{"id":6310,"date":"2005-09-09T09:59:37","date_gmt":"2005-09-09T07:59:37","guid":{"rendered":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2005\/09\/09\/le-cafe-la-nouvelle-athenes-la-place-pigalle-le-rat-mort-a-paris\/"},"modified":"2005-09-09T09:59:37","modified_gmt":"2005-09-09T07:59:37","slug":"le-cafe-la-nouvelle-athenes-la-place-pigalle-le-rat-mort-a-paris-2-2","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2005\/09\/09\/le-cafe-la-nouvelle-athenes-la-place-pigalle-le-rat-mort-a-paris-2-2\/","title":{"rendered":"Le caf\u00e9 &#034;La Nouvelle Ath\u00e8nes&#034;, la place Pigalle, &#034;Le Rat Mort&#034; \u00e0 Paris"},"content":{"rendered":"<p class=\"post_excerpt\"><em>J&rsquo;me souviens d&rsquo;un coin de rue aujourd&rsquo;hui disparu&#8230;<\/em><\/p>\n<p>Il n&rsquo;y a aucun autre endroit, o\u00f9 ont pu se r\u00e9v\u00e9ler tant de talents litt\u00e9raires et artistiques. En 150 ans, ce lieu a accueilli ceux qui se sont r\u00e9v\u00e9l\u00e9s \u00eatre les pionniers de leur temps. <\/p>\n<p><!--more--><br \/>\n<figure id=\"attachment_1791\" aria-describedby=\"caption-attachment-1791\" style=\"width: 350px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" class=\" aligncenter size-full wp-image-1791\" src=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2005\/09\/jpg_CAFE_NOUVELLE.jpg\" alt=\"La Nouvelle Ath\u00e8nes, aujourd'hui le n\u00b09 place Pigalle.\" title=\"La Nouvelle Ath\u00e8nes, aujourd'hui le n\u00b09 place Pigalle.\" class=\"caption\" align=\"center\" width=\"350\" height=\"185\" srcset=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2005\/09\/jpg_CAFE_NOUVELLE.jpg 350w, https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2005\/09\/jpg_CAFE_NOUVELLE-300x159.jpg 300w\" sizes=\"(max-width: 350px) 94vw, 350px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-1791\" class=\"wp-caption-text\">La Nouvelle Ath\u00e8nes, aujourd&rsquo;hui le n\u00b09 place Pigalle.<\/figcaption><\/figure><\/p>\n<p><em>La place Pigalle et ses caf\u00e9s, premi\u00e8re partie<\/em><\/p>\n<p>Am\u00e9nag\u00e9e en quarts de cercle en 1826, apr\u00e8s le percement des avenue et rues Frochot  et Dup\u00e9r\u00e9 \u00e0 la barri\u00e8re Montmartre ( ou barri\u00e8re Pigalle). La fontaine en son centre date de 1863. Jusqu&rsquo;alors, \u00e0 la place de cette fontaine,  un \u00ab\u00a0puits encag\u00e9\u00a0\u00bb devant la rotonde de la barri\u00e8re d\u00e9corait le lieu. On n&rsquo;y puisait plus d&rsquo;eau depuis longtemps, mais le puits existait quand m\u00eame dans ce quartier Br\u00e9da o\u00f9 fleurissaient lorettes peintres et mod\u00e8les de tout acabit. De chaque c\u00f4t\u00e9 de la rotonde se trouvait une gu\u00e9rite pr\u00e8s de la grille du \u00ab\u00a0mur murant Paris\u00a0\u00bb<br \/>\nC&rsquo;est le 22 mai 1862 que Gabriel Davioud (1823-1881), architecte, pr\u00e9sente son projet. La fontaine est construite entre 1862 et 1863 \u00e0 la place de la rotonde. Au centre du bassin circulaire interrompu par six bornes carr\u00e9es, un pi\u00e9destal octogonal supporte un pi\u00e9douche cannel\u00e9 et une vasque \u00e0 godrons en fonte.<br \/>\n<br \/>Dans une lettre du 29 juin 1868 de la Direction des Eaux et Egouts de Paris, on note : <em>\u00ab Cette vasque est le r\u00e9ceptacle de toutes les ordures du boulevard et m\u00eame des pav\u00e9s et moellons trouv\u00e9s aux environs ; les cantonniers y lavent leurs balais, les marchandes aux petite voitures  s&rsquo;y d\u00e9barrassent  de leurs rebuts de poissons ; le soir, vers la nuit, c&rsquo;est l\u00e0 que l&rsquo;on vient baigner et nettoyer tous les chiens du quartier \u00bb.<\/em><\/p>\n<p>La cons\u00e9quence en est l&rsquo;installation d&rsquo;un petit jardin autour de la fontaine, et d&rsquo;une grille de fer qui servait de cl\u00f4ture.<br \/>\n<br \/>C&rsquo;est dans la seconde moiti\u00e9 du 19\u00e8me si\u00e8cle que la place Pigalle va jouer un r\u00f4le important dans la vie artistique parisienne.<\/p>\n<p>Au n\u00b01 se trouvait le caf\u00e9 \u00ab Abbaye de Th\u00e9l\u00e8me \u00bb o\u00f9 les gar\u00e7ons \u00e9taient habill\u00e9s en moines et les serveuses en moniales.<\/p>\n<p>Au n\u00b0 7 actuel de la place, un limonadier s&rsquo;installe en 1835. Cet \u00e9tablissement \u00e9difi\u00e9 \u00e0 l&rsquo;angle de la rue Frochot et de la place, se nommait \u00ab\u00a0le Grand Caf\u00e9 de la Place Pigalle\u00a0\u00bb mais les clients vont s&#8217;empresser de le baptiser \u00ab\u00a0le Rat Mort\u00a0\u00bb en raison de l&rsquo;odeur pestilentielle qui empuantissait l&rsquo;endroit, ce qui ne l&#8217;emp\u00eachera pas de devenir le rendez-vous de tout ce qui comptait comme journalistes, \u00e9crivains, peintres et jolies dames esseul\u00e9es. On pouvait aussi rencontrer tous les chiens du quartier, terriers, \u00e9pagneuls, bichons havanais, l\u00e9vriers, barbets, caniches, qui s&rsquo;y livrent \u00e0 des combats acharn\u00e9s. Cet endroit est aujourd&rsquo;hui un lieu de striptease.<\/p>\n<p>Aux confins de la rue Pigalle, \u00e0 la jonction des deux demi-lunes qui avaient \u00e9t\u00e9 trac\u00e9es de part et d&rsquo;autre en partant des gu\u00e9rites et qui \u00e9tait le passage des boeufs conduits \u00e0 l&rsquo;abattoir de l&rsquo;avenue Trudaine s&rsquo;installa un autre marchand de vin. Quelques ann\u00e9es plus tard (vers 1855), que cet endroit sera connu sous le nom de \u00ab\u00a0Nouvelle Ath\u00e8nes\u00a0\u00bb. C&rsquo;est aujourd&rsquo;hui le n\u00b09 place Pigalle.<\/p>\n<p>Au n\u00b011, les Folies Pigalle ont remplac\u00e9 les ateliers d&rsquo;artistes qui se trouvaient l\u00e0 et o\u00f9 notamment Puvis de Chavannes (entre autres artistes) y avait son atelier.<\/p>\n<p>Au n\u00b013 enfin, au rez-de-chauss\u00e9e du bel immeuble construit en 1879, se trouve le grand caf\u00e9 Les Omnibus, le \u00ab march\u00e9 aux musiciens \u00bbjusqu&rsquo;\u00e0 la fin des ann\u00e9es 1960 et qui tient son nom de la ligne Pigalle-Bercy \u00e9tablie \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de \u00ab La Poste aux Chevaux \u00bb,<br \/>\n<br \/>Lieu historique qui lui aussi a \u00e9t\u00e9 d\u00e9vast\u00e9 et qui est remplac\u00e9 par des immeubles \u00ab modernes \u00bb<\/p>\n<p>On peut imaginer Baudelaire attendant de voir passer son \u00ab Apolonie \u00bb, attabl\u00e9 \u00e0 \u00ab La Nouvelle Ath\u00e8nes \u00bb note sur une feuille volante cet hommage \u00e0 Paris la Catin, qui figure dans l&rsquo;exemplaire de Poulet-Malassis <em>Hommage \u00e0 Paris, vu du Haut Montmartre<\/em> :<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Je t&rsquo;aime, \u00f4 ma tr\u00e8s belle \u00f4 ma charmante&#8230;<br \/>\nQue de fois&#8230;<br \/>\n<br \/>Tes d\u00e9bauches sans soif et tes aurores sans \u00e2me,<br \/>\nTon go\u00fbt de l&rsquo;infini,<br \/>\n<br \/>Qui partout dans le mal lui-m\u00eame se proclame,<br \/>\n<br \/>Et tes feux d&rsquo;artifice, \u00e9ruptions de joie,<br \/>\n<br \/>Qui font rire le ciel, muet et t\u00e9n\u00e9breux.<br \/>\n<br \/>O vous soyez t\u00e9moins que j&rsquo;ai fait mon devoir,<br \/>\n<br \/>Comme un parfait chimiste et comme une \u00e2me sainte.<br \/>\n<br \/>Car j&rsquo;ai de chaque chose extrait la quintessence :<br \/>\n<br \/>Tu m&rsquo;a donn\u00e9 ta boue et j&rsquo;en ai fait de l&rsquo;or\u00a0\u00bb.<\/em><\/p>\n<p>Ce lieu restera dans l&rsquo;Histoire comme le si\u00e8ge des avant-gardes, des impressionnistes au mouvement punk en passant par le jazz, le tango (premier endroit o\u00f9 \u00ab\u00a0l&rsquo;importateur\u00a0\u00bb du tango Manuel Pizaro donnera des cours au premier \u00e9tage dans les ann\u00e9es 1920). Il \u00e9tait \u00e0 lui seul un symbole.<\/p>\n<p>A suivre..<\/p>\n<p>Bernard Vassor<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>J&rsquo;me souviens d&rsquo;un coin de rue aujourd&rsquo;hui disparu&#8230; Il n&rsquo;y a aucun autre endroit, o\u00f9 ont pu se [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":1791,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[5],"tags":[41,19],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6310"}],"collection":[{"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=6310"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6310\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/1791"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=6310"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=6310"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=6310"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}