{"id":654,"date":"2006-08-15T15:38:00","date_gmt":"2006-08-15T13:38:00","guid":{"rendered":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2006\/08\/15\/jorge-semprun-a-geneve-la-haye-paris\/"},"modified":"2006-08-15T15:38:00","modified_gmt":"2006-08-15T13:38:00","slug":"jorge-semprun-a-geneve-la-haye-paris","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2006\/08\/15\/jorge-semprun-a-geneve-la-haye-paris\/","title":{"rendered":"Jorge SEMPRUN \u00e0 Gen\u00e8ve, La Haye, Paris&#8230;"},"content":{"rendered":"<p><em>\u00ab [&#8230;] toute mon imagination narrative a sembl\u00e9 aimant\u00e9e par [le] soleil aride [de Buchenwald], rougeoyant comme la flamme du cr\u00e9matoire. M\u00eame dans les r\u00e9cits les plus \u00e9loign\u00e9s de l&rsquo;exp\u00e9rience personnelle, o\u00f9 tout \u00e9tait vrai parce que je l&rsquo;avais invent\u00e9 et non parce que je l&rsquo;avais v\u00e9cu, le foyer ancien \u00e9tait \u00e0 l&rsquo;\u009cuvre, incandescent ou couvant sous la cendre. \u00bb<\/em><br \/>\n<br \/>Jorge Semprun, <em>Adieu, vive clart\u00e9&#8230;<\/em><\/p>\n<p>Jorge na\u00eet en d\u00e9cembre 1923. Sa m\u00e8re d\u00e9c\u00e8de lorsqu&rsquo;il a huit ans.<br \/>\nAvec l&rsquo;aide du groupe Esprit d&rsquo;Emmanuel Mounier, dont M. Semprun est correspondant en Espagne, la famille &#8211; Jorge a six fr\u00e8res et s\u009curs &#8211; arrive \u00e0 Lestelle-B\u00e9tharram (pays basque fran\u00e7ais) en septembre 1936, fuyant l&rsquo;avance des troupes de Franco. Destination Gen\u00e8ve quelques semaines plus tard, o\u00f9 Jorge \u00e9tudie au coll\u00e8ge Calvin. Il est h\u00e9berg\u00e9 avec un de ses fr\u00e8res dans l&rsquo;appartement des s\u009curs Grob\u00e9ty, qui g\u00e8rent un foyer pour enfants avenue de la For\u00eat. Trois autres des fr\u00e8res Semprun sont accueillis dans une vieille ferme en face du ch\u00e2teau de Ferney-Voltaire.<br \/>\n<br \/>En passant par Paris (Victoria Palace H\u00f4tel, rue Blaise-Desgoffe), a famille rejoint d\u00e9but 1937 la l\u00e9gation de la R\u00e9publique espagnole \u00e0 La Haye, o\u00f9 M. Semprun vient d&rsquo;\u00eatre nomm\u00e9. La fa\u00e7ade de la l\u00e9gation donne sur le Plein 1813.<\/p>\n<p>Jorge est interne au lyc\u00e9e Henri IV \u00e0 Paris en 1939, puis au lyc\u00e9e Saint-Louis \u00e0 l&rsquo;automne de cette m\u00eame ann\u00e9e (il est alors h\u00e9berg\u00e9 chez un ami du groupe Esprit, \u00c9douard-Auguste F., qui habite rue Blaise-Desgoffe ou tout pr\u00e8s). Puis \u00e0 Henri IV de nouveau (il est alors log\u00e9 rue Blomet).<br \/>\n<br \/>Il se plonge dans <em>L&rsquo;Espoir<\/em> de Malraux et dans <em>La Condition humaine<\/em> &#8211; dont la lecture fait de lui un communiste, dans les romans de Nizan, Sartre, dans Le Sang noir de Guilloux, dans <em>L&rsquo;\u00c2ge d&rsquo;homme<\/em> de Michel Leiris, les romans de Charles Morgan (Fontaine, Sparkenbroke). <\/p>\n<p>Les lyc\u00e9ens les plus t\u00e9m\u00e9raires font le mur, le soir, en s&rsquo;aidant d&rsquo;un r\u00e9verb\u00e8re situ\u00e9 sur un trottoir de la rue Thouin. <\/p>\n<p>En mars 1939, Jorge vit dans la boulangerie qui fait l&rsquo;angle entre la rue Racine et la rue de l&rsquo;\u00c9cole-de-m\u00e9decine un traumatisme semblable \u00e0 celui qui marque l&rsquo;enfance d&rsquo;Albert Cohen : son terrible accent espagnol lui vaut une invective raciste et publique de la part de la boulang\u00e8re. Cela le d\u00e9cide \u00e0 faire tout son possible pour effacer son accent \u00e9tranger. Il y parvient en quelques semaines seulement, mais d\u00e9cide alors de <em>\u00ab ne jamais oublier d&rsquo;\u00eatre un rouge espagnol \u00bb<\/em>.<\/p>\n<p>M. Semprun p\u00e8re vit \u00e0 Saint-Prix (95), o\u00f9 ses amis du groupe Esprit lui ont trouv\u00e9 un petit logement dans la maison habit\u00e9e autrefois par Sedaine, 47 rue Auguste-Rey.<\/p>\n<p>Jorge croise des membres et des sympathisants du groupe Esprit : Paul-Louis Landsberg (ami d&rsquo;un certain Walter Benjamin), Pierre-Aim\u00e9 Touchard (qui habite 58 rue Lhomond), Raymond Aron&#8230;<\/p>\n<p>Il participe le 11 novembre 1940 \u00e0 la manifestation anti-nazie sur les Champs-\u00c9lys\u00e9es. <\/p>\n<p>Il loue une chambre en 1942 pr\u00e8s de la place de la Contrescarpe. Le centre du monde est \u00e0 ses yeux la place du Panth\u00e9on.<\/p>\n<p>D&rsquo;autres de ses adresses parisiennes seront \u00e9galement la rue de Blainville, la rue de Vaugirard, la rue Daubigny, la rue F\u00e9lix Ziem.<\/p>\n<p>Source : <em>Adieu, vive clart\u00e9&#8230;<\/em>, \u00e9ditions Folio.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00ab [&#8230;] toute mon imagination narrative a sembl\u00e9 aimant\u00e9e par [le] soleil aride [de Buchenwald], rougeoyant comme la [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[2],"tags":[36,29],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/654"}],"collection":[{"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=654"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/654\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=654"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=654"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=654"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}