{"id":742,"date":"2007-08-14T00:29:08","date_gmt":"2007-08-13T22:29:08","guid":{"rendered":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2007\/08\/14\/balade-litteraire-avec-proust-a-paris-5\/"},"modified":"2007-08-14T00:29:08","modified_gmt":"2007-08-13T22:29:08","slug":"balade-litteraire-avec-proust-a-paris-5","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2007\/08\/14\/balade-litteraire-avec-proust-a-paris-5\/","title":{"rendered":"Balade litt\u00e9raire avec Proust \u00e0 Paris (5)"},"content":{"rendered":"<p>D\u00e9part : m\u00e9tro Pont-Marie ou Maubert-Mutualit\u00e9.<br \/>\n<br \/>Arriv\u00e9e : m\u00e9tro-RER Invalides.<br \/>\n<br \/>Dur\u00e9e de la balade : 2 heures.<\/p>\n<p>Le lieu le plus important du faubourg Saint-Germain ne se trouve pas dans le faubourg Saint-Germain ! C&#8217;est l&#8217;h\u00f4tel du duc et de la duchesse de Guermantes (et de la marquise de Villeparisis, tante du duc). Il n&#8217;est jamais localis\u00e9 pr\u00e9cis\u00e9ment dans la Recherche, mais il y a de fortes chances pour que, comme la comtesse de Greffulhe, Genevi\u00e8ve Straus et la comtesse de Chevign\u00e9 qui sont le mod\u00e8le de la duchesse de Guermantes et r\u00e9sident rive droite, l&#8217;h\u00f4tel de Guermantes se situe dans le faubourg Saint-Honor\u00e9 (qu&#8217;on appelait ainsi entre la porte Saint-Honor\u00e9, \u00e0 hauteur de la rue Royale, et Saint-Philippe du Roule ; plus \u00e0 l&#8217;ouest, c&#8217;\u00e9tait le faubourg du Roule jusqu&#8217;\u00e0 la barri\u00e8re du Roule &#8211; au niveau de la place des Ternes).<\/p>\n<p>Deux raisons \u00e0 cette exception. Tout d&#8217;abord, comme l&#8217;\u00e9crit Balzac dans <em>La Duchesse de Langeais, \u00ab Ce que l&#8217;on nomme en France le faubourg Saint-Germain n&#8217;est ni un quartier, ni une secte, ni une institution, ni rien qui se puisse nettement exprimer. La Place Royale, le faubourg Saint-Honor\u00e9, la Chauss\u00e9e d&#8217;Antin poss\u00e8dent \u00e9galement des h\u00f4tels o\u00f9 se respire l&#8217;air du faubourg Saint-Germain \u00bb<\/em>. Ensuite, la duchesse est une aristocrate \u00e0 part. Elle est l&#8217;\u00e9l\u00e9gance m\u00eame, m\u00eal\u00e9e \u00e0 une ind\u00e9pendance d&#8217;esprit qui d\u00e9tonne dans le milieu (elle finira d&#8217;ailleurs sur la touche, son mari la trompant avec Odette). Admir\u00e9e et crainte, habile \u00e0 railler, elle sait aussi accueillir l&#8217;amiti\u00e9 de Swann, et, dans son propre h\u00f4tel, la famille du narrateur, alors que ce ne sont \u00ab que \u00bb des roturiers.<\/p>\n<p>Proust et le narrateur de la <em>Recherche<\/em>, un pied en-dedans et un pied au-dehors du faubourg Saint-Germain, occupent la place id\u00e9ale qui leur permet d&#8217;observer et de faire &#339;uvre d&#8217;art. Et art et aristocratie ne semblent pas faire tr\u00e8s bon m\u00e9nage. Proust ne se fait gu\u00e8re d&#8217;illusions sur la r\u00e9ception de son &#339;uvre par les nobles familles du faubourg. Il arrivera ce qu&#8217;il avait pr\u00e9vu : soit elles n&#8217;en saisiront pas le sens, soit celles et ceux qui s&#8217;y reconnaissent sous les traits de tel ou telle lui en garderont une rancune tenace.<\/p>\n<p>1)\tAvant son mariage avec Odette, Swann habite un h\u00f4tel <strong>quai d&#8217;Orl\u00e9ans<\/strong>, sur l&#8217;Ile Saint-Louis, ce qui n&#8217;est pas au go\u00fbt d&#8217;Odette ni de ses amis du faubourg Saint-Germain.<\/p>\n<p>2)\tJusqu&#8217;\u00e0 sa retraite en 1899, Adrien Proust est m\u00e9decin \u00e0 l&#8217;H\u00f4tel Dieu (<strong>1 place du Parvis de Notre-Dame<\/strong>), que les grands travaux haussmanniens viennent de d\u00e9placer d&#8217;un c\u00f4t\u00e9 \u00e0 l&#8217;autre du parvis.<\/p>\n<p>3)\tLudovic Hal\u00e9vy, p\u00e8re de Daniel, ami lyc\u00e9en de Marcel, d\u00e9c\u00e8de <strong>26 place Dauphine<\/strong> en 1908. Daniel lui-m\u00eame vit ici et y meurt en 1962.<\/p>\n<p>4)\tLe restaurant Lap\u00e9rouse est un d\u00e9cor de <em>Du c\u00f4t\u00e9 de chez Swann<\/em> et existe encore aujourd&#8217;hui <strong>51 quai des Grands-Augustins<\/strong>.<\/p>\n<p>5)\tLe salon des Verdurin se tient dans un immeuble du <strong>quai Conti<\/strong>. Les Verdurin, bourgeois, riches et snobs, ont cependant l&#8217;esprit ouvert. Ils sont m\u00eame dreyfusards et invitent Clemenceau, Picquart, Reinach, Labori (cela ne facilitera pas l&#8217;ascension sociale de Mme Verdurin) !<br \/>\nIls aiment brasser les milieux et re\u00e7oivent aussi bien un aristocrate comme M. de Charlus (qui y rencontre son amant Morel) qu&#8217;un bourgeois comme Swann ou une <em>\u00ab cocotte \u00bb<\/em> comme Odette. Chez eux, Swann rencontre Odette qui se m\u00eale dans son esprit \u00e0 la sonate de Vinteuil jou\u00e9e ici par un pianiste (et compos\u00e9e, dans l&#8217;esprit de Proust, d&#8217;un m\u00e9lange de morceaux de Saint-Sa\u00ebns, C\u00e9sar Franck, Faur\u00e9, Schubert et Wagner).<br \/>\n<br \/>C&#8217;est ici \u00e9galement qu&#8217;appara\u00eet le comte de Forcheville, rival de Swann, et que la jalousie de Swann na\u00eet et grandit.<br \/>\n<br \/>Les artistes ne sont pas en reste, du musicien Vinteuil (inspir\u00e9 de C\u00e9sar Franck), \u00e0 l&#8217;\u00e9crivain Bergotte et au peintre impressionniste Elstir, m\u00e9lange de Claude Monet et de Gustave Moreau.<br \/>\n<br \/>C&#8217;est \u00e9galement chez les Verdurin que le narrateur rencontre Albertine, une des <em>\u00ab jeunes filles en fleurs \u00bb<\/em> de la plage de Balbec. Bref, c&#8217;est le salon o\u00f9 les amours naissent.<\/p>\n<p>6)\tProust est assistant biblioth\u00e9caire non r\u00e9mun\u00e9r\u00e9 \u00e0 la biblioth\u00e8que Mazarine (<strong>place de l&#8217;Institut<\/strong>) \u00e0 partir de juin 1895. Son activit\u00e9 principale consiste \u00e0 effectuer des demandes de cong\u00e9. En 1896, il ne s&#8217;y montre qu&#8217;une fois, pour offrir Les Plaisirs et les jours \u00e0 ses coll\u00e8gues ! La biblioth\u00e8que obtient qu&#8217;il d\u00e9missionne en 1900. <\/p>\n<p>7)\t<strong>17 quai Malaquais<\/strong> se trouve encore l&#8217;h\u00f4tel Chimay, que M. de Charlus pr\u00e9tend avoir habit\u00e9 et qu&#8217;occupe l&#8217;\u00e9cole des Beaux-Arts.<\/p>\n<p>8)\tRobert Proust habite <strong>136 boulevard Saint-Germain<\/strong>.<\/p>\n<p>9)\tLe si\u00e8ge des \u00e9ditions de la <em>Nouvelle Revue Fran\u00e7aise<\/em> se trouve <strong>35 et 37 rue Madame<\/strong> lorsque, pendant la Premi\u00e8re guerre, elles reprennent la publication de la Recherche commenc\u00e9e \u00e0 compte d&#8217;auteur chez Grasset.<br \/>\n<br \/>Fin 1912-d\u00e9but 1913, Andr\u00e9 Gide pour la NRF ainsi que les \u00e9diteurs Fasquelle et Ollendorf ont en effet refus\u00e9 le manuscrit de <em>Du c\u00f4t\u00e9 de chez Swann<\/em>. Proust a alors d\u00e9cid\u00e9 de financer lui-m\u00eame une \u00e9dition de son premier roman chez Grasset.<br \/>\nRevenant sur l&#8217;erreur de 1912 &#8211; Gide s&#8217;excusant d&#8217;avoir mal lu le manuscrit, tromp\u00e9 par la r\u00e9putation d&#8217;\u00e9crivain mondain de son auteur &#8211;, la NRF fait ensuite para\u00eetre des extraits de la suite de la Recherche. Ses \u00e9ditions reprennent \u00e0 partir de 1919 la publication de l&#8217;ensemble de l&#8217;&#339;uvre, profitant de la fermeture pendant la guerre des \u00e9ditions Grasset qui, par ailleurs, ont g\u00e9n\u00e9reusement accept\u00e9 de leur c\u00e9der <em>Du c\u00f4t\u00e9 de chez Swann<\/em>. Proust obtient de Gaston Gallimard des droits d&#8217;auteurs faramineux : 18 % sur les trois mille premiers exemplaires vendus, 21 % sur les suivants !<\/p>\n<p>10)\tLe p\u00e2tissier Blanche de la <em>Recherche<\/em> tient boutique <strong>196 boulevard Saint-Germain<\/strong>.<\/p>\n<p>11)\tToujours dans le roman, les Cottard demeurent <strong>43 rue du Bac<\/strong>.<\/p>\n<p>12)\tLe <strong>240 boulevard Saint-Germain<\/strong> est, avec le 2 rue Rabelais, une adresse du Jockey Club que fr\u00e9quentent les personnages de la <em>Recherche<\/em>.<\/p>\n<p>13)\tRobert de Montesquiou na\u00eet \u00e0 l&#8217;h\u00f4tel de B\u00e9thune, <strong>60 rue de Varenne<\/strong>. Nous sommes ici dans le faubourg Saint-Germain au sens strict : le quartier aristocratique conservateur et renferm\u00e9 que l&#8217;on peut d\u00e9limiter, entre 1890 et 1910, par les rues de Lille, de Constantine, de Babylone et Bonaparte. Dans la <em>Recherche<\/em>, le prince de Guermantes habite \u00e9galement rue de Varenne, d&#8217;autres Guermantes et les Chaussepierre rue de la Chaise, un cousin de la duchesse de Guermantes rue Vaneau, un Courvoisier rue de Grenelle, etc.<\/p>\n<p>14)\tProust fr\u00e9quente au milieu des ann\u00e9es 1890 les \u00ab jeudis \u00bb d&#8217;Alphonse Daudet, <strong>31 rue de Bellechasse<\/strong>. Il participe en particulier au banquet de 300 personnes organis\u00e9 le 1er mars 1894 en l&#8217;honneur d&#8217;Edmond de Goncourt. Lucien, fils d&#8217;Alphonse et fr\u00e8re de L\u00e9on, est un compagnon privil\u00e9gi\u00e9 de Proust, sans que leur relation soit aussi intime qu&#8217;avec Reynaldo Hahn. <\/p>\n<p>15)\tLe bel h\u00f4tel construit en 1863 pour les Montesquiou-Ferensac, demeure de Robert de Montesquiou, s&#8217;\u00e9l\u00e8ve toujours au <strong>41 quai d&#8217;Orsay<\/strong>, face \u00e0 la Seine. C&#8217;est aujourd&#8217;hui le si\u00e8ge de l&#8217;association des maires de France. On y voit encore un M orner la plupart des fen\u00eatres.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>D\u00e9part : m\u00e9tro Pont-Marie ou Maubert-Mutualit\u00e9. Arriv\u00e9e : m\u00e9tro-RER Invalides. Dur\u00e9e de la balade : 2 heures. 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