{"id":673,"date":"2006-10-28T09:32:00","date_gmt":"2006-10-28T07:32:00","guid":{"rendered":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2006\/10\/28\/paul-leautaud-a-paris-courbevoie-fontenay-aux-roses-et-chatenay-malabry\/"},"modified":"2006-10-28T09:32:00","modified_gmt":"2006-10-28T07:32:00","slug":"paul-leautaud-a-paris-courbevoie-fontenay-aux-roses-et-chatenay-malabry","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2006\/10\/28\/paul-leautaud-a-paris-courbevoie-fontenay-aux-roses-et-chatenay-malabry\/","title":{"rendered":"Paul L\u00c9AUTAUD \u00e0 Paris, Courbevoie, Fontenay-aux-Roses et Ch\u00e2tenay-Malabry."},"content":{"rendered":"<p>\u00ab<em>Il y a toujours une chose qui m&rsquo;int\u00e9ressera plus que les oeuvres m\u00eames des \u00e9crivains : c&rsquo;est la fa\u00e7on dont ils les \u00e9crivirent, ce sont les sentiments, sinc\u00e8res ou imagin\u00e9s [&#8230;], qui les animaient en \u00e9crivant. Quand ils \u00e9crivent, je voudrais pouvoir les voir.<\/em>\u00bb<br \/>\n<br \/><em>Journal<\/em>, tome I, page 15.<\/p>\n<p>\u00ab<em>Conna\u00eetre des gens, avoir leur confiance, conna\u00eetre leur intimit\u00e9, jusqu&rsquo;\u00e0 leurs vices et leurs vilaines histoires. Tout \u00e9crire.<\/em>\u00bb<br \/>\n<br \/><em>Journal<\/em>, tome I, page 506.<\/p>\n<p>Paul na\u00eet 37 rue Moli\u00e8re, en janvier 1872 et est baptis\u00e9 \u00e0 l&rsquo;\u00e9glise Saint-Roch. Ses parents sont Firmin L\u00e9autaud, r\u00e9gisseur et souffleur de th\u00e9\u00e2tre, et son amante Jeanne Forestier, com\u00e9dienne qui se d\u00e9sint\u00e9resse de son fils d\u00e8s sa naissance. Elle pr\u00e9f\u00e8re retrouver ses amies aux Folies-Berg\u00e8res.<\/p>\n<p>Paul est mis en nourrice \u00e0 \u00c9tampes, puis chauss\u00e9e du Maine \u00e0 Paris. Il vit 13 rue des Martyrs avec son p\u00e8re (qui habitera plus tard 21 rue des Martyrs) \u00e0 partir de 1874. La vieille bonne de celui-ci, Marie Pez\u00e9, prend soin de Paul et l&rsquo;h\u00e9berge souvent chez elle, dans sa chambre du 6e \u00e9tage du 14 rue Clauzel. Ils se prom\u00e8nent square Montholon, square Rollin ou square de la Trinit\u00e9. Paul va \u00e0 l&rsquo;\u00e9cole rue Milton puis rue Rodier.<\/p>\n<p>Jeanne Forestier, elle, demeure 12 passage Laferri\u00e8re et rend visite \u00e0 Paul de temps en temps. \u00c0 dix ans, il tombe amoureux d&rsquo;elle, \u00ab\u00a0l&rsquo;\u00e9ternelle absente\u00a0\u00bb. Elle lui inspire ce sentiment trouble pendant plusieurs ann\u00e9es. Elle se marie en 1895 avec un m\u00e9decin genevois, Hugues Oltramare.<\/p>\n<p>Entretemps, Marie Rez\u00e9 est cong\u00e9di\u00e9e en 1881 et M. L\u00e9autaud, sa nouvelle ma\u00eetresse et Paul emm\u00e9nagent \u00e0 Courbevoie, 3 avenue de la R\u00e9publique. Une ville \u00ab\u00a0grise\u00a0\u00bb succ\u00e8de pour Paul au quartier anim\u00e9 de la rue des Martyrs. Son p\u00e8re est parfois tr\u00e8s violent et ne veut pas d\u00e9penser pour lui. Paul exerce donc des petits m\u00e9tiers \u00e0 partir de 15 ans.<br \/>\n<br \/>Il choisit ses lectures en autodidacte : France, Barr\u00e8s, Renan&#8230; Il entre comme employ\u00e9 \u00e0 <em>La R\u00e9publique fran\u00e7aise<\/em> en 1889.<\/p>\n<p>Il loge en 1890-1891 avec Jeanne Mari\u00e9 13 faubourg-Saint-Jacques, et s&rsquo;installe seul dans une chambre au 6e \u00e9tage du 14 rue Monsieur-le-Prince, puis rue Amyot en 1892. Il cr\u00e9e en 1893 la petite revue <em>L&rsquo;Ind\u00e9pendance litt\u00e9raire<\/em> avec Adolphe Van Bever &#8211; son ami de l&rsquo;\u00e9cole communale de Courbevoie -, et commence l&rsquo;\u00e9criture d&rsquo;un <em>Journal<\/em>. Adolphe est employ\u00e9 au th\u00e9\u00e2tre de l&rsquo;Oeuvre de Lugn\u00e9-Po\u00e9 et invite Paul \u00e0 assister \u00e0 des repr\u00e9sentations. Ce dernier y rencontre Alfred Valette, directeur de la maison d&rsquo;\u00e9dition et de la revue <em>Le Mercure de France<\/em>. Ce dernier accepte de publier des textes de Paul en 1895. Aux \u00ab\u00a0mardis\u00a0\u00bb de Rachilde, la femme d&rsquo;Alfred, L\u00e9autaud fait la connaissance de Paul Val\u00e9ry. Val\u00e9ry loge \u00e0 l&rsquo;h\u00f4tel Henry-IV, rue Gay-Lussac, et L\u00e9autaud 11 rue de Cond\u00e9 (apr\u00e8s avoir v\u00e9cu \u00e0 l&rsquo;h\u00f4tel de Savoie et \u00e0 l&rsquo;h\u00f4tel Vauquelin, rue des Foss\u00e9s-Saint-Jacques). Tous deux se prom\u00e8nent en autobus et parlent des \u00e9crivains qu&rsquo;ils aiment : les auteurs des Lumi\u00e8res, Stendhal, Mallarm\u00e9&#8230; \u00c0 partir de 1930 environ, leurs relations seront moins chaleureuses, L\u00e9autaud ayant le chic pour se f\u00e2cher avec tous ses amis, tout en reconnaissant que c&rsquo;est lui qui en g\u00e9n\u00e9ral prend l&rsquo;initiative de critiquer leur personne ou leur oeuvre.<\/p>\n<p>Van Bever est embauch\u00e9 au <em>Mercure de France<\/em> en 1897, et Paul en 1908. Tous deux publient en 1900 au <em>Mercure<\/em> une anthologie : <em>Po\u00e8tes d&rsquo;aujourd&rsquo;hui<\/em>. Paul habite 29 rue de Cond\u00e9 en 1900, 15 rue de l&rsquo;Od\u00e9on en 1903 et 17 rue Rousselet en 1905 avec Blanche Blanc, \u00e0 laquelle il s&rsquo;est li\u00e9 en 1898. Entre 1902 et 1906, il travaille \u00e0 l&rsquo;\u00e9tude Lemarquis et emm\u00e9nage 17 rue Duguay-Trouin en 1908.<\/p>\n<p>C&rsquo;est en 1911 qu&rsquo;il s&rsquo;installe avec Blanche \u00e0 Fontenay-aux-Roses, 19 rue Ledru-Rollin. Blanche ouvre une pension de famille 24 rue Gu\u00e9rard, o\u00f9 L\u00e9autaud emm\u00e9nage en 1912, se s\u00e9parant d&rsquo;elle[[Il y demeure jusqu&rsquo;en janvier 1956, date \u00e0 laquelle il se retire pour mourir chez le docteur Le Savoureux, \u00e0 la Vall\u00e9e-aux-loups \u00e0 Ch\u00e2tenay-Malabry.]].<\/p>\n<p>Au <em>Mercure de France<\/em>, il a commenc\u00e9 par la chronique th\u00e9\u00e2trale. Mais, comme il l&rsquo;explique dans une lettre \u00e0 Marie Dormoy (31 janvier 1935), les pi\u00e8ces dont il parle ne sont qu&rsquo;un pr\u00e9texte pour parler des gens qu&rsquo;il y a crois\u00e9s, des conversations qu&rsquo;il y a surprises, etc. Ses exc\u00e8s de style faisant fuir des abonn\u00e9s, Valette lui confie une autre rubrique. L\u00e9autaud adresse alors ses critiques dramatiques \u00e0 la <em>Nouvelle revue fran\u00e7aise<\/em> et aux <em>Nouvelles litt\u00e9raires<\/em>&#8230; jusqu&rsquo;\u00e0 un nouveau d\u00e9saccord avec leur r\u00e9daction&#8230; <\/p>\n<p>Il est de toute fa\u00e7on contre toutes les institutions : l&rsquo;\u00c9tat, la famille, la patrie, les \u00e9glises, l&rsquo;arm\u00e9e, l&rsquo;\u00e9cole. Il \u00e9crit dans son <em>Journal<\/em> : \u00ab<em>Aucun ma\u00eetre, ne rien servir<\/em>\u00bb (tome II, p. 1231). Dans la foul\u00e9e, il \u00ab<em>vomit<\/em>\u00bb le mot <em>peuple<\/em>.<\/p>\n<p>Une seule cause gagne sa sympathie : la d\u00e9fense des compagnons de son enfance, les animaux, des plus petits aux plus grands. La maison de la rue Gu\u00e9rard devient d\u00e8s 1912 un refuge pour animaux abandonn\u00e9s, et c&rsquo;est pour cela que l&rsquo;\u00e9crivain renonce \u00e0 habiter dans la capitale, qu&rsquo;il adore.<br \/>\n<br \/>Au total, environ 300 chats, 150 chiens, une oie et un singe vont y \u00e9lire domicile jusqu&rsquo;\u00e0 1959. L\u00e9autaud accepte de payer cher sa vocation : le temps consacr\u00e9 \u00e0 ces petites b\u00eates, et la contrainte de devoir gagner un salaire pour les nourrir l&#8217;emp\u00eache de se consacrer enti\u00e8rement \u00e0 son oeuvre.<\/p>\n<p>Jacques Bernard, le directeur collaborationniste du <em>Mercure de France<\/em>, l&rsquo;en chasse en 1941. L\u00e9autaud, pacifiste au fond de l&rsquo;\u00e2me, d\u00e9sapprouve la R\u00e9sistance et pense qu&rsquo;il vaut \u00ab<em>s&rsquo;entendre<\/em>\u00bb[[<em>Journal<\/em>, 30 novembre 1942.]] avec l&rsquo;occupant.<\/p>\n<p>Le Mercure de France publie en 1986 son<em> Journal<\/em> : 6500 pages et 63 ans&#8230; Gr\u00e2ce \u00e0 son oeuvre ma\u00eetresse dont le premier volume a \u00e9t\u00e9 publi\u00e9 en 1954, L\u00e9autaud est devenu riche et c\u00e9l\u00e8bre.<\/p>\n<p><strong>Source :<\/strong><br \/>\n<br \/>Sagaert ( Martine). <em>Paul L\u00e9autaud<\/em>. Editions Le Castor astral, collection \u00ab\u00a0Mill\u00e9simes\u00a0\u00bb, 2006.<\/p>\n<p><strong>\u00c0 voir :<\/strong><br \/>\n<br \/>La chambre de l&rsquo;\u00e9crivain reconstitu\u00e9e au mus\u00e9e Carnavalet \u00e0 Paris.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00abIl y a toujours une chose qui m&rsquo;int\u00e9ressera plus que les oeuvres m\u00eames des \u00e9crivains : c&rsquo;est la [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[2],"tags":[36],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/673"}],"collection":[{"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=673"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/673\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=673"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=673"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=673"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}