{"id":743,"date":"2007-06-22T20:54:29","date_gmt":"2007-06-22T18:54:29","guid":{"rendered":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2007\/06\/22\/4e-balade-litteraire-a-paris-sur-les-pas-des-communards-et-des-versaillais\/"},"modified":"2023-08-13T17:56:30","modified_gmt":"2023-08-13T15:56:30","slug":"4e-balade-litteraire-a-paris-sur-les-pas-des-communards-et-des-versaillais","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2007\/06\/22\/4e-balade-litteraire-a-paris-sur-les-pas-des-communards-et-des-versaillais\/","title":{"rendered":"4e balade litt\u00e9raire \u00e0 Paris sur les pas des Communards et des Versaillais (de la rue Montmartre \u00e0 Saint-Augustin)"},"content":{"rendered":"<p><strong>D\u00e9part : m\u00e9tro Grands boulevards.<\/strong><\/p>\n<p>Arriv\u00e9e : m\u00e9tro Saint-Augustin.<\/p>\n<p><strong>Dur\u00e9e : 2 heures 30.<\/strong><\/p>\n<p>1) <em>Le Mot d\u2019ordre<\/em> de Henri Rochefort est publi\u00e9 entre le 1er f\u00e9vrier et le 20 mai 1871. Jean Richepin y contribue. Son administration est bas\u00e9e 8 rue du Croissant et sa r\u00e9daction <strong>148 rue Montmartre<\/strong>. Rochefort, fondateur en 1868 de <em>La Lanterne<\/em> puis de <em>La Marseillaise<\/em>, quitte Paris le 19 mai 1871, en d\u00e9saccord avec la Commune.<\/p>\n<p>2) L\u2019adresse pendant la Commune du <em>Chambard socialiste<\/em>, journal de G\u00e9rault-Richard, est le <strong>123 rue Montmartre<\/strong>.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0<em>J\u2019ai vu fusiller \u00e0 la barricade du faubourg Saint-Antoine une femme qui avait son enfant dans les bras. L\u2019enfant avait six semaines et a \u00e9t\u00e9 fusill\u00e9 avec la m\u00e8re. Les soldats qui ont fusill\u00e9 cette m\u00e8re et son enfant \u00e9taient du 114e de ligne. On l\u2019a fusill\u00e9e pour avoir dit : \u00ab Ces brigands de Versailles ont tu\u00e9 mon mari. \u00bb On a fusill\u00e9 la femme d\u2019Eudes (d\u00e9l\u00e9gu\u00e9 \u00e0 la Guerre sous la Commune), enceinte de sept mois. Elle avait une petite fille de quatre ou cinq ans qui a disparu. On la dit fusill\u00e9e aussi. \u00c0 la petite Roquette, on a fusill\u00e9 environ deux mille enfants trouv\u00e9s dans les barricades et n\u2019ayant plus ni p\u00e8re ni m\u00e8re.<\/em>\u00a0\u00bb<\/p>\n<h6>T\u00e9moignage de Marie Mercier, extrait des archives de Victor Hugo. Marie Mercier, dix-huit ans, \u00e9tait la compagne de Maurice Garreau, directeur de la prison de Mazas sous la Commune, fusill\u00e9 \u00e0 la fin de la Semaine sanglante. Marie deviendra la ma\u00eetresse de Hugo \u00e0 Vianden.<\/h6>\n<p>3) La presse de la <strong>rue du Croissant<\/strong> est elle aussi active pendant la Commune ! <em>Le Grelot<\/em> est bas\u00e9 au n\u00b020 ; <em>L\u2019Ami du peuple<\/em> (quatre livraisons du 23 au 29 avril 1871, sous la direction d\u2019Auguste Vermorel qui dirigeait avant <em>La Commune<\/em>) est imprim\u00e9 au 16, de m\u00eame que <em>Le Vengeur<\/em> de F\u00e9lix Pyat ; le 16 est aussi le si\u00e8ge du violent <em>P\u00e8re Duch\u00eane<\/em> de Vermersch et Vuillaume ; au 13 se trouvent <em>La Souverainet\u00e9 du peuple<\/em> et <em>La Sociale<\/em>. En octobre 1883, Jules Vall\u00e8s et S\u00e9verine relanceront <em>Le Cri du Peuple<\/em> au n\u00b016.<\/p>\n<p>Signalons que Jean Jaur\u00e8s est assassin\u00e9 dans le caf\u00e9 du Croissant, \u00e0 l\u2019angle avec la rue Montmartre, en juillet 1914.<\/p>\n<p>4) <em>La Charge<\/em> est un hebdomadaire dirig\u00e9 par Alfred le Petit, <em>7 rue Paul Lelong<\/em>, et qui publie le 13 ao\u00fbt 1870 le po\u00e8me de Rimbaud <em>Premi\u00e8re soir\u00e9e<\/em> (sous le titre <em>Trois baisers<\/em>).<\/p>\n<p>5) <em>La Rue<\/em> de Jules Vall\u00e8s est n\u00e9e en juin 1867 au <strong>9 rue d\u2019Aboukir<\/strong>. C\u2019est \u00e0 la m\u00eame adresse qu\u2019est compos\u00e9 <em>Le Cri du peuple<\/em> entre le 22 f\u00e9vrier et le 23 mai 1871.<\/p>\n<p>6) Au <strong>66 rue Tiquetonne<\/strong> se trouve le si\u00e8ge du journal La Commune de Milli\u00e8re et Georges Duch\u00eane.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" class=\" alignright size-full wp-image-2150\" src=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2007\/06\/jpg_eudes.jpg\" alt=\"eudes.jpg\" width=\"300\" height=\"384\" align=\"right\" srcset=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2007\/06\/jpg_eudes.jpg 300w, https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2007\/06\/jpg_eudes-234x300.jpg 234w\" sizes=\"(max-width: 300px) 94vw, 300px\" \/>7) <em>Le Vengeur<\/em> est publi\u00e9 du 3 f\u00e9vrier au 11 mars 1871, puis 30 mars au 24 mai. Il est bas\u00e9 <strong>38 boulevard de S\u00e9bastopol<\/strong> et est dirig\u00e9 par F\u00e9lix Pyat \u2013 l\u2019ennemi jur\u00e9 de Rochefort \u2013 qui se cache ici apr\u00e8s la Semaine sanglante et parvient \u00e0 s\u2019enfuir ensuite \u00e0 l\u2019\u00e9tranger.<\/p>\n<p>8) <strong>L\u2019H\u00f4tel de Ville<\/strong> est l\u2019adresse professionnelle de Paul Verlaine avant et pendant la Commune. Il est chef de son bureau de presse. Il est r\u00e9voqu\u00e9 en juillet 1871.<\/p>\n<p>C\u2019est aussi ici, bien s\u00fbr, que si\u00e8gent les \u00e9lus de la Commune entre fin mars et mai 1871.<\/p>\n<p>Une d\u00e9l\u00e9gation de francs ma\u00e7ons vient \u00e0 l\u2019H\u00f4tel de ville le 26 avril 1871 apporter son soutien. Des chefs communards sont francs ma\u00e7ons : Vall\u00e8s (depuis 1868 ou 69), Jean Baptiste Cl\u00e9ment, Eudes, Flourens, Grousset, Pyat, Ranvier, les fr\u00e8res Reclus, etc. Des francs ma\u00e7ons tentent, pendant la Commune, d\u2019organiser des n\u00e9gociations entre les insurg\u00e9s et les Versaillais.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" class=\" aligncenter size-full wp-image-2151\" src=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2007\/06\/jpg_commune_hotelville.jpg\" alt=\"commune_hotelville.jpg\" width=\"600\" height=\"451\" align=\"middle\" srcset=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2007\/06\/jpg_commune_hotelville.jpg 600w, https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2007\/06\/jpg_commune_hotelville-300x226.jpg 300w\" sizes=\"(max-width: 600px) 94vw, 600px\" \/><\/p>\n<p>9) La caserne Lobau, <strong>4 rue de Lobau<\/strong>, est le cadre d\u2019un massacre organis\u00e9 : celui de Communards par les Versaillais. Edmond de Goncourt en est t\u00e9moin et le raconte dans son <em>Journal<\/em> (dimanche 28 mai 1871) : <em>\u00ab L\u2019escorte fait marcher ces hommes, au pas de course, jusqu\u2019\u00e0 la caserne Lobau, o\u00f9 la porte se referme sur tous avec une violence, avec une pr\u00e9cipitation \u00e9tranges. Je ne comprenais pas encore, mais j\u2019avais en moi une anxi\u00e9t\u00e9 ind\u00e9finissable. [\u2026] Presque au m\u00eame instant fait explosion, comme un bruit violent enferm\u00e9 dans des portes et dans des murs, une fusillade, ayant quelque chose de la m\u00e9canique r\u00e9gl\u00e9e d\u2019une mitrailleuse. \u00bb<\/em> Des centaines de fusill\u00e9s \u00e0 la caserne Lobau sont provisoirement enterr\u00e9s dans le square de la tour Saint-Jacques.<\/p>\n<p>10) Au <strong>1 place du Ch\u00e2telet<\/strong> se tient, pendant et apr\u00e8s la Semaine sanglante, une cour martiale charg\u00e9e de juger les insurg\u00e9s. Catulle Mend\u00e8s en d\u00e9crit les m\u00e9thodes exp\u00e9ditives dans <em>Les 73 jours de la Commune<\/em> : <em>\u00ab On am\u00e8ne les f\u00e9d\u00e9r\u00e9s, vingt par vingt ; on les condamne ; conduits sur la place, les mains li\u00e9es derri\u00e8re le dos, on leur dit : \u00ab Tournez-vous \u00bb. \u00c0 cent pas, il y a une mitrailleuse ; ils tombent vingt par vingt. [\u2026] J\u2019ai vu tout cela de mes propres yeux. \u00bb<\/em><\/p>\n<p>11) D\u00e8s le 20 mars 1871, le <em>Journal officiel de la Commune de Paris<\/em> remplace le <em>Journal officiel de la R\u00e9publique fran\u00e7aise<\/em> au <strong>31 quai Voltaire<\/strong>. Il publie le 31 mars <em>Jeanne et Louise, histoire d\u2019une famille de transport\u00e9s<\/em>, d\u2019Eug\u00e8ne Sue.<\/p>\n<p>12) Le ch\u00e2teau des Tuileries se trouverait aujourd\u2019hui <strong>entre l\u2019Arc du Carrousel et le jardin des Tuileries, \u00e0 la hauteur du Pont Royal<\/strong>. Apr\u00e8s son incendie durant la Semaine sanglante, ses murs tiennent encore bon. Sa restauration serait possible, mais la Chambre des d\u00e9put\u00e9s vote sa d\u00e9molition en 1882.<\/p>\n<h5>Les Fusill\u00e9s<\/h5>\n<p>\u00ab~<em>[\u2026] Dans un noir peloton vingt jeunes filles passent ;<\/em><\/p>\n<p>Elles chantent ; leur gr\u00e2ce et leur calme innocent<\/p>\n<p>Inqui\u00e8tent la foule effar\u00e9e ; un passant<\/p>\n<p>Tremble. &#8211; O\u00f9 donc allez-vous ? dit-il \u00e0 la plus belle.<\/p>\n<p>Parlez. &#8211; Je crois qu&rsquo;on va nous fusiller, dit-elle.<\/p>\n<p>Un bruit lugubre emplit la caserne Lobau ;<\/p>\n<p>C&rsquo;est le tonnerre ouvrant et fermant le tombeau.<\/p>\n<p>L\u00e0 des tas d&rsquo;hommes sont mitraill\u00e9s ; nul ne pleure ;<\/p>\n<p>Il semble que leur mort \u00e0 peine les effleure,<\/p>\n<p>Qu&rsquo;ils ont h\u00e2te de fuir un monde \u00e2pre, incomplet,<\/p>\n<p>Triste, et que cette mise en libert\u00e9 leur pla\u00eet.<\/p>\n<p>Nul ne bronche. On adosse \u00e0 la m\u00eame muraille<\/p>\n<p>Le petit-fils avec l&rsquo;a\u00efeul, et l&rsquo;a\u00efeul raille,<\/p>\n<p><em>Et l&rsquo;enfant blond et frais s&rsquo;\u00e9crie en riant : Feu !<\/em>~\u00bb<\/p>\n<p>(Juin 1871)<\/p>\n<p>Victor Hugo, <em>L\u2019Ann\u00e9e terrible<\/em>.<\/p>\n<p>13) <em>\u00ab Alors, dans les derniers jours de f\u00e9vrier [1871], Maurice se d\u00e9cida \u00e0 d\u00e9serter. Un article du trait\u00e9 disait que les soldats camp\u00e9s \u00e0 Paris seraient d\u00e9sarm\u00e9s et renvoy\u00e9s chez eux. Il n\u2019attendit pas, il lui semblait que son coeur serait arrach\u00e9, s\u2019il quittait le pav\u00e9 de ce Paris glorieux, que la faim seule avait pu r\u00e9duire ; et il disparut, il loua, rue des Orties [situ\u00e9e <strong>le long de l\u2019aile sud du palais du Louvre, \u00e0 la hauteur de la place du Carrousel, pr\u00e8s de la Seine<\/strong>], en haut de la butte des Moulins, dans une maison \u00e0 six \u00e9tages, une \u00e9troite chambre meubl\u00e9e, une sorte de belv\u00e9d\u00e8re, d\u2019o\u00f9 l\u2019on voyait la mer sans bornes des toitures, depuis les Tuileries jusqu\u2019\u00e0 la Bastille. Un ancien camarade de la facult\u00e9 de droit lui avait pr\u00eat\u00e9 cent francs. D\u2019ailleurs, d\u00e8s qu\u2019il fut install\u00e9, il se fit inscrire dans un bataillon de la garde nationale, et les trente sous de la paye devaient lui suffire. \u00bb<\/em> (<em>La D\u00e9b\u00e2cle<\/em>, \u00c9mile Zola, chapitre 7).<\/p>\n<p>14) Le <strong>9 rue de Choiseul<\/strong> est l\u2019adresse de Jules Favre, membre du gouvernement provisoire en 1870.<\/p>\n<p>15) Arthur Rimbaud est \u00e0 Paris du 25 f\u00e9vrier au 10 mars 1871. Il cherche \u00e0 \u00e9crire pour les journaux, dont la gouaille et la libert\u00e9 retrouv\u00e9e apr\u00e8s la chute de l\u2019Empire s\u2019apparentent aux siennes. Comme il l\u2019explique dans sa lettre du 17 avril 1871 \u00e0 Paul Demeny, il passe alors chez Lemerre, <strong>23 passage Choiseul<\/strong> et \u00e0 la librairie artistique, 18 rue Bonaparte. Les librairies et les journaux d\u00e9bordent de th\u00e8mes patriotiques, dont Rimbaud pr\u00e9sente un floril\u00e8ge dans sa lettre \u00e0 Demeny, citant des recueils de Copp\u00e9e, Leconte de Lisle, Claretie, Mend\u00e8s, Jules Renard, etc.<\/p>\n<p>Pour le biographe Jean-Jacques Lefr\u00e8re, l\u2019hypoth\u00e8se du retour d\u2019Arthur \u00e0 Paris entre mi-avril et d\u00e9but mai n\u2019est pas \u00e0 exclure. Mais il est moins probable qu\u2019il ait alors fait partie des troupes stationn\u00e9es \u00e0 la caserne de Babylone (rue de Babylone), comme on l\u2019a dit.<\/p>\n<p>Ses deux \u00ab lettres du voyant \u00bb datent du 13 et 15 mai 1871, dans lesquelles il explique le r\u00f4le de voyant que doit avoir le po\u00e8te.<\/p>\n<h6><em>\u00ab\u00a0Si la moindre pens\u00e9e d\u2019ensemble avait dirig\u00e9 ces ressources puissantes, l\u2019arm\u00e9e versaillaise aurait fondu dans Paris. Mais les f\u00e9d\u00e9r\u00e9s ne virent pas en g\u00e9n\u00e9ral plus loin que leurs rues, et ne surent pas changer la tactique des luttes populaires.<\/em>\u00ab\u00a0<\/h6>\n<p>Prosper Olivier Lissagaray. <em>Les Huit Journ\u00e9es de mai<\/em>.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0<em>Tout est bien fini \u00e0 Paris. On d\u00e9molit les barricades ; on enterre les cadavres ; on en fait, car on fusille beaucoup et on arr\u00eate en masse. Beaucoup d\u2019innocents, ou tout au moins de demi-coupables, paieront pour les plus coupables qui \u00e9chapperont. Alexandre [Dumas fils] dit qu\u2019il en fait d\u00e9livrer beaucoup sur les affirmations de sa science physiognomoniste, enseign\u00e9e par le docteur Favre. Sa lettre est bizarre et je ne vois pas comment il s\u2019y prend pour faire \u00e9couter ses essais d\u2019application par les cours martiales. Hugo est tout \u00e0 fait toqu\u00e9. Il publie des choses insens\u00e9es et, \u00e0 Bruxelles, on fait des manifestations contre lui<\/em>.\u00a0\u00bb<br \/>\n<em>Journal<\/em> de George Sand, 1er juin 1871.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0<em>Faut pas \u00eatre malade, faut pas \u00eatre grognon, mon vieux troubadour. Il faut tousser, moucher, gu\u00e9rir, dire que la France est folle, l\u2019humanit\u00e9 b\u00eate, et que nous sommes des animaux mal finis ; il faut s\u2019aimer quand m\u00eame, soi, son esp\u00e8ce, ses amis surtout\u2026 Apr\u00e8s \u00e7a, peut-\u00eatre que cette indignation chronique est un besoin de ton organisation ; moi, elle me tuerait\u2026 Peut-on vivre paisible, diras-tu, quand le genre humain est si absurde ? Je me soumets, en me disant que je suis peut-\u00eatre aussi absurde que lui et qu\u2019il est temps d\u2019aviser \u00e0 me corriger.<\/em>\u00a0\u00bb<br \/>\nLettre de George Sand \u00e0 Gustave Flaubert, 1872.<\/p>\n<p>16) Le 16 mai 1871, la colonne Vend\u00f4me, <strong>place Vend\u00f4me<\/strong>, est abattue par les Communards.<\/p>\n<p>17) Une gigantesque barricade est \u00e9rig\u00e9e pendant la Commune <strong>rue de Rivoli, \u00e0 l\u2019angle avec la rue Saint-Florentin<\/strong>.<\/p>\n<p>Jean et Maurice la traversent dans <em>La D\u00e9b\u00e2cle<\/em> de Zola.<\/p>\n<p>Dans <em>Le Turco de la Commune<\/em> (<em>Les Contes du lundi<\/em>), c\u2019est sur cette barricade que le jeune h\u00e9ros est tu\u00e9 pendant la Semaine sanglante en se battant contre les Versaillais, qu\u2019il prend pour des Prussiens. Daudet d\u00e9nonce ainsi comment, selon lui, les leaders insurg\u00e9s ont jou\u00e9 de la na\u00efvet\u00e9 du peuple, qui devient communard sans savoir pourquoi. Garde national pendant la guerre de 1870, Daudet se r\u00e9fugie \u00e0 Champrosay, en dehors de Paris, pendant la Commune. Il regagne ensuite son adresse du 24 rue Pav\u00e9e. Derri\u00e8re l\u2019apparence tant\u00f4t bon enfant, tant\u00f4t dramatique des Contes du lundi, se glissent des critiques acerbes sur la Commune.<\/p>\n<p>18) L\u2019arm\u00e9e prussienne d\u00e9file sur <strong>les Champs-\u00c9lys\u00e9es<\/strong> le 1er mars 1871. L\u2019arm\u00e9e et la Garde nationale mettent tout en \u0153uvre pour que les Prussiens ne puissent p\u00e9n\u00e9trer ailleurs dans la capitale, et pour qu\u2019aucun affrontement n\u2019ait lieu. Dans la nouvelle Le Si\u00e8ge de Berlin des Contes du lundi, le colonel Jouve, dans son d\u00e9lire, prend les Prussiens pour l\u2019arm\u00e9e victorieuse de Mac-Mahon.<\/p>\n<p>19) Mi-avril 1871, Edmond de Goncourt quitte sa maison d\u2019Auteuil menac\u00e9e par les bombardements \u2013 tant allemands que versaillais \u2013 et s\u2019installe <strong>rue de l\u2019Arcade<\/strong>, chez un cousin. Il est pour ainsi dire triplement veuf : son fr\u00e8re Jules est mort en juin 1870 ; l\u2019Empire s\u2019est effondr\u00e9 ; la Lorraine, sa patrie d\u2019origine, est maintenant allemande. Il se rend souvent chez son ami le critique d\u2019art Philippe Burty, 11 bis boulevard des Batignolles. Son <em>Journal<\/em> \u2013 qu\u2019il \u00e9crit sur le vif puis retouche ensuite \u2013 est un t\u00e9moignage tr\u00e8s pr\u00e9cieux (et tr\u00e8s bourgeois) sur le si\u00e8ge et la Commune. <em>\u00ab C\u2019est vingt ans de repos que l\u2019ancienne soci\u00e9t\u00e9 a devant elle si le pouvoir ose tout ce qu\u2019il peut oser en ce moment \u00bb<\/em>, y inscrit-il le 31 mai 1871.<\/p>\n<p>20) La famille Proust demeure <strong>8 rue Roy<\/strong> entre 1870 et 1873. Adrien Proust est m\u00e9decin \u00e0 l\u2019h\u00f4pital de la Charit\u00e9. Il n\u2019h\u00e9site pas \u00e0 parcourir la capitale au milieu des bombardements et des combats pour sauver des bless\u00e9s. Son fils Marcel na\u00eet le 10 juillet 1871 au 96 rue La Fontaine, o\u00f9 ses parents se sont retir\u00e9s pour l\u2019\u00e9t\u00e9.<\/p>\n<hr \/>\n<p>A lire :<br \/>\n&#8211; <a href=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2005\/10\/11\/1ere-balade-litteraire-a-paris-pendant-le-siege-de-1870-et-la-commune\/\">517<\/a><br \/>\n&#8211; <a href=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2005\/10\/29\/2e-balade-litteraire-a-paris-sur-les-pas-des-communards-et-des-versaillais\/\">527<\/a><br \/>\n&#8211; <a href=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2005\/11\/29\/3eme-balade-litteraire-a-paris-pendant-le-siege-de-1870-et-la-commune\/\">537<\/a><br \/>\n&#8211; <a href=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2007\/06\/22\/4e-balade-litteraire-a-paris-sur-les-pas-des-communards-et-des-versaillais\/\">743<\/a><\/p>\n<p>et aussi <a href=\"http:\/\/www.crdp-montpellier.fr\/ressources\/frdtse\/frdtse42g.html\"><em>George, Gustave et les autres face \u00e0 la Commune<\/em><\/a>, par Bernard Canal.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>D\u00e9part : m\u00e9tro Grands boulevards. Arriv\u00e9e : m\u00e9tro Saint-Augustin. 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