{"id":706,"date":"2007-02-17T11:26:54","date_gmt":"2007-02-17T10:26:54","guid":{"rendered":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2007\/02\/17\/anton-tchekhov-a-nice\/"},"modified":"2007-02-17T11:26:54","modified_gmt":"2007-02-17T10:26:54","slug":"anton-tchekhov-a-nice","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2007\/02\/17\/anton-tchekhov-a-nice\/","title":{"rendered":"Anton TCHEKHOV \u00e0 Nice"},"content":{"rendered":"<p>\u00ab~<em>Pour qui est-ce que j&rsquo;\u00e9cris ? Pour le public ? Mais je ne le vois pas et je crois \u00e0 lui encore moins qu&rsquo;au domovo\u00ef[[G\u00e9nie domestique.]]. Il est ignorant, mal \u00e9lev\u00e9, et ses meilleurs \u00e9l\u00e9ments manquent de conscience et de sinc\u00e9rit\u00e9 envers moi. Ecrire pour de l&rsquo;argent ? Mais je n&rsquo;ai jamais d&rsquo;argent et le manque d&rsquo;habitude fait que je suis presque indiff\u00e9rent \u00e0 son \u00e9gard. Ecrire pour des louanges ? Elles ne font que m&rsquo;irriter.<\/em>~\u00bb<br \/>\n<br \/>Tchekhov.<\/p>\n<figure id=\"attachment_2101\" aria-describedby=\"caption-attachment-2101\" style=\"width: 450px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" class=\" aligncenter size-full wp-image-2101\" src=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2007\/02\/jpg_tcheckovdef.jpg\" alt=\"L'ex-h\u00f4tel Beau Rivage, aujourd'hui 107 quai des Etats-Unis.\" title=\"L'ex-h\u00f4tel Beau Rivage, aujourd'hui 107 quai des Etats-Unis.\" class=\"caption\" align=\"center\" width=\"450\" height=\"350\" srcset=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2007\/02\/jpg_tcheckovdef.jpg 450w, https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2007\/02\/jpg_tcheckovdef-300x233.jpg 300w\" sizes=\"(max-width: 450px) 94vw, 450px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-2101\" class=\"wp-caption-text\">L&rsquo;ex-h\u00f4tel Beau Rivage, aujourd&rsquo;hui 107 quai des Etats-Unis.<\/figcaption><\/figure>\n<p>Tchekhov aime le th\u00e9\u00e2tre comme un enfant. Il est fascin\u00e9 par l&rsquo;endroit et l&rsquo;envers du d\u00e9cor. Enfant, \u00e0 Taganrog, il \u00e9crivait d\u00e9j\u00e0 des farces et des drames et les jouait avec ses fr\u00e8res. <\/p>\n<p>Il est aussi auteur de contes et nouvelles, qui lui apportent rapidement une certaine renomm\u00e9e. <\/p>\n<p>Ses pi\u00e8ces sont dans l&rsquo;ensemble mal re\u00e7ues par le public ou la censure : <em>Platonov, Ivanov, La Mouette<\/em>&#8230; Mais l&rsquo;inspiration continue de jaillir chez lui \u00ab~<em>comme le p\u00e9trole du sol de Bakou<\/em>~\u00bb.<\/p>\n<p>En France, le th\u00e9\u00e2tre du Vieux-colombier met le premier en sc\u00e8ne <em>Oncle Vania<\/em> en 1919, et c&rsquo;est surtout apr\u00e8s la Seconde guerre mondiale que les pi\u00e8ces de Tchekhov commencent \u00e0 rencontrer le succ\u00e8s.<\/p>\n<hr \/>\n<p>Par go\u00fbt du d\u00e9paysement et pour soigner une toux persistante, Anton Tchekhov effectue quatre voyages en Europe, et \u00e0 chaque reprise il fait \u00e9tape \u00e0 Nice.<\/p>\n<p>Son s\u00e9jour \u00e0 Nice d&rsquo;avril 1891 ne dure que quelques jours, celui d&rsquo;octobre 1894 une petite semaine \u00e0 l&rsquo;h\u00f4tel Beau Rivage, aujourd&rsquo;hui 107 quai des Etats-Unis (plaque). <\/p>\n<p>Apr\u00e8s Biarritz, trop venteux et pluvieux pour lui, le voici de nouveau \u00e0 Nice entre octobre 1897 et avril 1898 \u00e0 l&#8217;h\u00f4tel \u00ab\u00a0Oasis\u00a0\u00bb, 23, rue Gounod (plaque). Cet h\u00f4tel, appel\u00e9 alors la Pension russe, existe toujours.  Les chambres n&rsquo;y sont pas tr\u00e8s ch\u00e8res et l&rsquo;h\u00f4tel est une petite colonie russe&#8230; qui accueille plusieurs tuberculeux, comme Tchekhov lui-m\u00eame.<\/p>\n<p>Il pratique un peu le fran\u00e7ais, appr\u00e9cie Voltaire et Maupassant et beaucoup moins Zola. Mais l&rsquo;affaire Dreyfus le range du c\u00f4t\u00e9 du p\u00e8re des <em>Rougon-Macquart<\/em>. Tchekhov tente sans grand succ\u00e8s de rallier \u00e0 sa conviction son ami et \u00e9diteur Souvarine, qui combat Dreyfus dans sa revue <em>Temps nouveaux<\/em>. L&rsquo;Affaire &#8211; qui, comme pour de nombreux autres, entachera leur profonde amiti\u00e9 &#8211; lui sugg\u00e8re de longues lettres.<\/p>\n<p>L&rsquo;\u00e9crivain a h\u00e2te de voir le printemps \u00e0 Melikhovo mais doit attendre la fonte des neiges pour retourner en Russie. Il n&rsquo;a pas tr\u00e8s envie d&rsquo;\u00e9crire. La pluie qui le bloque \u00e0 la pension lui permet cependant de composer <em>Le Petch\u00e9n\u00e8gue, De retour, En Chariot<\/em>.<br \/>\n<br \/>Il aimerait bien gagner \u00e0 la roulette pour pouvoir se passer d&rsquo;\u00e9crire. Il ach\u00e8te une roulette avec son ami Potapenko venu le rejoindre, et tous deux \u00e9tudient son fonctionnement. Lorsqu&rsquo;ils tentent leur chance au casino de Monte-Carlo, Potapenko perd tout.<\/p>\n<p>Tchekhov quitte Nice le 14 avril 1898.<\/p>\n<p>C&rsquo;est \u00e0 la pension russe qu&rsquo;il revient le 27 d\u00e9cembre 1900 pour y travailler aux deux derniers actes des <em>Trois s&#339;urs<\/em>. Les deux premiers sont d\u00e9j\u00e0 en r\u00e9p\u00e9tition \u00e0 Moscou avec la com\u00e9dienne Olga Knipper, que Tchekhov \u00e9pouse en 1901.<br \/>\n<br \/>Comme en avril 1898, il se rend \u00e0 Monte Carlo pour jouer au casino, mais avec moins d&rsquo;int\u00e9r\u00eat. Il quitte Nice fin janvier 1901.<\/p>\n<p>Pendant ses s\u00e9jours \u00e0 Nice, sa s&#339;ur Macha veille sur la maison familiale de Melikhovo, au sud de Moscou.<br \/>\n<br \/>Souffrant de plus en plus de la tuberculose, il vend Melikhovo en ao\u00fbt 1899 pour s&rsquo;installer \u00e0 Yalta, qu&rsquo;il appelle \u00ab\u00a0l&rsquo;\u00eele du diable\u00a0\u00bb car il n&rsquo;y a pas de th\u00e9\u00e2tre.<\/p>\n<p>Sources :<br \/>\n&#8211; Christian Arthaud, Eric L. Paul, <em>La C\u00f4te d&rsquo;Azur des \u00e9crivains<\/em>, Edisud, Aix-en-Provence, 1999.<br \/>\n&#8211; <a href=\"http:\/\/www.russie.net\/article.php3?id_article=823\">www.russie.net\/article.php3?id_article=823<\/a>,<br \/>\n&#8211; pr\u00e9face de Roger Grenier au <em>Th\u00e9\u00e2tre complet I<\/em>, Folio n\u00b0393,<br \/>\n&#8211; article <em>Tchekhov \u00e0 la pension russe de Nice<\/em>, de Virgil Tanase, dans le Figaro du 4\/3\/2008. En ligne sur www.lefigaro.fr\/voyages\/2008\/03\/04\/03007-20080304ARTFIG00373-tchekhov-a-la-pension-russe-de-nice.php.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00ab~Pour qui est-ce que j&rsquo;\u00e9cris ? Pour le public ? 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