{"id":681,"date":"2006-11-26T21:18:34","date_gmt":"2006-11-26T20:18:34","guid":{"rendered":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2006\/11\/26\/romans-policiers-historiques-de-la-grande-guerre\/"},"modified":"2006-11-26T21:18:34","modified_gmt":"2006-11-26T20:18:34","slug":"romans-policiers-historiques-de-la-grande-guerre","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2006\/11\/26\/romans-policiers-historiques-de-la-grande-guerre\/","title":{"rendered":"Romans policiers historiques de la Grande guerre"},"content":{"rendered":"<p class=\"post_excerpt\"><em>L&rsquo;arme secr\u00e8te de Louis Renault<\/em> (Thierry Bourcy, 2006), <em>La Der des der<\/em> (Didier Daeninckx, 1984), <em>Le Boucher des Hurlus<\/em> (Jean Amila, 1982), <em>Les Ames grises<\/em> (Philippe Claudel, 2003) et <em>Un long dimanche de fian\u00e7ailles<\/em> (S\u00e9bastien Japrisot)[[Il faudrait ajouter \u00e0 cette liste le roman <em>Ras le casque<\/em> et la nouvelle <em>L&rsquo;Unijambiste de la cote 284<\/em> de Pierre Siniac.]] sont cinq romans qui, chacun dans leur genre, nous aident \u00e0 ne pas oublier ce que fut la Grande guerre.<\/p>\n<p><!--more--><br \/>\n<figure id=\"attachment_2072\" aria-describedby=\"caption-attachment-2072\" style=\"width: 620px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" class=\" aligncenter size-full wp-image-2072\" src=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2006\/11\/jpg_rueamelotdef.jpg\" alt=\"A droite, le 27 rue Amelot, emplacement du bar de Petit Louis (Un Long dimanche de fian\u00e7ailles).\" title=\"A droite, le 27 rue Amelot, emplacement du bar de Petit Louis (Un Long dimanche de fian\u00e7ailles).\" class=\"caption\" align=\"center\" width=\"620\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2006\/11\/jpg_rueamelotdef.jpg 620w, https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2006\/11\/jpg_rueamelotdef-300x145.jpg 300w\" sizes=\"(max-width: 620px) 94vw, 620px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-2072\" class=\"wp-caption-text\">A droite, le 27 rue Amelot, emplacement du bar de Petit Louis (Un Long dimanche de fian\u00e7ailles).<\/figcaption><\/figure><\/p>\n<p>Aucun de ces romans ne se d\u00e9roule sur le champ de bataille. Mais celui-ci n&rsquo;est jamais loin : \u00e0 quelques kilom\u00e8tres dans <em>Les Ames grises<\/em> ou quelques centaines de kilom\u00e8tres dans <em>L&rsquo;arme secr\u00e8te de Louis Renault<\/em> ; tr\u00e8s pr\u00e9sent dans la m\u00e9moire des protagonistes des cinq romans, marqu\u00e9e \u00e0 vie de diff\u00e9rentes fa\u00e7ons : l&rsquo;insoumission ou la mutilation volontaire de soldats (<em>Un long dimanche de fian\u00e7ailles<\/em>, <em>Le Boucher des Hurlus<\/em>, <em>La Der des der<\/em>), l&rsquo;incroyable insouciance de la vie loin du front (<em>L&rsquo;arme secr\u00e8te de Louis Renault<\/em>, <em>Les Ames grises<\/em>), la qu\u00eate de familles qui, m\u00eame plusieurs ann\u00e9es apr\u00e8s la fin de la guerre, ignorent si leur parent est vivant ou mort (<em>La Der des der<\/em> et, bien s\u00fbr, <em>Un long dimanche de fian\u00e7ailles<\/em>), l&rsquo;\u00e9change d&rsquo;identit\u00e9 avec un camarade mort au front (encore <em>La Der des der<\/em> et <em>Un long dimanche de fian\u00e7ailles<\/em>), la vie en sanatorium ou en maison de convalescence pour les mutil\u00e9s de guerre (<em>Le Boucher des Hurlus<\/em>, <em>La Der des der<\/em>, <em>Un long dimanche de fian\u00e7ailles<\/em>), etc.<\/p>\n<p>Except\u00e9 <em>Le Boucher des Hurlus<\/em> qui est davantage un roman noir qu&rsquo;une enqu\u00eate polici\u00e8re, chaque r\u00e9cit avance en reconstituant les pi\u00e8ces d&rsquo;un puzzle qui fait peu \u00e0 peu appara\u00eetre les motivations et les sentiments des personnages, r\u00e9v\u00e8le des comportements inhumains et d\u00e9nonce ainsi l&rsquo;horreur de la guerre qui transforme les hommes en b\u00eates : elle en conduit certains \u00e0 tout risquer pour survivre \u00e0 la boucherie, et d&rsquo;autres \u00e0 sacrifier des soldats pour l&rsquo;exemple.<\/p>\n<p><figure id=\"attachment_2073\" aria-describedby=\"caption-attachment-2073\" style=\"width: 300px\" class=\"wp-caption alignleft\"><img loading=\"lazy\" class=\" alignleft size-full wp-image-2073\" src=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2006\/11\/jpg_daenincksderdef1.jpg\" alt=\"L'\u00e9glise Saint-Germain-de-Charonne, rue de Bagnolet \u00e0 Paris.\" title=\"L'\u00e9glise Saint-Germain-de-Charonne, rue de Bagnolet \u00e0 Paris.\" class=\"caption\" align=\"left\" width=\"300\" height=\"380\" srcset=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2006\/11\/jpg_daenincksderdef1.jpg 300w, https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2006\/11\/jpg_daenincksderdef1-237x300.jpg 237w\" sizes=\"(max-width: 300px) 94vw, 300px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-2073\" class=\"wp-caption-text\">L&rsquo;\u00e9glise Saint-Germain-de-Charonne, rue de Bagnolet \u00e0 Paris.<\/figcaption><\/figure>Dans <em>Le Boucher des Hurlus<\/em> et <em>La Der des der<\/em>[[C&rsquo;est aussi la derni\u00e8re enqu\u00eate de Ren\u00e9 Griffon&#8230;]], le propos est proche, trait\u00e9 dans des styles diff\u00e9rents mais tout aussi frappants[[<em>Le Boucher des Hurlus<\/em> a ainsi en partie d\u00e9cid\u00e9 de la vocation litt\u00e9raire de l&rsquo;\u00e9crivain Patrick P\u00e9cherot. Cf le n\u00b00 du magazine <em>Shangha\u00ef Express<\/em>, d\u00e9cembre 2005, sur <a href=\"http:\/\/shanghai.express.free.fr\/shanghai%200.pdf\">http:\/\/shanghai.express.free.fr<\/a>.]]. Avec une gouaille qui s\u00e9duit rapidement le lecteur, Amila et Daenincks d\u00e9noncent le pouvoir de l&rsquo;arm\u00e9e[[La rigidit\u00e9 et parfois l&rsquo;inconscience des officiers sup\u00e9rieurs est un trait commun aux cinq romans dont nous parlons ici.]] qui est le noeud du r\u00e9cit et est symbolis\u00e9 par le g\u00e9n\u00e9ral Des Gringues pour l&rsquo;un et, pour le second, par le colonel Fantin de Larsaudi\u00e8re qui, sous son uniforme de h\u00e9ros, est un l\u00e2che.<br \/>\n<br \/>Les auteurs mettent dans le m\u00eame sac l&rsquo;\u00e9glise et le pouvoir politique. L&rsquo;anarchisme teinte les deux r\u00e9cits, qu&rsquo;il colore chaque page du <em>Boucher des Hurlus<\/em> ou que Daenincks mette en sc\u00e8ne des personnages de l&rsquo;ex \u00ab\u00a0Union syndicale des locataires\u00a0\u00bb qui a r\u00e9ellement exist\u00e9 avant guerre[[Voir par exemple <a href=\"http:\/\/www.pelloutier.net\/dossiers\/dossiers.php?id_dossier=131\">www.pelloutier.net<\/a>.]].<\/p>\n<p>Les s\u00e9quelles laiss\u00e9es par la guerre sur les survivants sont terribles : corps mutil\u00e9s, proches morts ou disparus, identit\u00e9s d\u00e9truites, mais aussi dignit\u00e9s meurtries.<br \/>\n<br \/>Ces diverses blessures font couler le sang dans quatre des cinq romans, l&rsquo;intrigue de <em>L&rsquo;arme secr\u00e8te de Louis Renault<\/em> se situant davantage du c\u00f4t\u00e9 de l&rsquo;espionnage.<\/p>\n<p>Dans <em>Le Boucher des Hurlus<\/em>, parce que \u00ab<em>le p\u00e8re avait \u00e9t\u00e9 fusill\u00e9 en novembre 1917 avec ses camarades qui avaient refus\u00e9 de monter \u00e0 l&rsquo;assaut de Perthes-les-Hurlus[[Le village, situ\u00e9 entre Reims et Ch\u00e2lons-en-Champagne, a \u00e9t\u00e9 enti\u00e8rement d\u00e9truit pendant la guerre et son nom est rattach\u00e9 aujourd&rsquo;hui \u00e0 celui de Souain. Voir par exemple <a href=\"http:\/\/www.crdp-reims.fr\/memoire\/lieux\/1GM_CA\/villages_detruits\/03perthes.htm\">www.crdp-reims.fr<\/a> et <a href=\"http:\/\/www.crdp-reims.fr\/memoire\/lieux\/1GM_CA\/musees\/02souain.htm\">www.crdp-reims.fr\/memoire\/lieux\/1GM_CA\/musees\/02souain.htm<\/a>.]], dix fois repris et reperdu, o\u00f9 pr\u00e8s de cent quarante mille \u00ab\u00a0poilus\u00a0\u00bb \u00e9taient morts pour rien, car l&rsquo;endroit n&rsquo;avait aucune valeur strat\u00e9gique et on ordonnait ces boucheries inutiles uniquement pour \u00ab\u00a0entretenir le moral de la Troupe\u00a0\u00bb<\/em>\u00bb[[<em>Le Boucher des Hurlus<\/em>, page 9.]], sa femme et son fils Michou sont m\u00e9pris\u00e9s par les \u00ab\u00a0bien pensants\u00a0\u00bb de la rue de Bagnolet. Apr\u00e8s une altercation avec une voisine, Mme Lhozier est intern\u00e9e en h\u00f4pital psychiatrique et son fils Michou est plac\u00e9 dans un orphelinat \u00e0 Courbevoie (comme Jean Amila, enfant de Belleville dont les parents se s\u00e9parent apr\u00e8s l&rsquo;Armistice et dont la m\u00e8re est intern\u00e9e), non loin du boulevard de Verdun. Michou fait le voeu de venger ses parents en tuant le \u00ab\u00a0boucher des Hurlus\u00a0\u00bb, le g\u00e9n\u00e9ral Des Gringues qui a fait fusiller son p\u00e8re.<\/p>\n<p>Difficile pour le lecteur de ne pas \u00eatre touch\u00e9 par le comportement de ce gamin de 8 ans et demi, Gavroche de 1918, si obstin\u00e9 dans sa qu\u00eate qu&rsquo;il entra\u00eene \u00e0 sa suite trois camarades plus \u00e2g\u00e9s de l&rsquo;orphelinat. Les quatre se font la belle, parviennent \u00e0 se rendre dans les r\u00e9gions d\u00e9vast\u00e9es et \u00e0 se procurer un pistolet, puis \u00e0 regagner Paris, o\u00f9 ils doivent assassiner le g\u00e9n\u00e9ral qui habite Neuilly.<\/p>\n<figure id=\"attachment_2074\" aria-describedby=\"caption-attachment-2074\" style=\"width: 440px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" class=\" aligncenter size-full wp-image-2074\" src=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2006\/11\/jpg_daenincksderdef2.jpg\" alt=\"En face, le 65 rue Bobillot (un d\u00e9cor de La Der des der). A droite, la rue Bernard. La photo est prise depuis la rue de Pouy. Difficile avec tout \u00e7a de ne pas penser \u00e0 Jean-Bernard Pouy.\" title=\"En face, le 65 rue Bobillot (un d\u00e9cor de La Der des der). A droite, la rue Bernard. La photo est prise depuis la rue de Pouy. Difficile avec tout \u00e7a de ne pas penser \u00e0 Jean-Bernard Pouy.\" class=\"caption\" align=\"center\" width=\"440\" height=\"330\" srcset=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2006\/11\/jpg_daenincksderdef2.jpg 440w, https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2006\/11\/jpg_daenincksderdef2-300x225.jpg 300w\" sizes=\"(max-width: 440px) 94vw, 440px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-2074\" class=\"wp-caption-text\">En face, le 65 rue Bobillot (un d\u00e9cor de La Der des der). A droite, la rue Bernard. La photo est prise depuis la rue de Pouy. Difficile avec tout \u00e7a de ne pas penser \u00e0 Jean-Bernard Pouy.<\/figcaption><\/figure>\n<p>Une balade dans les rues de Paris peut \u00eatre le pr\u00e9texte de faire revivre les humbles h\u00e9ros de ces cinq romans policiers sur la Grande guerre.<\/p>\n<p>Nous sommes avec Daenincks en janvier 1920 et dans les jours qui suivent l&rsquo;Armistice avec Amila, alors que la grippe espagnole d\u00e9cime la France. Le d\u00e9cor principal est dans les deux cas les 19e et 20e arrondissements. Michou Lhozier, jeune h\u00e9ros du r\u00e9cit en grande partie autobiographique d&rsquo;Amila, et Ren\u00e9 Griffon, le d\u00e9tective de Daenincks, ne se ratent que de quelques mois rue de Bagnolet[[On quitte aussi Paris, pour visiter les r\u00e9gions d\u00e9vast\u00e9es avec Amila et, avec Daenincks, le sanatorium de Villepinte &#8211; premier sanatorium de France en 1881 &#8211; o\u00f9 sont soign\u00e9s les bless\u00e9s de guerre, avec des \u00e9chapp\u00e9es \u00e0 Aulnay-sous-Bois, o\u00f9 demeure le colonel Fantin 12 rue Thomas.]].<\/p>\n<p><strong>Premier d\u00e9tour, donc, par les quartiers nord de la capitale.<\/strong><\/p>\n<p>Les Lhozier habitent donc <strong>rue de Bagnolet<\/strong>, non loin du parc de l&rsquo;hospice Debrousse o\u00f9 l&rsquo;on entasse les \u00ab<em>incurables, la plupart invalides de guerre, avec des balles shrapnel dans la colonne, ne pouvant plus bouger et que pratiquement on ne voyait jamais<\/em>\u00bb[[<em>Le Boucher des Hurlus<\/em>, page 202.]].<\/p>\n<p><figure id=\"attachment_2075\" aria-describedby=\"caption-attachment-2075\" style=\"width: 290px\" class=\"wp-caption alignright\"><img loading=\"lazy\" class=\" alignright size-full wp-image-2075\" src=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2006\/11\/jpg_52ruedelilledef.jpg\" alt=\"52 rue de Lille, bureau de Germain Pire (Un Long dimanche de fian\u00e7ailles)\" title=\"52 rue de Lille, bureau de Germain Pire (Un Long dimanche de fian\u00e7ailles)\" class=\"caption\" align=\"right\" width=\"290\" height=\"375\" srcset=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2006\/11\/jpg_52ruedelilledef.jpg 290w, https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2006\/11\/jpg_52ruedelilledef-232x300.jpg 232w\" sizes=\"(max-width: 290px) 94vw, 290px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-2075\" class=\"wp-caption-text\">52 rue de Lille, bureau de Germain Pire (Un Long dimanche de fian\u00e7ailles)<\/figcaption><\/figure><strong>4 place Saint-Blaise<\/strong>, dans la rue de Bagnolet, s&rsquo;\u00e9l\u00e8ve la belle \u00e9glise de Saint-Germain-de-Charonne.<br \/>\n<br \/>\u00ab[&#8230;] <em>un peu plus bas vers la ville, il y avait la petite \u00e9glise de Charonne, toute campagnarde. Et surtout des escaliers qui grimpaient \u00e0 l&rsquo;aplomb de la rue, avec une plate-forme et une rambarde<\/em>\u00bb[[<em>Le Boucher des Hurlus<\/em>, page 211.]]. C&rsquo;est de l\u00e0 que Michou et ses trois camarades observent l&rsquo;incendie qu&rsquo;ils ont d\u00e9clar\u00e9 dans l&rsquo;immeuble des Lhozier.<br \/>\n<br \/>C&rsquo;est \u00e9galement ici qu&rsquo;en janvier 1919 le d\u00e9tective Ren\u00e9 Griffon et sa femme Ir\u00e8ne assistent bri\u00e8vement au mariage d&rsquo;une amie d&rsquo;Ir\u00e8ne avec un grand bless\u00e9 de guerre : \u00ab<em>La foule des amis, des parents venus accueillir les jeunes mari\u00e9s sur le parvis de l&rsquo;\u00e9glise se tenait \u00e0 l&rsquo;\u00e9cart, sur la place. On avait dispos\u00e9 de part et d&rsquo;autre du portail deux rang\u00e9es de malheureux gars coinc\u00e9s dans leurs v\u00e9hicules d&rsquo;hommes-troncs&#8230; Une v\u00e9ritable exposition des diff\u00e9rents mod\u00e8les disponibles sur le march\u00e9<\/em>[[<em>La Der des der<\/em>, page 164.]].\u00bb<br \/>\n<br \/>Pour se rendre au mariage, Ren\u00e9 et Ir\u00e8ne prennent le train de la Petite ceinture \u00e0 <strong>la gare du Pont de Flandre<\/strong> (\u00e0 la rencontre de l&rsquo;avenue Corentin-Cariou et de l&rsquo;avenue de Flandres).<br \/>\n<br \/>\u00ab<em>Apr\u00e8s un court arr\u00eat \u00e0 \u00ab\u00a0Belleville-Villette\u00a0\u00bb le train reprit peu \u00e0 peu sa vitesse de croisi\u00e8re, aid\u00e9 par la d\u00e9clivit\u00e9 de la voie. Pass\u00e9 le pont bifurqu\u00e9 sur lequel se croisaient les rues Manin et de Crim\u00e9e, il plongeait sous le parc des Buttes-Chaumont et la colline de Belleville<\/em>\u00bb[[<em>La Der des der<\/em>, page 163.]].<\/p>\n<p>La belle V\u00e9ronique Passavant, compagne de Kl\u00e9ber Bouquet dans <em>Un long dimanche de fian\u00e7ailles<\/em>, habite <strong>16 rue des Amandiers<\/strong>.<\/p>\n<p><figure id=\"attachment_2076\" aria-describedby=\"caption-attachment-2076\" style=\"width: 260px\" class=\"wp-caption alignleft\"><img loading=\"lazy\" class=\" alignleft size-full wp-image-2076\" src=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2006\/11\/jpg_petittraindef.jpg\" alt=\"L'ancien chemin de fer de ceinture \u00e0 la hauteur de la rue de Bagnolet.\" title=\"L'ancien chemin de fer de ceinture \u00e0 la hauteur de la rue de Bagnolet.\" class=\"caption\" align=\"left\" width=\"260\" height=\"390\" srcset=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2006\/11\/jpg_petittraindef.jpg 260w, https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2006\/11\/jpg_petittraindef-200x300.jpg 200w\" sizes=\"(max-width: 260px) 94vw, 260px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-2076\" class=\"wp-caption-text\">L&rsquo;ancien chemin de fer de ceinture \u00e0 la hauteur de la rue de Bagnolet.<\/figcaption><\/figure>Griffon gare sa belle Packard dans un garage de l&rsquo;<strong>impasse des Anglais<\/strong>, \u00e0 l&rsquo;angle du quai de la Seine.<\/p>\n<p>Il a son bureau tout pr\u00e8s, <strong>15 rue du Maroc<\/strong>. L&rsquo;immeuble qui occupe aujourd&rsquo;hui cet emplacement est r\u00e9cent.<\/p>\n<p>C&rsquo;est devant <strong>la gare du Nord<\/strong> que le caporal Gordes quitte sa femme pour repartir au front apr\u00e8s une permission. Il vient de lui demander d&rsquo;avoir un enfant avec son ami Kl\u00e9ber Bouquet (<em>Un long dimanche de fian\u00e7ailles<\/em>).<\/p>\n<p><strong>Autour de la Bastille<\/strong><\/p>\n<p>Outre le front et la tranch\u00e9e Bingo Cr\u00e9puscule, un d\u00e9cor central du m\u00eame roman est le bar Chez Petit Louis, situ\u00e9 par S\u00e9bastien Japrisot au <strong>27 rue Amelot<\/strong>, pr\u00e8s de la Bastille. C&rsquo;est <em>\u00ab\u00a0une salle aux boiseries sombres, tout en longueur\u00a0\u00bb<\/em>.<br \/>\n<br \/>Kl\u00e9ber Bouquet, ami de Petit Louis, habite <strong>rue Daval<\/strong> et se retrouve souvent chez petit Louis avec son ami Biscotte, le caporal Gordes, qui tenait avant guerre une menuiserie rue d&rsquo;Aligre.<br \/>\n<br \/>Mathilde vient interroger Petit Louis apr\u00e8s la guerre et apprend que Bouquet s&rsquo;est brouill\u00e9 en juin 1916 avec sa compagne V\u00e9ronique Passavant.<\/p>\n<p>Emile Boisseau, un soldat qui a connu Gordes et Bouquet et informe aussi Mathilde de leur brouille de juin 1916, habite <strong>12 quai de la R\u00e2p\u00e9e<\/strong>.<\/p>\n<p>C&rsquo;est dans la <strong>prison de la Petite-Roquette<\/strong> (qui occupe jusqu&#8217;\u00e0 1974 l&#8217;espace situ\u00e9 entre les <strong>rues de la Roquette, Merlin, Duranti et Servan<\/strong>) que C\u00e9lestin Louise, inspecteur et soldat, vient interroger Jos\u00e9phine Taillard, une ancienne connaissance, au sujet du vol des plans secrets d&rsquo;un nouveau char Renault (<em>L&rsquo;arme secr\u00e8te de Louis Renault<\/em>).<\/p>\n<p>Elodie Gordes, femme du caporal, (Judie Foster dans le film) habite <strong>43 rue Montgallet<\/strong>. Mathilde vient l&rsquo;y trouver en juillet 1920 pour savoir quelle relation l&rsquo;unissait \u00e0 Kl\u00e9ber Bouquet, l&rsquo;Eskimo. Elodie lui apprend les termes du march\u00e9 pass\u00e9 en 1916 entre son mari, elle et Bouquet.<\/p>\n<p><strong>Au sud<\/strong><\/p>\n<p>C&rsquo;est au <strong>65 rue Bobillot<\/strong> que Ren\u00e9 Griffon retrouve la trace d&rsquo;un anarchiste impliqu\u00e9 dans de sombres manoeuvres autour du colonel Fantin de Larsaudi\u00e8re.<br \/>\n<br \/>\u00ab<em>Je quittai le meubl\u00e9 pour m&rsquo;installer au zinc du \u00ab\u00a0Caf\u00e9 des Nageurs\u00a0\u00bb au coin de la rue Bernard, face \u00e0 la station baln\u00e9aire. De ma place je voyais la rue du Moulinet en enfilade ainsi que l&rsquo;entr\u00e9e de l&rsquo;h\u00f4tel<\/em>\u00bb[[<em>La Der des der<\/em>, page 193.]].<br \/>\n<br \/>\u00ab<em>M\u00eame les flics de choc ne s&rsquo;aventuraient pas dans le quartier de la Butte-aux-Caillles une fois la nuit tomb\u00e9e, sans assurer leurs arri\u00e8res&#8230; On en racontait tellement sur ce secteur. [&#8230;] La rue Bobillot s&rsquo;appuyait \u00e0 flanc de butte et piquait sur la rue de Tolbiac. Le num\u00e9ro soixante-cinq \u00e9tait situ\u00e9 \u00e0 l&rsquo;angle de la rue du Moulinet, \u00e0 deux pas de la \u00ab\u00a0Station baln\u00e9aire de la Ville de Paris\u00a0\u00bb, un complexe bains-douches-piscine construit en retrait de la route. L&rsquo;\u00e9difice d\u00e9tonnait : de la brique rouge dans ce quartier de constructions aust\u00e8res. Une charpente aux soubassements en poutres apparentes renfor\u00e7ait le caract\u00e8re d\u00e9plac\u00e9, incongru d&rsquo;une telle architecture<\/em>\u00bb[[<em>La Der des der<\/em>, pages 185-186. La \u00ab\u00a0Station baln\u00e9aire de la Ville de Paris\u00a0\u00bb est devenu une piscine, place Paul Verlaine.]].<\/p>\n<p>Aux <strong>28 et 30 du boulevard Blanqui<\/strong> est situ\u00e9e dans <em>L&rsquo;arme secr\u00e8te de Louis Renault<\/em> la Brasserie de la Reine blanche, o\u00f9 travaille Gabrielle, la soeur de C\u00e9lestin.<br \/>\n<br \/>Elle habite <strong>rue Corvisart<\/strong>.<\/p>\n<h5>R\u00e9sum\u00e9 d&rsquo;<strong>Un long dimanche de fian\u00e7ailles<\/strong>.<\/p>\n<p>Jean-Pierre Jeunet ne pouvait laisser une telle Mathilde enferm\u00e9e longtemps dans un livre. La Mathilde de S\u00e9bastien Japrisot est en effet une h\u00e9ro\u00efne telle que les aime Jeunet : g\u00e9n\u00e9reuse, romantique, qui n&rsquo;abandonne jamais sa qu\u00eate. Et le merveilleux style de Japrisot dans <em>Un Long dimanche de fian\u00e7ailles<\/em> rappelle souvent celui d&rsquo;<em>Am\u00e9lie Poulain<\/em> (des phrases du livre sont d&rsquo;ailleurs reprises en voix off dans le film).<\/p>\n<p>L&rsquo;enqu\u00eate que m\u00e8ne Mathilde Donnay entre ao\u00fbt 1919 et l&rsquo;\u00e9t\u00e9 1924 a pour but de retrouver la trace de Manech (Jean en basque) Etchevery, disparu sur le front le dimanche 7 janvier 1917 avec quatre compagons d&rsquo;armes : Kl\u00e9ber Bouquet (\u00ab\u00a0l&rsquo;Eskimo\u00a0\u00bb ou \u00ab\u00a0Bastoche\u00a0\u00bb), Beno\u00eet Notre-Dame (\u00ab\u00a0Cet Homme\u00a0\u00bb), Francis Gaignard (\u00ab\u00a0Six-sous\u00a0\u00bb) et Ange Bassignano (\u00ab\u00a0Droit commun\u00a0\u00bb ou \u00ab\u00a0le Marseillais\u00a0\u00bb). Mathilde pense que Manech &#8211; surnomm\u00e9 le Bleuet parce qu&rsquo;il \u00e9tait de la classe 1917 &#8211; n&rsquo;est pas mort.<\/p>\n<p>Elle a dix-neuf ans, est belle comme Audrey Tautou et ne marche plus. Peut-\u00eatre suite \u00e0 une chute d&rsquo;escabeau \u00e0 trois ans. Le fait est que \u00ab\u00a0les ordres de son cerveau n&rsquo;allaient plus jusqu&rsquo;\u00e0 ses jambes\u00a0\u00bb. Manech, son ami d&rsquo;enfance, devait l&rsquo;\u00e9pouser.<\/p>\n<p>Parce qu&rsquo;ils se sont volontairement mutil\u00e9s, les cinq hommes ont \u00e9t\u00e9 condamn\u00e9s \u00e0 mort \u00e0 Dandrechain et, bien que gr\u00e2ci\u00e9s par Poincar\u00e9 le 2 janvier, ont \u00e9t\u00e9 accompagn\u00e9s le soir du 6 jusqu&rsquo;\u00e0 une tranch\u00e9e de premi\u00e8re ligne appel\u00e9e Bingo Cr\u00e9puscule, dans le secteur de Bouchavesnes[[Aujourd&rsquo;hui Bouchavesnes-Bergen, \u00e0 6 km de P\u00e9ronne.]] dans la Somme, puis lach\u00e9s en direction des lignes allemandes. Leur escorte \u00e9tait entre autres compos\u00e9e du soldat C\u00e9lestin Poux, du caporal Benjamin Gordes (\u00ab\u00a0Biscotte\u00a0\u00bb), du sergent Daniel Esperanza et du caporal Urbain Chardolot.<\/p>\n<p>Par Petit Louis, l&rsquo;ami de Kl\u00e9bert Bouquet que Mathilde a visit\u00e9 dans son bar de la rue Amelot, V\u00e9ronique Passavant, la compagne de Bouquet, a appris que Mathilde enqu\u00eatait. Elle lui apprend qu&rsquo;une autre femme \u00e0 l&rsquo;accent du midi (Tina Lombardi) l&rsquo;a rencontr\u00e9e en mars 1917 et refuse de croire en la mort de son compagnon Ange Bassignano, celui qui portait des bottes prises \u00e0 un Allemand. Car elle sait qu&rsquo;au moins un des cinq condamn\u00e9s en a r\u00e9chapp\u00e9, et peut-\u00eatre deux, et elle voulait savoir si V\u00e9ronique avait revu Kl\u00e9ber apr\u00e8s janvier 1917.<\/p>\n<p>Mathilde, Tina, V\u00e9ronique. Trois femmes qui esp\u00e8rent que le survivant de Bingo Cr\u00e9puscule est leur compagnon, et qui h\u00e9sitent \u00e0 se dire l&rsquo;une \u00e0 l&rsquo;autre ce qu&rsquo;elles savent ou m\u00eame esp\u00e8rent, car un condamn\u00e9 \u00e0 mort survivant, ce serait de toute fa\u00e7on un futur bagnard \u00e0 vie.<\/p>\n<p>En mars 1920, suite \u00e0 une annonce qu&rsquo;elle a pass\u00e9e dans la presse, Mathilde est contact\u00e9e par le d\u00e9tective Germain Pire, qui a enqu\u00eat\u00e9 en 1919 pour la femme du caporal Gordes. La m\u00e8re du caporal Urbain Chardolot lui \u00e9crit aussi que son fils, d\u00e9c\u00e9d\u00e9 pendant l&rsquo;\u00e9t\u00e9 1918, a dit avoir retrouv\u00e9 cinq corps dans la neige, mais qu&rsquo;au moins un, sinon deux, n&rsquo;\u00e9tait pas celui qu&rsquo;il s&rsquo;attendait \u00e0 trouver l\u00e0&#8230;<\/p>\n<p>Mathilde apprend plus tard que les deux amis ins\u00e9parables, Bouquet et Gordes, se sont brouill\u00e9s pendant l&rsquo;\u00e9t\u00e9 1916. Elodie Gordes lui r\u00e9v\u00e8le bient\u00f4t que son mari, st\u00e9rile, a demand\u00e9 \u00e0 Bouquet de lui faire un enfant, car Gordes en a d\u00e9j\u00e0 cinq &#8211; qui ne sont pas de lui &#8211; et un sixi\u00e8me signifie la radiation de l&rsquo;arm\u00e9e.<\/p>\n<p>Ensuite, jusqu&rsquo;au 3 ao\u00fbt 1924, l&rsquo;enqu\u00eate de Mathilde ne progresse pas vraiment. Tina Lombardi et C\u00e9lestin Poux restent introuvables et Germain Pire a renonc\u00e9.<br \/>\n<br \/>Puis, le 3 ao\u00fbt 1924, C\u00e9lestin Poux se pr\u00e9sente en moto \u00e0 la maison de Mathilde, \u00e0 Hossegor. Germain Pire l&rsquo;a retrouv\u00e9 par hasard, gr\u00e2ce \u00e0 une amie.<\/p>\n<p>C\u00e9lestin pense que les cinq soldats sont morts, et dit que Gordes est mort un peu plus tard, dans le bombardement de Combles.<br \/>\n<br \/>Il explique \u00e0 Mathilde que Gordes a \u00e9chang\u00e9 le 7 janvier ses bottes allemandes \u00e0 Bouquet pour lui \u00e9viter une vengeance des Allemands s&rsquo;ils le prenaient vivant. Or un soldat fran\u00e7ais avec des bottes allemandes a \u00e9t\u00e9 aper\u00e7u le lendemain portant un plus jeune sur son dos. Tina Lombardi, qui l&rsquo;a su, a pens\u00e9 \u00e0 Bouquet et son amant. Mais il s&rsquo;agissait de Gordes et d&rsquo;un autre appel\u00e9 Desrochelles, partis lundi pr\u00e8s de Bingo Cr\u00e9puscule, sur le terrain regagn\u00e9 dans la nuit par les Fran\u00e7ais.<br \/>\n<br \/>C\u00e9lestin dit aussi qu&rsquo;il a donn\u00e9 un gant rouge (main gauche) \u00e0 Manech, pour prot\u00e9ger du froid sa main non band\u00e9e. <\/p>\n<p>Mathilde se rend sur le champ de bataille, guid\u00e9e par C\u00e9lestin. Ils interrogent une femme qui a assist\u00e9 apr\u00e8s l&rsquo;Armistice au d\u00e9terrement des cinq corps et qui ne se souvient pas avoir vu de gant rouge&#8230;<\/p>\n<p>Mathilde re\u00e7oit soudain, le 8 ao\u00fbt 1924, \u00e0 l&rsquo;Auberge des remparts de P\u00e9ronne, une lettre posthume de Tina Lombardi, qui vient d&rsquo;\u00eatre ex\u00e9cut\u00e9e pour l&rsquo;assassinat du colonel Lavrouye. Pour d&rsquo;obscures ambitions personnelles, ce dernier avait gard\u00e9 par-devers lui la gr\u00e2ce accord\u00e9e par Poincar\u00e9 aux cinq soldats. Tina a veng\u00e9 la mort de Droit commun.<br \/>\n<br \/>Dans sa lettre, elle informe Mathilde qu&rsquo;elle a recueilli le t\u00e9moignage d&rsquo;un sergent-chef tu\u00e9 en mai 1917, qui pr\u00e9tendait que le soi-disant Desrochelles portait un gant rouge \u00e0 la main gauche.<\/p>\n<p>Mathilde recolle les morceaux. Cet autre Jean, ce Desrochelles, est peut-\u00eatre Manech. Mathilde rappelle Germain Pire et le lance sur la piste de Jean Desrochelles, qu&rsquo;ils retrouveront finalement \u00e0 Noisy-sur-Ecole, pr\u00e8s de Milly-la-For\u00eat.<\/p>\n<p>Entretemps, Mathilde a appris par un officier allemand qui s&rsquo;est retrouv\u00e9 prisonnier le lundi 8 janvier \u00e0 Bingo Cr\u00e9puscule qu&rsquo;un cadavre fran\u00e7ais avec des bottes allemandes gisait dans une cave effondr\u00e9e au milieu des tranch\u00e9es. Gordes \u00e9tait donc revenu \u00e0 Bingo Cr\u00e9puscule et y \u00e9tait mort, alors qu&rsquo;on le croyait tu\u00e9 plus tard \u00e0 Combles ! Quel \u00e9tait donc le soldat aux bottes allemandes aper\u00e7u ensuite avec le soi-disant Desrochelles sur le dos ? Par \u00e9limination, Mathilde devine qu&rsquo;il s&rsquo;agit de Beno\u00eet Notre-Dame. R\u00e9fugi\u00e9 dans la cave pendant la nuit du 7, il a \u00e9chang\u00e9 ses bottes et sa plaque d&rsquo;immatriculation avec Gordes, revenu le lendemain et qui, bless\u00e9, est tomb\u00e9 dans la cave pour y mourir. Il lui fallait en effet dissimuler \u00e0 tout prix sa v\u00e9ritable identit\u00e9. Sortant de son abri, il a aper\u00e7u Manech \u00e0 moiti\u00e9 mort, lui a donn\u00e9 la plaque de Desrochelles et l&rsquo;a \u00e9loign\u00e9 du front.<\/p>\n<p>En d\u00e9cryptant la derni\u00e8re lettre cod\u00e9e qu&rsquo;il a \u00e9crite \u00e0 sa femme, Mathilde comprend que Notre-Dame l&rsquo;a invit\u00e9e, s&rsquo;il en r\u00e9chappe, \u00e0 le retrouver \u00e0 Bernay, pr\u00e8s de Rozay-en-Brie, en Seine-et-Marne. Elle le retrouve et il confirme toute l&rsquo;histoire. Elle ne le d\u00e9noncera pas.<\/p>\n<p>C&rsquo;est ainsi que Mathilde retrouve Manech, alias Jean Desrochelles, amn\u00e9sique, qui s&rsquo;est mis \u00e0 peindre comme elle, et qu&rsquo;elle vit sans doute encore \u00e0 ses c\u00f4t\u00e9s.<br \/>\n<\/h5>\n<p><strong>Dans l&rsquo;ouest de Paris<\/strong><\/p>\n<p>L&rsquo;enqu\u00eate que m\u00eane Griffon sur le chantage dont est l&rsquo;objet le colonel Fantin puis sur le meurtre de sa femme le m\u00e8ne jusqu&rsquo;\u00e0 un concessionnaire de voitures au <strong>19 rue Danton<\/strong> \u00e0 Levallois.<\/p>\n<p>Son enqu\u00eate s&rsquo;ach\u00e8ve dans une maison occup\u00e9e par des anarchistes, dont l&rsquo;adresse est dans le roman <strong>77 rue Breteville<\/strong> \u00e0 Neuilly-sur-Seine.<\/p>\n<p>Les plans secrets du nouveau char de Louis Renault (le FT 17, premier char mitrailleur l\u00e9ger qui jouera un r\u00f4le important dans la victoire en 1918) lui sont d\u00e9rob\u00e9s dans le coffre-fort de son h\u00f4tel particulier de la <strong>rue Puvis-de-Chavanne<\/strong> (<em>L&rsquo;arme secr\u00e8te de Louis Renault<\/em>).<\/p>\n<p>L&rsquo;enqu\u00eate est donc confi\u00e9e \u00e0 C\u00e9lestin Louise, rappel\u00e9 du front pour l&rsquo;occasion. Cela m\u00e8ne Louise jusqu&rsquo;aux <strong>ateliers Renault \u00e0 Billancourt<\/strong>.<\/p>\n<p>Le <strong>21 boulevard Malesherbes<\/strong> est la demeure d&rsquo;Isabelle Dubreuil, fille du directeur de la fabrication des usines Renault.<\/p>\n<p>Devant les grilles du <strong>parc Monceau<\/strong>, un inconnu rep\u00e9r\u00e9 par C\u00e9lestin Louise aux bras d&rsquo;Albertine, la femme de service des Renault, lui \u00e9chappe apr\u00e8s quelques coups de poing. Louise apprend bient\u00f4t que l&rsquo;homme habite <strong>12 rue des Dames<\/strong>.<\/p>\n<p>Sadalo, le majordome de Louis Renault, a un vice cach\u00e9 : il se rend r\u00e9guli\u00e8rement dans une salle de jeu clandestine, <strong>rue Biot<\/strong>.<\/p>\n<p>Lorsqu&rsquo;elle est \u00e0 Paris, Mathilde loge chez ses parents, <strong>rue La Fontaine<\/strong> (<em>Un long dimanche de fian\u00e7ailles<\/em>). Mais elle pr\u00e9f\u00e8re vivre dans la villa <em>Po\u00e9ma<\/em> de ses parents \u00e0 Cap-Breton, o\u00f9 elle a connu Manech. Elle s&rsquo;installe en 1923 dans la villa MMM \u00e0 Hossegor, qu&rsquo;elle a fait construire en souvenir de Manech.<\/p>\n<p>Pierre-Marie Rouvi\u00e8re, avocat de 50 ans et conseiller juridique des parents de Mathilde, l&rsquo;aide \u00e0 enqu\u00eater, bien qu&rsquo;il ne voit pas comment Manech pourrait \u00eatre encore vivant. Son adresse est le <strong>75 rue de Courcelles<\/strong>.<\/p>\n<p>L&rsquo;enqu\u00eate de C\u00e9lestin Louise s&rsquo;ach\u00e8ve \u00e0 l&rsquo;ambassade de Suisse, <strong>rue Galil\u00e9e<\/strong>.<\/p>\n<p><strong>Au centre de la capitale<\/strong><\/p>\n<p>Une sc\u00e8ne de <em>La Der des der<\/em> se d\u00e9roule dans les bureaux de <em>L&rsquo;Humanit\u00e9<\/em>, <strong>142 rue Montmartre<\/strong>. Griffon vient s&rsquo;y renseigner sur les syndicats anarchistes de d\u00e9fense de locataires, tr\u00e8s actifs avant-guerre. L&rsquo;identit\u00e9 trouble du locataire du 65 rue Bobillot l&rsquo;a orient\u00e9 sur cette piste, qui sera la bonne.<\/p>\n<p>C\u00e9lestin Louise a son domicile <strong>rue Sainte-Croix-de-la-Bretonnerie<\/strong> et son bureau <strong>36 quai des Orf\u00e8vres<\/strong>.<\/p>\n<p>Jeanne Hatto, ma\u00eetresse de Louis Renault, est cantatrice \u00e0 <strong>l&rsquo;Op\u00e9ra<\/strong>. C\u00e9lestin Louise s&rsquo;y rend \u00e0 plusieurs reprises pour l&rsquo;interroger.<\/p>\n<p>Dans les ann\u00e9es 1900, \u00c9lodie Gordes travaille dans une mercerie de la <strong>rue Saint-Andr\u00e9-des-Arts<\/strong> et habite dans l&rsquo;arri\u00e8re-cour de la boutique (<em>Un long dimanche de fian\u00e7ailles<\/em>).<\/p>\n<p>Le bureau du d\u00e9tective priv\u00e9 Germain Pire se trouve <strong>52 rue de Lille<\/strong> et non, comme dans le film, pr\u00e8s de la place de l&rsquo;Op\u00e9ra.<\/p>\n<p>Mariette Notre-Dame, femme de l&rsquo;un des cinq condamn\u00e9s \u00e0 mort dans <em>Un long dimanche de fian\u00e7ailles<\/em>, habite en 1917 au 1er \u00e9tage du <strong>14 rue Gay-Lussac<\/strong>.<\/p>\n<p>C\u00e9lestion Louise s&rsquo;invite un jour \u00e0 la brasserie \u00c0 la Bourgogne, derri\u00e8re l&rsquo;Assembl\u00e9e nationale (sans doute une brasserie <strong>en haut de la rue de Bourgogne<\/strong>), afin de voir de pr\u00e8s les milieux diplomatiques qu&rsquo;il croit \u00eatre li\u00e9s au vol chez Louis Renault.<\/p>\n<p>Il est convi\u00e9 \u00e0 <strong>l&rsquo;\u00c9cole militaire<\/strong> \u00e0 une r\u00e9union avec Louis Renault, Albert Thomas, ministre de l&rsquo;Armement et avec de hauts fonctionnaires, afin d&rsquo;\u00e9tudier l&rsquo;opportunit\u00e9 de lancer la fabrication du char FT 17.<\/p>\n<p>Manech est soign\u00e9 \u00e0 l&rsquo;h\u00f4pital militaire du Val-de-Gr\u00e2ce (<strong>74 boulevard de Port-Royal<\/strong>) d\u00e9but janvier 1917, sous le nom de Jean Desrochelles.<\/p>\n<p>Sources :<br \/>\n<br \/><em>L&rsquo;arme secr\u00e8te de Louis Renault<\/em>, Thierry Bourcy, 2006, Nouveau Monde \u00e9ditions,<br \/>\n<br \/><em>La Der des der<\/em>, Didier Daeninckx, 1984, Folio n\u00b02692,<br \/>\n<br \/><em>Le Boucher des Hurlus<\/em>, Jean Amila, 1982, Gallimard S\u00e9rie noire n\u00b01881,<br \/>\n<br \/><em>Les Ames grises<\/em>, Philippe Claudel, 2003, Livre de poche n\u00b030515,<br \/>\n<br \/><em>Un long dimanche de fian\u00e7ailles<\/em>, S\u00e9bastien Japrisot, 1991, Folio n\u00b02491.<\/p>\n<p><em>A voir aussi : www.polarhistorique.com, le blog sur le <a href=\"http:\/\/www.polarhistorique.com\">roman policier historique<\/a><\/em>.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L&rsquo;arme secr\u00e8te de Louis Renault (Thierry Bourcy, 2006), La Der des der (Didier Daeninckx, 1984), Le Boucher des [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":2072,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[3],"tags":[39,53],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/681"}],"collection":[{"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=681"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/681\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/2072"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=681"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=681"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=681"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}