{"id":759,"date":"2007-11-17T09:28:51","date_gmt":"2007-11-17T08:28:51","guid":{"rendered":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2007\/11\/17\/emmanuel-mounier-a-paris-dieulefit-et-chatenay-malabry\/"},"modified":"2023-08-09T22:42:38","modified_gmt":"2023-08-09T20:42:38","slug":"emmanuel-mounier-a-paris-dieulefit-et-chatenay-malabry","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2007\/11\/17\/emmanuel-mounier-a-paris-dieulefit-et-chatenay-malabry\/","title":{"rendered":"Emmanuel MOUNIER \u00e0 Paris, Dieulefit et Ch\u00e2tenay-Malabry"},"content":{"rendered":"<figure id=\"attachment_2193\" aria-describedby=\"caption-attachment-2193\" style=\"width: 360px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" class=\" aligncenter size-full wp-image-2193\" title=\"Les Murs blancs \u00e0 Ch\u00e2tenay\" src=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2007\/11\/jpg_mounierchatenay1def.jpg\" alt=\"Les Murs blancs \u00e0 Ch\u00e2tenay\" width=\"360\" height=\"450\" align=\"middle\" srcset=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2007\/11\/jpg_mounierchatenay1def.jpg 360w, https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2007\/11\/jpg_mounierchatenay1def-240x300.jpg 240w\" sizes=\"(max-width: 360px) 94vw, 360px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-2193\" class=\"wp-caption-text\">Les Murs blancs \u00e0 Ch\u00e2tenay<\/figcaption><\/figure>\n<p>Avec la revue <em>Esprit<\/em> qu&rsquo;il lance en 1932, Emmanuel Mounier veut ouvrir une troisi\u00e8me voie entre le capitalisme et le communisme : celle d&rsquo;un socialisme catholique et humaniste, m\u00e9lange qui ne va pas de soi \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque (Herbert R. Lottman explique par exemple comment Paul Nizan accusait alors Mounier de vouloir d\u00e9fendre \u00e0 tout prix la propri\u00e9t\u00e9 priv\u00e9e et, \u00e0 travers le \u00ab\u00a0personnalisme\u00a0\u00bb, de pr\u00e9parer le chemin au fascisme).<\/p>\n<p>Il collabore \u00e9galement \u00e0 l&rsquo;hebdomadaire <em>Vendredi<\/em> dans les ann\u00e9es 1930. En 1938, il est un des rares penseurs catholiques, avec <a href=\"..\/2003\/08\/28\/francois-mauriac\/\">Fran\u00e7ois Mauriac<\/a> et Jacques Maritain, \u00e0 acclamer dans <em>Esprit Les Grands cimeti\u00e8res sous la lune<\/em> de <a href=\"..\/2003\/08\/13\/georges-bernanos\/\">Georges Bernanos<\/a>, qui d\u00e9nonce l&rsquo;entreprise criminelle de Franco en Espagne.<\/p>\n<p>Cette m\u00eame ann\u00e9e terrible, alors que Beauvoir, Sartre, Giono, Alain et beaucoup d&rsquo;autres applaudissent l&rsquo;accord de Munich, Mounier d\u00e9sapprouve et \u00e9crit <em>\u00ab\u00a0L&rsquo;\u00e9nergie seule intimide la violence\u00a0\u00bb<\/em>.<\/p>\n<p><em>Esprit<\/em> repara\u00eet \u00e0 Lyon en novembre 1940. Non franchement hostile \u00e0 P\u00e9tain pendant les premi\u00e8res semaines du r\u00e9gime de Vichy, la revue critique de plus en plus l&rsquo;occupant et le gouvernement fran\u00e7ais qui le soutient.<\/p>\n<p>Aux c\u00f4t\u00e9s de Claude Roy et d&rsquo;autres intellectuels qui verseront bient\u00f4t dans la R\u00e9sistance, Mounier s&rsquo;engage dans le mouvement vichyste pour la jeunesse \u00ab\u00a0<a href=\"http:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Jeune_France\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">Jeune France<\/a>\u00a0\u00bb (que le gouvernement dissout en 1942 quand il voit cet instrument lui \u00e9chapper).<\/p>\n<p><em>Esprit<\/em> est interdite en ao\u00fbt 1941.<\/p>\n<p>Mounier, qui s&rsquo;\u00e9tait engag\u00e9 \u00e0 animer \u00e0 l&rsquo;\u00e9cole des cadres de la jeunesse d&rsquo;Uriage un stage sur \u00ab\u00a0Le Caract\u00e8re\u00a0\u00bb de f\u00e9vrier \u00e0 ao\u00fbt 1942, mais il est arr\u00eat\u00e9 en f\u00e9vrier 1942 et emprisonn\u00e9 \u00e0 Vals-les-Bains (Laval ferme Uriage en d\u00e9cembre 1942. Encore un instrument du r\u00e9gime de Vichy qui lui a \u00e9chapp\u00e9). Une gr\u00e8ve de la faim lui permet d&rsquo;\u00eatre transf\u00e9r\u00e9 \u00e0 la prison Saint-Paul de Lyon, malgr\u00e9 l&rsquo;opposition du secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral de la police Ren\u00e9 Bousquet. Sa femme, alors domicili\u00e9e 15 rue Roussy, est autoris\u00e9e \u00e0 le visiter.<\/p>\n<p>Mounier est finalement acquitt\u00e9 en octobre 1942. Il vit de d\u00e9cembre 1942 \u00e0 septembre 1944 dans la pension Beauvallon, \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de l&rsquo;\u00e9cole du m\u00eame nom \u00e0 Dieulefit dans la Dr\u00f4me, o\u00f9 il cohabite entre autres avec Andr\u00e9e Viollis. Avec elle, il r\u00e9dige le journal <em>Le R\u00e9sistant de la Dr\u00f4me<\/em>. En 1943 et 1944, il r\u00e9unit discr\u00e8tement \u00e0 Dieulefit des collaborateurs d&rsquo;<em>Esprit<\/em>.<\/p>\n<p>Sur le conseil de Pierre-Jean Jouve, Pierre Emmanuel (pseudonyme de No\u00ebl Mathieu) s&rsquo;\u00e9tait install\u00e9 dans la pension Beauvallon en juillet 1940, apr\u00e8s que sa maison de Pontoise a \u00e9t\u00e9 bombard\u00e9e en juin. Il y reste avec sa femme jusqu&rsquo;\u00e0 la fin de la guerre et enseigne \u00e0 l&rsquo;\u00e9cole de Beauvallon. Gr\u00e2ce \u00e0 eux, le village est le refuge plus ou moins clandestin de nombreux intellectuels sous l&rsquo;Occupation : Henri-Pierre Roch\u00e9 (qui y vit de l&rsquo;automne 1941 \u00e0 1945, o\u00f9 il commence l&rsquo;\u00e9criture de <em>Jules et Jim<\/em>, tout en enseignant l&rsquo;anglais et la gymnastique \u00e0 l&rsquo;\u00e9cole de Beauvallon), Jouve, Clara Malraux, Aragon et Triolet (qui vivent \u00e0 Saint-Donat, \u00e0 80 km, entre juillet 1943 et septembre 1944 ; \u00e0 Dieulefit, ils font quelques s\u00e9jours \u00e0 la pension Beauvallon ; un autre de leurs domiciles est la ferme du Lauzas, pr\u00e8s de Comps, entre novembre et d\u00e9cembre 1942), Viollis, Char, Mounier&#8230; Deux fils de Jean Pr\u00e9vost sont cach\u00e9s \u00e0 l&rsquo;\u00e9cole de Beauvallon. Dieulefit accueille ainsi plus d&rsquo;un millier de r\u00e9fugi\u00e9s pendant la guerre.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s la guerre, Mounier reprend la direction d\u2019<em>Esprit<\/em>, bas\u00e9e 27 rue Jacob, et emm\u00e9nage dans une maison achet\u00e9e avant guerre, Les Murs Blancs, 19 rue Henri-Ir\u00e9n\u00e9e-Marrou \u00e0 Ch\u00e2tenay-Malabry &#8211; aujourd&rsquo;hui si\u00e8ge de l&rsquo;Association des amis d\u2019Emmanuel Mounier. Il y partage bient\u00f4t une vie communautaire avec les familles d&rsquo;autres intellectuels proches d\u2019Esprit : Jean-Marie Domenach, Henri Marrou, Paul Ricoeur &#8211; qui en fait sa r\u00e9sidence jusqu&rsquo;\u00e0 sa mort.<\/p>\n<p>Sources et r\u00e9f\u00e9rences :<br \/>\n&#8211; <em>Archives des ann\u00e9es noires. Artistes, \u00e9crivains et \u00e9diteurs<\/em>, \u00e9ditions IMEC, 2004<br \/>\n&#8211; www.emmanuel-mounier.net,<br \/>\n&#8211; <em>Louis Aragon, Elsa Triolet, Emmanuel Mounier, dans la clandestinit\u00e9<\/em>. Ed. A.U.E.D Valence, \u00c9tudes Dr\u00f4moises, revue trimestrielle, num\u00e9ro sp\u00e9cial, N\u00b07 octobre 2001, http:\/\/etudesdromoises.free.fr,<br \/>\n&#8211; article \u00ab\u00a0La Dr\u00f4me, refuge des intellectuels\u00a0\u00bb, par Jean Sauvageon, dans les Annales de la soci\u00e9t\u00e9 des amis de Louis Aragon et Elsa Triolet, n\u00b06, 2004,<br \/>\n&#8211; <em>Henri-Pierre Roch\u00e9, l&rsquo;enchanteur collectionneur<\/em>, par Scarlett et Philippe Reliquet, \u00e9ditions Ramsay, 1999,<br \/>\n&#8211; <em>La Rive gauche<\/em>, Herbert R. Lottman, Points Seuil n\u00b0161.<\/p>\n<p>Voir aussi <a href=\"..\/2005\/07\/10\/louis-aragon-et-elsa-triolet-en-resistance\/\">\u00ab\u00a0Louis Aragon et Elsa Triolet en R\u00e9sistance\u00a0\u00bb<\/a>.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Avec la revue Esprit qu&rsquo;il lance en 1932, Emmanuel Mounier veut ouvrir une troisi\u00e8me voie entre le capitalisme [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":2193,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[2],"tags":[23,36,29],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/759"}],"collection":[{"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=759"}],"version-history":[{"count":8,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/759\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":5485,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/759\/revisions\/5485"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/2193"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=759"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=759"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=759"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}