{"id":6114,"date":"2005-03-08T20:26:08","date_gmt":"2005-03-08T19:26:08","guid":{"rendered":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2005\/03\/08\/montmartre-de-realite-et-de-fiction-sous-loccupation\/"},"modified":"2025-07-10T11:48:08","modified_gmt":"2025-07-10T09:48:08","slug":"montmartre-de-realite-et-de-fiction-sous-loccupation-2","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2005\/03\/08\/montmartre-de-realite-et-de-fiction-sous-loccupation-2\/","title":{"rendered":"Montmartre de r\u00e9alit\u00e9 et de fiction sous l&rsquo;Occupation"},"content":{"rendered":"<p><strong>Le Paris occup\u00e9 est un cadre romanesque de choix. L&rsquo;\u00e9poque se pr\u00eate aux situations et \u00e9quip\u00e9es tragiques et\/ou h\u00e9ro\u00efques pour plusieurs \u00e9crivains, et aux aventures cocasses pour Marcel Aym\u00e9 ou Roger Vailland (le verbe coucher est tr\u00e8s pr\u00e9sent dans <em>Dr\u00f4le de jeu<\/em>). Balade autour de et \u00e0 Montmartre vers 1940-1944, sur les pas de ces deux auteurs et de leurs personnages.<\/strong><\/p>\n<figure id=\"attachment_1667\" aria-describedby=\"caption-attachment-1667\" style=\"width: 290px\" class=\"wp-caption alignleft\"><img loading=\"lazy\" class=\" alignleft size-full wp-image-1667\" title=\"\u00c0 gauche, le 11 rue des Abbesses\" src=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2005\/03\/jpg_vailland.jpg\" alt=\"\u00c0 gauche, le 11 rue des Abbesses\" width=\"290\" height=\"380\" align=\"left\" srcset=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2005\/03\/jpg_vailland.jpg 290w, https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2005\/03\/jpg_vailland-229x300.jpg 229w\" sizes=\"(max-width: 290px) 94vw, 290px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-1667\" class=\"wp-caption-text\">\u00c0 gauche, le 11 rue des Abbesses<\/figcaption><\/figure>\n<p>Dans <em>Le Chemin des \u00e9coliers<\/em> de Marcel Aym\u00e9, le g\u00e9rant immobilier Michaud a son bureau quelque part <strong>rue de Maubeuge<\/strong>. Sur un ton tr\u00e8s sarcastique, Aym\u00e9 propose \u00e0 travers ce roman une vision de la vie quotidienne sous l&rsquo;Occupation o\u00f9 les petits int\u00e9r\u00eats pr\u00e9dominent.<\/p>\n<p>Dans <em>La Travers\u00e9e de Paris<\/em>, nouvelle du m\u00eame auteur tir\u00e9e du recueil <em>Le Vin de Paris<\/em>, nous retrouvons les deux h\u00e9ros Martin et Grandgil (immortalis\u00e9s \u00e0 l&rsquo;\u00e9cran par Bourvil et Jean Gabin) qui, au bout de leur p\u00e9riple, parviennent \u00e0 Montmartre. Ils sont charg\u00e9s par un commer\u00e7ant du march\u00e9 noir de porter, de nuit, un cochon de cent kilos au boucher Marchandot.<\/p>\n<p>Une alerte a\u00e9rienne les pousse \u00e0 se cacher dans l&rsquo;appartement de Grandgil, <strong>avenue Trudaine<\/strong>. L\u00e0, une dispute \u00e9clate, Martin comprenant que Grandgil a simul\u00e9 son comportement extravagant, le mettant constamment en danger. Martin effectuera seul la livraison \u00e0 Marchandot.<\/p>\n<p>Depuis la <strong>rue Caulaincourt<\/strong>, Martin repart par le carrefour de la rue des Abbesses et de la rue de Ravignan puis la <strong>place Pigalle<\/strong>, avant d&rsquo;\u00eatre arr\u00eat\u00e9 par la police et accus\u00e9 du meurtre de Grandgil.<\/p>\n<p>Dans <em>Dr\u00f4le de jeu<\/em> de Roger Vailland, apr\u00e8s avoir d\u00een\u00e9 dans un restaurant du <strong>boulevard de Clichy<\/strong>, le h\u00e9ros Marat \u00ab sort \u00bb son chef Caracalla dans un bar de nuit dont l&rsquo;ouverture est tol\u00e9r\u00e9e par la police, <strong>rue Pigalle<\/strong>.<\/p>\n<p>De son appartement (voir ci-dessous), Marat assiste avec Rodrigue \u00e0 un bombardement alli\u00e9 sur Paris. Tous les habitants de la butte Montmartre (sauf eux) s&rsquo;engouffrent dans la station de m\u00e9tro Abbesses pour se mettre \u00e0 l&rsquo;abri. C&rsquo;est justement <strong>11 rue des Abbesses<\/strong> que Roger Vailland se lance vraiment dans l&rsquo;\u00e9criture du <em>Grand jeu<\/em> en mars 1944 (il situe son r\u00e9cit \u00e0 la m\u00eame \u00e9poque).<\/p>\n<figure id=\"attachment_1668\" aria-describedby=\"caption-attachment-1668\" style=\"width: 290px\" class=\"wp-caption alignright\"><img loading=\"lazy\" class=\" alignright size-full wp-image-1668\" title=\"4 rue Girardon\" src=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2005\/03\/jpg_celine2.jpg\" alt=\"4 rue Girardon\" width=\"290\" height=\"380\" align=\"right\" srcset=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2005\/03\/jpg_celine2.jpg 290w, https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2005\/03\/jpg_celine2-229x300.jpg 229w\" sizes=\"(max-width: 290px) 94vw, 290px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-1668\" class=\"wp-caption-text\">4 rue Girardon<\/figcaption><\/figure>\n<p>Son r\u00f4le dans la R\u00e9sistance l&rsquo;am\u00e8ne en effet \u00e0 s\u00e9journer souvent dans la capitale, h\u00f4tel Goudeau (<strong>place \u00c9mile Goudeau<\/strong>) et rue des Abbesses. Lors d&rsquo;une mission au domicile de Daniel Cordier, un agent de la R\u00e9sistance, il d\u00e9couvre un exemplaire de <em>Lucien Leuwen<\/em>, se plonge dans sa lecture et se lance aussit\u00f4t dans l&rsquo;\u00e9criture du <em>Grand jeu<\/em>. Le \u00ab\u00a0grand jeu\u00a0\u00bb est celui de la R\u00e9sistance, et celui du passage du journalisme \u00e0 la \u00ab\u00a0vraie\u00a0\u00bb litt\u00e9rature<\/p>\n<p>Dans <em>Le Chemin des \u00e9coliers<\/em>, le domicile de Michaud se trouve <strong>rue Berthe<\/strong>.<\/p>\n<p>Dans <em>Dr\u00f4le de jeu<\/em>, Marat loue <strong>rue Lepic<\/strong> un appartement qui sert aussi de planque \u00e0 des r\u00e9sistants de passage.<\/p>\n<p>Sa camarade Chlo\u00e9 habite non loin un appartement que Vailland situe avenue Junot mais qui se trouve, comme il le pr\u00e9cise, en-dessous de Louis-Ferdinand C\u00e9line, c&rsquo;est-\u00e0-dire <strong>4 rue Girardon<\/strong>. Comme dans <em>Le Grand jeu<\/em>, C\u00e9line avait effectivement des voisins r\u00e9sistants \u00e0 l&rsquo;\u00e9tage inf\u00e9rieur.<\/p>\n<figure id=\"attachment_1669\" aria-describedby=\"caption-attachment-1669\" style=\"width: 290px\" class=\"wp-caption alignright\"><img loading=\"lazy\" class=\" alignright size-full wp-image-1669\" title=\"Le passe-muraille surgit d'un mur, place Marcel Aym\u00e9\" src=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2005\/03\/jpg_ayme.jpg\" alt=\"Le passe-muraille surgit d'un mur, place Marcel Aym\u00e9\" width=\"290\" height=\"380\" align=\"right\" srcset=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2005\/03\/jpg_ayme.jpg 290w, https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2005\/03\/jpg_ayme-229x300.jpg 229w\" sizes=\"(max-width: 290px) 94vw, 290px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-1669\" class=\"wp-caption-text\">Le passe-muraille surgit d&rsquo;un mur, place Marcel Aym\u00e9<\/figcaption><\/figure>\n<p>Cette incursion de la r\u00e9alit\u00e9 dans la fiction nous permet de signaler la pr\u00e9sence sous l&rsquo;Occupation de Marcel Aym\u00e9 au 26 rue Norvins (maintenant 2 place Marcel Aym\u00e9).<\/p>\n<p>Il continue de publier pendant l&rsquo;Occupation. Ce n&rsquo;est pas son voisin et ami C\u00e9line qui va l&rsquo;en dissuader ! <em>La Belle image<\/em> en 1941, <em>Travelingue<\/em> en 1942, <em>Le Passe-muraille<\/em> en 1943, et des feuilletons ou articles dans <em>La Chronique de Paris<\/em>, <em>Je suis partout<\/em>, <em>La Gerbe<\/em>. Toutefois, Aym\u00e9 ne fait jamais la louange de l&rsquo;occupant, de Vichy ou de l&rsquo;antis\u00e9mitisme<\/p>\n<p><em>Vous m&rsquo;offrez de me payer plus cher que Je suis partout. Si vous lisiez les contes que je donne \u00e0 J.s.p., vous y d\u00e9couvririez plein de choses r\u00e9voltantes pour la conscience d&rsquo;un Fran\u00e7ais, et vous vous doutez bien qu&rsquo;elles me sont pay\u00e9es \u00e0 prix d&rsquo;or. Certains de nos amis m&rsquo;ont fait savoir qu&rsquo;on me r\u00e8glerait mon compte comme vous savez \u00e0 l&rsquo;arriv\u00e9e des Am\u00e9ricains, ce qui fait que la morale est sauve<\/em> (Marcel Aym\u00e9, lettre \u00e0 Jean Paulhan, 1943).<\/p>\n<p>\u00c0 la m\u00eame \u00e9poque, l&rsquo;artiste Eug\u00e8ne Paul, ami d&rsquo;Aym\u00e9 et illustrateur de C\u00e9line, vit entre 1917 et sa mort en 1975 dans son atelier qui existe encore <strong>2 impasse Girardon<\/strong>.<\/p>\n<p>Dernier membre du quatuor, l&rsquo;acteur Robert Le Vigan demeurait <strong>11 rue Simon Dereure<\/strong>, pr\u00e8s de l&rsquo;all\u00e9e des Brouillards.<\/p>\n<p>Les amateurs de Marcel Aym\u00e9 et de l&rsquo;architecture des ann\u00e9es vingt et trente peuvent se rendre au <strong>9 rue du square Carpeaux<\/strong>. Au passage, ils remarqueront au croisement de la rue Lamarck et de la rue Damr\u00e9mont la plaque qui orne le <strong>53 rue Damr\u00e9mont<\/strong> et signale la naissance d&rsquo;Andr\u00e9 Malraux en 1901.<\/p>\n<p>Revenons \u00e0 Marcel Aym\u00e9, qui occupe le 8e \u00e9tage du 9 rue du square Carpeaux en 1930, dans un immeuble flambant neuf, puisqu&rsquo;il a \u00e9t\u00e9 construit en 1929.<\/p>\n<figure id=\"attachment_1670\" aria-describedby=\"caption-attachment-1670\" style=\"width: 350px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" class=\" aligncenter size-full wp-image-1670\" title=\"L'atelier de Gen Paul, impasse Girardon\" src=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2005\/03\/jpg_genpaul.jpg\" alt=\"L'atelier de Gen Paul, impasse Girardon\" width=\"350\" height=\"250\" align=\"middle\" srcset=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2005\/03\/jpg_genpaul.jpg 350w, https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2005\/03\/jpg_genpaul-300x214.jpg 300w\" sizes=\"(max-width: 350px) 94vw, 350px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-1670\" class=\"wp-caption-text\">L&rsquo;atelier de Gen Paul, impasse Girardon<\/figcaption><\/figure>\n<p><strong>Petite bibliographie<\/strong><br \/>\n<em>Dr\u00f4le de jeu<\/em>. Roger Vailland. Livre de poche n\u00b0640-641.<br \/>\n<em>Le Vin de Paris<\/em>. Marcel Aym\u00e9. Folio n\u00b01515.<br \/>\n<em>Le Chemin des \u00e9coliers<\/em>. Livre de poche n\u00b01621.<br \/>\n<em>Les \u00c9crivains de Montmartre<\/em>. Le promeneur des lettres. Association <a href=\"http:\/\/www.lireetpartir.com\/article.php3?id_article=2\">Lire et partir<\/a>,<br \/>\nArticle <em>Comment sauver C\u00e9line<\/em> de Pierre Lepape dans Le Monde des livres, 11 mai 2001,<br \/>\n<em>Lettres d&rsquo;une vie<\/em>, Marcel Aym\u00e9, Les Belles Lettres\/Archimbaud.<\/p>\n<figure id=\"attachment_1671\" aria-describedby=\"caption-attachment-1671\" style=\"width: 310px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" class=\" aligncenter size-full wp-image-1671\" title=\"9 rue du square Carpeaux\" src=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2005\/03\/jpg_carpeaux.jpg\" alt=\"9 rue du square Carpeaux\" width=\"310\" height=\"380\" align=\"middle\" srcset=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2005\/03\/jpg_carpeaux.jpg 310w, https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2005\/03\/jpg_carpeaux-245x300.jpg 245w\" sizes=\"(max-width: 310px) 94vw, 310px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-1671\" class=\"wp-caption-text\">9 rue du square Carpeaux<\/figcaption><\/figure>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le Paris occup\u00e9 est un cadre romanesque de choix. 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