{"id":730,"date":"2007-05-04T21:43:16","date_gmt":"2007-05-04T19:43:16","guid":{"rendered":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2007\/05\/04\/alexandre-dumas-et-montsoreau\/"},"modified":"2022-08-04T18:13:11","modified_gmt":"2022-08-04T16:13:11","slug":"alexandre-dumas-et-montsoreau","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2007\/05\/04\/alexandre-dumas-et-montsoreau\/","title":{"rendered":"Alexandre DUMAS et Montsoreau"},"content":{"rendered":"<p><img loading=\"lazy\" class=\" aligncenter size-full wp-image-2124\" src=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2007\/05\/jpg_montsoreau1def.jpg\" alt=\"montsoreau1def.jpg\" width=\"500\" height=\"360\" align=\"middle\" srcset=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2007\/05\/jpg_montsoreau1def.jpg 500w, https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2007\/05\/jpg_montsoreau1def-300x216.jpg 300w\" sizes=\"(max-width: 500px) 94vw, 500px\" \/> Montsoreau et son ch\u00e2teau &#8211; dont la Loire baignait jadis les pieds &#8211; valent le d\u00e9tour. Non seulement pour la beaut\u00e9 des lieux (on d\u00e9couvre du haut des remparts l\u2019Anjou, la Touraine et le Poitou), mais aussi parce qu&rsquo;Alexandre Dumas s&rsquo;est inspir\u00e9 de ceux-ci et de leurs habitants pour \u00e9crire <em>La Dame de Monsoreau<\/em> (en laissant le t aux oubliettes).<\/p>\n<p>Une mise en sc\u00e8ne originale pr\u00e9sent\u00e9e dans une des pi\u00e8ces du ch\u00e2teau remet \u00e0 ce sujet les pendules \u00e0 l&rsquo;heure : Fran\u00e7oise de Maridor, Louis de Bussy et le comte de Montsoreau s&rsquo;expliquent \u00e0 travers les si\u00e8cles avec Dumas, le for\u00e7ant \u00e0 admettre les \u00e9carts qu&rsquo;il s&rsquo;est permis avec la v\u00e9rit\u00e9 historique.<\/p>\n<p>Car dans ce roman, \u00e9crit au jour le jour, souvent dans la plus grande pr\u00e9cipitation, par Dumas et Auguste Maquet (1) qui n&rsquo;ont gu\u00e8re le temps de se consacrer \u00e0 des recherches historiques, la fiction s&rsquo;\u00e9loigne fortement des faits : l&rsquo;espace de dix ans est resserr\u00e9 en une ann\u00e9e, les caract\u00e8res des personnages sont d\u00e9form\u00e9s et l&rsquo;arri\u00e8re-plan historique s&rsquo;efface en grande partie devant les intrigues et les querelles domestiques. Dumas et Maquet n&rsquo;h\u00e9sitent pas \u00e0 r\u00e9utiliser des sc\u00e8nes d\u00e9j\u00e0 vues dans <em>La Reine Margot<\/em> et dans <em>Henri III et sa cour<\/em>.<\/p>\n<p>L&rsquo;action de <em>La Reine Margot<\/em> s&rsquo;\u00e9tend entre 1572 et 1574, ann\u00e9e de la mort de son fr\u00e8re, le roi Charles IX. L&rsquo;action de <em>La Dame de Monsoreau<\/em> se d\u00e9roule de f\u00e9vrier \u00e0 juin 1578.<\/p>\n<p>La mort de Charles IX a relanc\u00e9 les antagonismes entre catholiques et protestants, malgr\u00e9 la volont\u00e9 d&rsquo;apaisement de Catherine de M\u00e9dicis et de son fils Henri III (fr\u00e8re de Charles IX). \u00c0 la t\u00eate des protestants : Henri de Cond\u00e9. Face \u00e0 eux, les catholiques fanatiques men\u00e9s par les Guise. Au milieu, le parti des Politiques, conduit par Fran\u00e7ois d&rsquo;Alen\u00e7on qui, au lieu de jouer les mod\u00e9rateurs, oppose les uns aux autres et conspire contre Henri III, son fr\u00e8re.<\/p>\n<p>1572 avait \u00e9t\u00e9 marqu\u00e9e par le mariage de Margot avec Henri de Navarre, futur Henri IV, par la Saint-Barth\u00e9l\u00e9my et l&rsquo;interdiction du culte protestant qui avait suivi. Les hostilit\u00e9s reprennent en 1574 avec l&rsquo;initiative d&rsquo;Henri de Montmorency, comte de Damville et chef militaire du parti des Politiques, qui s&rsquo;allie \u00e0 Cond\u00e9 pour restaurer la libert\u00e9 religieuse dans le midi de la France, et prendre des mesures politiques qui menacent le pouvoir royal. Fran\u00e7ois d&rsquo;Alen\u00e7on se rebelle ouvertement contre le roi en 1575. Catherine de M\u00e9dicis obtient un apaisement temporaire en 1576 avec la \u00ab\u00a0paix de Monsieur\u00a0\u00bb et l&rsquo;\u00e9dit de Beaulieu (2), qui restaure en partie la libert\u00e9 religieuse. En r\u00e9action, la Ligue des catholiques se constitue en Picardie aux c\u00f4t\u00e9s d&rsquo;Henri de Guise pour combattre \u00e0 la fois le pouvoir royal et les protestants. Henri III d\u00e9cide fin 1576 de s&rsquo;allier \u00e0 la Ligue. Il r\u00e9voque l&rsquo;\u00e9dit de Beaulieu. Le duc d&rsquo;Anjou se r\u00e9concilie avec son fr\u00e8re le roi et prend la t\u00eate des arm\u00e9es pour massacrer les protestants. Les efforts cumul\u00e9s de Catherine de M\u00e9dicis, d&rsquo;Henri III et d&rsquo;Henri de Navarre conduisent en 1577 \u00e0 la \u00ab\u00a0paix du roi\u00a0\u00bb. L&rsquo;\u00e9dit de Poitiers r\u00e9tablit la libert\u00e9 religieuse en limitant les lieux de culte des R\u00e9form\u00e9s.<\/p>\n<p>La p\u00e9riode troubl\u00e9e de 1575-1578 est le cadre de <em>La Dame de Monsoreau<\/em> (3). Bussy d&rsquo;Amboise, favori du duc d&rsquo;Anjou, joue les fortes t\u00eates au Louvre et provoque des favoris du roi, qui prend fait et cause pour eux. Le duc d&rsquo;Anjou, perdant la face, s&rsquo;\u00e9chappe du Louvre en f\u00e9vrier 1578 (par la fen\u00eatre de sa s\u0153ur Margot, comme Dumas le raconte dans <em>La Dame de Monsoreau<\/em> !). Il rejoint Angers avec Bussy. La suite est cont\u00e9e (et d\u00e9form\u00e9e) dans le roman de Dumas, juqu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;assassinat de Bussy \u00e0 la Coutanci\u00e8re \u00e0 Brain-sur-allonnes, dans un ch\u00e2teau d\u00e9truit depuis.<\/p>\n<p>Fran\u00e7oise de Maridor (4), appel\u00e9e Diane de M\u00e9ridor par le romancier, \u00e9pouse en 1575 le comte de Montsoreau. Bussy, gouverneur de l&rsquo;Anjou depuis 1576, lui fait la cour avec plus ou moins de succ\u00e8s. Le duc d&rsquo;Anjou a acc\u00e8s \u00e0 une lettre \u00e9crite par Bussy \u00e0 un ami, dans laquelle il dit \u00ab\u00a0tenir dans ses filets\u00a0\u00bb la comtesse de Montsoreau. Le duc saisit l&rsquo;occasion de se d\u00e9barrasser d&rsquo;un favori encombrant et pr\u00e9vient le roi pour lui faire preuve de loyaut\u00e9. Henri III pr\u00e9vient le comte, alors \u00e0 la cour. Ce dernier force sa femme \u00e0 donner rendez-vous \u00e0 Bussy en ao\u00fbt 1579 \u00e0 la Coutanci\u00e8re, autre r\u00e9sidence des Montsoreau. Dix hommes l&rsquo;y attendent et l&rsquo;assassinent.<\/p>\n<p><em>Notes :<\/em><br \/>\n(1) : Promis comme une suite \u00e0 <em>La Reine Margot<\/em>, il en oublie en route les principaux personnages. Il est publi\u00e9 en feuilleton dans <em>Le Constitutionnel<\/em> entre ao\u00fbt 1845 et f\u00e9vrier 1846. Le roman devient pi\u00e8ce de th\u00e9\u00e2tre, jou\u00e9e avec succ\u00e8s \u00e0 l&rsquo;Ambigu comique en 1860, reprise au th\u00e9\u00e2tre de la Porte-Saint-Martin en 1868, etc.<br \/>\n(2) : Fran\u00e7ois d&rsquo;Alen\u00e7on devient alors duc d&rsquo;Anjou.<br \/>\n(3) : Durant les guerres de religion, Montsoreau est un fief \u00ab papiste \u00bb face \u00e0 Saumur la protestante.<br \/>\n(4) : N\u00e9e vers 1555 au ch\u00e2teau de la Freslonni\u00e8re &#8211; 72290 Soulign\u00e9 sous Ballon.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" class=\" aligncenter size-full wp-image-2125\" src=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2007\/05\/jpg_montsoreau2def.jpg\" alt=\"montsoreau2def.jpg\" width=\"370\" height=\"460\" align=\"middle\" srcset=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2007\/05\/jpg_montsoreau2def.jpg 370w, https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2007\/05\/jpg_montsoreau2def-241x300.jpg 241w\" sizes=\"(max-width: 370px) 94vw, 370px\" \/><\/p>\n<p>Sources :<br \/>\n&#8211; Introduction de Jacques Bony \u00e0 <em>La Dame de Monsoreau<\/em>, Garnier-Flammarion n\u00b0850,<br \/>\n&#8211; <em>Le Ch\u00e2teau de Montsoreau<\/em>, par Francine Thieffry de Witte, \u00e9ditions Ouest-France, 2002, 32 pages,<\/p>\n<p>Ch\u00e2teau de Montsoreau,<br \/>\nPassage du Marquis de Geoffre &#8211; B.P. 19,<br \/>\n49730 MONTSOREAU \u2013 France,<br \/>\nT\u00e9l. : 02.41.67.12.60\/ Fax : 02.41.67.21.68,<br \/>\nInternet : www.chateau-montsoreau.com \/Email : chateau-montsoreau@wanadoo.fr<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Montsoreau et son ch\u00e2teau &#8211; dont la Loire baignait jadis les pieds &#8211; valent le d\u00e9tour. 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