{"id":662,"date":"2006-09-10T14:11:46","date_gmt":"2006-09-10T12:11:46","guid":{"rendered":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2006\/09\/10\/le-sang-des-farines\/"},"modified":"2006-09-10T14:11:46","modified_gmt":"2006-09-10T12:11:46","slug":"le-sang-des-farines","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2006\/09\/10\/le-sang-des-farines\/","title":{"rendered":"Le Sang des farines"},"content":{"rendered":"<p>Avec <em>Le Sang des Farines<\/em>, nous voici en mars-juin 1775. Un nouveau lieutenant g\u00e9n\u00e9ral de police, M. Le Noir, a remplac\u00e9 M. de Sartine, devenu secr\u00e9taire d&#8217;\u00c9tat \u00e0 la Marine tout en gardant un &#339;il attentif sur les affaires touchant \u00e0 la s\u00e9curit\u00e9 du royaume (et sur les enqu\u00eates de son prot\u00e9g\u00e9 Nicolas Le Floch).<br \/>\n<br \/>Nicolas est p\u00e8re d&#8217;un adolescent, Louis, qui vient de fuguer de son coll\u00e8ge. La Satin, m\u00e8re de Louis, vit \u00e0 Londres, et Nicolas est amoureux d&#8217;une autre, Aim\u00e9e d&#8217;Arranet. Il devient dans cet \u00e9pisode marquis de Ranreuil, sa s&#339;ur Isabelle ayant pris le voile \u00e0 l&#8217;abbaye de Fontevrault, c\u00e9d\u00e9 sa part d&#8217;h\u00e9ritage \u00e0 son fr\u00e8re et \u00e9tant intervenue aupr\u00e8s du mar\u00e9chal de Richelieu pour que Nicolas soit reconnu marquis.<br \/>\nIl est envoy\u00e9 \u00e0 Vienne en compagnie du chevalier de Lastire, un des premiers \u00ab contre-espions \u00bb fran\u00e7ais, afin de d\u00e9couvrir comment les Autrichiens parviennent \u00e0 \u00eatre inform\u00e9s de secrets d\u00e9tenus par l&#8217;ambassade de France. Lorsque le jeune commissaire retrouve Paris, la capitale est troubl\u00e9e par des \u00e9meutes provoqu\u00e9es par les mauvaises r\u00e9coltes de 1774 et la lib\u00e9ralisation du commerce des grains par Turgot, le nouveau contr\u00f4leur g\u00e9n\u00e9ral.<br \/>\n<br \/>Ma\u00eetre Mourut, boulanger et locataire de M. de Noblecourt, est retrouv\u00e9 mort dans son p\u00e9trin, une plaie bizarre \u00e0 la main. Dans la ville chauff\u00e9e \u00e0 blanc, il s&#8217;agit de d\u00e9couvrir au plus vite le ou les meurtrier(s).<br \/>\n<br \/>Mme Mourut ainsi que les apprentis Parnaux, Friope et Denis Caminet sont suspects (d\u00e9cid\u00e9ment, les femmes que rencontre Nicolas sont souvent bien antipathiques &#8211; cf. <em>L&#8217;\u00c9nigme des Blancs-manteaux<\/em> ou <em>Le Fant\u00f4me de la rue Royale<\/em> !). Il appara\u00eet bient\u00f4t que Caminet est le fils naturel de Mourut et qu&#8217;il est l&#8217;amant de Mme Mourut&#8230; et que Friope est une fille d\u00e9guis\u00e9e en gar\u00e7on ! Mais l&#8217;enqu\u00eate de Nicolas s&#8217;oriente vers des sph\u00e8res plus \u00e9lev\u00e9es, proches du prince de Conti et d&#8217;autres personnages de haut rang. De fait, l&#8217;opacit\u00e9 des m\u00e9canismes du commerce des grains, entretenu par le pouvoir, favorise bien des enrichissements parmi les fermiers g\u00e9n\u00e9raux, les intendants, les ministres et l&#8217;entourage du roi.<br \/>\n<br \/>Le Noir, accus\u00e9 de ne pas savoir mater les \u00e9meutes, est d\u00e9mis de ses fonctions par Louis XVI et remplac\u00e9 par Albert, un proche de Turgot.<br \/>\nUne fois n&#8217;est pas coutume, la surprenante conclusion de l&#8217;enqu\u00eate est rendue par Nicolas \u00e0 l&#8217;h\u00f4tel de Saint-Florentin en pr\u00e9sence de M. de Saint-Florentin (duc de la Vrilli\u00e8re, ministre du roi), de M. Le Noir et de M. de Sartine.<br \/>\n<br \/>Mourut \u00e9tait en r\u00e9alit\u00e9 membre d&#8217;un cercle de n\u00e9gociants en grain soup\u00e7onn\u00e9 de vouloir jouer sur le prix des farines. Il a autrefois d\u00e9nonc\u00e9 H\u00e9n\u00e9fiance, un marchand grainetier coupable de malversations. Envoy\u00e9 aux gal\u00e8res puis au bagne de Brest d&#8217;o\u00f9 il s&#8217;est \u00e9vad\u00e9 pour se faire oublier aux Indes orientales, H\u00e9n\u00e9fiance a regagn\u00e9 enfin la France pour assouvir sa vengeance, parfois d\u00e9guis\u00e9 sous l&#8217;apparence d&#8217;un moine capucin. Il est parvenu \u00e0 trouver des appuis haut plac\u00e9s aupr\u00e8s des opposants \u00e0 Turgot&#8230; et des Autrichiens. Et cet H\u00e9n\u00e9fiance est, sous une autre apparence, un des personnages principaux de ce roman passionnant qui se cl\u00f4t par le sacre de Louis XVI \u00e0 Reims, le 11 juin 1775, qui succ\u00e9de \u00e0 son grand-p\u00e8re Louis XV.<\/p>\n<figure id=\"attachment_1995\" aria-describedby=\"caption-attachment-1995\" style=\"width: 265px\" class=\"wp-caption alignleft\"><img loading=\"lazy\" class=\" alignleft size-full wp-image-1995\" src=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2006\/04\/jpg_vincennes1def.jpg\" alt=\"Le donjon du ch\u00e2teau de Vincennes.\" title=\"Le donjon du ch\u00e2teau de Vincennes.\" class=\"caption\" align=\"left\" width=\"265\" height=\"420\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-1995\" class=\"wp-caption-text\">Le donjon du ch\u00e2teau de Vincennes.<\/figcaption><\/figure>\n<p>&#8211; Turgot demeure rue Neuve-des-petits-champs (actuelle <strong>rue des Petits-Champs<\/strong>).<\/p>\n<p>&#8211; Le bourreau et m\u00e9decin Sanson, ami de Nicolas, habite <strong>rue Poissonni\u00e8re<\/strong>.<\/p>\n<p>&#8211; Le prince de Conti (qui, finalement, pr\u00e9f\u00e8rera \u00e9loigner ses relations compromettantes) habite au Temple.  Aujourd&rsquo;hui, <strong>le square du Temple<\/strong> occupe cet emplacement, et une plaque sur la mairie du IIIe arrondissement en garde le souvenir.<\/p>\n<p>&#8211; Ma\u00eetre Delamanche, notaire de Mourut, a son office <strong>rue des Prouvaires<\/strong>, au coin de la rue des Deux-\u00e9cus (aujourd&rsquo;hui rue Berger). Il apprend \u00e0 l&#8217;inspecteur Bourdeau que Caminet est le fils naturel de Mourut.<\/p>\n<p>&#8211; La maison de la Gourdan, lieu de r\u00e9unions des grainetiers, est situ\u00e9e dans le roman rue des Deux-<em>ponts<\/em>-saint-Sauveur. Cette maison galante a r\u00e9ellement exist\u00e9. \u00ab~<em>Une entr\u00e9e s&rsquo;en ouvre dans l&rsquo;actuelle rue Dussoubs, une autre se cache dans la boutique d&rsquo;un antiquaire, 12 rue Saint-Sauveur[[<em>Les Travers\u00e9es de Paris<\/em>, Alain Rustenholz, \u00e9d. Parigramme, page 253.]].<\/em>~\u00bb La rue des Deux <em>Portes<\/em> Saint-Sauveur est devenue depuis une partie de la <strong>rue Dussoubs<\/strong>. Au n\u00b023, une plaque pr\u00e9sente l&rsquo;h\u00f4tel occup\u00e9 par Marguerite Gourdan entre 1774 et 1783 et qui est toujours debout. Carlo Goldoni d\u00e9c\u00e8de au n\u00b021 en 1793.<br \/>\n<figure id=\"attachment_1996\" aria-describedby=\"caption-attachment-1996\" style=\"width: 320px\" class=\"wp-caption alignright\"><img loading=\"lazy\" class=\" alignright size-full wp-image-1996\" src=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2006\/04\/jpg_ruestsauveur.jpg\" alt=\"La rue Saint-Sauveur.\" title=\"La rue Saint-Sauveur.\" class=\"caption\" align=\"right\" width=\"320\" height=\"600\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-1996\" class=\"wp-caption-text\">La rue Saint-Sauveur.<\/figcaption><\/figure><\/p>\n<p>&#8211; H\u00e9n\u00e9fiance tenait boutique rue du Poirier avant d&#8217;\u00eatre condamn\u00e9 pour malversations. Dans la maison qui lui fait face est \u00e9lev\u00e9e l&#8217;arme du crime (que nous vous laissons d\u00e9couvrir).<\/p>\n<p>&#8211; Nicolas se rend au <strong>donjon de Vincennes<\/strong> pour, sur le conseil de Le Noir, interroger Le Pr\u00e9v\u00f4t de Beaumont, emprisonn\u00e9 depuis 1768 car il faisait courir des bruits au sujet de malversations au plus haut niveau pour sp\u00e9culer sur le prix du grain.<\/p>\n<p>&#8211; Nicolas se rend au si\u00e8ge de la Compagnie des Indes, <strong>\u00e0 l&#8217;angle de la rue Vivienne et de la rue des Petits-champs<\/strong>, dans une ancienne d\u00e9pendance du palais Mazarin. Il est \u00e0 la recherche de renseignements sur le retour des Indes de H\u00e9n\u00e9fiance, boulanger suspect\u00e9 d&#8217;\u00eatre m\u00eal\u00e9 au meurtre de son confr\u00e8re Mourut. L&#8217;archiviste de la Compagnie y est assassin\u00e9 apr\u00e8s le passage de Nicolas. Restif de la Bretonne a surpris l&#8217;assassin, un moine myst\u00e9rieux, qui s&#8217;est enfui dans une voiture portant  les armes du prince de Conti.<\/p>\n<p>&#8211; Un myst\u00e9rieux fiacre qui a suivi Nicolas trouve justement refuge dans une maison de la rue de Vend\u00f4me (aujourd&#8217;hui <strong>rue B\u00e9ranger<\/strong>), non loin de l&#8217;enclos du Temple, propri\u00e9t\u00e9 du prince de Conti. La maison est situ\u00e9e en face du couvent des Filles-du-Sauveur, qui se trouve alors \u00e0 l&#8217;emplacement du passage Vend\u00f4me. P\u00e9n\u00e9trant dans cette maison, Nicolas est agress\u00e9 par le myst\u00e9rieux moine d\u00e9j\u00e0 rencontr\u00e9. Il parvient \u00e0 s&#8217;en d\u00e9barrasser mais un nouvel adversaire s&#8217;attaque \u00e0 lui. C&#8217;est cette fois Naganda, son ami indien Mic-mac (apparu dans <em>Le fant\u00f4me de la rue Royale<\/em>) qui vient \u00e0 son secours.<\/p>\n<p>&#8211; Apr\u00e8s l&rsquo;heureuse conclusion de l&rsquo;enqu\u00eate, Nicolas et ses amis festoient comme \u00e0 leur habitude au Tambour royal, l&#8217;auberge du c\u00e9l\u00e8bre Ramponneau, situ\u00e9e face \u00e0 la barri\u00e8re Blanche, \u00e0 l&#8217;emplacement actuel de la <strong>place Blanche<\/strong>.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Avec Le Sang des Farines, nous voici en mars-juin 1775. Un nouveau lieutenant g\u00e9n\u00e9ral de police, M. 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