{"id":667,"date":"2006-10-03T21:59:09","date_gmt":"2006-10-03T19:59:09","guid":{"rendered":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2006\/10\/03\/jean-claude-izzo-a-marseille-paris-saint-malo\/"},"modified":"2023-09-20T21:49:19","modified_gmt":"2023-09-20T19:49:19","slug":"jean-claude-izzo-a-marseille-paris-saint-malo","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2006\/10\/03\/jean-claude-izzo-a-marseille-paris-saint-malo\/","title":{"rendered":"Jean-Claude IZZO \u00e0 Marseille, Paris, Saint-Malo"},"content":{"rendered":"<p><em>\u00ab Ce qui me para\u00eet le plus complexe dans la vie, ce sont les rapports amoureux et les liens d\u2019amiti\u00e9. Tous deux sont parfaitement incompr\u00e9hensibles. \u00bb<\/em><br \/>\nJean-Claude Izzo en 1998 \u00e0 Christine Ferniot.<\/p>\n<p><em>\u00ab La fonction du romancier est bien d\u2019aller l\u00e0 o\u00f9, dans la vie quotidienne, on \u00e9vite d\u2019aller. \u00bb<\/em><br \/>\nJean-Claude Izzo en 1998 \u00e0 Christine Ferniot.<\/p>\n<p><em>\u00ab Je crois au bonheur tout en \u00e9tant pessimiste sur l\u2019avenir de la soci\u00e9t\u00e9. \u00bb<\/em><br \/>\nJean-Claude Izzo en 1998 \u00e0 Christine Ferniot.<\/p>\n<p><em>\u00ab Ce qui est terrible, c\u2019est que plus j\u2019\u00e9cris, plus je d\u00e9sesp\u00e8re. \u00bb<\/em><br \/>\nJean-Claude Izzo en 1998 \u00e0 Alexandra Schwartzbrod.<\/p>\n<p>A cinquante ans, Izzo publie en 1995 son premier polar, <em>Total Kheops<\/em>, parce qu\u2019il ne trouve nulle part un roman contemporain sur Marseille comme il aimerait en lire, qui m\u00eale le pass\u00e9 et la ville d\u2019aujourd\u2019hui, et les diff\u00e9rentes migrations qui la composent.<\/p>\n<p>Les tirages se chiffreront en centaines de milliers d\u2019exemplaires. Record \u00e0 battre pour un ouvrage de la S\u00e9rie noire. Les deux autres volumes de la trilogie consacr\u00e9e \u00e0 l\u2019ex flic Fabio Montale, <em>Chourmo<\/em> et <em>Solea<\/em>, paraissent en 1996 et 1998. Dans le troisi\u00e8me, Izzo fait mourir Montale.<\/p>\n<p>Amoureux du jazz, de Marseille \u2013 mais pour lui, il n\u2019existe pas d\u2019\u00ab \u00e9cole marseillaise \u00bb du polar \u2013 et de ses habitants, d\u2019un amour dont h\u00e9ritent ses lecteurs, son itin\u00e9raire est celui de ses personnages. La biographie de Fabio Montale ressemble \u00e0 la sienne.<\/p>\n<p>Naissance en 1945 \u00e0 Marseille (6 rue Ferdinand-Bruneti\u00e8re) d\u2019une couturi\u00e8re espagnole d\u2019un barman italien install\u00e9 dans un caf\u00e9 de la place de Lenche. Mme Izzo est n\u00e9e en 1918 au 6 rue des Pistoles. Jean-Claude passe plus de vingt ans dans le 4e arrondissement de Marseille <em>\u00ab \u00e0 l\u2019ombre d\u2019un p\u00e8re absent mais aim\u00e9 \u00bb<\/em> (Nadia Dhoukar). Il \u00e9tudie au coll\u00e8ge du boulevard Boisson. Bien que bon \u00e9l\u00e8ve, on l\u2019oriente ensuite vers un lyc\u00e9e technique, celui des Remparts, boulevard de la Corderie, en vue d\u2019un CAP de tourneur-fraiseur. Il s\u2019y ennuie, \u00e9choue \u00e0 l\u2019examen. Il passe du temps dans un endroit \u00e0 la chaleur plus communicative : le foyer de l\u2019aum\u00f4nerie du lyc\u00e9e, dans le couvent de dominicains de la rue Rostand. Les jeunes y organisent eux-m\u00eames un d\u00e9bat hebdomadaire, qui voit d\u00e9filer toutes sortes d\u2019invit\u00e9s. Jean-Claude prend en main la r\u00e9daction du journal de l\u2019aum\u00f4nerie, <em>Le Canard technique<\/em>. Le foyer ouvre bient\u00f4t un cin\u00e9-club. Jean-Claude se passionne pour le cin\u00e9ma, la po\u00e9sie, la pauvret\u00e9 dans le Tiers-Monde. Dans les ann\u00e9es 1960, il milite \u00e0 Pax Christi, mouvement chr\u00e9tien pour la paix. Que ses engagements soient politiques ou non, le militantisme est dans sa nature. <em>\u00ab Ayons des actions associatives, politiques. Si au bistrot on \u00e9coute sans rien relever un type du Front national d\u00e9blat\u00e9rer sur les immigr\u00e9s, il faut admettre que c\u2019est une l\u00e2chet\u00e9. \u00bb<\/em> (entretien avec Christine Ferniot).<\/p>\n<p>Le voil\u00e0 employ\u00e9 de la librairie La Clairi\u00e8re, rue Grignan, puis \u00e0 Toulon. Il refuse d\u2019effectuer son service militaire et est envoy\u00e9 en bataillon disciplinaire \u00e0 Djibouti. Tout n\u2019est pas perdu. C\u2019est le pays de Rimbaud\u2026<\/p>\n<p>De retour \u00e0 Marseille en 1966, il fait un passage \u00e0 la librairie Flammarion sur la Canebi\u00e8re. Il suit en 1967 une partie des militants de Pax Christi au Parti Socialiste Unifi\u00e9, puis passe au Parti Communiste Fran\u00e7ais en ao\u00fbt lorsque celui-ci d\u00e9sapprouve l\u2019invasion de la Tch\u00e9coslovaquie. Il devient pigiste pour <em>La Marseillaise<\/em>, et bient\u00f4t r\u00e9dacteur en chef adjoint charg\u00e9 des pages culturelles. Ces ann\u00e9es 1970 sont aussi celles de ses publications po\u00e9tiques.<\/p>\n<p>On le retrouve en 1980 pigiste pour <em>La Vie mutualiste<\/em>, puis r\u00e9dacteur en 1982 puis grand reporter en 1985. Il s\u2019installe rue Paul Bert \u00e0 Paris en 1981. Il est nomm\u00e9 r\u00e9dacteur en chef en 1987 et charg\u00e9 de transformer <em>La Vie mutualiste<\/em> en <em>Viva<\/em>. Apr\u00e8s un conflit interne, il d\u00e9missionne l\u2019\u00e9t\u00e9 1987, sans avoir eu le temps de r\u00e9ceptionner un reportage sur la Californie demand\u00e9 \u00e0 un certain Michel Le Bris, dont <em>L\u2019Homme aux semelles de vent<\/em> paru en 1977 est devenu la \u00ab bougie \u00bb d\u2019Izzo, lui faisant \u00ab quitter l\u2019id\u00e9ologie pour le r\u00e9el \u00bb (et, du m\u00eame coup, sa femme en 1978 et le parti communiste et <em>La Marseillaise<\/em> en 1979 !).<\/p>\n<p>Il faut attendre 1990 pour que les deux hommes se retrouvent, apr\u00e8s une collaboration d\u2019Izzo entre 1988 et 1990 au Carrefour des litt\u00e9ratures europ\u00e9ennes \u00e0 Strasbourg.<\/p>\n<p>Le Bris et Izzo investissent leur passion pour la litt\u00e9rature et le voyage dans le festival Etonnants voyageurs de Saint-Malo, dont la premi\u00e8re \u00e9dition a lieu en 1990 et dont Izzo est le monsieur Presse. Gr\u00e2ce \u00e0 Le Bris, il fait la connaissance de Jim Harrison (un \u00e9crivain de son panth\u00e9on personnel, aux c\u00f4t\u00e9s de Camus, James Cain, Stevenson, Conrad\u2026). Rencontrer les \u00e9crivains qui se rendent chaque ann\u00e9e \u00e0 Saint-Malo apaise ses angoisses \u00e0 l\u2019\u00e9gard de l\u2019\u00e9criture.<\/p>\n<p>Il \u00e9crit une nouvelle marseillaise en 1993 pour le magazine <em>Gulliver<\/em> qui accompagne le festival. C\u2019est \u2013 il ne le sait pas encore \u2013 le premier chapitre de <em>Total Kh\u00e9ops<\/em>.<\/p>\n<p>L\u2019essentiel, dit-il de ses polars, <em>\u00ab c\u2019est le reste \u00bb<\/em> (entretien avec Christine Ferniot) : ce qui fait vivre les gens, les relie, les d\u00e9chire, et ses trois th\u00e8mes marseillais pr\u00e9f\u00e9r\u00e9s : la mafia, le racisme et la mis\u00e8re sociale.<\/p>\n<p>Il d\u00e9c\u00e8de en janvier 2000 d\u2019un cancer, \u00e0 l\u2019h\u00f4pital Sainte-Marguerite \u00e0 Marseille.<\/p>\n<p>Sources :<br \/>\n&#8211; <em>Jean-Claude Izzo, trajectoire d\u2019un homme<\/em>, biographie de Nadia Dhoukar introduisant la trilogie Fabio Montale (Total Kh\u00e9ops, Chourmo, Solea), Folio policier n\u00b0420.<br \/>\n&#8211; <em>Marseille, h\u00e9ro\u00efne de polars<\/em>, article de Michel Samson dans <em>Le Monde<\/em> du 6 d\u00e9cembre 1997,<br \/>\n&#8211; <em>Izzo, l\u2019homme qui a fait de Marseille un personnage<\/em>, article de Michel Samson dans <em>Le Monde<\/em> du 28 janvier 2000,<br \/>\n&#8211; <em>Le soleil s\u2019est \u00e9teint pour Izzo<\/em>, article d\u2019Alexandra Schwartzbrod dans <em>Lib\u00e9ration<\/em> du 27 janvier 2000,<br \/>\n&#8211; <em>Jean-Claude Izzo<\/em>. Entretien avec Christine Ferniot. Magazine <em>Lire<\/em>, \u00e9t\u00e9 1998.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00ab Ce qui me para\u00eet le plus complexe dans la vie, ce sont les rapports amoureux et les [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[2],"tags":[39],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/667"}],"collection":[{"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=667"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/667\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":5515,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/667\/revisions\/5515"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=667"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=667"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=667"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}