{"id":692,"date":"2007-01-05T17:26:42","date_gmt":"2007-01-05T16:26:42","guid":{"rendered":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2007\/01\/05\/saint-simon-et-les-saint-simoniens\/"},"modified":"2024-06-09T18:30:42","modified_gmt":"2024-06-09T16:30:42","slug":"saint-simon-et-les-saint-simoniens","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2007\/01\/05\/saint-simon-et-les-saint-simoniens\/","title":{"rendered":"Saint-Simon et les saint-simoniens et les \u00e9crivains qui croisent leur route dans les ann\u00e9es 1810 \u00e0 1830 \u00e0 Paris"},"content":{"rendered":"<h5><em>\u00ab\u00a0L\u2019influence et le d\u00e9veloppement du saint-simonisme jusqu\u2019\u00e0 la fin du XIXe si\u00e8cle n\u2019ont \u00e0 peu pr\u00e8s aucun caract\u00e8re ouvrier. Le saint-simonisme fournit un \u00e9lan et un id\u00e9al \u00e0 l\u2019esprit de la grande industrie et \u00e0 l\u2019ex\u00e9cution des grands travaux. Les saint-simoniens Pereire gouvernent les entreprises ferroviaires, bancaires et immobili\u00e8res de la monarchie de Juillet et du Second Empire. Le canal de Suez, dont Enfantin et Lambert-Bey all\u00e8rent \u00e9tudier les plans et organiser l\u2019id\u00e9e \u00e0 un moment o\u00f9 Ferdinand de Lesseps \u00e9tait consul au Caire, est rest\u00e9 le type de l\u2019entreprise plan\u00e9taire saint-simonienne. On opposerait volontiers l\u2019entreprise grande-bourgeoise du saint-simonisme, qui est de production et d\u2019action, \u00e0 l\u2019entreprise petite-bourgeoise du phalanst\u00e8re fouri\u00e9riste qui est de consommation et de jouissance.\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<p>Albert Thibaudet, <em>Les Id\u00e9es politiques de la France<\/em>, Paris, 1932, cit\u00e9 par Walter Benjamin dans <em>Paris, capitale du XIXe si\u00e8cle<\/em>.<\/h5>\n<p>Le saint-simonisme conna\u00eet une apoth\u00e9ose paradoxale en 1830 puis sous le Second Empire.<\/p>\n<p>Paradoxale, car les saints-simoniens &#8211; on d\u00e9signe sous ce terme celles et ceux qui ont d\u00e9velopp\u00e9, en la remodelant plus ou moins, la pens\u00e9e d&rsquo;Henri de Saint-Simon, dans le courant du XIXe si\u00e8cle ; au sens strict, les saint-simoniens sont ceux qui ont suivi Bazard et Prosper Enfantin entre 1829 et 1831, leur quartier g\u00e9n\u00e9ral \u00e9tant alors le 6 rue Monsigny) n&rsquo;occupent pas directement le devant de la sc\u00e8ne, ni en 1830, ni dans les ann\u00e9es qui suivent &#8211; ils sont au contraire condamn\u00e9s et dissous en 1832 &#8211; ni sous l&#8217;empire. De toute fa\u00e7on, leur objectif n\u2019est pas de s\u2019emparer du pouvoir politique, sur lequel ils ne misent pas pour fonder une nouvelle soci\u00e9t\u00e9.<\/p>\n<p>Mais ceux qu&rsquo;ils inspirent sont au pouvoir politique en 1830 autour du banquier Jacques Laffitte, et au pouvoir \u00e9conomique et aux manettes de la presse sous Napol\u00e9on III, avec la pr\u00e9sence du saint-simonien Michel Chevalier comme proche conseiller de l\u2019empereur et l\u2019accompagnement des grands travaux d\u2019Haussmann par les fr\u00e8res Pereire et leurs associ\u00e9s.<\/p>\n<p>Car si du saint-simonisme sont issus l&rsquo;historiographie d&rsquo;Augustin Thierry et le positivisme d&rsquo;Auguste Comte (ils sont deux anciens secr\u00e9taires de Saint-Simon, l&rsquo;un en 1814, l&rsquo;autre en 1817 ; Comte s\u2019\u00e9loigne de Saint-Simon en 1824), on lui doit aussi le Cr\u00e9dit Lyonnais (dont l&rsquo;immeuble du boulevard des Italiens est encore un t\u00e9moignage d&rsquo;\u00e9poque), le Cr\u00e9dit industriel et commercial, la Soci\u00e9t\u00e9 G\u00e9n\u00e9rale, la compagnie Paris Lyon M\u00e9diterran\u00e9e, le canal de Suez, la Compagnie G\u00e9n\u00e9rale Transatlantique, etc.<\/p>\n<figure id=\"attachment_2087\" aria-describedby=\"caption-attachment-2087\" style=\"width: 260px\" class=\"wp-caption alignright\"><img loading=\"lazy\" class=\" alignright size-full wp-image-2087\" title=\"Le 6 rue Monsigny.\" src=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2007\/01\/jpg_Monsigny.jpg\" alt=\"Le 6 rue Monsigny.\" width=\"260\" height=\"650\" align=\"right\" srcset=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2007\/01\/jpg_Monsigny.jpg 260w, https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2007\/01\/jpg_Monsigny-120x300.jpg 120w\" sizes=\"(max-width: 260px) 94vw, 260px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-2087\" class=\"wp-caption-text\">Le 6 rue Monsigny.<\/figcaption><\/figure>\n<p>Pourquoi la doctrine de Saint-Simon et de ses disciples est-elle alors si mal connue aujourd&rsquo;hui ?<\/p>\n<p>Sans doute pour plusieurs raisons.<\/p>\n<p>D\u2019abord, si elle vise une soci\u00e9t\u00e9 plus juste, elle entend y mettre des moyens tr\u00e8s particuliers qui la placent d&#8217;embl\u00e9e hors des pens\u00e9es politiques de l&rsquo;\u00e9poque, qu&rsquo;elles soient r\u00e9publicaines, l\u00e9gitimistes, bonapartistes ou lib\u00e9rales.<\/p>\n<p>Ses ap\u00f4tres &#8211; comme Saint-Simon lui-m\u00eame &#8211; ont parfois fait fausse route et flirt\u00e9 avec le ridicule ou le scandale. Il est vrai qu&rsquo;il n&rsquo;est pas facile de construire une doctrine destin\u00e9e \u00e0 remplacer le christianisme et \u00e0 traiter aussi bien de Dieu que de d\u00e9veloppement \u00e9conomique et de rapports entre les hommes et les femmes ! Son fonctionnement de secte (entre la nomination de Bazard et d\u2019Enfantin en \u00ab\u00a0P\u00e8res supr\u00eames\u00a0\u00bb en 1829 et la condamnation de l&rsquo;\u00e9cole saint-simonienne en 1832) et son exposition m\u00e9diatique, dans les derniers temps de la rue Monsigny et dans la maison du 145 rue de M\u00e9nilmontant en 1832, ont masqu\u00e9 pour un bon nombre le fond et les d\u00e9tails de la doctrine. Pas facile non plus pour un politique, un r\u00e9formateur, un scientifique ou un penseur non saint-simonien de revendiquer publiquement des attaches avec un mouvement dont les promoteurs se prom\u00e8nent dans les rues de la capitale en bleu vers 1830-1831 et en un uniforme qui symbolise l&rsquo;\u00e9galit\u00e9 : bleu (pour la foi), blanc (pour l&rsquo;amour) et rouge (pour le travail) &#8211; selon Maxime Du Camp dans ses <em>Souvenirs litt\u00e9raires<\/em> &#8211; en 1832.<\/p>\n<p>Voil\u00e0 donc les saint-simoniens condamn\u00e9s \u00e0 jouer le r\u00f4le peu enviable (ou envi\u00e9, c&rsquo;est selon) de proph\u00e8tes dont on reconna\u00eet l&rsquo;intelligence mais&#8230; pour plus tard, comme Chateaubriand lorsqu&rsquo;il \u00e9crit le 15 d\u00e9cembre 1831 dans sa lettre aux Directeurs de <em>La Revue europ\u00e9enne : \u00ab\u00a0Il faut reconna\u00eetre que leur doctrine de la propri\u00e9t\u00e9 peut aller loin&#8230; Un temps viendra o\u00f9 l&rsquo;on ne concevra pas qu&rsquo;il f\u00fbt un ordre social dans lequel un homme comptait un million de revenu, tandis qu&rsquo;un autre n&rsquo;avait pas de quoi payer son d\u00eener.\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<p>Gr\u00e2ce \u00e0 tous les \u00e9crits qu&rsquo;il produit, le saint-simonisme portera de beaux fruits dans ce champ de r\u00e9flexion qu&rsquo;Engels a appel\u00e9 le \u00ab\u00a0socialisme utopique\u00a0\u00bb. Il est un f\u00e9cond vivier dans lequel viennent puiser des hommes politiques, des capitaines d&rsquo;industrie et des penseurs de tous acabits, au moment o\u00f9 la France s\u2019industrialise, o\u00f9 la classe ouvri\u00e8re appara\u00eet, o\u00f9 le romantisme se pr\u00e9occupe de r\u00e9volution politique et de r\u00e9volution sociale.<\/p>\n<p>Outre les premiers disciples que sont Hippolyte Carnot \u2013 fils de Lazare -, Eug\u00e8ne et Olinde Rodrigues, Comte, Enfantin, Lechevalier, Abel Transon, Chevalier, Fournel, etc. trois cat\u00e9gories s&rsquo;int\u00e9ressent particuli\u00e8rement \u00e0 lui :<br \/>\n&#8211; des anciens de la Charbonnerie fran\u00e7aise (tels Saint-Amand Bazard ou Philippe Buchez), soci\u00e9t\u00e9 r\u00e9publicaine secr\u00e8te li\u00e9e \u00e0 La Fayette et d\u00e9mantel\u00e9e en 1822 ;<br \/>\n&#8211; des Juifs, mis \u00e0 l&rsquo;\u00e9cart de la Restauration, comme L\u00e9on Hal\u00e9vy, Gustave d&rsquo;Eichtal, les fr\u00e8res Pereire,<br \/>\n&#8211; des polytechniciens, attir\u00e9s par l&rsquo;id\u00e9e saint-simonienne que l&rsquo;industrie et l&rsquo;esprit d&rsquo;entreprise doivent guider la soci\u00e9t\u00e9, la r\u00e9former, et la rendre plus juste.<\/p>\n<p>Comme l&rsquo;\u00e9crivent Nathalie Coilly et Philippe R\u00e9gnier dans <em>Le si\u00e8cle des saints-simoniens, du Nouveau christianisme au canal de Suez<\/em> : <em>\u00ab\u00a0Il finit par y avoir, \u00e0 la limite, autant de saint-simonismes que de saint-simoniens. Ceux qui critiquent et renient Saint-Simon ou Enfantin avec le plus de vigueur sont aussi, comme de juste, ceux qui les ont le mieux compris, assimil\u00e9s et reproduits.\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<p>Le saint-simonisme comme catalyseur d&rsquo;id\u00e9es du XIXe si\u00e8cle ? Certainement, au moment pr\u00e9cis o\u00f9 chacun s\u2019interroge apr\u00e8s la R\u00e9volution et le Premier Empire : comment r\u00e9organiser la soci\u00e9t\u00e9 ?<\/p>\n<p>Louis Blanc &#8211; qui n&rsquo;est pas saint-simonien &#8211; note ainsi dans son <em>Histoire de dix ans<\/em> (chap. III) : <em>\u00ab\u00a0Avec une intr\u00e9pidit\u00e9 sans \u00e9gal, avec une vigueur soutenue par un talent \u00e9lev\u00e9 et de fortes \u00e9tudes, cette \u00e9cole mit \u00e0 nu toutes les plaies du si\u00e8cle, elle \u00e9branla mille pr\u00e9jug\u00e9s, elle remua des id\u00e9es profondes, elle ouvrit \u00e0 l&rsquo;intelligence une carri\u00e8re vaste et nouvelle. L&rsquo;influence qu&rsquo;elle exer\u00e7a fut grande et dure encore.\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<h6>Voyons un peu <strong>les grands axes de cette doctrine<\/strong> qui veut <em>\u00ab\u00a0am\u00e9liorer le sort moral, physique et intellectuel de la classe la plus nombreuse et la plus pauvre\u00a0\u00bb<\/em> (une des devises du <em>Globe<\/em> saint-simonien. Saint-Simon (arri\u00e8re-cousin du m\u00e9morialiste Louis de Rouvroy, duc de Saint-Simon 1676-1755), Claude-Henri de Rouvroy &#8211; alias Henri Saint-Simon &#8211; participe \u00e0 la guerre d\u2019ind\u00e9pendance am\u00e9ricaine avec Lafayette. Apr\u00e8s la r\u00e9volution de 1789, il s\u2019enrichit dans la sp\u00e9culation sur les biens confisqu\u00e9s \u00e0 l\u2019\u00e9glise et aux nobles. Ce n\u2019est que la quarantaine pass\u00e9e qu\u2019il commence \u00e0 publier ses \u00e9crits. Il meurt dans la mis\u00e8re apr\u00e8s avoir \u00e9labor\u00e9 une philosophie rationaliste que certains de ses disciples transformeront en id\u00e9ologie.]] les d\u00e9crit dans d\u2019innombrables trait\u00e9s, brochures et \u00ab\u00a0cat\u00e9chismes\u00a0\u00bb publi\u00e9s sous le Premier Empire et jusqu&rsquo;\u00e0 sa mort en 1825, et dont les co\u00fbts d&rsquo;impression le r\u00e9duisent presque \u00e0 l&rsquo;\u00e9tat de mendiant :<br \/>\n&#8211; pour r\u00e9aliser les id\u00e9aux de la R\u00e9volution fran\u00e7aise, il faut abolir les privil\u00e8ges de la naissance et remplacer l\u2019h\u00e9r\u00e9dit\u00e9 par le talent et le m\u00e9rite.<br \/>\n&#8211; l\u2019\u00e9ducation doit permettre \u00e0 chacun de d\u00e9velopper ses talents, les hommes comme les femmes.<br \/>\n&#8211; le d\u00e9veloppement \u00e9conomique d\u00e9termine l\u2019organisation politique. Il doit s\u2019appuyer sur l\u2019investissement industriel, le cr\u00e9dit bancaire et le d\u00e9veloppement des voies de communication \u2013 moteur de l\u2019\u00e9conomie et lien entre les hommes.<br \/>\n&#8211; la propri\u00e9t\u00e9 priv\u00e9e doit \u00eatre pr\u00e9serv\u00e9e, mais elle doit servir \u00e0 produire, et non de rente au propri\u00e9taire.<br \/>\n&#8211; l\u2019organisation de l\u2019industrie et de la production est au c\u0153ur du fonctionnement nouveau \u00e0 mettre en \u0153uvre. De pr\u00e9f\u00e9rence \u00e0 une organisation d\u00e9mocratique on choisira un gouvernement d\u2019experts. Il faut organiser le travail et ne pas laisser le lib\u00e9ralisme agir de fa\u00e7on d\u00e9sordonn\u00e9e. Le pouvoir sera tenu par une \u00e9lite de repr\u00e9sentants de l\u2019industrie[[Saint-Simon invente le substantif \u00ab\u00a0industriel\u00a0\u00bb en 1817. Il d\u00e9signe pour lui aussi bien le savant, l&rsquo;agriculteur, l&rsquo;artiste, que le banquier ou le commer\u00e7ant. Saint-Simon estime que la R\u00e9volution de 1789 est inachev\u00e9e car elle a \u00e9t\u00e9 men\u00e9e non par les industriels mais par les bourgeois &#8211; qui comprennent aussi des oisifs, c&rsquo;est-\u00e0-dire des rentiers.]], de la science et des beaux-arts.<br \/>\n&#8211; la paix entre les pays doit \u00eatre l\u2019objectif de la diplomatie. Saint-Simon r\u00eave d\u2019une f\u00e9d\u00e9ration des \u00c9tats d&rsquo;Europe.<br \/>\n&#8211; Saint-Simon remplace la religion par la science. Il dessine les contours d\u2019un syst\u00e8me ath\u00e9e qu\u2019il nomme le \u00ab\u00a0nouveau christianisme\u00a0\u00bb. Le ciment de la nouvelle \u00e8re \u00e0 venir ne doit pas \u00eatre fait que de raison. L\u2019Eglise du pape ayant trahi le message du Christ, il est n\u00e9cessaire de cr\u00e9er une nouvelle religion b\u00e2tie sur la fraternit\u00e9, ainsi qu\u2019un nouveau clerg\u00e9.<\/h6>\n<p>Une balade dans les rues de Paris permet de mieux conna\u00eetre les grands moments du saint-simonisme, et de retrouver au passage quelques \u00e9crivains qui ont crois\u00e9 sa route.<\/p>\n<p>Une premi\u00e8re halte s&rsquo;impose au <strong>cimeti\u00e8re du P\u00e8re-Lachaise<\/strong>, o\u00f9 Saint-Simon est enterr\u00e9 en mai 1825. Il demeurait jusqu&rsquo;en 1801 en face de l\u2019\u00c9cole polytechnique, puis <strong>rue Vivienne<\/strong> (sans doute au 16, adresse de la \u00ab\u00a0librairie saint-simonienne\u00a0\u00bb), <strong>34 rue de Richelieu<\/strong>, et <strong>16 rue des Foss\u00e9s-Saint-Germain-des-Pr\u00e9s<\/strong> (aujourd&rsquo;hui rue de l&rsquo;Ancienne-com\u00e9die) vers 1821. Olivier P\u00e9tr\u00e9-Grenouilleau signale que Saint-Simon loge vers 1817 dans le Grand h\u00f4tel, <strong>18 rue de l&rsquo;Ancienne Com\u00e9die<\/strong>, presque au coin de la rue des Boucheries-Saint-Germain. Est-ce la m\u00eame adresse ? Il d\u00e9c\u00e8de en 1825 au <strong>9 rue du Faubourg-Montmartre<\/strong>.<\/p>\n<p>Ensuite, arr\u00eatons-nous devant deux temples du savoir : le lyc\u00e9e Henri IV et l\u2019\u00c9cole polytechnique.<\/p>\n<p>Olinde Rodrigu\u00e8s est r\u00e9p\u00e9titeur au lyc\u00e9e Napol\u00e9on (aujourd&rsquo;hui <strong>lyc\u00e9e Henri IV<\/strong>) o\u00f9 il fait la connaissance de Prosper Enfantin, alors lyc\u00e9en.<\/p>\n<p><strong>L&rsquo;\u00e9cole Polytechnique<\/strong> est donc un foyer ardent du saint-simonisme. Ses \u00e9l\u00e8ves adh\u00e8rent au projet saint-simonien de remplacer le pouvoir issu de l\u2019h\u00e9r\u00e9dit\u00e9 par celui gagn\u00e9 par l\u2019intelligence et le m\u00e9rite.<\/p>\n<p>Auguste Comte, polytechnicien, est secr\u00e9taire de Saint-Simon de 1817 \u00e0 1824. Leur brouille met fin \u00e0 leur collaboration.<\/p>\n<p>Prosper Enfantin entre \u00e0 Polytechnique en 1813, pour un an seulement car son p\u00e8re ne peut payer davantage le co\u00fbt des \u00e9tudes. Enfantin comprend vite l&rsquo;int\u00e9r\u00eat de rallier des polytechniciens \u00e0 la cause : <em>\u00ab\u00a0Il faut, \u00e9crit-il, que l\u2019\u00c9cole polytechnique soit le canal par lequel nos id\u00e9es se r\u00e9pandront dans la soci\u00e9t\u00e9\u00a0\u00bb<\/em>.<\/p>\n<p>Nombreux seront donc les autres \u00e9l\u00e8ves de l&rsquo;\u00e9cole \u00e0 \u00eatre s\u00e9duits par le journal <em>Le Producteur<\/em> qui circule de main en main et par les th\u00e8ses saint-simoniennes. Michel Chevalier adh\u00e8re \u00e0 l&rsquo;Ordre des Templiers avec son ami Hippolyte Carnot. D\u00e9\u00e7us par la doctrine de ceux-ci, ils se tournent vers le saint-simonisme en 1827 et y jouent rapidement un r\u00f4le important. Carnot r\u00e9dige en 1828-1830 une grande part des deux volumes d&rsquo;exposition de la doctrine de Saint-Simon, fruit des conf\u00e9rences publiques.<\/p>\n<p>Au <strong>6 rue Monsigny<\/strong> s&rsquo;\u00e9tablissent en 1830 les dirigeants du mouvement et leurs familles. Sous la f\u00e9rule des deux \u00ab\u00a0P\u00e8res\u00a0\u00bb Bazard et Enfantin oeuvre un \u00ab\u00a0clerg\u00e9\u00a0\u00bb de seize membres dont six polytechniciens. Des conf\u00e9rences se d\u00e9roulent le jeudi, ouvertes au public et auxquelles assistent parfois George Sand et Berlioz. Liszt vient jouer du piano.<\/p>\n<p>D&rsquo;autres lieux de conf\u00e9rences sont aussi utilis\u00e9s par les saint-simoniens : la salle de la Redoute (rue de Grenelle-Saint-Honor\u00e9 &#8211; aujourd&rsquo;hui <strong>35 rue Jean-Jacques Rousseau<\/strong>), <strong>12 rue Taranne<\/strong> (au niveau des 171-173 actuels du boulevard Saint-Germain ; c&rsquo;est dans cette salle que Charles Fourier assiste \u00e0 une conf\u00e9rence sur l&rsquo;\u00e9ducation), dans une salle utilis\u00e9e par la Soci\u00e9t\u00e9 de la morale chr\u00e9tienne et par la Soci\u00e9t\u00e9 de g\u00e9ographie, <strong>rue Taitbout<\/strong> jusqu&rsquo;en janvier 1832 puis \u00e0 l\u2019Ath\u00e9n\u00e9e <strong>place de la Sorbonne<\/strong>.<\/p>\n<p>Le journal <em>Le Globe<\/em>, bas\u00e9 \u00e9galement 6 rue Monsigny dans l&rsquo;h\u00f4tel de Gesvre, a \u00e9t\u00e9 fond\u00e9 en 1824 par Paul-Fran\u00e7ois Dubois et Pierre Leroux.<\/p>\n<p>Lib\u00e9rale et romantique &#8211; et soutien fid\u00e8le de Hugo et de ses diciples -, l&rsquo;\u00e9quipe du journal \u00e9clate avec les Trois glorieuses en juillet 1830. Restent principalement Leroux, Sainte-Beuve et Eug\u00e8ne Lerminier. Les autres ont pris des responsabilit\u00e9s politiques au sein du nouveau pouvoir. Pour trouver de nouveaux actionnaires au <em>Globe<\/em>, Leroux sollicite ses voisins des deux premiers \u00e9tages de l&rsquo;h\u00f4tel de Gesvre : les saint-simoniens de <em>L&rsquo;Organisateur<\/em>, l&rsquo;hebdomadaire dirig\u00e9 par Prosper Enfantin. Ce dernier apporte des fonds au <em>Globe<\/em> avec enthousiasme. En janvier 1831, le nouveau <em>Globe<\/em> dirig\u00e9 par Michel Chevalier affiche la couleur : <em>\u00ab\u00a0Journal de la doctrine de Saint-Simon\u00a0\u00bb<\/em>.<\/p>\n<p>Sainte-Beuve a ainsi son heure saint-simonienne, pr\u00f4nant un romantisme social quelques ann\u00e9es avant que Sand n&rsquo;y adh\u00e8re elle-m\u00eame (Sainte-Beuve s&rsquo;en sera alors bien \u00e9loign\u00e9), en particulier par l&rsquo;interm\u00e9diaire de Leroux que Sainte-Beuve lui pr\u00e9sente. Hugo (Sainte-Beuve lui a sans doute aussi pr\u00e9sent\u00e9 Leroux) adh\u00e8re aussi un moment \u00e0 ces th\u00e8ses, avant de mettre le cap sur la monarchie de Juillet &#8211; alors que la liaison entre sa femme Ad\u00e8le et Sainte-Beuve \u00e9loigne \u00e9galement les deux hommes. Sainte-Beuve, quant \u00e0 lui, s&rsquo;\u00e9loigne du Globe pendant l&rsquo;\u00e9t\u00e9 1831 pour se rapprocher du <em>National<\/em>, de la <em>Revue des deux mondes<\/em> et de Lamennais.<\/p>\n<p>\u00c0 l&rsquo;\u00e9poque de la rue Monsigny, les responsables saint-simoniens ont aussi d&rsquo;autres adresses dans la capitale : Barrault, <strong>20 rue Sainte-Anne<\/strong>, Fournel, <strong>4 rue de la Michaudi\u00e8re<\/strong>, Carnot, <strong>26 rue des Saints-P\u00e8res<\/strong>, Pierre Dugied, <strong>6 place Royale<\/strong>, Rodrigues, <strong>26 rue Montholon<\/strong> (son adresse en 1817 \u00e9tait le <strong>26 rue de l\u2019\u00c9chiquier<\/strong> ; il habita aussi au <strong>123 boulevard Pereire<\/strong>, lui qui avait ralli\u00e9 les Pereire au saint-simonisme).<\/p>\n<p>Un \u00ab\u00a0schisme\u00a0\u00bb d\u00e9chire la rue Monsigny fin 1831, li\u00e9 \u00e0 la question f\u00e9minine. Les saint-simoniens soutiennent l\u2019\u00e9galit\u00e9 entre hommes et femmes. Mais la recherche d\u2019une \u00ab\u00a0M\u00e8re\u00a0\u00bb capable de diriger le mouvement aux c\u00f4t\u00e9s des deux \u00ab\u00a0P\u00e8res\u00a0\u00bb Bazard et Enfantin provoque des dissensions. Enfantin se prononce pour une libert\u00e9 amoureuse absolue et heurte nombre de ses pairs. La brutalit\u00e9 de son propos chasse Bazard et ses partisans : Carnot, Charton, Leroux, etc. (Rodrigues suivra en f\u00e9vrier 1832 en se brouillant avec Enfantin ; ni Bazard, ni ses disciples d&rsquo;alors, ni Rodrigues ne cr\u00e9eront de nouveau courant saint-simonien, malgr\u00e9 les tentatives de Rodrigues d&rsquo;attirer vers lui quelques disciples ; Hippolyte Carnot et Leroux s&rsquo;investiront dans la <em>Revue encyclop\u00e9dique<\/em> bas\u00e9e 26 rue des Saints-p\u00e8res &#8211; voir <a href=\"http:\/\/autourduperetanguy.blogspirit.com\/archive\/2008\/05\/09\/edouard-charton-fondateur-du-magasin-pittoresque-de-l-illust.html\">http:\/\/autourduperetanguy.blogspirit.com<\/a> -, et Leroux dans <em>L&rsquo;\u00c9claireur de l&rsquo;Indre<\/em> avec George Sand ; Charton dans le <em>Magasin pittoresque<\/em> et <em>L&rsquo;Illustration)<\/em>.<\/p>\n<p>Des rumeurs commencent \u00e0 courir sur les moeurs du 6 rue Monsigny. La police perquisitionne le 22 janvier 1832. Dumas reproduit dans ses <em>M\u00e9moires<\/em> (chapitre CCXXIII) le r\u00e9cit qu\u2019en fait <em>Le Globe<\/em>. L&rsquo;\u00e9tape suivante des poursuites juridiques contre les saint-simoniens se d\u00e9roule 145 rue de M\u00e9nilmontant, en juillet 1832.<\/p>\n<p>En avril 1832, Enfantin et ses fid\u00e8les investissent en dehors de Paris, au <strong>145 rue de M\u00e9nilmontant<\/strong>, une grande propri\u00e9t\u00e9 qui appartient \u00e0 la famille de ce dernier. Alors que les combats r\u00e9primant une insurrection r\u00e9publicaine font rage (voir l&rsquo;article \u00ab\u00a0Juin 1832, une insurrection oubli\u00e9e\u00a0\u00bb), une trentaine de disciples (uniquement des hommes) participent le 6 juin \u00e0 une c\u00e9r\u00e9monie de \u00ab\u00a0prise d&rsquo;habit\u00a0\u00bb, rev\u00eatant le fameux uniforme bleu, blanc, rouge dont le gilet se boutonne dans le dos, symbolisant l&rsquo;entraide n\u00e9cessaire. Une vie communautaire rigoureusement organis\u00e9e se met en branle. La maison s&rsquo;ouvre le dimanche aux parisiens, qui viennent en curieux. Enfantin a \u00e9cart\u00e9 les femmes du mouvement, pr\u00e9textant que la soci\u00e9t\u00e9 n\u2019\u00e9tait pas encore pr\u00eate \u00e0 envisager leur \u00e9mancipation.<\/p>\n<p>La nuit, Enfantin et ses disciples, assis en croix, recherchent une expression math\u00e9matique de la v\u00e9rit\u00e9 et de la morale et \u00e9laborent les canons de la religion nouvelle.<\/p>\n<p>Tout irait pour le mieux si la justice ne rattrapait ses proies. Le commissaire Maigret (!) vient trouver ici Enfantin en juillet 1832 et convoquer les responsables saint-simoniens au tribunal. On les accuse d&rsquo;atteinte aux bonnes moeurs et d&rsquo;escroquerie, mais c&rsquo;est surtout la contagion politique que redoute le gouvernement de Louis-Philippe. La soci\u00e9t\u00e9 saint-simonienne est dissoute en ao\u00fbt. <em>Le Globe<\/em> cesse de para\u00eetre. Enfantin, Chevalier et Duveyrier sont condamn\u00e9s \u00e0 la prison.<\/p>\n<p>\u00c0 la fin du mois d&rsquo;ao\u00fbt 1832 se d\u00e9roule au <strong>Palais de Justice<\/strong> le proc\u00e8s d\u2019Enfantin, de Michel Chevalier et de Duveyrier. Tous trois sont condamn\u00e9s \u00e0 un an de prison.<\/p>\n<p>Enfantin et Chevalier atterrissent ensuite \u00e0 la prison de Sainte-P\u00e9lagie, situ\u00e9e <strong>entre le 56 rue de la Clef et 11 rue Lac\u00e9p\u00e8de<\/strong>. Ils y sont trait\u00e9s\u2026 comme des princes ! Champagne et cigares, appartement de quatre pi\u00e8ces\u2026 Pendant ce s\u00e9jour \u00e0 Sainte-P\u00e9lagie, Enfantin rompt avec Chevalier afin, dit-il, de permettre \u00e0 ce dernier de se rapprocher du gouvernement. Chevalier en voudra toujours \u00e0 Enfantin, mais son ascension politique est d\u00e8s lors impressionnante : conseiller d&rsquo;Etat, professeur au Coll\u00e8ge de France, n\u00e9gociateur du trait\u00e9 de commerce de 1859 avec l&rsquo;Angleterre, et enfin s\u00e9nateur.<\/p>\n<p>En prison, Enfantin a une r\u00e9v\u00e9lation : c&rsquo;est en Orient que doivent maintenant aller les saint-simoniens.<\/p>\n<p>L&rsquo;h\u00f4tel de Michel Chevalier a disparu <strong>27 avenue Foch<\/strong>.<\/p>\n<p>Terminons par quelques adresses des journaux et libraires-\u00e9diteurs de la pens\u00e9e saint-simonienne et de ses \u00e9mules.<\/p>\n<p>Saint-Simon lui-m\u00eame est un auteur prodigue \u00e0 partir de ses 41 ans.<\/p>\n<p>Sa <em>Nouvelle encyclop\u00e9die<\/em> (1810) est \u00e9dit\u00e9e par l&rsquo;Imprimerie Scherff, <strong>30 rue des Bons-enfants<\/strong> ; sa <em>R\u00e9organisation de la soci\u00e9t\u00e9 europ\u00e9enne<\/em> (1814), par Adrien Egron, 37 rue des Noyers ; <em>L&rsquo;industrie<\/em> (Tome troisi\u00e8me &#8211; 1817), par Smith, <strong>16 rue de Montmorency<\/strong> ; le tome quatri\u00e8me (1818) par Verdi\u00e8re, 27 Quai des Augustins ; sa <em>Suite \u00e0 la brochure des Bourbons et des Stuarts<\/em> (1822) par Guiraudet, <strong>315 rue Saint-Honor\u00e9<\/strong>, \u00ab\u00a0vis-\u00e0-vis Saint-Roch\u00a0\u00bb ; son <em>Sur les int\u00e9r\u00eats<br \/>\npolitiques des producteurs<\/em> (1822) par Moreau, <strong>27 rue<br \/>\nCoquilli\u00e8re<\/strong> ; son <em>Cat\u00e9chisme des industriels<\/em> (1823-1824) par Setier, <strong>7 Cour des fontaines<\/strong> ; son <em>Nouveau christianisme<\/em> (1825) par Bossange p\u00e8re, <strong>60 rue de Richelieu<\/strong>.<\/p>\n<p>Le journal p\u00e9riodique <em>Le Producteur<\/em> (1825-1826) est distribu\u00e9 par la librairie Sautelet, situ\u00e9e <strong>face \u00e0 la Bourse<\/strong>. Il est fond\u00e9 juste apr\u00e8s la mort de Saint-Simon par Rodrigues en 1825 sous forme d&rsquo;une soci\u00e9t\u00e9 en commandite soutenue par le banquier (et futur chef de gouvernement de Louis-Philippe) Jacques Laffitte. Comte y collabore, ainsi qu&rsquo;Armand Carrel et Adolphe Blanqui.<\/p>\n<p><em>La Femme libre<\/em> est le journal cr\u00e9\u00e9 en 1832-1833 (et bas\u00e9 <strong>17 rue du Caire<\/strong>) par les saint-simoniennes \u00e9cart\u00e9s de la maison de M\u00e9nilmontant.<\/p>\n<p><em>L&rsquo;Alg\u00e9rie. Courrier d&rsquo;Afrique, d&rsquo;Orient et de M\u00e9diterran\u00e9e<\/em>, dirig\u00e9 par Enfantin en 1843-46, a ses bureaux <strong>35 rue Neuve-des-Petits-Champs<\/strong>.<\/p>\n<p>Le journal <em>Les Etats-Unis d&rsquo;Europe<\/em> qui para\u00eet vers 1876 a son adresse parisienne <strong>33 rue de Seine<\/strong>.<\/p>\n<p>Sources :<br \/>\n&#8211; <em>Les Voix de la libert\u00e9<\/em>. Michel Winock, \u00e9ditions du Seuil.<br \/>\n&#8211; <em>Le Si\u00e8cle des saints-simoniens, du Nouveau christianisme au canal de Suez<\/em>. Sous la direction de Nathalie Coilly et Philippe R\u00e9gnier ;<br \/>\n&#8211; http:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Saint-simonisme<br \/>\n&#8211; www.annales.org\/archives\/x\/saintsimonisme.html<br \/>\n&#8211; http:\/\/groupugo.div.jussieu.fr\/groupugo\/86-12-13r%E9gnier.htm<br \/>\n&#8211; www.nebuleuse-rh.org\/olinde.html<br \/>\n&#8211; <em>Saint-Simon et le saint-simonisme<\/em>. Christophe Prochasson.<\/p>\n<p>Voir aussi le site de la Soci\u00e9t\u00e9 des \u00e9tudes Saint-Simoniennes.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00ab\u00a0L\u2019influence et le d\u00e9veloppement du saint-simonisme jusqu\u2019\u00e0 la fin du XIXe si\u00e8cle n\u2019ont \u00e0 peu pr\u00e8s aucun caract\u00e8re [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":2087,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[3],"tags":[29,31,19,53],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/692"}],"collection":[{"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=692"}],"version-history":[{"count":4,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/692\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":5725,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/692\/revisions\/5725"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/2087"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=692"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=692"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=692"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}