{"id":655,"date":"2006-08-16T16:26:34","date_gmt":"2006-08-16T14:26:34","guid":{"rendered":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2006\/08\/16\/dans-le-paris-de-la-curee-et-des-rougon-macquart\/"},"modified":"2006-08-16T16:26:34","modified_gmt":"2006-08-16T14:26:34","slug":"dans-le-paris-de-la-curee-et-des-rougon-macquart","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2006\/08\/16\/dans-le-paris-de-la-curee-et-des-rougon-macquart\/","title":{"rendered":"Dans le Paris de La Cur\u00e9e et des Rougon-Macquart"},"content":{"rendered":"<p><em>\u00ab Ce grand innocent de Paris ! Vois donc comme il est immense et comme il s&rsquo;endort doucement ! C&rsquo;est b\u00eate, ces grandes villes ! Il ne se doute gu\u00e8re de l&rsquo;arm\u00e9e de pioches qui l&rsquo;attaquera un de ces beaux matins, et certains h\u00f4tels de la rue d&rsquo;Anjou ne reluiraient pas si fort sous le soleil couchant, s&rsquo;ils savaient qu&rsquo;ils n&rsquo;ont plus que trois ou quatre ans \u00e0 vivre. \u00bb<\/em><br \/>\nAristide Saccard dans <em>La Cur\u00e9e<\/em> (chap. 2)<\/p>\n<p><em>\u00ab C&rsquo;\u00e9tait l&rsquo;heure o\u00f9 la cur\u00e9e ardente emplit un coin de for\u00eat de l&rsquo;aboiement des chiens, du claquement des fouets, du flamboiement des torches. Les app\u00e9tits l\u00e2ch\u00e9s se contentaient enfin, dans l&rsquo;impudence du triomphe, au bruit des quartiers \u00e9croul\u00e9s et des fortunes b\u00e2ties en six mois. La ville n&rsquo;\u00e9tait plus qu&rsquo;une grande d\u00e9bauche de millions et de femmes. \u00bb<\/em><br \/>\n<em>La Cur\u00e9e<\/em> (chap. 3)<\/p>\n<p><em>La Cur\u00e9e<\/em> est l&rsquo;histoire d&rsquo;Aristide Rougon &#8211; qui prendra rapidement le nom d&rsquo;Aristide Saccard &#8211; dans la jungle immobili\u00e8re parisienne au d\u00e9but du Second empire. Zola qualifie Louis-Napol\u00e9on Bonaparte et ses comparses d&rsquo;<em>\u00ab aventuriers du 2 D\u00e9cembre \u00bb<\/em> et montre comment Saccard devient l&rsquo;un d&rsquo;eux. Rien ne destinait Aristide \u00e0 rallier ce parti, sinon l&rsquo;app\u00e2t du gain et son go\u00fbt pour l&rsquo;intrigue qui font le charme de la famille Rougon.<\/p>\n<p>\u00c0 moins d&rsquo;\u00e9prouver les sentiments d&rsquo;un Saccard, le lecteur ne s&rsquo;identifie \u00e0 aucun personnage du roman, tant chacun est antipathique, pitoyable ou fonci\u00e8rement inexistant[[Les seuls personnages positifs du roman n&rsquo;apparaissent que fugitivement : M. B\u00e9raud du Ch\u00e2tel, haut magistrat qui d\u00e9missionne de ses fonctions apr\u00e8s le coup d&rsquo;\u00c9tat du 2 d\u00e9cembre 1851 et C\u00e9leste, soubrette de Ren\u00e9e Saccard, qui lui est fid\u00e8le jusqu&rsquo;au moment o\u00f9 elle la quitte, ayant gagn\u00e9 assez d&rsquo;argent pour acheter une maison en Normandie.]].<br \/>\n<br \/>C&rsquo;est bien l&rsquo;effet recherch\u00e9 par Zola : que le regard du lecteur ne soit influenc\u00e9 par aucune sympathie et qu&rsquo;il observe, comme dans un bocal, des  hommes et des femmes se mouvoir en fonction de leurs passions et du contexte historique (ici, la transformation de Paris sous la f\u00e9rule du baron Haussmann).<\/p>\n<p>Aristide Rougon n&rsquo;a de m\u00e9rites que celui d&rsquo;avoir un fr\u00e8re d\u00e9put\u00e9 et d&rsquo;\u00eatre attentif \u00e0 ce qu&rsquo;il observe autour de lui. Son flair[[<em>\u00ab Il en devinait plus long que ses chefs eux-m\u00eames sur l&rsquo;avenir de moellons et de pl\u00e2tre qui \u00e9tait r\u00e9serv\u00e9 \u00e0 Paris. Il avait tant furet\u00e9, r\u00e9uni tant d&rsquo;indices, qu&rsquo;il aurait pu proph\u00e9tiser le spectacle qu&rsquo;offriraient les nouveaux quartiers en 1870 \u00bb<\/em> (<em>La Cur\u00e9e<\/em>, chap 2).]], sa pers\u00e9v\u00e9rance et son \u00e9nergie font le reste.<\/p>\n<p>Il arrive \u00e0 Paris, avec Ang\u00e8le, sa femme, dans les premiers jours de 1852[[<em>\u00ab L&rsquo;Empire venait d&rsquo;\u00eatre proclam\u00e9 [&#8230;] Le silence s&rsquo;\u00e9tait fait \u00e0 la tribune et dans les journaux. La soci\u00e9t\u00e9, sauv\u00e9e encore une fois, se f\u00e9licitait, se reposait, faisait la grasse matin\u00e9e, maintenant qu&rsquo;un gouvernement fort la prot\u00e9geait et lui \u00f4tait jusqu&rsquo;au souci de penser et de r\u00e9gler ses affaires. La grande pr\u00e9occupation de la soci\u00e9t\u00e9 \u00e9tait de savoir \u00e0 quels amusements elle allait tuer le temps. Selon l&rsquo;heureuse expression d&rsquo;Eug\u00e8ne Rougon, Paris se mettait \u00e0 table et r\u00eavait gaudriole au dessert. \u00bb<\/em> (<em>La Cur\u00e9e<\/em>, chap. 2).]], car il <em>\u00ab sentait venir ce flot montant de la sp\u00e9culation \u00bb<\/em> apr\u00e8s le coup d&rsquo;\u00c9tat.<br \/>\nQuelques semaines plus tard, son fr\u00e8re Eug\u00e8ne lui obtient un petit poste d&rsquo;agent voyer adjoint \u00e0 l&rsquo;H\u00f4tel de ville. Patiemment, Aristide creuse son trou, monte en grade et sait recueillir des indiscr\u00e9tions sur les projets d&rsquo;am\u00e9nagement de la capitale. Il devient expert en manipulations comptables et en combines v\u00e9reuses, gagnant l&rsquo;amiti\u00e9 et la confiance de membres du conseil de Paris, dont celles d&rsquo;un s\u00e9nateur p\u00e9dophile.<br \/>\n<br \/>La mort d&rsquo;Ang\u00e8le lui permet d&rsquo;\u00e9pouser en 1854 la riche et belle Ren\u00e9e B\u00e9raud du Ch\u00e2tel, 20 ans, par l&rsquo;entremise de sa s\u009cur Sidonie qui a appris que la famille de la jeune fille cherchait \u00e0 tout prix un candidat au mariage peu scrupuleux pour effacer la honte d&rsquo;une grossesse accidentelle (elle perdra l&rsquo;enfant avant terme).<\/p>\n<p>Saccard y gagne 200 000 francs et Ren\u00e9e re\u00e7oit en dot des terrains \u00e0 Charonne, une propri\u00e9t\u00e9 en Sologne et un bel immeuble rue de la P\u00e9pini\u00e8re.<br \/>\nIl lui rach\u00e8te ce dernier 150 000 francs pour le revendre 600 000 \u00e0 la ville, car il est situ\u00e9 sur une zone \u00e0 exproprier pour la construction du boulevard Malesherbes[[<em>\u00ab Saccard s&rsquo;\u00e9tait permis, un jour, de consulter, chez le pr\u00e9fet, ce fameux plan de Paris sur lequel \u00ab\u00a0une main auguste\u00a0\u00bb avait trac\u00e9 \u00e0 l&rsquo;encre rouge les principales voies du deuxi\u00e8me r\u00e9seau. Ces sanglants traits de plume entaillaient Paris plus profond\u00e9ment encore que la main de l&rsquo;agent voyer. Le boulevard Malesherbes, qui abattait des h\u00f4tels superbes, dans les rues d&rsquo;Anjou et de la Ville-l&rsquo;\u00c9v\u00eaque, et qui n\u00e9cessitait des travaux de terrassement consid\u00e9rables, devait \u00eatre trou\u00e9 un des premiers \u00bb<\/em> (<em>La Cur\u00e9e<\/em>, chap 2).]].<\/p>\n<p>Le voici enfin en possession de moyens financiers cons\u00e9quents pour mener \u00e0 bien ses grands projets de sp\u00e9culation immobili\u00e8re, dont Zola explique le principe : <em>\u00ab Les rouages de l&rsquo;expropriation, de cette machine puissante qui, pendant quinze ans, a boulevers\u00e9 Paris, soufflant la fortune et la ruine, sont des plus simples. D\u00e8s qu&rsquo;une voie nouvelle est d\u00e9cr\u00e9t\u00e9e, les agents voyers dressent le plan parcellaire et \u00e9valuent les propri\u00e9t\u00e9s. D&rsquo;ordinaire, pour les immeubles, apr\u00e8s enqu\u00eate, ils capitalisent la location totale et peuvent ainsi donner un chiffre approximatif. La commission des indemnit\u00e9s, compos\u00e9e de membres du conseil municipal, fait toujours une offre inf\u00e9rieure \u00e0 ce chiffre, sachant que les int\u00e9ress\u00e9s r\u00e9clameront davantage, et qu&rsquo;il y aura concession mutuelle. Quand ils ne peuvent s&rsquo;entendre, l&rsquo;affaire est port\u00e9e devant un jury qui se prononce souverainement sur l&rsquo;offre de la Ville et la demande du propri\u00e9taire ou du locataire expropri\u00e9. [&#8230;] Les trente-six membres du conseil municipal \u00e9taient choisis avec soin de la main m\u00eame de l&#8217;empereur, sur la pr\u00e9sentation du pr\u00e9fet, parmi les s\u00e9nateurs, les d\u00e9put\u00e9s, les avocats, les m\u00e9decins, les grands industriels qui s&rsquo;agenouillaient le plus d\u00e9votement devant le pouvoir \u00bb<\/em> (<em>La Cur\u00e9e<\/em>, chap 2).<\/p>\n<p>Saccard a donc trouv\u00e9 sa vocation : acheter au prix du march\u00e9 (ou en dessous) des immeubles condamn\u00e9s \u00e0 une expropriation prochaine, et man\u009cuvrer pour les c\u00e9der au meilleur prix \u00e0 la commission des indemnit\u00e9s. D&rsquo;ann\u00e9e en ann\u00e9e, l&rsquo;importance de ses manipulations ne cesse de s&rsquo;accro\u00eetre. Il en vient \u00e0 cr\u00e9er une caisse de cr\u00e9dit&#8230; qui pr\u00eatera \u00e0 la Ville de Paris ! Il s&rsquo;associe aux entrepreneurs de travaux publics. Il se fait construire deux h\u00f4tels rue de Marignan, deux boulevard Haussmann et quatre autres boulevard Malesherbes. <\/p>\n<p>L&rsquo;\u00e9t\u00e9 1854, Saccard a fait venir de Plassans son fils Maxime, 13 ans. Eff\u00e9min\u00e9, vicieux, celui-ci devient le confident, sinon le petit fr\u00e8re de sa belle-m\u00e8re, Ren\u00e9e, qui se consacre \u00e0 ses amants et aux mondanit\u00e9s pendant que Saccard sp\u00e9cule.<br \/>\n<br \/>La folie des grandeurs s&#8217;empare de ce dernier, pendant que sa femme, laiss\u00e9e \u00e0 elle-m\u00eame, lui ali\u00e8ne sa fortune, se soumet enti\u00e8rement \u00e0 lui. Les Saccards en viennent jusqu&rsquo;\u00e0 fr\u00e9quenter les bals de la cour aux Tuileries.<\/p>\n<p>Mais la chance tourne au d\u00e9but des ann\u00e9es 1860. Saccard a trop investi dans des constructions qu&rsquo;il doit revendre \u00e0 perte. Il ne r\u00e9duit pas pour autant son train de vie. En m\u00eame temps surgit un \u00e9v\u00e9nement impr\u00e9vu : Ren\u00e9e et Maxime deviennent amants.<br \/>\n<br \/>Pour subvenir \u00e0 des besoins financiers que ne couvre plus son mari, Ren\u00e9e c\u00e8de \u00e0 d&rsquo;autres amants, ce qui \u00e9loigne Maxime d&rsquo;elle.<\/p>\n<p>Saccard m\u00e8ne \u00e0 bien son dernier grand r\u00eave. Il r\u00e9ussit \u00e0 obtenir une indemnit\u00e9 de trois millions pour les b\u00e2timents construits sur les terrains de Charonne appartenant \u00e0 sa femme, que s&rsquo;appr\u00eate \u00e0 traverser le boulevard du Prince-Eug\u00e8ne (bient\u00f4t rebaptis\u00e9 en <strong>boulevard Voltaire<\/strong>). <\/p>\n<p>Ren\u00e9e a d\u00e9couvert par Maxime la malhonn\u00eatet\u00e9 de son mari.<br \/>\n<br \/>Saccard surprend les deux amants. Dans un \u00e9lan de d\u00e9sespoir, elle accepte de lui vendre les terrains de Charonne, esp\u00e9rant recommencer une autre vie avec ce peu d&rsquo;argent et avec Maxime.<\/p>\n<p>Mais Maxime \u00e9pouse Louise de Mareuil, une jeune h\u00e9riti\u00e8re dont la sant\u00e9 est condamn\u00e9e et dont le p\u00e8re compte sur les appuis politiques de Saccard pour devenir d\u00e9put\u00e9. <\/p>\n<p>Ren\u00e9e meurt quelques mois plus tard de tristesse et d&rsquo;\u00e9puisement.<\/p>\n<hr \/>\n<p>Situons dans la capitale en transformation les lieux fr\u00e9quent\u00e9s par les acteurs de <em>La Cur\u00e9e<\/em>.<\/p>\n<p>&#8211; Avec sa premi\u00e8re femme Ang\u00e8le, Aristide Rougon s&rsquo;installe dans un petit logement <strong>rue Saint-Jacques<\/strong> d\u00e9but 1852. Apr\u00e8s quelque temps, il est nomm\u00e9 commissaire voyer adjoint \u00e0 l&rsquo;H\u00f4tel de Ville gr\u00e2ce \u00e0 son fr\u00e8re Eug\u00e8ne, qui est pr\u00eat \u00e0 l&rsquo;aider \u00e0 condition qu&rsquo;il change son nom en Saccard afin qu&rsquo;on ne les apparente pas trop facilement, et lui d\u00e9clare <em>\u00ab Nous entrons dans un temps o\u00f9 toutes les fortunes sont possibles. Gagne beaucoup d&rsquo;argent, je te le permets; seulement pas de b\u00eatise, pas de scandale trop bruyant, ou je te supprime. \u00bb<\/em> Aristide devient commissaire voyer en 1853. La douce et effac\u00e9e Ang\u00e8le meurt de maladie au d\u00e9but de la guerre de Crim\u00e9e.<br \/>\n&#8211; Eug\u00e8ne Rougon habite <strong>rue de Penthi\u00e8vre<\/strong>.<br \/>\n&#8211; Sidonie Rougon, s\u009cur d&rsquo;Aristide et d&rsquo;Eug\u00e8ne, occupe <strong>rue du Faubourg-Poissonni\u00e8re<\/strong> un petit entresol de trois pi\u00e8ces, ainsi que la boutique du rez-de-chauss\u00e9e. Une porte coch\u00e8re <strong>rue Papillon<\/strong> donne \u00e9galement acc\u00e8s \u00e0 cet entresol. Sidonie y m\u00e8ne divers commerces allant de la dentelle aux chaussures, en passant par les cafeti\u00e8res, les pianos, et surtout des informations de toute nature sur la situation familiale et financi\u00e8re de ses clientes. <em>\u00ab Elle \u00e9tait un v\u00e9ritable r\u00e9pertoire vivant d&rsquo;offres et de demandes \u00bb<\/em>, bref, une entremetteuse. C&rsquo;est elle qui n\u00e9gocie le mariage d&rsquo;Aristide et de Ren\u00e9e, sans qu&rsquo;ils se soient jamais rencontr\u00e9s.<br \/>\n&#8211; Apr\u00e8s la mort de sa femme, Saccard s&rsquo;installe bri\u00e8vement <strong>rue Payenne<\/strong>, dans un bel appartement de cinq pi\u00e8ces. Gr\u00e2ce aux man\u009cuvres de sa s\u009cur Sidonie qui lui a trouv\u00e9, avant le dernier soupir d&rsquo;Ang\u00e8le, une jeune fille riche \u00e0 \u00e9pouser, les voies de la prosp\u00e9rit\u00e9 vont s&rsquo;ouvrir \u00e0 lui.<br \/>\n&#8211; L&rsquo;h\u00f4tel B\u00e9raud dans la <strong>rue Saint-Louis-en-l&rsquo;Ile<\/strong> est le havre familial de la future Mme Saccard. <em>\u00ab Il n&rsquo;avait que trois \u00e9tages, des \u00e9tages de quinze \u00e0 vingt pieds de hauteur [&#8230;] Mais dans cette maison morte, dans ce clo\u00eetre, il y avait un nid chaud et vibrant, un trou de soleil et de gaiet\u00e9, un coin d&rsquo;adorable enfance, de grand air, de lumi\u00e8re large. Il fallait monter une foule de petits escaliers, filer le long de dix \u00e0 douze corridors, redescendre, remonter encore, faire un v\u00e9ritable voyage, et l&rsquo;on arrivait enfin \u00e0 une vaste chambre, \u00e0 une sorte de belv\u00e9d\u00e8re b\u00e2ti sur le toit, derri\u00e8re l&rsquo;h\u00f4tel, au-dessus du quai de B\u00e9thune \u00bb<\/em>.<br \/>\n&#8211; Le mariage de Ren\u00e9e et de Saccard a lieu dans <strong>l&rsquo;\u00e9glise Saint-Louis-en-l&rsquo;Ile<\/strong>. Ils ne font connaissance que la veille. <em>\u00ab La sc\u00e8ne se passa le soir, \u00e0 la tomb\u00e9e de la nuit, dans une salle basse de l&rsquo;h\u00f4tel B\u00e9raud \u00bb<\/em>. Aristide est un homme petit, \u00e2g\u00e9 (40 ans), laid, mais rond et affable.<br \/>\n&#8211; L&rsquo;immeuble de la <strong>rue de la P\u00e9pini\u00e8re<\/strong>, revendu par Saccard \u00e0 la ville de Paris, se trouvait <strong>au coin de la rue d&rsquo;Astorg<\/strong>.<br \/>\n&#8211; Le couple emm\u00e9nage <strong>rue de Rivoli<\/strong> apr\u00e8s le mariage.<br \/>\n&#8211; A la rentr\u00e9e des classes 1854, Maxime rentre au lyc\u00e9e Bonaparte (aujourd&rsquo;hui lyc\u00e9e Condorcet, <strong>rue du Havre<\/strong>). Il est \u00ab le Brummell de sa classe \u00bb.<br \/>\n&#8211; Dans leurs d\u00e9bauches respectives, p\u00e8re et fils se croisent parfois \u00e0 la Maison d&rsquo;Or (<strong>20 boulevard des Italiens, 1\/3 rue Laffitte<\/strong>) et au bal Mabille, <strong>avenue Montaigne<\/strong>.<br \/>\n&#8211; <strong>au bout de la rue Monceau, \u00e0 quelques pas du boulevard Malesherbes<\/strong>, se trouve le magnifique h\u00f4tel achev\u00e9 \u00e0 la fin des ann\u00e9es 1850 pour les Saccard : <em>\u00ab un \u00e9talage, une profusion, un \u00e9crasement de richesses. L&rsquo;h\u00f4tel disparaissait sous les sculptures. \u00bb<\/em> L&rsquo;appartement de Ren\u00e9e est au premier \u00e9tage et ses fen\u00eatres donnent sur le <strong>parc Monceau<\/strong>.<br \/>\n&#8211; Mme de Lauwerens, belle femme de vingt-six ans, est une entremetteuse de luxe bas\u00e9e <strong>rue de Provence<\/strong>, qui concurrence Sidonie Rougon.<br \/>\n&#8211; Ren\u00e9e et Maxime se rendent un soir \u00e0 un bal masqu\u00e9 chez l&rsquo;actrice Blanche Muller, rue Basse-du-Rempart.<br \/>\n&#8211; Ils poursuivent la soir\u00e9e au caf\u00e9 Riche (<strong>18 boulevard des Italiens<\/strong>), o\u00f9 belle-m\u00e8re et le beau-fils deviennent amant.<br \/>\n&#8211; Baptistin, un commis de Larsonneau, associ\u00e9 de Saccard, habite <strong>rue Jean-Lantier<\/strong>.<br \/>\n&#8211; Laure d&rsquo;Aurigny, une associ\u00e9e en affaires de Saccard, habite <strong>boulevard Haussmann, en face de la Chapelle expiatoire<\/strong>. Saccard poss\u00e8de \u00e9galement un appartement au-dessus.<br \/>\n&#8211; Maxime, jeune veuf enrichi apr\u00e8s le d\u00e9c\u00e8s rapide de sa femme Louise, s&rsquo;installe avenue de l&rsquo;Imp\u00e9ratrice (<strong>avenue Foch<\/strong>). On le retrouvera, comme son p\u00e8re, dans <em>L&rsquo;Argent<\/em>.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00ab Ce grand innocent de Paris ! 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