{"id":598,"date":"2006-01-10T12:26:00","date_gmt":"2006-01-10T11:26:00","guid":{"rendered":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2006\/01\/10\/les-figaro-dans-le-neuvieme-arrondissement\/"},"modified":"2006-01-10T12:26:00","modified_gmt":"2006-01-10T11:26:00","slug":"les-figaro-dans-le-neuvieme-arrondissement","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2006\/01\/10\/les-figaro-dans-le-neuvieme-arrondissement\/","title":{"rendered":"Les \u00ab Figaro \u00bb dans le neuvi\u00e8me arrondissement."},"content":{"rendered":"<p class=\"post_excerpt\">Si vous pouvez trouver dans les dictionnaires actuels, les noms de Mireille Truc et Johnny Machin, les noms cit\u00e9s ici n&rsquo;y sont pas admis&#8230;.\n<\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>Et, pour les amateurs de clich\u00e9s : <em>Sans libert\u00e9 de&#8230;<\/em><\/p>\n<p><em>Par Bernard Vassor<\/em><\/p>\n<p>Le premier <em>Figaro<\/em> fut fond\u00e9 par <strong>Le poitevin de Saint Alme<\/strong>[[N\u00e9 \u00e0 Paris en 1791, mort en banlieue \u00e0 Belleville en 1854, il publia avec Arago et un certain Horace de Saint Aubin plus connu aujourd&rsquo;hui sous le nom de Balzac, un romain intitul\u00e9 <em>L&rsquo;H\u00e9riti\u00e8re de Birague<\/em>. Il a publi\u00e9 aussi sous les pseudo suivants : Poitevin  de l&rsquo;Egreville, Auguste Villergl\u00e9, Aurore Cloteau&#8230;]] avec <em>Maurice Allhoy.<\/em> Le num\u00e9ro 1 figure \u00e0 la date du 15 f\u00e9vrier 1826. <\/p>\n<p>Journal non politique, il proposait les th\u00e8mes suivants :<br \/>\n\u00ab Th\u00e9\u00e2tres, critique, sciences, arts, morale, scandales(d\u00e9j\u00e0), \u00e9conomie domestique, bibliographies, modes etc. \u00bb<\/p>\n<p>R\u00e9dacteurs : le comte Almaviva, Figaro, Bartholo, Rosine etc.<br \/>\nLe journal \u00e9tait alors rue  12 Berg\u00e8re <\/p>\n<p>Six mois plus tard, le <em>Figaro<\/em> fut vendu 40 000 francs \u00e0 Victor Bohain[[Victor Bohain,  1805-1856 \u00e0 Paris, 23 rue Richer, absent lui aussi des dictionnaires. Auteur dramatique, dont une pi\u00e8ce, <em>Mirabeau<\/em>, fut jou\u00e9e par Fr\u00e9d\u00e9ric Lema\u00eetre&#8230; et supprim\u00e9e aussit\u00f4t par la censure royale.<br \/>\nOrganisateur de g\u00e9nie, il fondra de nombreuses entreprises, dont <em>Le Courrier de l&rsquo;Europe<\/em> et <em>L&rsquo;Europe litt\u00e9raire<\/em>.]], <em>qui s&rsquo;\u00e9tait entour\u00e9 de l&rsquo;\u00e9lite des gens d&rsquo;esprit qui vont donner \u00e0 cet organe une orientation politique d&rsquo;opposition, qui participera \u00e0 la chute de Charles X.<\/em><br \/>\n<br \/>Parmi ceux-ci, L\u00e9on Gozlan (le Gazonal de la <em>Com\u00e9die Humaine<\/em>) Alphonse Karr, Paul Lacroix (le bibliophile Jacob) Auguste Blanqui, qui faisait le compte rendu des chambres. Ajoutons Roqueplan, Romieu, V\u00e9ron, qui avaient r\u00e9dig\u00e9 au caf\u00e9 le Vaudeville, un num\u00e9ro bord\u00e9 de noir demandant au docteur Roux, m\u00e9decin chef de l&rsquo;H\u00f4pital de la Charit\u00e9, d&rsquo;op\u00e9rer d&rsquo;urgence un auguste personnage atteint de c\u00e9cit\u00e9.<\/p>\n<figure id=\"attachment_1950\" aria-describedby=\"caption-attachment-1950\" style=\"width: 450px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" class=\" aligncenter size-full wp-image-1950\" src=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2006\/01\/jpg_FIGAROSalledepdef.jpg\" alt=\"Le Figaro - la salle des d\u00e9p\u00eaches\" title=\"Le Figaro - la salle des d\u00e9p\u00eaches\" class=\"caption\" align=\"center\" width=\"450\" height=\"217\" srcset=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2006\/01\/jpg_FIGAROSalledepdef.jpg 450w, https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2006\/01\/jpg_FIGAROSalledepdef-300x145.jpg 300w\" sizes=\"(max-width: 450px) 94vw, 450px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-1950\" class=\"wp-caption-text\">Le Figaro &#8211; la salle des d\u00e9p\u00eaches<\/figcaption><\/figure>\n<p>Apr\u00e8s 1830, Bohain devenu pr\u00e9fet,  les principaux r\u00e9dacteurs vont \u00eatre F\u00e9lix Pyat, Jules Sandeau, Henri de Latouche (l&rsquo;initiateur de Balzac au martinisme, au swedenborghisme, et dit-on sans preuve \u00e0 la Franc-ma\u00e7onnerie).<br \/>\n<br \/>En 1832, il y eut une scission, les \u00e9l\u00e9ments r\u00e9publicains \u00e9tant neutralis\u00e9 et \u00e9cart\u00e9s par les monarchistes. Le journal \u00e9tait augment\u00e9 d&rsquo;une feuille d&rsquo;annonce \u00e0 15 centimes la ligne, sous le titre de <em>Petites Affiches du Figaro<\/em>.<\/p>\n<p>La mort du premier <em>Figaro<\/em>, \u00ab le grand, le vrai \u00bb, semble d&rsquo;apr\u00e8s Eug\u00e8ne Hatin, dater de 1833.<br \/>\n<br \/>Ressuscit\u00e9 par Eug\u00e8ne Biffaut et Alphonse Karr en 1836, rachet\u00e9 en 1838 par L\u00e9on Hal\u00e9vy, et Charles de Boigne en 38, puis par Dutacq en 39 qui vit appara\u00eetre un bi-hebdomadaire avec pour r\u00e9dacteur en chef Alb\u00e9ric second.<br \/>\n<br \/>Lepoitevin va tenter de reprendre un \u00ab <em>Nouveau Figaro<\/em> \u00bb en 1841-42 puis sans succ\u00e8s. En 1852, son enfant de 1826 mourra brutalement.<\/p>\n<p>1847-1848, L\u00e9on Bernis publie le <em>Figaro<\/em>, journal de l&rsquo;apr\u00e8s-midi,  mort-n\u00e9.<\/p>\n<p>Enfin le2 avril 1854, parait le nouveau <em>Figaro<\/em> (install\u00e9 au <strong>3 rue Rossini<\/strong>, endroit o\u00f9 habite \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque une certaine Th\u00e9r\u00e8se Lachmann). D\u00e8s le premier jour dit le Grand Larousse du XIX\u00b0 si\u00e8cle : <em>ce fut un journal de scandales, publiant \u00e0 tort et \u00e0 travers, avec une m\u00e9chancet\u00e9 sans pareil, souvent avec esprit, toujours de parti pris, les c\u00e9l\u00e9brit\u00e9s du moment.<\/em><br \/>\n<br \/>Condamn\u00e9 \u00e0 cesser de para\u00eetre en 1856, Villemessant[[Villemessant, voir ce qu&rsquo;en disent les fr\u00e8res Goncourt dans \u00ab<em>Le Journal\u00bb<\/em>.]] adressant une p\u00e9tition au prince imp\u00e9rial \u00e2g\u00e9 de quatre jours, l&#8217;empereur ayant ri, gr\u00e2ce lui fut accord\u00e9e.<\/p>\n<p>Le journal se fit une sp\u00e9cialit\u00e9 d&rsquo;attaques et de sarcasmes prolong\u00e9s contre Lamartine, puis engageant sur le terrain <em>de la morale et des bonnes moeurs<\/em>, des ouvrages qualifi\u00e9s de <strong>lestes ou de pornographiques,<\/strong> vont conduire aux proc\u00e8s de <em>\u00ab Madame Bovary \u00bb<\/em> et des <em>\u00ab\u00a0Fleurs du Mal \u00bb,<\/em> vous connaissez la suite. <\/p>\n<figure id=\"attachment_1951\" aria-describedby=\"caption-attachment-1951\" style=\"width: 450px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" class=\" aligncenter size-full wp-image-1951\" src=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2006\/01\/jpg_FIGAROsallecompdef.jpg\" alt=\"Le Figaro - la salle de composition\" title=\"Le Figaro - la salle de composition\" class=\"caption\" align=\"center\" width=\"450\" height=\"217\" srcset=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2006\/01\/jpg_FIGAROsallecompdef.jpg 450w, https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2006\/01\/jpg_FIGAROsallecompdef-300x145.jpg 300w\" sizes=\"(max-width: 450px) 94vw, 450px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-1951\" class=\"wp-caption-text\">Le Figaro &#8211; la salle de composition<\/figcaption><\/figure>\n<p>Le journal ne devient quotidien qu&rsquo;en 1866, et  s&rsquo;octroit les services d&rsquo;un autre petit marquis, un pol\u00e9miste de talent : <strong>Henri de Rochefort<\/strong>, grace \u00e0 qui le tirage augmente consid\u00e9rablement, transformant cette feuille \u00e0 scandale en organe politique.<br \/>\n<br \/>Le pouvoir s&rsquo;\u00e9mut de cet orientation, et obligea Villemessant \u00e0 se s\u00e9parer de Rochefort, mais il lui m\u00e9nagea dans des locaux attenants du 3 rue Rossini un bureau o\u00f9 le petit marquis de la cit\u00e9 Malesherbes (num\u00e9ro 5) confectionna un minuscule journal in 18, intitul\u00e9 \u00ab <em>La Lanterne \u00bb<\/em>, qui va d\u00e8s le d\u00e9part conna\u00eetre un foudroyant succ\u00e8s, mais, c&rsquo;est une autre histoire&#8230;<\/p>\n<p>Pendant le si\u00e8ge de Paris et la Commune, ce journal royaliste prendra la d\u00e9fense du Parti de l&rsquo;Ordre.<br \/>\n A la fin de la Commune, il va rivaliser avec les versaillais dans la d\u00e9nonciation la plus abjecte des femmes et des enfants <em>qu&rsquo;il faut fusiller sans proc\u00e8s  avec la vermine des communeux.<\/em><\/p>\n<p>Nous devons aujourd&rsquo;hui encore au <em>Figaro<\/em> l&rsquo;invention des \u00ab<em> p\u00e9troleuses<\/em> \u00bb, que beaucoup d&rsquo;historiens r\u00e9p\u00e8tent encore s\u00e9rieusement. Rappelons que gr\u00e2ce au quotidien bien pensant, toute femme ou enfant porteur d&rsquo;un pot \u00e0 lait en fer blanc, \u00e9tait coll\u00e9 au mur et fusill\u00e9 sans autre forme de proc\u00e8s.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s son installation 26 rue Drouot, ce journal va se lancer \u00e0 la suite du <em>Charivari<\/em> dans de nouvelles campagnes contre les impressionnistes. Soutien du comte de Chambord, ses attaques contre la R\u00e9publique le cantonneront jusqu&rsquo;\u00e0 la fin du si\u00e8cle (et m\u00eame apr\u00e8s) \u00e0 une position tr\u00e8s, comment dire&#8230; r\u00e9actionnaire. <\/p>\n<figure id=\"attachment_1952\" aria-describedby=\"caption-attachment-1952\" style=\"width: 250px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" class=\" aligncenter size-full wp-image-1952\" src=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2006\/01\/jpg_Figaro26Drouotdef.jpg\" alt=\"26 rue Drouot\" title=\"26 rue Drouot\" class=\"caption\" align=\"center\" width=\"250\" height=\"542\" srcset=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2006\/01\/jpg_Figaro26Drouotdef.jpg 250w, https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2006\/01\/jpg_Figaro26Drouotdef-138x300.jpg 138w\" sizes=\"(max-width: 250px) 94vw, 250px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-1952\" class=\"wp-caption-text\">26 rue Drouot<\/figcaption><\/figure>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Si vous pouvez trouver dans les dictionnaires actuels, les noms de Mireille Truc et Johnny Machin, les noms [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":8,"featured_media":1950,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[5],"tags":[41,48,29,19],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/598"}],"collection":[{"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/8"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=598"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/598\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/1950"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=598"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=598"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=598"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}