{"id":6169,"date":"2010-09-16T20:57:11","date_gmt":"2010-09-16T18:57:11","guid":{"rendered":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2010\/09\/16\/irene-nemirovsky-a-paris-issy-leveque-et-ailleurs\/"},"modified":"2025-05-26T17:52:18","modified_gmt":"2025-05-26T15:52:18","slug":"irene-nemirovsky-a-paris-issy-leveque-et-ailleurs-2","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2010\/09\/16\/irene-nemirovsky-a-paris-issy-leveque-et-ailleurs-2\/","title":{"rendered":"Ir\u00e8ne NEMIROVSKY \u00e0 Paris, Issy-l&#039;Ev\u00eaque et ailleurs"},"content":{"rendered":"<p>Ir\u00e8ne N\u00e9mirovsky et sa famille arrivent \u00e0 Paris au printemps 1919 et s&rsquo;installent dans les beaux quartiers, 115 rue de la Pompe. C&rsquo;est pour cette jeune fille de 16 ans[[Ir\u00e8ne est n\u00e9e \u00e0 Kiev. Son grand-p\u00e8re habitait 9 rue Nikola\u00efveskaya, aujourd&rsquo;hui 9 rue Goroditsky, et ses parents 11 rue Pouchkine. Lorsque les Juifs russes s&rsquo;installaient \u00e0 Paris apr\u00e8s la Premi\u00e8re guerre mondiale, ceux qui fuyaient le tsarisme pr\u00e9f\u00e9raient la Rive gauche et les opposants au bolch\u00e9visme le quartier du Champ-de-Mars. Les N\u00e9mirovsky sont non loin de l\u00e0.]] \u00e0 la fois une fuite (de la r\u00e9volution bolch\u00e9vique) et l&rsquo;accomplissement d&rsquo;un r\u00eave : habiter la capitale mondiale de la culture et \u00eatre publi\u00e9e. Elle est davantage attir\u00e9e par les jeunes Fran\u00e7ais que par les Juifs immigr\u00e9s ou les exil\u00e9s russes. La langue et la culture fran\u00e7aises la fascinent depuis que, d\u00e8s ses premi\u00e8res ann\u00e9es, elle a appris cette langue qu&rsquo;elle parlait avec sa m\u00e8re.<\/p>\n<p>Ir\u00e8ne s&rsquo;inscrit \u00e0 la Sorbonne et m\u00e8ne une vie frivole. La profession de banquier de M. N\u00e9mirovsky permet \u00e0 la famille de vivre dans l&rsquo;aisance. Les vacances se d\u00e9roulent \u00e0 l&rsquo;h\u00f4tel Negresco \u00e0 Nice, au Touquet, dans la villa Ene Etchea \u00e0 Hendaye-Plage ou au Grand H\u00f4tel de Plombi\u00e8res. Les N\u00e9mirovsky emm\u00e9nagent bient\u00f4t dans un bel appartement, 18 avenue du pr\u00e9sident Wilson.<\/p>\n<p>Son futur mari vit 29 avenue Franklin Roosevelt.  C&rsquo;est son mariage avec le banquier Michel Epstein en 1926 qui met fin \u00e0 la vie sentimentale assez agit\u00e9e d&rsquo;Ir\u00e8ne. Les mari\u00e9s s&rsquo;installent 8 rue Daniel Lesueur. Ir\u00e8ne peut enfin se consacrer enti\u00e8rement \u00e0 l&rsquo;\u00e9criture. Elle publie quelques r\u00e9cits, mais c&rsquo;est son roman <em>David Golder<\/em> qui, \u00e0 l&rsquo;automne 1929, lui ouvre la porte de la renomm\u00e9e. Le h\u00e9ros, juif ambitieux, ancien vendeur ambulant \u00e0 New York, fait fortune \u00e0 Paris en investissant dans le p\u00e9trole sovi\u00e9tique. La crise internationale vient d&rsquo;\u00e9clater, et le public mord \u00e0 l&rsquo;histoire. Julien Duvivier l&rsquo;adapte aussit\u00f4t au cin\u00e9ma et <em>David Golder<\/em> est aussi jou\u00e9 au th\u00e9\u00e2tre de la porte Saint-Martin. N\u00e9mirovsky a voulu d\u00e9crire de l&rsquo;int\u00e9rieur le milieu de la haute bourgeoisie juive et elle ne lui fait pas de cadeau. Aussi ambigus que son roman sont les rapports qu&rsquo;Ir\u00e8ne entretient d\u00e8s lors avec la presse d&rsquo;extr\u00eame droite qui voit dans <em>David Golder<\/em> la confirmation du mythe du juif errant, sans racine, \u00e2pre au gain.<\/p>\n<p><em>Gringoire<\/em> et <em>Candide<\/em>[[Fond\u00e9 en 1924 par Joseph Arth\u00e8me Fayard qui cr\u00e9a \u00e9galement <em>Je suis partout<\/em> en 1930, journal qui vira vers l&rsquo;extr\u00eame droite au milieu des ann\u00e9es trente.]] vont publier par la suite un grand nombre de nouvelles et romans d&rsquo;Ir\u00e8ne. Plus tard dans les ann\u00e9es trente, elle expliquera qu&rsquo;elle aurait souhait\u00e9 \u00e9crire diff\u00e9remment <em>David Golder<\/em>, \u00e9tant donn\u00e9 l&rsquo;antis\u00e9mitisme qui s&rsquo;est d\u00e9velopp\u00e9 depuis en Europe.<\/p>\n<p>En 1936, Ir\u00e8ne et son mari emm\u00e9nagent avenue Constant-Coquelin. \u00c0 la fin des ann\u00e9es trente, elle est devenue avec Colette une des rares femmes auteurs qui vit de sa plume.<\/p>\n<p>Entre 1940 et sa d\u00e9portation, Ir\u00e8ne vit \u00e0 Issy-l&rsquo;Ev\u00eaque, petit village du Morvan. D&rsquo;abord \u00e0 l&rsquo;h\u00f4tel des Voyageurs, puis, \u00e0 partir de novembre 1941, dans une maison lou\u00e9e pour sa famille (aujourd&rsquo;hui signal\u00e9e par une plaque, place Ir\u00e8ne N\u00e9mirovsky). Elle est arr\u00eat\u00e9e le 13 juillet 1942 puis dirig\u00e9e vers le camp de Pithiviers puis d\u00e9port\u00e9e \u00e0 Auschwitz, o\u00f9 elle arrive le 19. Michel sera pris en octobre. Leurs deux filles, cach\u00e9es, \u00e9chapperont \u00e0 la d\u00e9portation.<\/p>\n<p>En 2004, le prix Renaudot attribu\u00e9 \u00e0 son roman inachev\u00e9 <em>Suite fran\u00e7aise<\/em> remet au premier plan un \u00e9crivain qui avait disparu du devant de la sc\u00e8ne depuis l&rsquo;entre-deux-guerre.<\/p>\n<p>Sources\u00a0: Jonathan Weiss, <em>Ir\u00e8ne N\u00e9mirovsky<\/em>, Paris, \u00c9ditions du F\u00e9lin, 2005.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Ir\u00e8ne N\u00e9mirovsky et sa famille arrivent \u00e0 Paris au printemps 1919 et s&rsquo;installent dans les beaux quartiers, 115 [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[2],"tags":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6169"}],"collection":[{"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=6169"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6169\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":6683,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6169\/revisions\/6683"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=6169"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=6169"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=6169"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}