{"id":636,"date":"2006-06-09T18:47:00","date_gmt":"2006-06-09T16:47:00","guid":{"rendered":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2006\/06\/09\/le-mystere-de-la-chambre-obscure\/"},"modified":"2006-06-09T18:47:00","modified_gmt":"2006-06-09T16:47:00","slug":"le-mystere-de-la-chambre-obscure","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2006\/06\/09\/le-mystere-de-la-chambre-obscure\/","title":{"rendered":"Le Myst\u00e8re de la chambre obscure"},"content":{"rendered":"<p>On reste pendu \u00e0 ce roman-l\u00e0 comme une truite \u00e0 l&rsquo;hame\u00e7on, avec le sentiment \u00e9trange d&rsquo;avancer en terrain connu tout en allant de surprise en surprise.<\/p>\n<p><figure id=\"attachment_2019\" aria-describedby=\"caption-attachment-2019\" style=\"width: 230px\" class=\"wp-caption alignleft\"><img loading=\"lazy\" class=\" alignleft size-full wp-image-2019\" src=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2006\/06\/jpg_varietesdef.jpg\" alt=\"Le th\u00e9\u00e2tre des Vari\u00e9t\u00e9s, 7 boulevard Montmartre. Le caf\u00e9 des Vari\u00e9t\u00e9s se trouvait au n\u00b09.\" title=\"Le th\u00e9\u00e2tre des Vari\u00e9t\u00e9s, 7 boulevard Montmartre. Le caf\u00e9 des Vari\u00e9t\u00e9s se trouvait au n\u00b09.\" class=\"caption\" align=\"left\" width=\"230\" height=\"430\" srcset=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2006\/06\/jpg_varietesdef.jpg 230w, https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2006\/06\/jpg_varietesdef-160x300.jpg 160w\" sizes=\"(max-width: 230px) 94vw, 230px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-2019\" class=\"wp-caption-text\">Le th\u00e9\u00e2tre des Vari\u00e9t\u00e9s, 7 boulevard Montmartre. Le caf\u00e9 des Vari\u00e9t\u00e9s se trouvait au n\u00b09.<\/figcaption><\/figure>Certains \u00e9l\u00e9ments nous semblent en effet familiers : la complicit\u00e9 entre deux comp\u00e8res apprentis d\u00e9tectives (l&rsquo;un curieux mais prudent &#8211; un Jules Verne de 27 ans -, l&rsquo;autre journaliste, donc pr\u00eat \u00e0 tout pour trouver le scoop) ; le fait de mettre en sc\u00e8ne une c\u00e9l\u00e9brit\u00e9 (encore Jules) avant qu&rsquo;elle ne devienne c\u00e9l\u00e8bre, en imaginant par la fiction comment des \u00e9v\u00e9nements ont fa\u00e7onn\u00e9 son inspiration ; un personnage de jeune fille candide, menac\u00e9e par la prostitution ; un d\u00e9cor (l&rsquo;exposition universelle) d\u00e9j\u00e0 exploit\u00e9 dans d&rsquo;autres romans policiers[[Par exemple <em>Myst\u00e8re rue des Saints-p\u00e8res<\/em> ou <em>Le Fant\u00f4me de la tour Eiffel<\/em>.]] ; des meurtres parfois pr\u00e9visibles ; un inspecteur qui arrive toujours en retard sur le lieu du crime ; un coupable que l&rsquo;on peut deviner (mais quant \u00e0 ses motifs, bon courage&#8230;).<\/p>\n<p>Les surprises viennent du ton l\u00e9ger de l&rsquo;ensemble et en particulier de l&rsquo;humour permanent des dialogues (lorsque, par exemple, l&rsquo;\u00e9crivain est en proie \u00e0 l&rsquo;une de ses crises de paralysie faciale qu&rsquo;il subit depuis 1851).<br \/>\n<br \/>On est ainsi men\u00e9 comme par une petite brise de p\u00e9rip\u00e9tie en p\u00e9rip\u00e9tie, et la fin du r\u00e9cit arrive sans que l&rsquo;on n&rsquo;y prenne garde. Ce qui nous apparaissait \u00eatre des lieux communs rev\u00eat alors une autre apparence : la jeune fille n&rsquo;\u00e9tait pas si candide que cela ; la piste du crime \u00e9tait sem\u00e9e de cailloux blancs par le criminel lui-m\u00eame ; et l&rsquo;exposition universelle n&rsquo;\u00e9tait pas un d\u00e9cor si factice pour les aventures d&rsquo;un Jules Verne qui y aurait d\u00e9couvert (toujours en fiction) l&rsquo;id\u00e9e du <em>Tour du monde en 80 jours<\/em>, de <em>20 000 lieues sous les mers<\/em> et de <em>De la Terre \u00e0 la lune<\/em>.<br \/>\n<br \/>Autre clin d&rsquo;oeil : on comprend au cours du r\u00e9cit que nous sommes en train de lire&#8230; du Jules Verne !<\/p>\n<p>L&rsquo;action se situe pendant l&rsquo;\u00e9t\u00e9 1855. Les premi\u00e8res nouvelles d&rsquo;un certain Edgar Poe viennent de para\u00eetre dans le journal <em>Le Pays<\/em> (l&rsquo;une d&rsquo;elles contribuera \u00e0 \u00e9claircir le \u00ab\u00a0myst\u00e8re de la chambre obscure\u00a0\u00bb). La France est en guerre contre la Russie en Crim\u00e9e.<br \/>\n<br \/>L&rsquo;\u00e9crivain habite 18 boulevard Bonne-Nouvelle. De 1851 \u00e0 1855, il est secr\u00e9taire du directeur du Th\u00e9\u00e2tre lyrique &#8211; ex-Th\u00e9\u00e2tre historique de Dumas P\u00e8re &#8211; et tente sa chance comme auteur d&rsquo;op\u00e9rettes (il passera en 1856 \u00e0 une occupation plus r\u00e9mun\u00e9ratrice : le placement en Bourse, pour un agent de change bas\u00e9 72 rue de Provence).<\/p>\n<p>Tout commence le 15 ao\u00fbt 1855, quelques jours avant l&rsquo;arriv\u00e9e de la reine Victoria \u00e0 Paris, avec l&rsquo;assassinat lors d&rsquo;une soir\u00e9e spirite de Will Gordon, un m\u00e9dium anglais[[On pense \u00e0 Gordon Hole, l&rsquo;architecte-aventurier am\u00e9ricain du <em>Fant\u00f4me de la tour Eiffel<\/em> d&rsquo;Olivier Bleys, qui ne d\u00e9daigne pas non plus l&rsquo;arnaque spirite. La fin de ce roman se d\u00e9roule pendant l&rsquo;exposition universelle de 1889.]]. Jules Verne a \u00e9t\u00e9 entra\u00een\u00e9 \u00e0 cette soir\u00e9e par son ami F\u00e9lix de Montagnon, journaliste au <em>Populaire<\/em>, venu chercher l\u00e0 mati\u00e8re \u00e0 sensation.<\/p>\n<p>Les investigations de Verne et Montagnon leur permettront de mettre \u00e0 jour un trafic de fausse monnaie, qui n&rsquo;est qu&rsquo;un rideau de fum\u00e9e tendu par le v\u00e9ritable criminel pour perp\u00e9trer ses crimes sans \u00eatre inqui\u00e9t\u00e9.<\/p>\n<figure id=\"attachment_2020\" aria-describedby=\"caption-attachment-2020\" style=\"width: 340px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" class=\" aligncenter size-full wp-image-2020\" src=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2006\/06\/jpg_35bdcapucinesdef.jpg\" alt=\"35 boulevard des Capucines.\" title=\"35 boulevard des Capucines.\" class=\"caption\" align=\"center\" width=\"340\" height=\"450\" srcset=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2006\/06\/jpg_35bdcapucinesdef.jpg 340w, https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2006\/06\/jpg_35bdcapucinesdef-227x300.jpg 227w\" sizes=\"(max-width: 340px) 94vw, 340px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-2020\" class=\"wp-caption-text\">35 boulevard des Capucines.<\/figcaption><\/figure>\n<p>&#8211; C&rsquo;est au 13 rue Cloche-Perche[[Aujourd&rsquo;hui Cloche-Perce. Vidocq y installe en 1833 son agence de d\u00e9tectives priv\u00e9s au n\u00b012.]] que se d\u00e9roulent la s\u00e9ance spirite et le meurtre de Will Gordon.<br \/>\n&#8211; Un des membres du public, l&rsquo;imprimeur Batisson, est suivi par Montagnon jusqu&rsquo;au 12 rue Vieille du Temple apr\u00e8s qu&rsquo;il a quitt\u00e9 sa compagne, une myst\u00e9rieuse dame voil\u00e9e \u00e0 l&rsquo;accent espagnol dont on d\u00e9couvrira l&rsquo;identit\u00e9 \u00e0 la fin du roman. Batisson finit bient\u00f4t sa vie une balle dans chaque oeil.<br \/>\n&#8211; Verne et Montagnon se rendent foss\u00e9 B\u00e9co (au Pr\u00e9 Saint-Gervais, apr\u00e8s l&rsquo;enceinte de Thiers qui ceinture Paris), chez l&rsquo;\u00e9b\u00e9niste Dandrieu qui a fabriqu\u00e9 un meuble truqu\u00e9 pour Gordon. Dandrieu est d\u00e9couvert lui aussi assassin\u00e9 d&rsquo;une balle dans chaque oeil.<br \/>\n&#8211; Verne et Montagnon vont chercher conseil aupr\u00e8s d&rsquo;un ma\u00eetre spirite, le marquis de Servadac, qui demeure rue Grange-aux-Merciers \u00e0 Bercy[[Aujourd&rsquo;hui rue Nicola\u00ef, qui  allait alors jusqu&rsquo;\u00e0 la Seine.]]. Servadac est un coupable en puissance : il a besoin d&rsquo;argent et de cadavres pour tenter de redonner vie \u00e0 son corps handicap\u00e9.<br \/>\n&#8211; Leur enqu\u00eate les conduits \u00e0 la morgue, situ\u00e9e \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque quai du March\u00e9-neuf sur l&rsquo;\u00eele de la Cit\u00e9. Dandrieu y est employ\u00e9 et semble m\u00eal\u00e9 \u00e0 un trafic de cadavres. Pour le comte du marquis de Servadac ?<br \/>\n&#8211; le Cygne rouge est une maison close de luxe, situ\u00e9e rue de la Banque et g\u00e9r\u00e9e par Mme Berthe, amie de Servadac. La jeune et belle Savannah y travaille comme bonne \u00e0 tout faire. Une autre entr\u00e9e du Cygne rouge donne sur la rue Lelong. Bien s\u00fbr, Mme Berthe devient bient\u00f4t cadavre.<br \/>\n&#8211; F\u00e9lix est soign\u00e9 \u00e0 l&rsquo;h\u00f4pital Saint-Louis, rue de la Grange-aux-belles, apr\u00e8s avoir re\u00e7u une balle dans le bras.<br \/>\n&#8211; La librairie Dandrieu, 45 rue de Paradis, est g\u00e9r\u00e9e par le fr\u00e8re de l&rsquo;\u00e9b\u00e9niste.<br \/>\n&#8211; Jules et Savannah se donnent rendez-vous au caf\u00e9 des Vari\u00e9t\u00e9s, situ\u00e9 boulevard Montmartre \u00e0 c\u00f4t\u00e9 du th\u00e9\u00e2tre du m\u00eame nom (qui occupe aujourd&rsquo;hui le n\u00b07).<br \/>\n&#8211; Au 35 boulevard des Capucines se trouve dans le roman le studio du photographe Pelladan (c&rsquo;\u00e9tait en r\u00e9alit\u00e9 l&rsquo;adresse du magnifique atelier du photographe Le Gray, dont la fa\u00e7ade a \u00e9t\u00e9 conserv\u00e9e jusqu&rsquo;\u00e0 nos jours). Ici se d\u00e9noue l&rsquo;intrigue.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>On reste pendu \u00e0 ce roman-l\u00e0 comme une truite \u00e0 l&rsquo;hame\u00e7on, avec le sentiment \u00e9trange d&rsquo;avancer en terrain [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":2019,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[3],"tags":[19,39],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/636"}],"collection":[{"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=636"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/636\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/2019"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=636"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=636"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=636"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}