{"id":639,"date":"2006-07-06T09:24:30","date_gmt":"2006-07-06T07:24:30","guid":{"rendered":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2006\/07\/06\/william-faulkner-a-paris\/"},"modified":"2006-07-06T09:24:30","modified_gmt":"2006-07-06T07:24:30","slug":"william-faulkner-a-paris","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2006\/07\/06\/william-faulkner-a-paris\/","title":{"rendered":"William FAULKNER \u00e0 Paris"},"content":{"rendered":"<figure id=\"attachment_2021\" aria-describedby=\"caption-attachment-2021\" style=\"width: 410px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" class=\" aligncenter size-full wp-image-2021\" src=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2006\/07\/jpg_faulkner-2.jpg\" alt=\"26 rue Servandoni.\" title=\"26 rue Servandoni.\" class=\"caption\" align=\"center\" width=\"410\" height=\"310\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-2021\" class=\"wp-caption-text\">26 rue Servandoni.<\/figcaption><\/figure>\n<p><em>\u00abJ&rsquo;ai song\u00e9 \u00e0 ce que je pouvais imaginer de plus horrible et je l&rsquo;ai mis sur le papier.\u00bb<\/em><br \/>\n<br \/>Faulkner \u00e0 propos de <em>Sanctuaire<\/em>.<\/p>\n<p>Un \u00e9diteur ou un traducteur peut changer le sens d&rsquo;une oeuvre lorsqu&rsquo;il s&rsquo;agit de publier un auteur \u00e9tranger.<\/p>\n<p>C&rsquo;est un peu ce qui est arriv\u00e9 en France \u00e0 William Faulkner, dont les romans ont \u00e9t\u00e9 \u00e9dit\u00e9s par Gallimard dans un autre ordre et avec d&rsquo;autres intentions initiales que celles de l&rsquo;oeuvre originale.<br \/>\n<br \/>Les lecteurs fran\u00e7ais ont ainsi d&rsquo;abord d\u00e9couvert un Faulkner tragique, violent et au style unique. Ils devront attendre pour d\u00e9couvrir son humour[[Voir l&rsquo;article <em>Un Humour m\u00e9connu<\/em> d&rsquo;Annick Chapdelaine dans le Magazine litt\u00e9raire n\u00b0272.]] et sa dimension de \u00ab\u00a0romancier policier\u00a0\u00bb, grand amateur de John Dickson Carr, Dorothy Sayers, Rex Stout, Ellery Queen, etc.[[Voir l&rsquo;article <em>Sanctuaire, un vrai roman noir<\/em>, de Jean-Baptiste Baronian, idem.]]<\/p>\n<p><em>Sanctuaire<\/em> para\u00eet en France en 1933, pr\u00e9fac\u00e9 par Andr\u00e9 Malraux, et <em>Tandis que j&rsquo;agonise<\/em> un an plus tard, pr\u00e9fac\u00e9 par Valery Larbaud (Jean-Louis Barrault en pr\u00e9sente une adaptation au Th\u00e9\u00e2tre de l&rsquo;atelier en 1935). <\/p>\n<p>Aux \u00c9tats-Unis, si c&rsquo;est <em>Sanctuaire<\/em> qui, par son parfum de scandale[[L&rsquo;action de <em>Sanctuaire<\/em> se d\u00e9roule dans le Sud des ann\u00e9es trente. On devine plus qu&rsquo;on n&rsquo;assiste aux actes les plus sanglants d&rsquo;un r\u00e9cit qui n&rsquo;est pas d\u00e9crit dans l&rsquo;ordre chronologique. Popeye viole Temple, une jeune \u00e9tudiante, avant de tuer un homme et de conduire Temple dans une maison close&#8230; Quelques cadavres plus loin, on trouvera celui de Popeye, pendu pour un crime qu&rsquo;il n&rsquo;a pas commis&#8230;]], avait en effet apport\u00e9 une certaine renomm\u00e9e en 1931 \u00e0 un auteur devenu alors l&#8217;embl\u00eame du nouveau roman am\u00e9ricain, d&rsquo;autres romans avaient pr\u00e9c\u00e9d\u00e9, qui lui avaient valu un succ\u00e8s d&rsquo;estime : <em>Monnaie de singe<\/em> en 1926, <em>Moustique<\/em> en 1927, <em>Sartoris<\/em> et <em>Le Bruit et la fureur<\/em> en 1929, <em>Tandis que j&rsquo;agonise<\/em> en 1930.<\/p>\n<p>L&rsquo;\u00e9diteur Gallimard choisit ainsi d&rsquo;introduire Faulkner par un roman susceptible de frapper le public.<br \/>\n<br \/>Maurice-Edgar Coindreau, professeur et traducteur aux \u00c9tats-Unis entre 1923 et 1961, avait \u00e9crit dans la <em>Nouvelle revue fran\u00e7aise<\/em> en juin 1931 le premier article publi\u00e9 en fran\u00e7ais sur Faulkner, insistant justement sur son c\u00f4t\u00e9 tragique et son style.<br \/>\n<br \/>Malraux propose \u00e9galement une lecture semblable dans sa pr\u00e9face \u00e0 <em>Sanctuaire<\/em>. Souvenons-nous que <em>La Condition humaine<\/em> para\u00eet aussi en 1933&#8230;<br \/>\n<br \/>Sartre, lui, est professeur au Havre, mais \u00e0 l&rsquo;aff\u00fbt des litt\u00e9ratures nouvelles. Il donne au d\u00e9but des ann\u00e9es trente des conf\u00e9rences sur Dos Passos, Woolf, Huxley, etc. dans la salle de la Lyre, \u00e0 c\u00f4t\u00e9 du lyc\u00e9e Henri G\u00e9nestal. Lorsque Simone de Beauvoir lui conseille de s&rsquo;int\u00e9resser \u00e0 Faulkner, il d\u00e9couvre ce qu&rsquo;il r\u00eave d&rsquo;\u00eatre : un \u00e9crivain qui bouscule le roman \u00ab\u00a0bourgeois\u00a0\u00bb traditionnel par sa violence et son style qui se refuse au r\u00e9cit objectif et lin\u00e9aire pour proc\u00e9der par points de vue multiples et flash-backs[[Sartre donne en octobre 1945 une conf\u00e9rence intitul\u00e9e \u00ab\u00a0Une technique sociale du roman\u00a0\u00bb \u00e0 la Maison des Lettres de la rue Saint-Jacques. Michel Butor y entend parler pour la premi\u00e8re fois de Faulkner, Dos Passos et Virginia Woolf. Cela va fortement influencer ses propres romans.]].<\/p>\n<p>Il faut remonter quelques ann\u00e9es en arri\u00e8re pour rencontrer Faulkner \u00e0 Paris.<br \/>\n<br \/>Son s\u00e9jour au Grand h\u00f4tel des Principaut\u00e9s unies (26 rue Servandoni et 42 rue de Vaugirard) s&rsquo;\u00e9tale entre l&rsquo;automne et d\u00e9cembre 1925. Il est sur le continent depuis juillet, en Italie, en Suisse, \u00e0 Londres, en Bretagne, en Normandie&#8230; \u00c0 29 ans, il visite des champs de bataille de la Premi\u00e8re guerre &#8211; que, comme Fitzgerald, il est frustr\u00e9 de n&rsquo;avoir pu faire. Pr\u00e9f\u00e9rant le jardin du Luxembourg (o\u00f9, en septembre, il s&rsquo;installe toute la journ\u00e9e) et la compagnie des enfants et des ouvriers \u00e0 celle de la Lost generation, il ne rencontre ni Sylvia Beach, ni Gertrude Stein ni Hemingway, mais assiste \u00e0 la messe \u00e0 Saint-Sulpice.<\/p>\n<p>Hollywood &#8211; et en particulier Howard Hawks &#8211; lui commandera des sc\u00e9narios \u00e0 partir de 1932. C&rsquo;est son gagne pain, ainsi que ses nouvelles. Il s&rsquo;est endett\u00e9 pour acqu\u00e9rir sa propri\u00e9t\u00e9 de Rowan Oak en 1930 ; il nourrit une parent\u00e9 toujours plus large qui s&rsquo;appuie sur lui, et ses romans ne remplissent pas la marmite \u00e0 eux seuls.<\/p>\n<p>Le second s\u00e9jour de Faulkner \u00e0 Paris dure trois jours et se d\u00e9roule \u00e0 l&rsquo;occasion de sa venue \u00e0 Stockolm pour recevoir en 1950 le prix Nobel. On l&rsquo;y revoit en 1952, 1954 (il est alors hospitalis\u00e9 \u00e0 l&rsquo;H\u00f4pital am\u00e9ricain &#8211; entre d\u00e9pressions, crises d&rsquo;\u00e9thylismes et peines de coeur, sa sant\u00e9 est fragile) et 1955. Le prix Nobel a fait de lui une personnalit\u00e9 \u00ab\u00a0m\u00e9diatique\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Sources :<br \/>\n<br \/><em>Sartre 1905-1980<\/em>. Annie Cohen-Solal, Folio essais n\u00b0353.<br \/>\n<br \/><em>Walks in Hemingway&rsquo;s Paris<\/em>. Noel Riley Fitch. St Martin&rsquo;s Griffin, New York.<br \/>\n<br \/>Magazine litt\u00e9raire n\u00b0272 (d\u00e9cembre 1989).<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00abJ&rsquo;ai song\u00e9 \u00e0 ce que je pouvais imaginer de plus horrible et je l&rsquo;ai mis sur le papier.\u00bb [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":2021,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[2],"tags":[38],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/639"}],"collection":[{"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=639"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/639\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/2021"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=639"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=639"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=639"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}