{"id":619,"date":"2006-05-26T23:21:21","date_gmt":"2006-05-26T21:21:21","guid":{"rendered":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2006\/05\/26\/clemence-robert-a-macon-et-paris\/"},"modified":"2024-03-28T12:05:41","modified_gmt":"2024-03-28T11:05:41","slug":"clemence-robert-a-macon-et-paris","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2006\/05\/26\/clemence-robert-a-macon-et-paris\/","title":{"rendered":"Cl\u00e9mence ROBERT \u00e0 M\u00e2con et Paris"},"content":{"rendered":"<p>Peut-\u00eatre aurons-nous un jour le bonheur de red\u00e9couvrir l&rsquo;oeuvre de Cl\u00e9mence Robert, ignor\u00e9e aujourd&rsquo;hui par les \u00e9diteurs (de m\u00eame que, dans ce m\u00eame genre des romans historiques, celle de Maurice Maindron) ?<\/p>\n<p>Le roman-feuilleton du Second Empire n&rsquo;aime les employ\u00e9s et les ouvriers que soumis et laborieux. Le ch\u00e2timent y attend les \u00ab\u00a0mauvais pauvres\u00a0\u00bb, ceux qui contestent l&rsquo;ordre \u00e9tabli. Cl\u00e9mence Robert fait dans ce cadre conformiste figure d&rsquo;exception. Son discours socialiste pr\u00e9figure celui d&rsquo;un <a href=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2004\/07\/18\/michel-zevaco\/\">Michel Z\u00e9vaco<\/a> un demi si\u00e8cle plus tard.<\/p>\n<p>Elle na\u00eet \u00e0 M\u00e2con en 1797. Apr\u00e8s avoir perdu ses parents, elle retrouve son fr\u00e8re \u00e0 Paris en 1827 et travaille en librairie pour gagner sa vie. Elle s&rsquo;int\u00e9resse \u00e0 l&rsquo;histoire, lit Sue &#8211; son mod\u00e8le &#8211; et Sand et se passionne pour la cause r\u00e9publicaine.<\/p>\n<p>Senancour l&rsquo;encourage \u00e0 \u00e9crire et elle s&rsquo;essaie \u00e0 la po\u00e9sie puis au roman historique, sans doute le seul moyen alors possible d&rsquo;aborder des th\u00e8mes politiques et sociaux sans risquer la censure imp\u00e9riale. Le quotidien <em>La Presse<\/em> accueille ainsi sa <em>Duchesse de Chevreuse<\/em> et <em>Jeanne la folle<\/em>.<br>\n<br>Elle participe \u00e0 la <em>Gazette des femmes<\/em> au milieu des ann\u00e9es 1840, \u00e0 laquelle collabore \u00e9galement Virginie Ancelot, autre auteur prolixe de romans populaires.<\/p>\n<p>Enthousiasm\u00e9e par la r\u00e9volution de 1848, Cl\u00e9mence donne \u00e0 <em>La R\u00e9publique<\/em> <em>Les Trois sergents de la Rochelle<\/em> en 1848-1849. C&rsquo;est le succ\u00e8s. Le roman est publi\u00e9 en \u00e9dition bon march\u00e9. 60 000 exemplaires sont vendus ! <em>Les Mendiants de Paris<\/em> paraissent en 1848 dans <em>La Patrie<\/em> et <em>Le Commerce<\/em>.<\/p>\n<p>Ses romans sont plus br\u00fblants et ouvertement militants que ceux de tous ses contemporains. Le peuple \u00e9cras\u00e9 par les fusils de la R\u00e9publique en juin 1848 ne casse pas son \u00e9lan comme il d\u00e9truit les espoirs de <a href=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2005\/12\/10\/george-sand-en-1848\/\">George Sand<\/a>.<br>\n<br>Cl\u00e9mence use des artifices du roman-feuilleton pour servir son discours : h\u00e9ros manich\u00e9ens, soci\u00e9t\u00e9s secr\u00e8tes, coups de th\u00e9\u00e2tre, rythme effr\u00e9n\u00e9 du r\u00e9cit. L&rsquo;optimiste n&rsquo;est pas toujours au rendez-vous, comme dans <em>Le Saltimbanque<\/em> (paru en 1854 dans le bonapartiste <em>La Patrie<\/em>), qui se termine par l&rsquo;ex\u00e9cution du h\u00e9ros que la mis\u00e8re a pouss\u00e9 au crime.<br>\n<br>Dans <em>La Pluie d&rsquo;or<\/em>, on reconna\u00eet facilement dans les personnages d&rsquo;\u00c9mile et Val\u00e9ria les arch\u00e9types des \u00ab\u00a0gandins\u00a0\u00bb et des \u00ab\u00a0lionnes\u00a0\u00bb des grands boulevards, dont l&rsquo;auteur d\u00e9crit les tares.<br>\n<br>Lorsque les p\u00e9riodiques populaires (<em>L&rsquo;Omnibus, Le Passe-temps, L&rsquo;Ouvrier<\/em> ; <em>Le Journal pour tous<\/em> lanc\u00e9 par la librairie Hachette) connaissent un bel essor dans les ann\u00e9es 1850 au d\u00e9triment des feuilletons de la presse quotidienne, Cl\u00e9mence Robert est un des auteurs \u00ab\u00a0best-seller\u00a0\u00bb avec Maximilien Perrin, Henry de Kock (fils de Paul) et Louis Noir.<\/p>\n<p>Elle vit \u00e0 l&rsquo;Abbaye-aux-bois \u00e0 partir de 1845 (\u00e0 l&#8217;emplacement actuel de la rue R\u00e9camier), o\u00f9 Mme R\u00e9camier vit \u00e9galement entre la fin des ann\u00e9es 1810 et 1849. Les deux femmes se lient d&rsquo;amiti\u00e9.<\/p>\n<p>Son succ\u00e8s diminuant, Cl\u00e9mence fonde ses propres journaux : <em>La Semaine<\/em> en 1859 et <em>Le Si\u00e8cle illustr\u00e9<\/em> en 1861. <\/p>\n<p>Elle d\u00e9c\u00e8de en 1872.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-file\"><a href=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2024\/03\/Clemence-Robert.pdf\">Une br\u00e8ve pr\u00e9sentation de la vie de Cl\u00e9mence Robert :<\/a><a href=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2024\/03\/Clemence-Robert.pdf\" class=\"wp-block-file__button\" download>T\u00e9l\u00e9charger<\/a><\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Peut-\u00eatre aurons-nous un jour le bonheur de red\u00e9couvrir l&rsquo;oeuvre de Cl\u00e9mence Robert, ignor\u00e9e aujourd&rsquo;hui par les \u00e9diteurs (de [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[2],"tags":[42,19,17],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/619"}],"collection":[{"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=619"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/619\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":5669,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/619\/revisions\/5669"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=619"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=619"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=619"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}