{"id":707,"date":"2007-02-17T15:39:34","date_gmt":"2007-02-17T14:39:34","guid":{"rendered":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2007\/02\/17\/nietzsche-a-nice\/"},"modified":"2007-02-17T15:39:34","modified_gmt":"2007-02-17T14:39:34","slug":"nietzsche-a-nice","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2007\/02\/17\/nietzsche-a-nice\/","title":{"rendered":"Nietzsche \u00e0 Nice"},"content":{"rendered":"<p>\u00ab~<em>[&#8230;] cette magnifique pl\u00e9nitude de lumi\u00e8re a sur moi, mortel<\/em> tr\u00e8s supplici\u00e9 <em>(et si souvent d\u00e9sireux de mourir) une action quasi miraculeuse. [&#8230;] La partie<\/em> fran\u00e7aise <em>de Nice m&rsquo;est insupportable et forme presque une tache dans cette splendeur m\u00e9ridionale ; mais il y, en outre, une ville italienne &#8211; c&rsquo;est l\u00e0, dans les quartiers les plus anciens, que j&rsquo;ai lou\u00e9, et lorsqu&rsquo;on est oblig\u00e9 de parler, c&rsquo;est en <\/em>italien<em> : on y est comme dans une banlieue de G\u00eanes.<\/em>~\u00bb<br \/>\n<br \/>Lettre \u00e0 Peter Gast, 4 d\u00e9cembre 1883.<\/p>\n<p>\u00ab~<em>Et ces couleurs de Nice ! C&rsquo;est dommage que je ne puisse les d\u00e9tacher et te les envoyer [&#8230;].<\/em>~\u00bb<br \/>\n<br \/>Nietzsche \u00e0 sa soeur.<\/p>\n<figure id=\"attachment_2102\" aria-describedby=\"caption-attachment-2102\" style=\"width: 450px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" class=\" aligncenter size-full wp-image-2102\" src=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2007\/02\/jpg_nietzschedef.jpg\" alt=\"A droite, le 38 rue S\u00e9gurane.\" title=\"A droite, le 38 rue S\u00e9gurane.\" class=\"caption\" align=\"center\" width=\"450\" height=\"350\" srcset=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2007\/02\/jpg_nietzschedef.jpg 450w, https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2007\/02\/jpg_nietzschedef-300x233.jpg 300w\" sizes=\"(max-width: 450px) 94vw, 450px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-2102\" class=\"wp-caption-text\">A droite, le 38 rue S\u00e9gurane.<\/figcaption><\/figure>\n<p>Nietzsche a besoin d&rsquo;un paysage pour penser, et ce paysage, il le trouve \u00e0 Nice et dans ses environs, o\u00f9 il passe les hivers 1883 \u00e0 1887.<br \/>\n<br \/>La r\u00e9gion lui offre non seulement lumi\u00e8re, soleil et chaleur, mais aussi cosmopolitisme, innocence et libert\u00e9. La ville baigne \u00e0 ses yeux dans la philosophie grecque. Il y sent quelque chose de \u00ab~<em>vainqueur et de sureurop\u00e9en<\/em>~\u00bb[[Lettre \u00e0 Peter Gast, 1885.]]. Il se consid\u00e8re m\u00e9diterran\u00e9en plus qu&rsquo;allemand. Tout cela contribue \u00e0 alimenter son oeuvre en \u00e9nergie vitale. Bref, pour lui, Nice, c&rsquo;est l&rsquo;\u00e9tat de gr\u00e2ce, entrecoup\u00e9 d&rsquo;exc\u00e8s de solitude.<\/p>\n<p>Il y s\u00e9journe \u00e0 cinq reprises.<\/p>\n<p>Une chambre du 38 rue S\u00e9gurane (plaque) l&rsquo;accueille d\u00e9but d\u00e9cembre 1883. Puis il s&rsquo;installe villa Mazzoleni, puis pension de Gen\u00e8ve, dans la petite rue Saint-Etienne (aujourd&rsquo;hui rue Rossini). Il traverse une crise de solitude apr\u00e8s son \u00e9chec avec Lou-Andrea Salome, son \u00e9loignement d&rsquo;avec Wagner et la mauvaise r\u00e9ception par le public de ses ouvrages. Il lit revues et journaux fran\u00e7ais et travaille \u00e0 <em>Zarathoustra<\/em>. Ses promenades de six \u00e0 huit heures par jour le m\u00e8nent sur la presqu&rsquo;\u00eele de Saint-Jean, au Mont-Boron et sur le chemin qui conduit \u00e0 Eze, devenu depuis \u00ab\u00a0le sentier de Nietzsche\u00a0\u00bb. Il explique en particulier dans <em>Ecce homo<\/em> que le chapitre <em>Des vieilles et des nouvelles Tables<\/em> a \u00e9t\u00e9 compos\u00e9e lors d&rsquo;\u00ab~<em>une mont\u00e9e des plus p\u00e9nibles de la gare au merveilleux village maure Eze, b\u00e2ti au milieu des rochers<\/em>~\u00bb, et que plus la puissance cr\u00e9atrice est forte chez lui, plus ses muscles sont agiles.<br \/>\n<br \/>Ce premier s\u00e9jour s&rsquo;ach\u00e8ve fin avril 1884. <\/p>\n<p>Le second se d\u00e9roule entre d\u00e9but d\u00e9cembre 1884 et d\u00e9but avril 1885. Le voici de nouveau \u00e0 la pension de Gen\u00e8ve o\u00f9 il ach\u00e8ve <em>Zarathoustra<\/em> en f\u00e9vrier-mars. Il fait \u00e9diter cette derni\u00e8re partie \u00e0 compte d&rsquo;auteur&#8230; quarante exemplaires seulement !<\/p>\n<p>Son troisi\u00e8me s\u00e9jour d\u00e9bute \u00e0 la pension de Gen\u00e8ve mi-novembre 1885. Il la quitte le 26 pour le 26 rue Fran\u00e7ois de Paule, apr\u00e8s qu&rsquo;un pensionnaire l&rsquo;a involontairement humili\u00e9 en lui proposant de l&rsquo;aider \u00e0 couper sa viande ! S&rsquo;\u00e9tant ainsi rapproch\u00e9 de l&rsquo;op\u00e9ra municipal (o\u00f9 il assiste pour la vingti\u00e8me fois \u00e0 une repr\u00e9sentation de <em>Carmen<\/em>), il s&rsquo;immerge dans la vie musicale ni\u00e7oise. Sa fen\u00eatre donne sur le square des Phoc\u00e9ens (actuels jardins Albert-1er).<br \/>\n<br \/>Il ach\u00e8ve alors l&rsquo;\u00e9criture de <em>Par-del\u00e0 le bien et le mal<\/em>. Il appr\u00e9cie la solitude et souffre en m\u00eame temps de ne parvenir \u00e0 rassembler autour de lui un petit c\u00e9nacle d&rsquo;esprits \u00e9clair\u00e9s. <\/p>\n<p>\u00ab~<em>Je veux fonder une nouvelle classe : un ordre d&#8217;\u00eatres sup\u00e9rieurs aupr\u00e8s desquels les esprits et les consciences en d\u00e9tresse puissent venir prendre conseil ; des \u00eatres qui, comme moi, sachent non seulement vivre par-del\u00e0 les dogmes politiques et religieux, mais qui aient \u00e9galement d\u00e9pass\u00e9 la morale<\/em>~\u00bb, \u00e9crit-il[[<em>Fragments Posthumes<\/em>, tome X, p. 219. Et\u00e9-automne 1884.]].<\/p>\n<p>Son quatri\u00e8me s\u00e9jour s&rsquo;\u00e9tend de fin octobre 1886 \u00e0 d\u00e9but avril 1887, d&rsquo;abord \u00e0 la pension de Gen\u00e8ve puis au 1er \u00e9tage du 29 rue des Ponchettes \u00e0 partir de janvier. Il s&rsquo;offre enfin un po\u00eale \u00e0 bois et travaille sur le 5e livre du <em>Gai savoir<\/em>.<br \/>\n<br \/>Il garde tout son calme pendant le tremblement de terre qui secoue la ville le 23 f\u00e9vrier.<\/p>\n<p>Son dernier hiver \u00e0 Nice a lieu d&rsquo;octobre 1887 \u00e0 d\u00e9but avril 1888, dans la pension de Gen\u00e8ve que sa v\u00e9tust\u00e9 conduit bient\u00f4t \u00e0 sa d\u00e9molition. Il lit Maupassant, Baudelaire, Bourget, les Goncourt, Taine&#8230;<\/p>\n<p>Une crise de folie le terrasse en janvier 1889 \u00e0 Turin.<\/p>\n<p>Sources :<br \/>\n&#8211; Christian Arthaud, Eric L. Paul, <em>La C\u00f4te d&#8217;Azur des \u00e9crivains<\/em>, Edisud, Aix-en-Provence, 1999,<br \/>\n&#8211; www.hypernietzsche.org\/nnc\/more\/kassile.html.<\/p>\n<p>Autre ressource bibliographique :<br \/>\n&#8211; <em>Nietzsche \u00e0 Nice<\/em>, Maurice Mignon, Nice, Impr. Meyerbeer, 1960.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00ab~[&#8230;] cette magnifique pl\u00e9nitude de lumi\u00e8re a sur moi, mortel tr\u00e8s supplici\u00e9 (et si souvent d\u00e9sireux de mourir) [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":2102,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[2],"tags":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/707"}],"collection":[{"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=707"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/707\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/2102"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=707"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=707"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=707"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}