u00e8s sage H\u00e9lo\u00efse \u00bb fut inhum\u00e9e dans le m\u00eame cercueil.<\/p>\n<p>L&rsquo;affaire n&rsquo;en resta pas l\u00e0. Une abbesse,  jugeant en 1630 la promiscuit\u00e9 scandaleuse, fit s\u00e9parer les ossements dans deux caveaux \u00e9loign\u00e9s l&rsquo;un de l&rsquo;autre. En 1701, la tr\u00e8s sentimentale abbesse Marie Roye de La Rochefoucauld, fit rapprocher  les tombeaux. En 1792, des r\u00e9volutionnaires sentimentaux remirent les squelettes dans le m\u00eame cercueil, mais s\u00e9par\u00e9s par une cloison de plomb !<br \/>\n<br \/>En 1817, une s\u00e9pulture d\u00e9finitive (pour le moment) fut trouv\u00e9e au cimeti\u00e8re du P\u00e8re Lachaise \u00e0 la division num\u00e9ro 7&#8230;<\/p>\n<p>L&rsquo;inventaire de la conservation du cimeti\u00e8re pr\u00e9cise qu&rsquo;il restait d&rsquo;Ab\u00e9lard des portions de f\u00e9mur et de tibia, des c\u00f4tes, des vert\u00e8bres, et une partie du cr\u00e2ne. H\u00e9lo\u00efse quand \u00e0 elle avait conserv\u00e9 toute sa t\u00eate, des ossements des cuisses, des bras et des jambes.<\/p>\n<p>Sources :<br \/>\n<br \/>Guillaume Ganne : Paris Pittoresque Paris 1960<br \/>\n<br \/>Nouveau Larousse illustr\u00e9 sous la direction de Claude Aug\u00e9 Paris 1901<br \/>\n<br \/>L&rsquo;abb\u00e9 Lebeuf, Histoire du Dioc\u00e8se de la Ville de Paris<br \/>\n<br \/>Nomenclature des rues de Paris<br \/>\n<br \/>Marquis de Rochegude, dictionnaire des rues de Paris<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>10 rue Chanoinesse Pour les uns 1 rue des Chantres Pour les autres<\/p>\n","protected":false},"author":7,"featured_media":1941,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[3],"tags":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/585"}],"collection":[{"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/7"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=585"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/585\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/1941"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=585"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=585"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=585"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}