{"id":65,"date":"2003-08-14T19:51:14","date_gmt":"2003-08-14T17:51:14","guid":{"rendered":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2003\/08\/14\/paul-feval\/"},"modified":"2024-05-12T11:28:07","modified_gmt":"2024-05-12T09:28:07","slug":"paul-feval","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2003\/08\/14\/paul-feval\/","title":{"rendered":"Paul FEVAL"},"content":{"rendered":"<p><img loading=\"lazy\" class=\" aligncenter size-full wp-image-1252\" src=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2003\/08\/jpg_feval.jpg\" alt=\"feval.jpg\" width=\"410\" height=\"310\" align=\"middle\" srcset=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2003\/08\/jpg_feval.jpg 410w, https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2003\/08\/jpg_feval-300x227.jpg 300w\" sizes=\"(max-width: 410px) 94vw, 410px\" \/><\/p>\n<div align=\"center\">Rennes, rue du Chapitre.<\/div>\n<p>Rares sont les auteurs c\u00e9l\u00e9brissimes de leur vivant qui, tomb\u00e9s ensuite dans l&rsquo;oubli, se rel\u00e8vent plus tard pour toucher \u00e0 nouveau un large public.<\/p>\n<p>En son temps plus lu que Balzac, rival d&rsquo;Alexandre Dumas, estim\u00e9 par ses pairs (il oeuvre beaucoup pour la reconnaissance du genre romanesque, du statut d&rsquo;\u00e9crivain professionnel et pour la d\u00e9fense des droits d&rsquo;auteur), F\u00e9val est soudainement d\u00e9laiss\u00e9 par ses lecteurs \u00e0 partir de 1876, ann\u00e9e de sa reconversion \u00e0 la religion catholique.<\/p>\n<p>&#8211; Il na\u00eet le 30 septembre 1816 au second \u00e9tage de l&rsquo;h\u00f4tel de Blossac, 6 rue du Four du Chapitre \u00e0 Rennes. Son p\u00e8re est conseiller \u00e0 la Cour Royale de la ville, mais cette charge ne procure pas des revenus suffisants pour faire vivre une femme et cinq enfants&#8230; d&rsquo;autant plus que F\u00e9val-p\u00e8re d\u00e9c\u00e8de en 1827.<br \/>\n&#8211; \u00c0 partir de 1830, Paul passe quelques vacances chez son oncle au ch\u00e2teau de Cournon, pr\u00e8s de Redon.<br \/>\n&#8211; Devenu avocat \u00e0 Rennes en 1836, il monte en 1837 ou 1838 \u00e0 Paris parfaire des \u00e9tudes en commerce qui durent&#8230; moins de deux mois, tant il est choqu\u00e9 par la rouerie des banquiers et des commer\u00e7ants. Alors, en m\u00eame temps qu&rsquo;il exp\u00e9rimente \u00ab\u00a0cent m\u00e9tiers, cent mis\u00e8res\u00a0\u00bb, l&rsquo;esprit stimul\u00e9 par les deux stars litt\u00e9raires bretonnes de l&rsquo;\u00e9poque (Chateaubriand et Lamennais), il entame quelques r\u00e9cits dont aucun ne trouve d&rsquo;\u00e9diteur.<br \/>\n&#8211; Il travaille aux Halles, chez une charcuti\u00e8re de la rue Saint-Martin, puis habite rue de la Cerisaie, pr\u00e8s de la Bastille. Il ne mange pas tous les jours.<\/p>\n<p>Des introductions venues de Rennes ouvrent enfin les portes de journaux catholiques et royalistes \u00e0 sa plume fertile, teint\u00e9e de chouannerie bretonne. \u00c0 partir de 1841, son succ\u00e8s lui attire l&rsquo;int\u00e9r\u00eat de <em>La Revue de Paris<\/em>, puis de <em>La L\u00e9gislature<\/em> et du <em>Courrier fran\u00e7ais<\/em>.<\/p>\n<p>L&rsquo;un des directeurs, Ant\u00e9nor Joly, lui commande \u00e0 la derni\u00e8re minute de r\u00e9\u00e9crire un roman-feuilleton dans la veine des <em>Myst\u00e8res de Paris<\/em>, qu&rsquo;une multitude de lecteurs attend d\u00e9j\u00e0. Cela devait \u00eatre la traduction des <em>Myst\u00e8res de Londres<\/em> parus en Angleterre, mais la version fran\u00e7aise s&rsquo;\u00e9tait r\u00e9v\u00e8l\u00e9e au dernier moment impubliable&#8230;<\/p>\n<p>Ces <em>Myst\u00e8res de Londres<\/em> recompos\u00e9s, dont la publication d\u00e9bute fin 1843 sous la plume d&rsquo;un Sir Francis Trolopp qui n&rsquo;est autre que Paul F\u00e9val, lui valent une renomm\u00e9e d\u00e9mesur\u00e9e d'\u00a0\u00bbauteur de romans-feuilletons\u00a0\u00bb. C&rsquo;est ce qu&rsquo;il attendait. D&rsquo;autres feuilletons suivent.<\/p>\n<p>Au contraire de Sue dont il est l&rsquo;antith\u00e8se politique, la r\u00e9volution de 1848 fait regretter \u00e0 F\u00e9val d&rsquo;avoir, par ses feuilletons, redonn\u00e9 une conscience au peuple, et il produira \u00e0 l&rsquo;avenir du \u00ab\u00a0roman-feuilleton conservateur\u00a0\u00bb. <em>Le Bossu<\/em> para\u00eet en 1857 dans <em>Le Si\u00e8cle<\/em> et redonne \u00e0 son auteur, jusqu&rsquo;\u00e0 1870, une place de leader du feuilleton dans presque tous les genres : r\u00e9gionaliste, historique, fantastique, de moeurs, d&rsquo;espionnage,&#8230;<br \/>\n&#8211; Dans ces ann\u00e9es-l\u00e0, les adresses de F\u00e9val sont le 138 rue du Faubourg Saint-Denis (1854), le 7 rue d&rsquo;Orl\u00e9ans \u00e0 Saint-Cloud (1858), le 69 boulevard Beaumarchais (1860), le 80 rue Saint-Maur (1863). Il fait alors connaissance de Dickens qui reste longtemps son ami.<br \/>\n&#8211; En 1868, il emm\u00e9nage 88 avenue des Ternes, puis 129 rue Marcadet (b\u00e2timent d\u00e9truit depuis).<br \/>\n&#8211; En 1870, il s&rsquo;exile \u00e0 Rennes. Six ans plus tard, mal remis de la d\u00e9faite de 1870, de deux \u00e9checs \u00e0 l&rsquo;Acad\u00e9mie Fran\u00e7aise, d&rsquo;une baisse de popularit\u00e9 et d&rsquo;une d\u00e9bacle financi\u00e8re qui met sa famille aux abois, il broit du noir et se rel\u00e8ve en se reconvertissant haut et fort \u00e0 la religion catholique.<br \/>\n&#8211; Ses derni\u00e8res ann\u00e9es, \u00e0 partir de 1882, se d\u00e9roulent dans la maladie. Il est accueilli aux Incurables, chez les fr\u00e8res Saint-Jean de Dieu, 19 rue Oudinot \u00e0 Paris, o\u00f9 il meurt le 8 mars 1887.<\/p>\n<p>Au fait, si vous rencontrez un jour Paul F\u00e9val et ne lui parlez que du Bossu en oubliant ses quatre-vingt-dix autres romans, vous verrez sa r\u00e9action&#8230;<\/p>\n<p><strong>\u00c0 voir aux alentours<\/strong><\/p>\n<p>Pr\u00e9sences litt\u00e9raires alentours de Rennes :<br \/>\n&#8211; <a href=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2003\/08\/14\/francois-rene-de-chateaubriand\/\">Chateaubriand<\/a> \u00e0 Saint-Malo et Combourg,<br \/>\n&#8211; <a href=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2003\/08\/19\/alfred-jarry\/\">Alfred Jarry<\/a> et <a href=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2003\/08\/19\/louis-guilloux\/\">Louis Guilloux<\/a> \u00e0 Saint-Brieuc,<br \/>\n&#8211; <a href=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2003\/08\/29\/madame-de-sevigne-a-paris-aux-rochers-a-grignan\/\">Madame de S\u00e9vign\u00e9<\/a> aux Rochers,<br \/>\n&#8211; Henryk Sienkiewicz \u00e0 Costa\u00e9r\u00e8s (Tr\u00e9gastel),<br \/>\n&#8211; <a href=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2003\/08\/14\/joseph-conrad-a-lannion-et-lile-grande\/\">Joseph Conrad<\/a> \u00e0 Lannion et L&rsquo;Ile Grande,<br \/>\n&#8211; <a href=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2003\/08\/28\/ernest-renan\/\">Ernest Renan<\/a> \u00e0 Tr\u00e9guier,<br \/>\n&#8211; <a href=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2003\/08\/28\/thomas-edward-lawrence-en-bretagne-et-a-paris\/\">T. E. Lawrence<\/a> \u00e0 Dinard.<\/p>\n<p><strong>Petite bibliographie<\/strong><\/p>\n<p><em>Balade en Bretagne Nord sur les pas des \u00e9crivains<\/em>, \u00c9ditions Alexandrines, 2011.<br \/>\nIl n&rsquo;existe encore aucune biographie de Paul F\u00e9val. Mais on peut lire avec int\u00e9r\u00eat <em>Paul F\u00e9val, parcours d&rsquo;une oeuvre<\/em>. Jean-Pierre Galvan, \u00e9ditions Encrage, 2000, 168 p., 70 F.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Rennes, rue du Chapitre. 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