{"id":727,"date":"2007-06-08T22:47:24","date_gmt":"2007-06-08T20:47:24","guid":{"rendered":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2007\/06\/08\/theophraste-renaudot-a-loudun-et-paris\/"},"modified":"2007-06-08T22:47:24","modified_gmt":"2007-06-08T20:47:24","slug":"theophraste-renaudot-a-loudun-et-paris","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2007\/06\/08\/theophraste-renaudot-a-loudun-et-paris\/","title":{"rendered":"Th\u00e9ophraste RENAUDOT \u00e0 Loudun et Paris"},"content":{"rendered":"<figure id=\"attachment_2121\" aria-describedby=\"caption-attachment-2121\" style=\"width: 480px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" class=\" aligncenter size-full wp-image-2121\" src=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2007\/06\/jpg_renaudot1def.jpg\" alt=\"Le mus\u00e9e Renaudot \u00e0 Loudun\" title=\"Le mus\u00e9e Renaudot \u00e0 Loudun\" class=\"caption\" align=\"center\" width=\"480\" height=\"360\" srcset=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2007\/06\/jpg_renaudot1def.jpg 480w, https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2007\/06\/jpg_renaudot1def-300x225.jpg 300w\" sizes=\"(max-width: 480px) 94vw, 480px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-2121\" class=\"wp-caption-text\">Le mus\u00e9e Renaudot \u00e0 Loudun<\/figcaption><\/figure>\n<p>Th\u00e9ophraste Renaudot n&rsquo;est pas avant tout un \u00e9crivain, bien qu&rsquo;il ait laiss\u00e9 son nom \u00e0 un grand prix litt\u00e9raire. Th\u00e9ophraste, c&rsquo;est un peu le Marcel Dassault ou le Jean-Luc Lagard\u00e8re (son \u00e9l\u00e8ve) de Louis XIII&#8230; \u00e0 quelques diff\u00e9rences pr\u00e8s, bien s\u00fbr.<\/p>\n<p>Il s&rsquo;appuie sur Richelieu et Louis XIII comme eux ont besoin de lui. Orphelin, protestant, m\u00e9decin, il participe \u00e0 la naissance de la presse moderne avec la cr\u00e9ation du journal <em>La Gazette<\/em> en 1631, organe de propagande officielle, et met son intelligence et son opportunisme au service des pauvres en ouvrant des consultations m\u00e9dicales gratuites et un service de l&#8217;emploi avant l&rsquo;heure.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" class=\" aligncenter size-full wp-image-2122\" src=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2007\/06\/jpg_renaudot2def.jpg\" alt=\"renaudot2def.jpg\" align=\"center\" width=\"370\" height=\"440\" srcset=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2007\/06\/jpg_renaudot2def.jpg 370w, https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2007\/06\/jpg_renaudot2def-252x300.jpg 252w\" sizes=\"(max-width: 370px) 94vw, 370px\" \/><\/p>\n<p>Il se marie et s&rsquo;installe en 1609 \u00e0 Loudun, la ville qui l&rsquo;a vu na\u00eetre en 1586 dans ce qui est aujourd&rsquo;hui le mus\u00e9e Renaudot[[Richelieu passe son enfance non loin \u00e0&#8230; Richelieu, magnifique gros bourg dont le ch\u00e2teau, \u00e9difi\u00e9 par le cardinal, a malheureusement disparu. Le ch\u00e2teau, abandonn\u00e9 apr\u00e8s la r\u00e9volution, est d\u00e9moli en 1835. C&rsquo;\u00e9tait le plus grand de France construit avant Versailles et il abritait les oeuvres d&rsquo;art du cardinal. Contact : 02 47 58 10 09, <a href=\"http:\/\/www.monuments-touraine.fr\/page.php?id_noeud=108\">www.monuments-touraine.fr\/page.php?id_noeud=108<\/a>.]] et qu&rsquo;il a quitt\u00e9e en 1602 pour suivre des \u00e9tudes de m\u00e9decine \u00e0 Paris puis \u00e0 l&#8217;universit\u00e9 de Montpellier, davantage \u00e0 l&rsquo;avant-garde du progr\u00e8s m\u00e9dical.<\/p>\n<p>Le pr\u00e9dicateur franciscain Fran\u00e7ois Leclerc du Tremblay (dit le \u00ab\u00a0p\u00e8re Joseph\u00a0\u00bb, fameuse \u00ab\u00a0\u00e9minence grise\u00a0\u00bb de Richelieu) remarque son trait\u00e9 <em>Sur la condition des pauvres du royaume<\/em>, r\u00e9dig\u00e9 en 1610 et dans lequel Renaudot propose du travail pour tous et souhaite que les pauvres valides soient employ\u00e9s \u00e0 l&rsquo;entretien des rues. Cela lui vaut de devenir \u00ab\u00a0m\u00e9decin ordinaire\u00a0\u00bb de Louis XIII en 1612, et \u00ab\u00a0commissaire g\u00e9n\u00e9ral des pauvres du royaume\u00a0\u00bb en 1618.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" class=\" alignright size-full wp-image-1686\" src=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2005\/06\/jpg_gazette.jpg\" alt=\"gazette.jpg\" align=\"right\" width=\"264\" height=\"209\" \/>Richelieu, encore simple \u00e9v\u00eaque, vit dans son prieur\u00e9 de Coussay \u00e0 quatre lieues de Loudun lorsqu&#8217;il fait la connaissance de Renaudot. Richelieu entre dans le Conseil du roi en 1624. Il demande l&rsquo;ann\u00e9e suivante \u00e0 Renaudot de quitter Loudun pour Paris, afin d&rsquo;y pr\u00e9parer l&rsquo;ouverture d&rsquo;un \u00ab\u00a0bureau d&rsquo;adresses\u00a0\u00bb. Renaudot se convertit au catholicisme en 1628. Le bureau d&rsquo;adresses voit le jour en 1630 dans la maison du Grand coq, entre la rue de la Calandre d&rsquo;alors et le quai du March\u00e9 neuf (une grande plaque 8 quai du March\u00e9-neuf en garde aujourd&rsquo;hui le souvenir).<br \/>\n<br \/>C&rsquo;est l&rsquo;anc\u00eatre de l&rsquo;ANPE. Employeurs et employ\u00e9s viennent s&rsquo;y mettre en rapport. Richelieu pense que cela peut d\u00e9tourner un peu le peuple de mauvaises intentions.<br \/>\n<br \/>Renaudot fait imprimer les annonces sur des affichettes&#8230; et les gens trouvent du travail ! Les pauvres de Paris seront m\u00eame oblig\u00e9s dans les ann\u00e9es 1630, par ordonnance de police, de s&rsquo;inscrire au bureau d&rsquo;adresse de Renaudot.<\/p>\n<p>C&rsquo;est \u00e9galement dans la maison du Grand coq qu&rsquo;est publi\u00e9e <em>La Gazette<\/em> \u00e0 partir de 1631, diffusant des nouvelles (officielles) du royaume et les annonces des uns et des autres. Il avait d\u00e9couvert lors d&rsquo;un voyage en Italie les feuillets d&rsquo;annonces vendus pour la somme d&rsquo;une \u00ab\u00a0gazetta\u00a0\u00bb, la monnaie locale[[<em>La Gazette<\/em> parviendra peu \u00e0 peu \u00e0 constituer un r\u00e9seau de correspondants \u00e0 travers le monde. Elle perdure sous le nom de <em>Gazette de France<\/em> jusqu&rsquo;en 1915. Les premiers ouvrages d&rsquo;information \u00e9taient les almanachs, n\u00e9s \u00e0 la fin du XVe si\u00e8cle. <em>Le Mercure fran\u00e7ais<\/em> para\u00eet depuis 1605 &#8211; Fran\u00e7ois Leclerc du Tremblay le dirige entre 1624 et 1638. Mais lorsque Renaudot obtient un privil\u00e8ge royal et exclusif pour <em>La Gazette<\/em>, il donne naissance \u00e0 la presse hebdomadaire. En r\u00e9alit\u00e9,  les libraires protestants Vendosme et Martin d\u00e9marrent au m\u00eame moment la publication r\u00e9guli\u00e8res des <em>Nouvelles ordinaires de divers endroits<\/em>&#8230; que Renaudot fait interdire. Il cr\u00e9e aussi un mensuel en 1632, les <em>Relations des Nouvelles du Monde<\/em>, et succ\u00e8de au p\u00e8re Joseph \u00e0 la direction du <em>Mercure fran\u00e7ais<\/em> de 1638 \u00e0 1644.]].<br \/>\n<figure id=\"attachment_2123\" aria-describedby=\"caption-attachment-2123\" style=\"width: 500px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" class=\" aligncenter size-full wp-image-2123\" src=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2007\/06\/jpg_ruecalandre.jpg\" alt=\"La rue de la Calandre (plan du d\u00e9but XVIIIe si\u00e8cle)\" title=\"La rue de la Calandre (plan du d\u00e9but XVIIIe si\u00e8cle)\" class=\"caption\" align=\"center\" width=\"500\" height=\"485\" srcset=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2007\/06\/jpg_ruecalandre.jpg 500w, https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2007\/06\/jpg_ruecalandre-300x291.jpg 300w\" sizes=\"(max-width: 500px) 94vw, 500px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-2123\" class=\"wp-caption-text\">La rue de la Calandre (plan du d\u00e9but XVIIIe si\u00e8cle)<\/figcaption><\/figure><\/p>\n<p>Puis des conf\u00e9rences publiques y sont bient\u00f4t donn\u00e9es sur les th\u00e8mes les plus vari\u00e9s. Et \u00e0 partir de 1640, des consultations m\u00e9dicales gratuites y sont propos\u00e9es par plusieurs m\u00e9decins, au grand m\u00e9contentement de la Facult\u00e9 de Paris.<\/p>\n<p>Toutes ces actions sont bien s\u00fbr soutenues par le cardinal. Donner au peuple pour mieux le contr\u00f4ler&#8230;<\/p>\n<p>Il ouvre un autre bureau d&rsquo;adresses au Louvre au d\u00e9but des ann\u00e9es 1640. La facult\u00e9 de m\u00e9decine de Paris le regarde tout de m\u00eame d&rsquo;un mauvais oeil car il fait parfois appel \u00e0 des m\u00e9decins de Montpellier et le roi l&rsquo;a autoris\u00e9 en 1640 \u00e0 ouvrir un laboratoire pour concevoir des pr\u00e9parations m\u00e9dicamenteuses.<\/p>\n<p>Jamais \u00e0 court d&rsquo;id\u00e9e, Renaudot importe de Rome un autre concept : celui du Mont-de-pi\u00e9t\u00e9, qui permet aux personnes dans le besoin d&rsquo;obtenir un pr\u00eat en laissant un objet en gage. Il veut ainsi diminuer la pratique de l&rsquo;usure. <\/p>\n<p>La mort de Louis XIII en d\u00e9cembre 1642 et celle de Richelieu quelques mois plus tard lui \u00f4tent ses pr\u00e9cieux soutiens. Ses consultations m\u00e9dicales et ses conf\u00e9rences sont bient\u00f4t interdites par le Parlement. Mazarin permet cependant \u00e0 <em>La Gazette<\/em> de continuer de para\u00eetre, mais moins r\u00e9guli\u00e8rement. D&rsquo;autres journaux commencent \u00e0 voir le jour en province.<\/p>\n<p>Renaudot est nomm\u00e9 historiographe du Roi en 1645.  <\/p>\n<p>Le bureau d&rsquo;adresses ferme en 1646. Renaudot se retire rue Saint-Honor\u00e9, restant discret pendant la Fronde entre 1648 et 1653. Lorsque la famille royale part se prot\u00e9ger \u00e0 Saint-Germain-en-Laye, il l&rsquo;accompagne et dirige l&rsquo;imprimerie install\u00e9e \u00e0 l&rsquo;Orangerie du ch\u00e2teau. Il est de retour \u00e0 Paris en 1649.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s sa mort en 1653 au Louvre o\u00f9 il habite, son fils a\u00een\u00e9 poursuit la publication de <em>La Gazette<\/em>, sans emp\u00eacher la naissance d&#8217;autres journaux.<\/p>\n<p>A voir :<br \/>\n&#8211; le mus\u00e9e Th\u00e9ophraste Renaudot, 2 Petite rue du jeu de paume, 86200 Loudun (05 49 98 27 33, musee.renaudot@wanadoo.fr, <a href=\"http:\/\/www.museerenaudot.com\">www.museerenaudot.com<\/a>).<\/p>\n<p>Sources :<br \/>\n&#8211; http:\/\/www.md.ucl.ac.be\/loumed\/V124\/364-374.pdf<br \/>\n&#8211; http:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Th\u00e9ophraste_Renaudot<br \/>\n&#8211; <a href=\"http:\/\/www.medarus.org\/Medecins\/MedecinsTextes\/renaudot.html\">www.medarus.org\/Medecins\/MedecinsTextes\/renaudot.html<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Th\u00e9ophraste Renaudot n&rsquo;est pas avant tout un \u00e9crivain, bien qu&rsquo;il ait laiss\u00e9 son nom \u00e0 un grand prix [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":2121,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[2],"tags":[46],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/727"}],"collection":[{"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=727"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/727\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/2121"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=727"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=727"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=727"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}