{"id":735,"date":"2007-05-13T11:06:04","date_gmt":"2007-05-13T09:06:04","guid":{"rendered":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2007\/05\/13\/le-congres-des-ecrivains-de-juin-1935-2\/"},"modified":"2023-07-17T23:24:13","modified_gmt":"2023-07-17T21:24:13","slug":"le-congres-des-ecrivains-de-juin-1935-2","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2007\/05\/13\/le-congres-des-ecrivains-de-juin-1935-2\/","title":{"rendered":"Le congr\u00e8s des \u00e9crivains de juin 1935 (balade autour du boulevard Saint-Germain)"},"content":{"rendered":"<p>Chez Daniel Hal\u00e9vy, Chamson, <a href=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2003\/08\/28\/andre-malraux\/\">Malraux<\/a>, Gide, <a href=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2003\/08\/28\/roger-martin-du-gard-a-paris-menton-le-tertre-nice\/\">Roger Martin du Gard<\/a>, de m\u00eame que chez Jean Schlumberger rue d\u2019Assas, Groethuysen rue Campagne-Premi\u00e8re ou Ehrenbourg rue du Cotentin, on tient salon litt\u00e9raire et\/ou politique. L\u2019effervescence de l\u2019\u00e9poque suscite la renaissance de ces lieux priv\u00e9s o\u00f9 l\u2019on se retrouve par affinit\u00e9 (sur la Rive gauche, on penche souvent \u00e0 gauche) pour \u00e9changer des informations et \u00e9laborer des strat\u00e9gies.<\/p>\n<p>1. Le po\u00e8te philosophe Benjamin Fondane habite <strong>6 rue Rollin<\/strong> de 1932 jusqu\u2019\u00e0 sa mort au camp de Birkenau en 1944 (plaque). Il a pr\u00e9par\u00e9 un discours pour le congr\u00e8s de la Mutualit\u00e9 (\u00ab\u00a0<em>L\u2019\u00c9crivain devant la r\u00e9volution\u00a0\u00bb<\/em>), mais renonce finalement \u00e0 y participer, doutant que ce congr\u00e8s permette r\u00e9ellement \u00e0 des r\u00e9flexions non-marxistes de s\u2019exprimer. Son discours d\u00e9fend en effet un art libre et lib\u00e9rateur, d\u00e9tach\u00e9 de toute pression politique ou morale.<\/p>\n<figure id=\"attachment_2139\" aria-describedby=\"caption-attachment-2139\" style=\"width: 450px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" class=\" aligncenter size-full wp-image-2139\" title=\"6 rue Rollin.\" src=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2007\/05\/jpg_fondanedef.jpg\" alt=\"6 rue Rollin.\" width=\"450\" height=\"350\" align=\"middle\" srcset=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2007\/05\/jpg_fondanedef.jpg 450w, https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2007\/05\/jpg_fondanedef-300x233.jpg 300w\" sizes=\"(max-width: 450px) 94vw, 450px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-2139\" class=\"wp-caption-text\">6 rue Rollin.<\/figcaption><\/figure>\n<p>2. Avant d\u2019\u00eatre nomm\u00e9 conservateur du ch\u00e2teau de Versailles, Andr\u00e9 Chamson (mari de Lucie Mazauric) habite <strong>rue Thouin<\/strong>. Par Adrienne Monnier et Sylvia Beach, les Chamson sont pr\u00e9sent\u00e9s aux \u00e9crivains qui fr\u00e9quentent les librairies de la rue de l\u2019Od\u00e9on, et \u00e0 James Joyce en particulier. C\u2019est le 6 f\u00e9vrier 1934 qui fait basculer Chamson dans le camp antifasciste. N\u2019ayant pas les moyens de nourrir tous leurs invit\u00e9s, les Chamson les re\u00e7oivent apr\u00e8s d\u00eener. Roger Martin du Gard fait ici connaissance avec <a href=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2003\/08\/19\/louis-guilloux\/\">Louis Guilloux<\/a>.<\/p>\n<p>3. Au Palais de la Mutualit\u00e9, <strong>24 rue Saint-Victor<\/strong>, se tient entre le 21 et le 25 juin 1935 le Congr\u00e8s international des \u00e9crivains pour la d\u00e9fense de la culture. Le Palais accueille dans les ann\u00e9es trente de nombreux autres congr\u00e8s antifascistes. L\u2019AEAR y f\u00eate le 12 juillet 1934 la chanson fran\u00e7aise antimilitariste, avec entre autres la participation du groupe Octobre de Pr\u00e9vert et ses acolytes. Le 23 octobre 1934, un meeting y rend compte du congr\u00e8s des \u00e9crivains sovi\u00e9tiques tenu en ao\u00fbt \u00e0 Moscou. La salle est comble et la s\u00e9ance est pr\u00e9sid\u00e9e par Gide. Sont \u00e9galement l\u00e0 <a href=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2003\/08\/28\/andre-malraux\/\">Malraux<\/a>, Cassou, Fernand L\u00e9ger, Gu\u00e9henno, etc. Le 1er f\u00e9vrier 1937, <a href=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2003\/08\/28\/andre-malraux\/\">Andr\u00e9 Malraux<\/a> y harangue les foules pour d\u00e9fendre l\u2019Espagne r\u00e9publicaine. Cinq ans plus tard, un autre de genre de rassemblements s\u2019y tiendra, comme par exemple celui du 6 juin 1941 avec Jacques Doriot.<\/p>\n<figure id=\"attachment_2138\" aria-describedby=\"caption-attachment-2138\" style=\"width: 827px\" class=\"wp-caption alignleft\"><a href=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2007\/05\/jpg_PalaisMutualite-2.jpg\"><img loading=\"lazy\" class=\"wp-image-2138 size-full\" title=\"Le Palais de la Mutualit\u00e9 dans les ann\u00e9es 1930.\" src=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2007\/05\/jpg_PalaisMutualite-2.jpg\" alt=\"Le Palais de la Mutualit\u00e9 dans les ann\u00e9es 1930.\" width=\"827\" height=\"507\" align=\"left\" srcset=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2007\/05\/jpg_PalaisMutualite-2.jpg 827w, https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2007\/05\/jpg_PalaisMutualite-2-300x184.jpg 300w, https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2007\/05\/jpg_PalaisMutualite-2-768x471.jpg 768w\" sizes=\"(max-width: 739px) 94vw, (max-width: 827px) 88vw, 827px\" \/><\/a><figcaption id=\"caption-attachment-2138\" class=\"wp-caption-text\">Le Palais de la Mutualit\u00e9 dans les ann\u00e9es 1930.<\/figcaption><\/figure>\n<p>4. Dans son salon du 1er \u00e9tage de l\u2019h\u00f4tel des Br\u00e9guet, <strong>39 quai de l\u2019Horloge<\/strong>, Daniel Hal\u00e9vy re\u00e7oit jusqu\u2019au milieu des ann\u00e9es trente Chamson, <a href=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2003\/08\/28\/andre-malraux\/\">Malraux<\/a>, Guilloux, Mauriac, Grenier, Drieu La Rochelle, Gu\u00e9henno, Grenier, Julien Benda, Berl\u2026 Cet ancien ami de P\u00e9guy et ancien dreyfusard consid\u00e8re que la soci\u00e9t\u00e9 peut \u00e9voluer gr\u00e2ce \u00e0 ses \u00e9lites. En m\u00eame temps, il m\u00e9prise la politique. Il \u00e9volue vers la droite dans les ann\u00e9es trente. Entre 1940 et 1943, il \u00e9crit pour des journaux du r\u00e9gime de Vichy puis fait silence.<\/p>\n<p>5. En 1935, <a href=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2004\/05\/22\/jacques-prevert-2\/\">Pr\u00e9vert<\/a> et le groupe Octobre r\u00e9p\u00e8tent leurs spectacles dans l\u2019atelier de Jean-Louis Barrault, <strong>7 rue des Grands-Augustins<\/strong>, qui devient un an plus tard l\u2019atelier de Picasso (o\u00f9 il cr\u00e9e Guernica).<\/p>\n<p>6. Simone et <a href=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2004\/05\/22\/jacques-prevert-2\/\">Jacques Pr\u00e9vert<\/a> s\u2019installent <strong>39 rue Dauphine<\/strong> en 1931.<\/p>\n<p>7. Le 15 f\u00e9vrier 1936, la po\u00e9tesse \u00e9migr\u00e9e <a href=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2004\/07\/08\/marina-tsvetaeva\/\">Marina Tsvetaeva<\/a> participe <strong>12 rue de Buci<\/strong> \u00e0 une soir\u00e9e litt\u00e9raire donn\u00e9e au si\u00e8ge de l\u2019Union pour le Retour dans la Patrie, association pilot\u00e9e par l\u2019ambassade d\u2019URSS. Marina et son mari Serge, de russes blancs, sont devenus rouges.<\/p>\n<p>8. Dans les ann\u00e9es trente, <a href=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2004\/05\/22\/jacques-prevert-2\/\">Pr\u00e9vert<\/a> et ses amis s\u2019attablent au restaurant Ch\u00e9ramy, <strong>10 rue Jacob<\/strong>, qui leur fait cr\u00e9dit jusqu\u2019\u00e0 ce que l\u2019ardoise soit pleine.<\/p>\n<p>9. Au 3e \u00e9tage du <strong>27 rue Jacob<\/strong> \u2013 aujourd\u2019hui si\u00e8ge des \u00e9ditions du Seuil \u2013 rena\u00eet <em>Esprit<\/em> en d\u00e9cembre 1944. La revue est fond\u00e9e en 1932 par Emmanuel Mounier et Georges Izard pour r\u00e9agir \u00e0 la fois contre l\u2019individualisme lib\u00e9ral, le pouvoir de l\u2019argent et les id\u00e9ologies totalitaires, qu\u2019elles soient de gauche ou de droite. Mounier parle de \u00ab R\u00e9volution \u00bb, mais le public parle bient\u00f4t de \u00ab personnalisme \u00bb. Certains, comme <a href=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2003\/08\/28\/francois-mauriac\/\">Mauriac<\/a> en 1933, accusent Mounier de faire le jeu du communisme (on l\u2019accusera plus tard de faire le jeu du fascisme). En 1935, la revue se tourne davantage \u00e0 gauche. Mounier participe au congr\u00e8s de la Mutualit\u00e9 en juin. <em>Esprit<\/em> s\u2019engage aux c\u00f4t\u00e9s des r\u00e9publicains espagnols en 1936. \u00c0 partir de 1940, la revue se heurtera bien s\u00fbr au r\u00e9gime de Vichy. <em>Esprit<\/em> tentera alors de r\u00e9sister ouvertement, de parasiter ce r\u00e9gime de l\u2019int\u00e9rieur. Dix num\u00e9ros para\u00eetront entre novembre 1940 et ao\u00fbt 1941, lorsque la revue est interdite. Mounier est arr\u00eat\u00e9 en janvier suivant, rel\u00e2ch\u00e9 fin octobre 1942. Il se retire \u00e0 Dieulefit dans la Dr\u00f4me et y poursuit une action de r\u00e9sistance.<\/p>\n<p>10. <strong>21 rue Visconti<\/strong> se tiennent les rencontres de l\u2019Union pour la V\u00e9rit\u00e9, patronn\u00e9es par la NRF, qui r\u00e9unissent un public fid\u00e8le autour de <a href=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2004\/07\/26\/andre-gide-3\/\">Gide<\/a>, <a href=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2003\/08\/28\/andre-malraux\/\">Malraux<\/a>, Gu\u00e9henno, Saint-Exup\u00e9ry, etc. Le 23 janvier 1935, par exemple, le th\u00e8me est \u00ab Andr\u00e9 Gide et son temps \u00bb. L\u2019Union pour la V\u00e9rit\u00e9 avait \u00e9t\u00e9 fond\u00e9e par Paul Desjardins, \u00e9galement initiateur des D\u00e9cades de Pontigny.<\/p>\n<p>11. En 1935, <a href=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2004\/05\/22\/jacques-prevert-2\/\">Jacques Pr\u00e9vert<\/a> et Jacqueline Laurent emm\u00e9nagent au 7e \u00e9tage de l\u2019h\u00f4tel Montana, <strong>28 rue Saint-Beno\u00eet<\/strong>.<\/p>\n<p>12. La Soci\u00e9t\u00e9 d\u2019Encouragement pour l\u2019Industrie Nationale, que l\u2019on peut admirer encore aujourd\u2019hui <strong>en face de l\u2019\u00e9glise Saint-Germain-des-Pr\u00e9s<\/strong>, est un lieu de conf\u00e9rences appr\u00e9ci\u00e9 des exil\u00e9s allemands pendant les ann\u00e9es trente.<\/p>\n<p>13. L\u2019H\u00f4tel Madison, <strong>143 boulevard Saint-Germain<\/strong>, re\u00e7oit fin juin 1935 Boris Pasternak qui participe au congr\u00e8s de la Mutualit\u00e9. <a href=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2003\/08\/28\/andre-malraux\/\">Malraux<\/a> y passe \u00e9galement l\u2019hiver 1937 et Camus y loge au printemps 1940.<\/p>\n<p>14. <strong>7 place Saint-Sulpice<\/strong>, l\u2019\u00e9diteur Rieder publie <em>Europe<\/em>, la revue cr\u00e9\u00e9e par Romain Rolland et anim\u00e9e par Gu\u00e9henno dans les ann\u00e9es trente. <em>Europe<\/em> s\u2019installe ensuite <strong>108 boulevard Saint-Germain<\/strong>. Jean Cassou succ\u00e8de \u00e0 Gu\u00e9henno lorsque celui-ci estime l\u2019influence communiste sur la revue trop importante.<\/p>\n<p>15. Apr\u00e8s la suppression en 1934 des bastions qui les avaient d\u2019abord h\u00e9berg\u00e9s le long des fortifications de Paris, les exil\u00e9s allemands investissent les chambres des h\u00f4tels miteux du Quartier latin. Autrichiens et allemands rejoignent parfois Joseph Roth \u00e0 sa table du caf\u00e9 de Tournon (<strong>18 rue de Tournon<\/strong>), \u00e0 gauche pr\u00e8s de la fen\u00eatre : Stefan et Friderike Zweig, Arthur Koestler, Gustav Regler, etc., ces deux derniers trouvant aussi \u00e0 se loger dans un h\u00f4tel de la rue. L\u2019auteur de <em>La Marche de Radetzky<\/em>, ab\u00eem\u00e9 par l\u2019alcool, sans espoir depuis l\u2019invasion de l\u2019Autriche par les nazis, d\u00e9c\u00e8de en 1939, \u00e0 45 ans, \u00e0 l\u2019<strong>h\u00f4pital Necker<\/strong>. Les \u00e9migr\u00e9s allemands se retrouvent aussi les lundis soirs au caf\u00e9 M\u00e9phisto, boulevard Saint-Germain.<\/p>\n<p>16. Roger Martin du Gard habite et re\u00e7oit ses amis au n\u00b0<strong>9 de la rue du Cherche-Midi<\/strong>.<\/p>\n<p>17. L\u2019H\u00f4tel Lutetia, <strong>45 boulevard Raspail<\/strong>, est une \u00e9tape favorite d\u2019Heinrich et Klaus Mann dans les ann\u00e9es 1930.<\/p>\n<p>18. Charles de Gaulle demeure <strong>110 boulevard Raspail<\/strong> (plaque) entre 1932 et 1937.<\/p>\n<p>19. <a href=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2003\/08\/14\/eugene-dabit\/\">Eug\u00e8ne Dabit<\/a> demeure <strong>71 rue du Cherche-Midi<\/strong> en 1931, \u00e0 l\u2019angle avec la rue de B\u00e9rite. Une ancienne inscription demeure au n\u00b085 qui montre que la rue s\u2019appelait anciennement rue du Petit Vaugirard.<\/p>\n<p>20. Entre 1928 et 1951, <a href=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2004\/07\/26\/andre-gide-3\/\">Andr\u00e9 Gide<\/a> habite le 6e \u00e9tage du <strong>1 bis rue Vaneau<\/strong> (plaque). Il y accueillera <a href=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2004\/12\/01\/albert-camus-a-paris-bordeaux-clermont-ferrand-lyon-et-ailleurs-dans-les-annees-1940\/\">Albert Camus<\/a> \u00e0 la fin de la guerre. Son appartement-bureau sert de salon pour des h\u00f4tes nombreux et vari\u00e9s. Dans les ann\u00e9es trente, Klaus Mann et les \u00e9crivains allemands exil\u00e9s savent que la porte leur est ouverte, de m\u00eame que celle de <a href=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2003\/08\/28\/andre-malraux\/\">Malraux<\/a> rue du Bac. Le 16 juin 1935, ce dernier vient trouver <a href=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2004\/07\/26\/andre-gide-3\/\">Gide<\/a> rue Vaneau pour lui annoncer que Gorki (\u00e0 moiti\u00e9 malade et \u00e0 moiti\u00e9 s\u00e9questr\u00e9 par Staline) ne peut participer au congr\u00e8s de la Mutualit\u00e9. Les organisateurs du congr\u00e8s se rendent aussit\u00f4t \u00e0 l\u2019ambassade d\u2019URSS, situ\u00e9e alors dans l\u2019h\u00f4tel d\u2019Estr\u00e9es 79 rue de Grenelle. Staline, inform\u00e9 du probl\u00e8me, ordonne \u00e0 <a href=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2003\/08\/28\/boris-pasternak\/\">Boris Pasternak<\/a> de d\u00e9barquer \u00e0 Paris. Celui-ci s\u2019ex\u00e9cute, ne sachant pas trop pour qui ni pour quoi. Il est alors d\u00e9prim\u00e9 et peu capable de participer \u00e0 des \u00e9changes avec des intellectuels de tous les pays. \u00c0 la fin des ann\u00e9es trente, Gide emploie rue Vaneau un secr\u00e9taire qui se nomme Lucien Combelle et que l\u2019on retrouvera sous l\u2019Occupation.<\/p>\n<p>21. <a href=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2003\/08\/28\/andre-malraux\/\">Malraux<\/a> habite <strong>44 rue du Bac<\/strong> (plaque) entre 1932 et sa s\u00e9paration avec Clara en 1937. Il re\u00e7oit le prix Goncourt en d\u00e9cembre 1933 pour <em>La Condition humaine<\/em>. Fin ao\u00fbt 1934, Clara et Andr\u00e9 sont \u00e0 Moscou pour le Premier Congr\u00e8s des \u00e9crivains sovi\u00e9tiques. Gorki et Pasternak sont l\u00e0 aussi, mais Ossip Mandelstam a \u00e9t\u00e9 \u00e9cart\u00e9. \u00c0 Moscou, les <a href=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2003\/08\/28\/andre-malraux\/\">Malraux<\/a> rencontrent souvent Paul Nizan et Gustav Regler, qui deviennent leurs amis. Leur s\u00e9jour \u00e0 travers l\u2019URSS dure trois mois. Dans cet appartement du 44 rue du Bac, le 4 septembre 1936, alors qu\u2019il fait escale \u00e0 Paris pour convoyer de nouveaux avions en Espagne, Malraux voit d\u00e9barquer Gide de retour d\u2019URSS, boulevers\u00e9 par la face cach\u00e9e du r\u00e9gime sovi\u00e9tique qu\u2019il vient de d\u00e9couvrir. Comme d\u2019habitude, Gide ne pourra pas en placer une face \u00e0 un <a href=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2003\/08\/28\/andre-malraux\/\">Malraux<\/a> exalt\u00e9 et insatiable. Devant <a href=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2003\/08\/28\/andre-malraux\/\">Malraux<\/a>, je me demande toujours o\u00f9 est ma valeur ; il parle avec cette volubilit\u00e9 extraordinaire qui me le rend souvent si difficile \u00e0 suivre, dit Gide en d\u00e9crivant cette vivacit\u00e9 extr\u00eame que <a href=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2003\/08\/28\/andre-malraux\/\">Malraux<\/a> doit \u00e0 une intelligence exceptionnelle, \u00e0 un ego d\u00e9mesur\u00e9 et \u00e0 une maladie nerveuse, le syndrome de Tourette qui, chez lui, a pris une forme b\u00e9nigne. De fa\u00e7on g\u00e9n\u00e9rale, si Gide reste coi devant le Malraux politique, il est un peu plus r\u00e9serv\u00e9 sur ses qualit\u00e9s d\u2019\u00e9crivain. Il explique \u00e0 L\u00e9autaud que <a href=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2003\/08\/28\/andre-malraux\/\">Malraux<\/a>, s\u2019il peut devenir un grand leader politique, ne sera jamais un grand \u00e9crivain, et \u00e0 Schlumberger que ce qu\u2019\u00e9crit Malraux peut \u00eatre tr\u00e8s int\u00e9ressant, mais qu\u2019il n\u2019a pas \u00ab le sens de la langue \u00bb. Il a en partie raison. <a href=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2003\/08\/28\/andre-malraux\/\">Malraux<\/a> pense le contraire de Gide : c\u2019est un grand \u00e9crivain, mais un amateur en politique. Et il a raison aussi.<\/p>\n<p>22. L\u2019H\u00f4tel du Pont-Royal, <strong>7 rue Montalembert<\/strong>, occupe un emplacement id\u00e9al pour <a href=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2003\/08\/28\/andre-malraux\/\">Andr\u00e9 Malraux<\/a>, entre son domicile et son \u00e9diteur-employeur. Il vit l\u00e0 en amoureux avec Louise de Vilmorin pendant l\u2019\u00e9t\u00e9 1933.<\/p>\n<p>23. <strong>5 rue S\u00e9bastien Bottin<\/strong> se trouve donc le si\u00e8ge de la <em>NRF<\/em>, fond\u00e9e par <a href=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2004\/07\/26\/andre-gide-3\/\">Gide<\/a>, Schlumberger et Copeau en 1908, et des \u00e9ditions Gallimard. Jacques Rivi\u00e8re s\u2019y joint en 1909. Malraux devient directeur artistique des \u00e9ditions Gallimard en 1930. Brice Parain, secr\u00e9taire de Gaston Gallimard, a v\u00e9cu en Russie. Il dirige chez Gallimard la collection <em>Jeunes Russes<\/em> qui accueille les auteurs russes contemporains, collabore \u00e0 L\u2019Humanit\u00e9 en 1932 et rompt avec le PC en 1933.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Chez Daniel Hal\u00e9vy, Chamson, Malraux, Gide, Roger Martin du Gard, de m\u00eame que chez Jean Schlumberger rue d\u2019Assas, [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":2139,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[3],"tags":[24,23,29],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/735"}],"collection":[{"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=735"}],"version-history":[{"count":15,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/735\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":5417,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/735\/revisions\/5417"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/2139"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=735"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=735"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=735"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}