{"id":690,"date":"2006-12-02T20:14:00","date_gmt":"2006-12-02T19:14:00","guid":{"rendered":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2006\/12\/02\/balades-dans-le-montmartre-den-haut\/"},"modified":"2006-12-02T20:14:00","modified_gmt":"2006-12-02T19:14:00","slug":"balades-dans-le-montmartre-den-haut","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2006\/12\/02\/balades-dans-le-montmartre-den-haut\/","title":{"rendered":"Balades dans le Montmartre d&rsquo;en haut"},"content":{"rendered":"<p>Quelques pas dans le Montmartre litt\u00e9raire et artistique des ann\u00e9es 1900 ? Suivez le guide !<\/p>\n<p>1)\tJehan Rictus habite <strong>64 rue Lepic<\/strong> \u00e0 partir de 1895, et au 50 entre 1904 et 1913. <\/p>\n<p>2)\tUn peu avant l&#8217;\u00e9poque qui nous occupe, Vincent et Th\u00e9o Van Gogh demeurent au <strong>54<\/strong> de la rue en 1886-1888 (plaque).<\/p>\n<p>3)\t<strong>42 rue Lepic<\/strong> se trouvait le caf\u00e9 La Pomponnette fr\u00e9quent\u00e9 par Francisque Poulbot, qui habite un moment au <strong>54<\/strong>. Dans la cour de ce caf\u00e9, il fera construire en 1923 un dispensaire pour les petits poulbots, les gamins d\u00e9munis de Montmartre.<\/p>\n<p>4)\tPaul Fort habite <strong>11 rue de l&#8217;Arm\u00e9e d&#8217;Orient<\/strong> en 1908-1909, et Poulbot entre 1910 et 1925. Po\u00e8te, directeur de th\u00e9\u00e2tre et de revue (en particulier <em>Vers et Prose<\/em>, qui dure de 1905 \u00e0 1915 et \u00e0 laquelle collaborent Apollinaire et Salmon), Fort fait ici un bref s\u00e9jour \u00e0 Montmartre avec sa seconde femme. Il vient de Montparnasse et quittera bient\u00f4t la capitale.<\/p>\n<p>5)\t<strong>10-12 rue de l&#8217;Arm\u00e9e d&#8217;Orient<\/strong>, le th\u00e9\u00e2tre Montmartre-Galabru \u00e9tait le 24 juin 1917 le th\u00e9\u00e2tre Ren\u00e9e-Maubel, o\u00f9 sont jou\u00e9es <em>Les Mamelles de Tir\u00e9sias<\/em> d&#8217;Apollinaire. <em>Parade<\/em>, m\u00ealant les cr\u00e9ations de Cocteau, Picasso, Satie et Diaghilev, avait d\u00e9j\u00e0 cr\u00e9\u00e9 une belle pagaille au th\u00e9\u00e2tre du Ch\u00e2telet le 18 mai 1917. Avec <em>Tir\u00e9sias<\/em>, c&#8217;est la premi\u00e8re fois qu&#8217;appara\u00eet &#8211; dans le programme de la soir\u00e9e &#8211; le terme <em>\u00ab surr\u00e9aliste \u00bb<\/em>, que Breton et Soupault reprendront plus tard en hommage \u00e0 Apollinaire. Le d\u00e9roulement de cette unique repr\u00e9sentation est lui aussi surr\u00e9aliste. Les com\u00e9diens ne sont pas des professionnels ; les d\u00e9cors ont \u00e9t\u00e9 con\u00e7us \u00e0 la derni\u00e8re minute ; une pianiste remplace tous les instrumentistes, difficiles \u00e0 trouver en temps de guerre ; Max Jacob dirige le ch&#339;ur, Philippe Soupault fait le souffleur pendant qu&#8217;Andr\u00e9 Breton, dans la salle, passe la soir\u00e9e \u00e0 tenter de convaincre son ami Jacques Vach\u00e9 de ne pas utiliser le revolver qu&#8217;il brandit \u00e0 bout de bras, mena\u00e7ant de s\u00e9vir contre la pi\u00e8ce qu&#8217;il juge scandaleuse (Breton, comme l&#8217;ensemble du public, n&#8217;est pas loin de penser la m\u00eame chose). Bref, l&#8217;\u00e9chec de la pi\u00e8ce tax\u00e9e de <em>\u00ab cubiste \u00bb<\/em> est \u00e9vident. Juan Gris et d&#8217;autres peintres avant-gardistes s&#8217;en d\u00e9solidariseront m\u00eame publiquement, \u00e0 la grande tristesse d&#8217;Apollinaire.<\/p>\n<p>6)\tGeorges Courteline habite <strong>89 rue Lepic<\/strong> entre 1890 et 1903, avant de quitter la Butte, qu&#8217;il a connue dans son enfance et o\u00f9 il demeure depuis 1885. Son \u00e9tat de fonctionnaire le prot\u00e8ge de la vie de boh\u00e8me (dont il dit, \u00e0 la diff\u00e9rence de Mac Orlan, qu&#8217;elle est une \u00ab bonne fille qui ne m&#8217;a jamais donn\u00e9 de mauvais conseils et ne me laissera que de bons souvenirs \u00bb), mais son humour inspire d&#8217;autres montmartrois apr\u00e8s lui, tel Roland Dorgel\u00e8s.<\/p>\n<p>7)\tModigliani loge <strong>7 place Jean-Baptiste Cl\u00e9ment<\/strong> vers 1908.<\/p>\n<figure id=\"attachment_2082\" aria-describedby=\"caption-attachment-2082\" style=\"width: 440px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" class=\" aligncenter size-full wp-image-2082\" src=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2006\/12\/jpg_bateaulavoir2def.jpg\" alt=\"13 place Emile Goudeau, emplacement de l'ancien Bateau Lavoir\" title=\"13 place Emile Goudeau, emplacement de l'ancien Bateau Lavoir\" class=\"caption\" align=\"center\" width=\"440\" height=\"330\" srcset=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2006\/12\/jpg_bateaulavoir2def.jpg 440w, https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2006\/12\/jpg_bateaulavoir2def-300x225.jpg 300w\" sizes=\"(max-width: 440px) 94vw, 440px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-2082\" class=\"wp-caption-text\">13 place Emile Goudeau, emplacement de l&rsquo;ancien Bateau Lavoir<\/figcaption><\/figure>\n<p>8)\tAu <strong>13 place Emile Goudeau<\/strong> (la place est cr\u00e9\u00e9e en 1911 sur la rue Ravignan) se trouve le Bateau-Lavoir &#8211; reconstruit en 1978 apr\u00e8s l&#8217;incendie qui l&#8217;a d\u00e9vast\u00e9 en 1970. Le projet d&#8217;en faire un mus\u00e9e a malheureusement \u00e9t\u00e9 abandonn\u00e9, et il accueille aujourd&#8217;hui des artistes. C&#8217;est Max Jacob qui le d\u00e9nomme ainsi \u00e0 cause de son toit plat et de son am\u00e9nagement en chambrettes qui le font ressembler aux bateaux o\u00f9 les femmes lavent leur linge sur la Seine.<br \/>\n<br \/>Marchant dans les pas de Renoir et Gauguin, Picasso est le premier artiste \u00e0 s&#8217;y installer apr\u00e8s avoir fr\u00e9quent\u00e9 ici l&#8217;atelier de son ami Paco Durio. Il y vit entre 1904 et 1909, au centre d&#8217;une cour d&#8217;artistes et d&#8217;\u00e9crivains, et baptise \u00ab Maison du trappeur \u00bb cette baraque au confort sommaire : un seul robinet pour toute la b\u00e2tisse, une promiscuit\u00e9 sonore \u00e0 faire p\u00e2lir un l\u00e9gionnaire, etc. Picasso vit ici avec la belle Fernande Olivier. Avec elle comme avec toutes et tous, il est le plus souvent possessif et jaloux. Apollinaire, Max Jacob et d&#8217;autres sont ses h\u00f4tes r\u00e9guliers. Ils viennent se restaurer, discuter peinture, fumer de l&#8217;opium.<br \/>\nEn 1906, son atelier est le cadre d&#8217;un travail intense sur le portrait de Gertrude Stein, qui r\u00e9alise ici quatre-vingt-dix s\u00e9ances de pose !<br \/>\n<br \/>Quelques semaines plus tard, Picasso con\u00e7oit ici <em>Les Demoiselles d&#8217;Avignon<\/em> (initialement appel\u00e9es <em>Le Bordel d&#8217;Avignon<\/em>), qui pr\u00e9figurent le cubisme et font l&#8217;unanimit\u00e9&#8230; contre elles. M\u00eame Apollinaire, Braque, L\u00e9o Stein, Derain, etc. pensent d&#8217;abord qu&#8217;il s&#8217;est fourvoy\u00e9. Les Demoiselles ne seront expos\u00e9es publiquement qu&#8217;en 1916. En 1923, Andr\u00e9 Breton convainc le m\u00e9c\u00e8ne Jacques Doucet d&#8217;acheter la toile.<br \/>\n<br \/>Les autres habitants du Bateau-Lavoir sont Van Dongen en 1905-1907, Juan Gris, Mac Orlan en 1906, Modigliani en 1908, Andr\u00e9 Salmon en 1908-1909, Derain, Max Jacob en 1911, Reverdy en 1912-1913&#8230; Apollinaire, on l&#8217;a vu, vient en visiteur. Le Douanier Rousseau, vieil (environ 65 ans) original, peintre autodidacte, fr\u00e9quente aussi la maison sans y vivre, de m\u00eame que Braque.<\/p>\n<p><figure id=\"attachment_2083\" aria-describedby=\"caption-attachment-2083\" style=\"width: 420px\" class=\"wp-caption alignright\"><img loading=\"lazy\" class=\" alignright size-full wp-image-2083\" src=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2006\/12\/jpg_hoteldupoirierdef.jpg\" alt=\"Emplacement de l'ancien h\u00f4tel du Poirier\" title=\"Emplacement de l'ancien h\u00f4tel du Poirier\" class=\"caption\" align=\"right\" width=\"420\" height=\"320\" srcset=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2006\/12\/jpg_hoteldupoirierdef.jpg 420w, https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2006\/12\/jpg_hoteldupoirierdef-300x229.jpg 300w\" sizes=\"(max-width: 420px) 94vw, 420px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-2083\" class=\"wp-caption-text\">Emplacement de l&rsquo;ancien h\u00f4tel du Poirier<\/figcaption><\/figure>9)\tEn face, au coin avec la rue Berthe, pr\u00e9cis\u00e9ment au <strong>16 place Emile Goudeau<\/strong>, se tient aujourd&#8217;hui un immeuble de cinq \u00e9tages. C&#8217;est l&#8217;emplacement de l&#8217;ancien h\u00f4tel du Poirier, o\u00f9 s\u00e9journent entre autres Delaw, Depaquit, Reverdy, Mac Orlan (vers 1900-1904), Modigliani. Son nom rendait hommage \u00e0 la guinguette Au Poirier sans pareil, situ\u00e9e \u00e0 l&#8217;endroit du Bateau-Lavoir jusque vers 1830.<\/p>\n<p>10)\tLe <strong>7 rue Ravignan<\/strong> est l&#8217;adresse de Max Jacob entre 1907 et 1911 (plaque), puis de Pierre Reverdy. <\/p>\n<p>11)\tLe Zut, <strong>28 rue Ravignan<\/strong> est tenu par Fr\u00e9d\u00e9ric G\u00e9rard (devenu le Fr\u00e9d\u00e9ric du <em>Quai des Brumes<\/em>), jusqu&#8217;\u00e0 ce qu&#8217;il reprenne le Lapin Agile en 1903. Le confort de l&#8217;\u00e9tablissement est limit\u00e9 : un sol de terre, quelques bancs fragiles ; l&#8217;\u00e9clairage est constitu\u00e9 de bougies et un tonneau sert de table. Picasso en d\u00e9core des murs. Autour de 1902, Max Jacob retrouve souvent ici le peintre et sa bande d&#8217;espagnols. Mais le Zut accueille trop d&#8217;anarchistes au go\u00fbt de la police. D&#8217;autant plus que le restaurant est le si\u00e8ge de bagarres fr\u00e9quentes. L&#8217;une d&#8217;entre elles donne lieu \u00e0 un v\u00e9ritable si\u00e8ge de la maison, sc\u00e8ne reprise dans Quai des Brumes. La police finit par obtenir la fermeture du Zut. Qu&#8217;\u00e0 cela ne tienne, le \u00ab p\u00e8re Fr\u00e9d\u00e9 \u00bb s&#8217;installe au Lapin Agile, \u00e0 quelques dizaines de m\u00e8tres ! <\/p>\n<p><figure id=\"attachment_2084\" aria-describedby=\"caption-attachment-2084\" style=\"width: 340px\" class=\"wp-caption alignright\"><img loading=\"lazy\" class=\" alignright size-full wp-image-2084\" src=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2006\/12\/jpg_picassogabrielle2def.jpg\" alt=\"49 rue Gabrielle\" title=\"49 rue Gabrielle\" class=\"caption\" align=\"right\" width=\"340\" height=\"445\" srcset=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2006\/12\/jpg_picassogabrielle2def.jpg 340w, https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2006\/12\/jpg_picassogabrielle2def-229x300.jpg 229w\" sizes=\"(max-width: 340px) 94vw, 340px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-2084\" class=\"wp-caption-text\">49 rue Gabrielle<\/figcaption><\/figure>12)\tAutre adresse dans la rue : Chez Azon, le caf\u00e9-restaurant \u00ab\u00a0Aux Enfants de la Butte\u00a0\u00bb, <strong>12 rue Ravignan<\/strong>, o\u00f9 Picasso et sa bande se rendent avec plaisir. C&#8217;est ici que ce dernier fait connaissance avec Modigliani.<\/p>\n<p>13)\tMax Jacob demeure <strong>17 rue Gabrielle<\/strong> \u00e0 partir de 1911. C&#8217;est ici qu&#8217;en 1919 un Andr\u00e9 Malraux de 18 ans vient montrer au \u00ab ma\u00eetre \u00bb un long po\u00e8me en prose de sa fabrication.<\/p>\n<p>14)\tD&#8217;octobre \u00e0 d\u00e9cembre 1900, Picasso vit <strong>49 rue Gabrielle<\/strong> (plaque). Il a dix-neuf ans. Depuis une dizaine d&#8217;ann\u00e9e, il est un prodige du dessin et de la peinture. Il a rejoint \u00e0 Montmartre des amis espagnols d\u00e9j\u00e0 install\u00e9s sur la Butte : Miguel Utrillo (qui n&#8217;est sans doute pas le p\u00e8re de Maurice), Pichot, Casas, Casagemas. Picasso partage un moment avec ce dernier l&#8217;appartement de la rue Gabrielle. Ce sont pour lui des ann\u00e9es de recherche artistique&#8230; et de mis\u00e8re noire. Il se refuse \u00e0 dessiner pour des revues. <\/p>\n<p>15)\t<strong>Place du Tertre<\/strong> se trouvait l&#8217;h\u00f4tel Bouscarat o\u00f9 ont s\u00e9journ\u00e9 Mac Orlan et Depaquit. <\/p>\n<p>16)\tLa maison situ\u00e9e <strong>\u00e0 l&#8217;angle de la rue des Saules et de la rue Cortot<\/strong> a \u00e9t\u00e9 occup\u00e9e par Aristide Bruant \u00e0 partir de 1885 environ. Chansonnier, patron de cabaret (entre autres le Chat Noir lorsque celui-ci migre 12 rue Victor-Mass\u00e9 en 1885 et prend le nom de Mirliton), il ach\u00e8te le Lapin Agile en 1903 et en confie la direction \u00e0 Fr\u00e9d\u00e9ric G\u00e9rard, qu&#8217;il avait connu au Zut.<\/p>\n<p><figure id=\"attachment_2085\" aria-describedby=\"caption-attachment-2085\" style=\"width: 350px\" class=\"wp-caption alignleft\"><img loading=\"lazy\" class=\" alignleft size-full wp-image-2085\" src=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2006\/12\/jpg_12ruecortot4def.jpg\" alt=\"La cour du 12 rue Cortot\" title=\"La cour du 12 rue Cortot\" class=\"caption\" align=\"left\" width=\"350\" height=\"480\" srcset=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2006\/12\/jpg_12ruecortot4def.jpg 350w, https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2006\/12\/jpg_12ruecortot4def-219x300.jpg 219w\" sizes=\"(max-width: 350px) 94vw, 350px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-2085\" class=\"wp-caption-text\">La cour du 12 rue Cortot<\/figcaption><\/figure>17)\tLe <strong>12 rue Cortot<\/strong> est la plus vieille maison de Montmartre. Elle remonte au milieu du XVIIe si\u00e8cle et l&#8217;un de ses premiers propri\u00e9taires est Rosimond, auteur de com\u00e9dies et com\u00e9dien sp\u00e9cialis\u00e9 dans le r\u00e9pertoire de Moli\u00e8re, qui &#8211; comme lui &#8211; meurt en sc\u00e8ne en jouant <em>Le Malade imaginaire<\/em> (en 1686) ! Dans les premi\u00e8res ann\u00e9es du XXe si\u00e8cle, c&#8217;est un v\u00e9ritable foyer de cr\u00e9ation. La maison est grande et les locataires sont nombreux : Maurice Utrillo et sa m\u00e8re Suzanne Valadon \u00e0 partir de 1906, L\u00e9on Bloy en 1906-1908, Poulbot, Raoul Dufy, Pierre Reverdy \u00e0 partir de 1913&#8230; C&#8217;est pour \u00e9loigner son fils de la bouteille que Suzanne Valadon l&#8217;initie \u00e0 la peinture. Il lui arrive de l&#8217;enfermer dans une pi\u00e8ce avec de quoi peindre et une pile de cartes postales, en promettant de le lib\u00e9rer lorsqu&#8217;il aura achev\u00e9 de les reproduire toutes ! Utrillo, apr\u00e8s quelques ann\u00e9es \u00e0 peindre en ext\u00e9rieur, reviendra presque exclusivement \u00e0 la peinture d&#8217;apr\u00e8s carte postale. Le 12 rue Cortot est aujourd&#8217;hui le beau mus\u00e9e du vieux Montmartre ouvert tous les jours, sauf le lundi (t\u00e9l. 01 46 06 61 11).<\/p>\n<p>18)\tAndr\u00e9 Salmon vit <strong>36 rue Saint-Vincent<\/strong> en 1907-1908 avant d&#8217;emm\u00e9nager au Bateau-Lavoir puis de quitter Montmartre en 1909. Auparavant, il aura eu le temps, comme critique d&#8217;art, d&#8217;apporter sa pierre \u00e0 la promotion du cubisme.<\/p>\n<p>19)\tLe Lapin Agile r\u00e9siste au temps <strong>4 rue des Saules<\/strong>. Dans les ann\u00e9es 1860 \u00e0 1880, c&#8217;\u00e9tait encore le \u00ab cabaret des Assassins \u00bb avec ses murs d\u00e9cor\u00e9s de sc\u00e8nes des crimes du c\u00e9l\u00e8bre Troppman. C&#8217;est en 1903 qu&#8217;il adopte le nom qu&#8217;il porte encore aujourd&#8217;hui. Ses clients l&#8217;ont depuis rendu c\u00e9l\u00e8bre. Il est un des quartiers g\u00e9n\u00e9raux de Picasso, Max Jacob (qui y entra\u00eene Blaise Cendrars) et leurs camarades. Il est aussi le d\u00e9cor du Quai des brumes (1927) de Mac Orlan (qui \u00e9pouse en 1913 Marguerite, la belle-fille de Fr\u00e9d\u00e9), que les al\u00e9as cin\u00e9matographiques transporteront au Havre. Il est enfin le cadre de la c\u00e9l\u00e8bre supercherie orchestr\u00e9e en 1910 par Dorgel\u00e8s, Warnod et le p\u00e8re Fr\u00e9d\u00e9 : celle de l&#8217;\u00e2ne Aliboron, baptis\u00e9 pour la circonstance Boronali, qui peint Et le soleil s&#8217;endormit sur l&#8217;Adriatique avec un pinceau attach\u00e9 \u00e0 sa queue ! Dorgel\u00e8s appr\u00e9cie en effet davantage Utrillo que Picasso et ses coll\u00e8gues. L&#8217;histoire ne dit pas si l&#8217;\u00e2ne s&#8217;est rendu au Salon des Ind\u00e9pendants pour admirer son &#339;uvre.<br \/>\n<br \/>Nos nuits, apr\u00e8s la fermeture du Lapin, \u00e9crit Carco, s&#8217;achevaient chez Mani\u00e8re, rue Caulaincourt, ou dans les bars mal fr\u00e9quent\u00e9s de la rue Lepic, en compagnie d&#8217;individus peu faits pour nous comprendre. C&#8217;est dans ces bars que j&#8217;ai rencontr\u00e9 J\u00e9sus-la-Caille et ses petits amis.<\/p>\n<figure id=\"attachment_2086\" aria-describedby=\"caption-attachment-2086\" style=\"width: 440px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" class=\" aligncenter size-full wp-image-2086\" src=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2006\/12\/jpg_bruantsaintvincentdef.jpg\" alt=\"Le 30 rue Saint-Vincent (avec les volets verts). A sa gauche, le Lapin agile.\" title=\"Le 30 rue Saint-Vincent (avec les volets verts). A sa gauche, le Lapin agile.\" class=\"caption\" align=\"center\" width=\"440\" height=\"330\" srcset=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2006\/12\/jpg_bruantsaintvincentdef.jpg 440w, https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2006\/12\/jpg_bruantsaintvincentdef-300x225.jpg 300w\" sizes=\"(max-width: 440px) 94vw, 440px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-2086\" class=\"wp-caption-text\">Le 30 rue Saint-Vincent (avec les volets verts). A sa gauche, le Lapin agile.<\/figcaption><\/figure>\n<p>20)\tAristide Bruant habite <strong>30 rue Saint-Vincent<\/strong> (sans doute avant de s&#8217;installer \u00e0 l&#8217;angle de la rue des Saules et de la rue Cortot).<\/p>\n<p>21)\tAu <strong>13 rue Girardon<\/strong> appara\u00eet l&#8217;all\u00e9e des Brouillards, cr\u00e9\u00e9e en 1929 sur le terrain du ch\u00e2teau des Brouillards. Bloy habite en 1904-1905 un des petits pavillons (disparus depuis) d\u00e9pendant du ch\u00e2teau. Il vient \u00e0 Montmartre attir\u00e9 non pas par l&#8217;esprit artiste et boh\u00e8me qui y r\u00e8gne&#8230; mais par la modicit\u00e9 des loyers et son amiti\u00e9 avec Jehan Rictus, avec qui il partage les m\u00eames opinions : Je leur en foutrai, moi, aux Bourgeois, du Progr\u00e8s, du Labeur, de la Justice, de l&#8217;Egalit\u00e9, de la Libert\u00e9 comme ils l&#8217;entendent, \u00e9crit Rictus \u00e0 Bloy. Ce dernier habite aussi dans la maison du 12 rue Cortot en 1906-1908, qu&#8217;il quitte car elle est trop bruyante \u00e0 son go\u00fbt.<\/p>\n<p>22)\tLa famille Farigoule demeure <strong>54 rue Lamarck<\/strong> \u00e0 partir de 1895. Le futur Jules Romains a dix ans et vit chez ses parents jusqu&#8217;en 1910. Il prend alors un pied-\u00e0-terre impasse Girardon. Depuis le succ\u00e8s de son po\u00e8me La Vie unanime en 1908, il s&#8217;est li\u00e9 avec Apollinaire et Max Jacob. Mais chacun poursuivra ensuite sa propre voie po\u00e9tique et litt\u00e9raire.<\/p>\n<p>Sources :<br \/>\n&#8211; base de donn\u00e9es de Philippe Boisseau sur le Paris historique.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Quelques pas dans le Montmartre litt\u00e9raire et artistique des ann\u00e9es 1900 ? 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