{"id":772,"date":"2007-12-07T15:21:47","date_gmt":"2007-12-07T14:21:47","guid":{"rendered":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2007\/12\/07\/descendances-et-dissidences-du-saint-simonisme-au-xixe-siecle\/"},"modified":"2025-06-14T22:15:38","modified_gmt":"2025-06-14T20:15:38","slug":"descendances-et-dissidences-du-saint-simonisme-au-xixe-siecle","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2007\/12\/07\/descendances-et-dissidences-du-saint-simonisme-au-xixe-siecle\/","title":{"rendered":"Descendances et dissidences du saint-simonisme au XIXe si\u00e8cle"},"content":{"rendered":"<p>Lorsque l&rsquo;on s&rsquo;int\u00e9resse au saint-simonisme, on se trouve devant deux grands paradoxes :<br \/>&#8211; tout d&rsquo;abord, <em>\u00ab\u00a0C&rsquo;est le monde industriel qui offrit aux anciens saint-simoniens leurs r\u00e9ussites les plus \u00e9clatantes, d\u00e9voilant a post\u00e9riori une ambig\u00fcit\u00e9 irr\u00e9ductible du mouvement : celle d&rsquo;avoir pr\u00f4n\u00e9 un id\u00e9al de justice sociale et d&rsquo;avoir contribu\u00e9 \u00e0 installer une soci\u00e9t\u00e9 capitaliste\u00a0\u00bb<\/em>, \u00e9crit Nathalie Coilly dans <em>Le Si\u00e8cle des saint-simoniens, du Nouveau christianisme au canal de Suez<\/em>,<br \/>&#8211; ensuite, alors que l&rsquo;on pourrait qualifier <a href=\"https:\/\/www.terresdecrivains.org\/index.php\/2007\/01\/05\/saint-simon-et-les-saint-simoniens\/\">Saint-Simon<\/a> de <em>\u00ab\u00a0fondateur des fondateurs\u00a0\u00bb<\/em> (Pierre Musso, dans le <em>Vocabulaire de Saint-Simon<\/em>), le saint-simonisme semble largement absent du discours social et politique du XIXe si\u00e8cle, pourtant si\u00e8cle des r\u00e9volutions et des r\u00e9formateurs. Floran Tristan, Proudhon (1) et Marx sont plus connus que Saint-Simon alors que sa pens\u00e9e les a inspir\u00e9s.<\/p>\n<p>Si elles ne sont pas toujours d\u00e9clar\u00e9es, les post\u00e9rit\u00e9s de <a href=\"https:\/\/www.terresdecrivains.org\/index.php\/2007\/01\/05\/saint-simon-et-les-saint-simoniens\/\">Saint-Simon<\/a> et des saint-simoniens sont pourtant diverses. Outre les influences du saint-simonisme dans l&rsquo;industrie, les transports et la finance sous le Second Empire, on peut citer aux XIXe et XXe si\u00e8cle en France :<br \/>&#8211; bien s\u00fbr, le positivisme d&rsquo;Auguste Comte,<br \/>&#8211; la pens\u00e9e anarchiste de Proudhon et socialiste de Leroux et de Marx, qui d\u00e9fend un retour aux textes de Saint-Simon tout en caricaturant sa pens\u00e9e en \u00ab\u00a0socialisme utopique\u00a0\u00bb,<br \/>&#8211; la \u00ab\u00a0physiologie sociale\u00a0\u00bb, un courant de la sociologie ouvert par Durkheim, pour qui Saint-Simon est un penseur comparable \u00e0 Descartes,<br \/>&#8211; les courants socialistes des ann\u00e9es 1920-1930,<br \/>&#8211; le marxisme des ann\u00e9es 1960,<br \/>&#8211; jusqu&rsquo;au courant de la \u00ab\u00a0deuxi\u00e8me gauche\u00a0\u00bb socialiste.<\/p>\n<p>Quelles sont les raisons de cet ostracisme ? On pourrait en avancer plusieurs. Il faut tout d&rsquo;abord distinguer la post\u00e9rit\u00e9 de Saint-Simon de celle d&rsquo;Enfantin et de l&rsquo;\u00e9cole saint-simonienne \u00ab\u00a0officielle\u00a0\u00bb :<br \/>&#8211; pour Saint-Simon, la difficult\u00e9 est de parvenir \u00e0 une lecture ordonn\u00e9e d&rsquo;une \u0153uvre foisonnante (<em>\u00ab\u00a0J&rsquo;\u00e9cris parce que j&rsquo;ai des choses neuves \u00e0 dire, je pr\u00e9senterai mes id\u00e9es telles qu&rsquo;elles ont \u00e9t\u00e9 forg\u00e9es par mon esprit ; je laisse aux \u00e9crivains de profession le soin de les limer\u00a0\u00bb<\/em>, \u00e9crit-il), malgr\u00e9 le soin que prit Saint-Simon de la classer en trois parties : une \u00e9pist\u00e9mologie \u00e9labor\u00e9e de 1802 \u00e0 1813, une philosophie politique con\u00e7ue de 1814 \u00e0 1823 et une religion \u00e9labor\u00e9e en 1824-1825 (partant du constat que le catholicisme a montr\u00e9 son \u00e9chec avec la fin de l\u2019Ancien r\u00e9gime et qu\u2019il faut le remplacer),<br \/>&#8211; de grands h\u00e9ritiers de Saint-Simon, comme Auguste Comte et Augustin Thierry ont d\u00e9velopp\u00e9 des pens\u00e9es et des exp\u00e9riences collectives qui ne se revendiquent pas directement de la pens\u00e9e saint-simonienne, lorsqu&rsquo;elles ne la maltraitent pas,<br \/>&#8211; quant aux saint-simoniens, leurs exc\u00e8s sous la conduite de Prosper Enfantin dans les ann\u00e9es 1831-1832 ont discr\u00e9dit\u00e9 le mouvement en le faisant appara\u00eetre comme une secte dans l&rsquo;acception p\u00e9jorative que l&rsquo;on entend aujourd&rsquo;hui (on qualifiait les saint-simoniens de secte \u00e0 leur \u00e9poque, mais dans un sens moins \u00ab\u00a0charg\u00e9\u00a0\u00bb).<\/p>\n<p>En r\u00e9alit\u00e9, ce \u00ab\u00a0passage dans la clandestinit\u00e9\u00a0\u00bb des saint-simoniens &#8211; \u00e0 partir de 1831 pour ceux qui font alors scission, \u00e0 partir de 1833 pour tous les autres &#8211; a \u00e9t\u00e9 leur grande chance : <em>\u00ab\u00a0cette sortie de sc\u00e8ne, cette dispersion et, finalement, cette dilution sont pr\u00e9cis\u00e9ment ce qui permet aux id\u00e9es et aux hommes, banalis\u00e9s, s\u00e9cularis\u00e9s, de trouver un second souffle. En une dizaine d&rsquo;ann\u00e9es, en effet, leur r\u00e9seau devient une r\u00e9alit\u00e9 d\u00e9terminante et durable, une force mat\u00e9rielle h\u00e9g\u00e9monique\u00a0\u00bb<\/em> (<em>Le Si\u00e8cle des saint-simoniens, du Nouveau christianisme au canal de Suez<\/em>, p. 122).<\/p>\n<p><em>Revenons bri\u00e8vement sur les principaux temps forts du saint-simonisme entre 1825 et 1833 pour nous int\u00e9resser ensuite \u00e0 diff\u00e9rentes descendances et dissidences du mouvement au XIXe si\u00e8cle.<\/em><\/p>\n<hr \/>\n<p>On peut identifier trois p\u00e9riodes du mouvement saint-simonien de 1825 \u00e0 1870 :<\/p>\n<ol>\n<li>de 1825 \u00e0 1831 : la reformulation et la diffusion de la doctrine et la cr\u00e9ation de l&rsquo;Eglise,<\/li>\n<li>de la fin 1831 \u00e0 1832 : la crise et la s\u00e9paration de Bazard et d&rsquo;Enfantin,<\/li>\n<li>de 1833 \u00e0 1870 : la s\u00e9paration de Chevalier et d&rsquo;Enfantin et le passage \u00e0 la pratique<\/li>\n<\/ol>\n<p><strong>1) De 1825 \u00e0 1831 : la reformulation et la diffusion de la doctrine et la cr\u00e9ation de l&rsquo;Eglise<\/strong><\/p>\n<p><strong>Le 22 mai 1825 au cimeti\u00e8re du P\u00e8re-Lachaise<\/strong><\/p>\n<figure id=\"attachment_2224\" aria-describedby=\"caption-attachment-2224\" style=\"width: 200px\" class=\"wp-caption alignleft\"><img loading=\"lazy\" class=\" alignleft size-full wp-image-2224\" title=\"Tombe d'Enfantin au P\u00e8re-Lachaise.\" src=\"https:\/\/www.terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2007\/12\/jpg_saintsimon2def.jpg\" alt=\"Tombe d'Enfantin au P\u00e8re-Lachaise.\" width=\"200\" height=\"420\" align=\"left\" srcset=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2007\/12\/jpg_saintsimon2def.jpg 200w, https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2007\/12\/jpg_saintsimon2def-143x300.jpg 143w\" sizes=\"(max-width: 200px) 94vw, 200px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-2224\" class=\"wp-caption-text\">Tombe d&rsquo;Enfantin au P\u00e8re-Lachaise.<\/figcaption><\/figure>\n<p>Saint-Simon d\u00e9c\u00e8de le 19 mai 1825 au <strong>9 de la rue du Faubourg-Montmartre<\/strong>. Le 22 mai, jour de ses obs\u00e8ques &#8211; en pr\u00e9sence d&rsquo;Auguste Comte et d&rsquo;Augustin Thierry &#8211; (sont enterr\u00e9s au P\u00e8re-Lachaise : Enfantin, les deux fr\u00e8res Eug\u00e8ne et Olinde Rodrigues &#8211; Benjamin-Olinde Rodrigues-Henriques 1795-1851 -, Charles Robinet, Edmont Talabot &#8211; juste au-dessus de Saint-Simon et quelques pas en-dessous d&rsquo;Enfantin ; Bazard est enterr\u00e9 \u00e0 Courtry, en Seine-et-Marne), des membres du comit\u00e9 de sept personnes devant lesquelles Saint-Simon avait lu son <em>Nouveau Christianisme<\/em> en 1824, se retrouve \u00e0 la sortie du P\u00e8re-Lachaise chez Olinde Rodrigues, dernier assistant de Saint-Simon. Ils d\u00e9cident de cr\u00e9er le premier journal hebdomadaire saint-simonien, <em>Le Producteur <\/em>(qui para\u00eetra seulement entre octobre 1825 et octobre 1826 mais d&rsquo;autres titres prendront le relais : <em>L&rsquo;Organisateur<\/em>, de 1829 \u00e0 ao\u00fbt 1831, puis <em>Le Globe<\/em>). Ils sont rejoints quelques jours plus tard par le polytechnicien Enfantin et Saint-Amand Bazard, un des co-fondateurs de la Charbonnerie fran\u00e7aise. Ils commencent \u00e0 infl\u00e9chir la pens\u00e9e de Saint-Simon en mettant en avant le d\u00e9veloppement de l&rsquo;industrie et des r\u00e9seaux de communication, et au second plan la transformation sociale et politique &#8211; objet central de la th\u00e9orie de Saint-Simon &#8211; qui n&rsquo;en devient que l&rsquo;effet. Enfantin explique que le d\u00e9veloppement du r\u00e9seau des transports doit s&rsquo;accompagner d&rsquo;un essor du r\u00e9seau des cr\u00e9dits. Au si\u00e8ge du <em>Producteur<\/em>, place de la Bourse, se retrouvent le vendredi Rodrigues, Enfantin, Bazard, Buchez, et d&rsquo;autres qui s&rsquo;en retirent d\u00e9but 1826 : Comte, Blanqui, L\u00e9on Hal\u00e9vy, Armand Carrel&#8230;<\/p>\n<p>A l&rsquo;initiative de Bazard, la construction d&rsquo;une doctrine en partie autonome par rapport \u00e0 la pens\u00e9e de Saint-Simon se concr\u00e9tise en 1829-1830 avec <em>L&rsquo;Exposition de la doctrine saint-simonienne<\/em>, ensemble de conf\u00e9rences et d&rsquo;\u00e9crits qui s&rsquo;appuient sur les axes suivants :<br \/>&#8211; elle repose sur une philosophie de l&rsquo;histoire tr\u00e8s d\u00e9terministe,<br \/>&#8211; elle propose la collectivisation des moyens de production industrielle, alors que la vision de Saint-Simon \u00e9tait plus nuanc\u00e9e,<br \/>&#8211; elle renforce la dimension religieuse comme unique fondement du politique.<\/p>\n<figure id=\"attachment_2225\" aria-describedby=\"caption-attachment-2225\" style=\"width: 270px\" class=\"wp-caption alignright\"><img loading=\"lazy\" class=\" alignright size-full wp-image-2225\" title=\"Tombes d'Edmond Talabot (devant) et (derri\u00e8re) de Saint-Simon et des fr\u00e8res Rodrigues.\" src=\"https:\/\/www.terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2007\/12\/jpg_saintsimon3def.jpg\" alt=\"Tombes d'Edmond Talabot (devant) et (derri\u00e8re) de Saint-Simon et des fr\u00e8res Rodrigues.\" width=\"270\" height=\"370\" align=\"right\" srcset=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2007\/12\/jpg_saintsimon3def.jpg 270w, https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2007\/12\/jpg_saintsimon3def-219x300.jpg 219w\" sizes=\"(max-width: 270px) 94vw, 270px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-2225\" class=\"wp-caption-text\">Tombes d&rsquo;Edmond Talabot (devant) et (derri\u00e8re) de Saint-Simon et des fr\u00e8res Rodrigues.<\/figcaption><\/figure>\n<p><strong>Le jour de No\u00ebl 1829<\/strong> sont \u00e9lus deux \u00ab\u00a0p\u00e8res supr\u00eames\u00a0\u00bb, Bazard et Enfantin. Saint-Simon, qui avait dit que Dieu l&rsquo;avait inspir\u00e9 (<em>Lettres d&rsquo;un habitant de Gen\u00e8ve)<\/em>, avait aussi pronostiqu\u00e9 que le \u00ab\u00a0nouveau christianisme\u00a0\u00bb aurait <em>\u00ab\u00a0sa morale, son culte et son dogme : il aura son clerg\u00e9, et son clerg\u00e9 aura ses chefs\u00a0\u00bb (Le Nouveau Christianisme)<\/em>. Chacun incarne une face de la nouvelle religion : \u00e0 Bazard la raison, \u00e0 Enfantin le polytechnicien, la passion. Cela cr\u00e9e d\u00e9j\u00e0 quelques remous dans le mouvement.<\/p>\n<p>Les saint-simoniens s&rsquo;\u00e9tablissent <strong>6 rue Monsigny<\/strong>. Cette implantation permet \u00e0 d&rsquo;autres de les rejoindre, dont Barrault.<\/p>\n<p>La spontan\u00e9it\u00e9 de la r\u00e9volution de <strong>juillet 1830<\/strong> surprend les saint-simoniens, comme d&rsquo;ordinaire les r\u00e9volutions spontan\u00e9es surprennent les mouvements r\u00e9volutionnaires ou simplement r\u00e9formateurs. Les saint-simoniens essaient de convaincre La Fayette de prendre la t\u00eate d&rsquo;une dictature \u00e9clair\u00e9e (c&rsquo;est-\u00e0-dire avec \u00e0 sa t\u00eate des industriels). Lorsqu&rsquo;ils comprennent que le futur Louis-Philippe est pouss\u00e9 au pouvoir par La Fayette et Laffitte, ils donnent aux troupes saint-simoniennes la consigne de ne plus se m\u00ealer de la r\u00e9volution. Leur objectif de faire travailler de concert industriels et ouvriers \u00e0 l&rsquo;av\u00e8nement d&rsquo;une nouvelle soci\u00e9t\u00e9 ne les incite de toute fa\u00e7on pas vraiment \u00e0 encourager les insurrections.<\/p>\n<p>La r\u00e9volution donne un coup de fouet \u00e0 l&rsquo;audience populaire des saint-simoniens et l\u00e8ve des freins \u00e0 la diffusion de leurs id\u00e9es. Ils s&rsquo;installent dans un immeuble au 6 rue Monsigny et ouvrent leur portes chaque jeudi \u00e0 l&rsquo;occasion de conf\u00e9rences publiques en m\u00eame temps qu&rsquo;ils structurent le dogme, en instituant des grades, un bapt\u00eame, etc.<\/p>\n<p>En <strong>novembre 1830<\/strong>, le quotidien <em>Le Globe<\/em> bas\u00e9 \u00e9galement 6 rue Monsigny, est r\u00e9cup\u00e9r\u00e9 par un de ses fondateurs, Pierre Leroux, pass\u00e9 sous la banni\u00e8re saint-simonienne et qu&rsquo;accompagnent Sainte-Beuve, Eug\u00e8ne Lerminier, Charles Magnin&#8230;. Le reste de l&rsquo;\u00e9quipe dirigeante (Dubois, R\u00e9musat, etc.) vient de rejoindre le gouvernement qui a \u00e9t\u00e9 instaur\u00e9 apr\u00e8s la r\u00e9volution de juillet. Michel Chevalier en prend la t\u00eate. La passation de pouvoir est facilit\u00e9e par le capital qu&rsquo;apporte Enfantin mais elle ne se passe pas pour autant sans drames. Une dispute entre Dubois et Sainte-Beuve conduit ainsi \u00e0 un duel sous la pluie pendant lequel Sainte-Beuve combat un parapluie en main ! Le journal s&rsquo;arr\u00eatera en avril 1832.<\/p>\n<p>Un \u00ab\u00a0degr\u00e9 des ouvrier\u00a0\u00bb est cr\u00e9\u00e9 par Claire Bazard et le polytechnicien Fournel, ancien directeur des forges du Creusot qui a c\u00e9d\u00e9 tous ses biens aux saint-simoniens. Une formation est dispens\u00e9e chaque semaine aux ouvriers dans diff\u00e9rents quartiers de Paris. Deux \u00ab\u00a0maisons d&rsquo;association\u00a0\u00bb sont ouvertes en 1831 rue Popincourt et rue de la Tour-d&rsquo;Auvergne. Elles sont fond\u00e9es sur le partage des ressources, \u00e0 l&rsquo;image de ce qui se pratique dans la maison de la rue Monsigny et dans celle de la \u00ab\u00a0Maison Simon\u00a0\u00bb, rue de Louvois.<\/p>\n<p>A Lyon, une premi\u00e8re campagne de conf\u00e9rences saint-simoniennes se d\u00e9roule entre mai et juillet 1831 avec Pierre Leroux et Jean Reynaud. Les ouvriers en soie, les ouvriers de la \u00ab\u00a0Fabrique\u00a0\u00bb &#8211; que l&rsquo;on appelle aussi les canuts \u2013 sont particuli\u00e8rement impressionn\u00e9s. Ils ont invent\u00e9 les prud&rsquo;hommes en 1808 et le mutuellisme vingt ans apr\u00e8s. Mais les n\u00e9gociants lyonnais obtiennent peu \u00e0 peu, paradoxalement, une r\u00e9gression des conditions de vie des ouvriers. Ces derniers se r\u00e9voltent en novembre 1831. Ils contr\u00f4lent la ville pendant une dizaine de jours avant d&rsquo;\u00eatre r\u00e9prim\u00e9s par le minist\u00e8re Casimir P\u00e9rier. Les saint-simoniens parisiens sont \u00e0 cette \u00e9poque trop occup\u00e9s par leurs dissensions internes pour se porter aux c\u00f4t\u00e9s des canuts. Apr\u00e8s l&rsquo;interdiction du mouvement en 1832, plusieurs saint-simoniens s&rsquo;installeront en r\u00e9gion lyonnaise.<\/p>\n<p>En <strong>ao\u00fbt 1831<\/strong>, le minist\u00e8re de Casimir P\u00e9rier demande des rapports de police sur le saint-simonisme et une enqu\u00eate officielle est lanc\u00e9e en novembre. Ce qui inqui\u00e8te particuli\u00e8rement le minist\u00e8re, c&rsquo;est l'\u00a0\u00bbagit-prop\u00a0\u00bb saint-simonienne en direction des ouvriers. Les chefs d&rsquo;accusation retenus sont association et r\u00e9union sans autorisation, excitation \u00e0 la haine et au m\u00e9pris d&rsquo;une classe de citoyens, escroquerie (au sujet de titres de rente perp\u00e9tuelle \u00e9mis par le mouvement), provocation non suivie d&rsquo;effet au renversement du gouvernement du roi, provocation \u00e0 la d\u00e9sob\u00e9issance aux lois qui r\u00e9gissent la propri\u00e9t\u00e9, outrage \u00e0 la morale publique (au sujet de la doctrine d&rsquo;Enfantin sur le couple-pr\u00eatre).<\/p>\n<p>La salle de la rue Taitbout est ferm\u00e9e aux r\u00e9unions saint-simoniennes \u00e0 partir de janvier 1832.<\/p>\n<p><strong>2) De la fin 1831 \u00e0 1832 : la crise et la s\u00e9paration de Bazard et d&rsquo;Enfantin<\/strong><\/p>\n<p>En <strong>novembre 1831<\/strong>, Bazard quitte le mouvement, emmenant avec lui Leroux, Charton, Lechevalier, Carnot et d&rsquo;autres qui trouvent ridicule l&rsquo;orientation qu&rsquo;Enfantin donne au saint-simonisme en pr\u00f4nant l&rsquo;affranchissement de la femme et le passage de la th\u00e9orie et de l&rsquo;enseignement au culte effectif. Enfantin et Chevalier passent en effet, malheureusement, \u00e0 la vitesse sup\u00e9rieure. Rodrigues les quitte \u00e9galement en <strong>f\u00e9vrier 1832<\/strong>, officiellement pour des raisons philosophiques, officieusement parce qu&rsquo;il est profond\u00e9ment bless\u00e9 par ce qu&rsquo;Enfantin a dit sur sa femme. Dans le projet d&rsquo;Enfantin, de Chevalier et de Barrault s&rsquo;int\u00e8gre maintenant l&rsquo;id\u00e9e de r\u00e9unir l&rsquo;Orient et l&rsquo;Occident en commen\u00e7ant par tisser un lien mat\u00e9riel et spirituel entre les grands ports de la M\u00e9diterran\u00e9e.<\/p>\n<p>En novembre 1831, Enfantin parvient donc \u00e0 exclure Bazard, Leroux et la branche socialiste du saint-simonisme, au profit des polytechniciens et des industriels. Bazard est victime d&rsquo;une attaque c\u00e9r\u00e9brale \u00e0 l&rsquo;automne 1831 &#8211; il d\u00e9c\u00e8de en juillet 1832. Au moment o\u00f9 les insurrections se reproduisent sous la Monarchie de juillet (insurrection des canuts lyonnais en 1831, insurrection de juin 1832 \u00e0 Paris (cf. <em>Les Mis\u00e9rables<\/em>), le d\u00e9bat focalis\u00e9 sur la communion de l&rsquo;esprit et de la chair, de l&rsquo;Orient et de l&rsquo;Occident, et la mise en r\u00e9seau de l&rsquo;industrie et des moyens de financement, permet \u00e0 Enfantin d&rsquo;\u00e9viter de se rallier aux insurg\u00e9s.<\/p>\n<p><strong>Entre avril et fin 1832<\/strong>, Enfantin et 40 \u00ab\u00a0ap\u00f4tres\u00a0\u00bb se retirent au 145 rue de M\u00e9nilmontant et on lira <a href=\"https:\/\/www.terresdecrivains.org\/index.php\/2007\/12\/01\/40-saint-simoniens-au-145-rue-de-menilmontant-en-1832\/\">ici<\/a> le d\u00e9but et l&rsquo;ach\u00e8vement de cette aventure.<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Le communisme avait \u00e9t\u00e9 d\u00e9truit dans l&rsquo;\u00e9cole [&#8230;]. Enfantin l&rsquo;avait battu en br\u00e8che, au nom de la femme, au nom de la famille, au nom du monde, et cette lutte s&rsquo;\u00e9tait termin\u00e9e par le triomphe des d\u00e9fenseurs des droits de l&rsquo;individu et de sa libert\u00e9\u00a0\u00bb<\/em>. Gustave d&rsquo;Eichthal en 1857 (Fonds d&rsquo;Eichthal, biblioth\u00e8que de l&rsquo;Arsenal).<\/p>\n<p>La branche \u00ab\u00a0officielle\u00a0\u00bb du saint-simonisme renonce ainsi \u00e0 toute id\u00e9e de transformation socialiste. Tr\u00e8s respectueux de l&rsquo;autorit\u00e9, Enfantin soutient d&rsquo;ailleurs Louis-Philippe, puis plus tard la IIe R\u00e9publique, et enfin Napol\u00e9on III.<\/p>\n<p><strong>3) De 1833 \u00e0 1870 : la s\u00e9paration de Chevalier et d&rsquo;Enfantin et le passage \u00e0 la pratique<\/strong><\/p>\n<p>En 1833, le mouvement saint-simonien n&rsquo;a plus d&rsquo;existence officielle. Il n&rsquo;aura pas dur\u00e9 dix ans. Ses anciens dirigeants sont en Orient. D&rsquo;anciens compagnons de route tentent diverses exp\u00e9riences socialistes dans les ann\u00e9es 1830 et 1840, enrichissant le catalogue des tentatives que Marx et Engels qualifieront de \u00ab\u00a0socialistes utopiques\u00a0\u00bb en 1848 dans le <em>Manifeste du parti communiste<\/em>.<\/p>\n<p>Arthur Young et Zo\u00e9 Gatti de Gamond cr\u00e9ent en 1833 dans la for\u00eat de Rambouillet, \u00e0 Cond\u00e9-sur-Vesgre une communaut\u00e9 fouri\u00e9riste soutenue par Transon et Lechevalier, puis une autre entre 1841 et 1846 \u00e0 l\u2019abbaye de Citeaux en Bourgogne.<\/p>\n<p>Les fouri\u00e9ristes et anciens simoniens Derrion et Reynier cr\u00e9ent en 1835 \u00e0 Lyon la premi\u00e8re \u00e9picerie sociale.<\/p>\n<p>Pierre Leroux ouvre avec l\u2019aide de George Sand une imprimerie communautaire \u00e0 Boussac dans la Creuse en 1844. Elle ferme en 1849.<\/p>\n<p><strong>La r\u00e9volution de 1848<\/strong><\/p>\n<p>Les deux r\u00e9volutions de 1848 trouvent les ex-saint-simoniens des deux c\u00f4t\u00e9s de la barri\u00e8re. Certains sont aux c\u00f4t\u00e9s du pouvoir et craignent que les r\u00e9volutionnaires menacent la propri\u00e9t\u00e9. D&rsquo;autres, comme Lechevalier et Barrault, se lancent avec enthousiasme dans les clubs et les journaux politiques. Enfantin et Arl\u00e9s-Dufour naviguent au milieu de tout cela en mettant en avant le r\u00f4le \u00ab\u00a0historique de la bourgeoisie\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Hippolyte Carnot, Reynaud et Charton prennent les r\u00eanes du minist\u00e8re de l&rsquo;Instruction publique de la IIe R\u00e9publique. Buchez aide apr\u00e8s la r\u00e9volution de f\u00e9vrier 1848 \u00e0 cr\u00e9er les Ateliers nationaux. En mai suivant, il est pr\u00e9sident pour un mois de l&rsquo;Assembl\u00e9e constituante, mais n&rsquo;est pas r\u00e9\u00e9lu en 1849 et se retirera de la vie politique.<\/p>\n<p><strong>L&rsquo;essor du cr\u00e9dit et de la banque<\/strong><\/p>\n<p>Plus durable est l&rsquo;influence des saint-simoniens dans la transformation du syst\u00e8me bancaire. Afin de lib\u00e9rer les petits exploitants des taux usuraires des grands propri\u00e9taires, Rodrigues et Enfantin avaient d\u00e9j\u00e0 cr\u00e9\u00e9 en 1816 la Caisse hypoth\u00e9caire, sur le mod\u00e8le de la Banque territoriale des physiocrates. Elle meurt en 1827.<\/p>\n<p>Emile et Isaac Pereire, issus d&rsquo;une famille juive bordelaise, se sont rapproch\u00e9s du saint-simonisme gr\u00e2ce \u00e0 leurs liens familiaux avec Olinde et Eug\u00e8ne Rodrigues. Emile, qui a collabor\u00e9 au Globe saint-simonien, et Isaac s&rsquo;\u00e9loignent des exc\u00e8s d&rsquo;Enfantin fin 1831. L&rsquo;arriv\u00e9e au pouvoir de Napol\u00e9on III permet aux Pereire de s&rsquo;\u00e9manciper des Rothschild pour cr\u00e9er leur propre empire financier avec le Cr\u00e9dit mobilier, qui soutient son pendant industriel, la Compagnie des chemins de fer du Midi.<\/p>\n<p>Bonaparte autorise en 1852 l&rsquo;ouverture des cr\u00e9dits fonciers et de la Banque fonci\u00e8re de Paris, futur Cr\u00e9dit foncier de France, destin\u00e9s \u00e0 l&rsquo;origine \u00e0 financer les petits exploitants agricoles, mais que des banquiers engag\u00e9s dans les chemins de fer et les investissements immobiliers des fr\u00e8res P\u00e9reire dans la plaine Monceau et la rue de Rivoli d\u00e9tournent de leur raison d&rsquo;\u00eatre.<\/p>\n<p>En m\u00eame temps, Paulin Talabot, fr\u00e8re du saint-simonien Edmond, prend la t\u00eate de ce qui deviendra la compagnie ferroviaire PLM (Paris-Lyon-M\u00e9diterran\u00e9e). Ses associ\u00e9s dans l&rsquo;aventure se nomment Arl\u00e8s-Dufour, Enfantin et les Rothschild. Ils se trouveront confront\u00e9s \u00e0 certains projets concurrents des Pereire, jusqu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;effondrement du Cr\u00e9dit mobilier en 1867.<\/p>\n<p><strong>Les saint-simoniens dans la presse du si\u00e8cle<\/strong><\/p>\n<p>L&rsquo;action d&rsquo;\u00e9ducation et de propagande est, on l&rsquo;a vu, l&rsquo;arme de guerre des saint-simoniens pour transformer la soci\u00e9t\u00e9. Saint-Simon lui-m\u00eame a donn\u00e9 l&rsquo;exemple en publiant la revue <em>L&rsquo;Industrie<\/em> entre 1816 et 1818 gr\u00e2ce au soutien financier de Laffitte. <em>\u00ab Evoquer la carri\u00e8re journalistique des anciens saint-simoniens est une gageure tant ils sont nombreux \u00e0 avoir pr\u00eat\u00e9 leur plume aux journaux de leur temps, quand ils n&rsquo;en ont pas \u00e9t\u00e9 les principaux artisans \u00bb<\/em>, explique Nathalie Coilly dans <em>Le Si\u00e8cle des saint-simoniens<\/em>. Barrault \u00e9crit dans <em>Le Monde<\/em> et <em>La Revue universelle<\/em>. Vin\u00e7ard cr\u00e9e <em>La Ruche populaire<\/em> en 1839. Buchez (2) cr\u00e9e le journal <em>L&rsquo;Atelier<\/em>, enti\u00e8rement r\u00e9dig\u00e9 par des ouvriers. Pierre Leroux fonde <em>La Revue Ind\u00e9pendante<\/em> avec George Sand en 1841, et Charton <em>Le Magasin pittoresque<\/em> en 1833 (\u00e0 ne pas confondre avec <em>Le Magasin d&rsquo;\u00e9ducation et de r\u00e9cr\u00e9ation<\/em>, revue publi\u00e9e par Hetzel \u00e0 partir de 1864), auquel collabore Hyppolyte Carnot, et <em>L&rsquo;Illustration<\/em> en 1843. Bien s\u00fbr, la r\u00e9volution de f\u00e9vrier 1848 voit na\u00eetre des journaux dont la plupart mourront apr\u00e8s celle de juin, et des saint-simoniens sont de l&rsquo;aventure : Jourdan avec <em>Les Nouvelles du jour<\/em>, qui deviennent <em>Le Spectateur r\u00e9publicain<\/em>, Barrault avec <em>Le Tocsin des travailleurs<\/em>, Eug\u00e9nie Niboyet avec <em>La Voix des femmes<\/em>, Bareste avec <em>La R\u00e9publique<\/em> ; Lechevalier est r\u00e9dacteur en chef de <em>La Paix<\/em>.<\/p>\n<p>Un destin particulier est celui d&rsquo;Adolphe Gu\u00e9roult, qui \u00e9crit dans <em>Le Temps, Le Journal des d\u00e9bats<\/em> et <em>La R\u00e9publique<\/em>, puis devient r\u00e9dacteur en chef de <em>La Presse<\/em> en 1858. Il cr\u00e9e <em>L&rsquo;Opinion nationale<\/em> en 1859, un des grands journaux qui soutiennent le Second Empire.<\/p>\n<p><strong>Quelques adresses<\/strong><\/p>\n<p>Terminons cette incursion dans l&rsquo;histoire du saint-simonisme en pr\u00e9sentant quelques lieux parisiens qui lui sont li\u00e9s.<\/p>\n<p>&#8211; Saint-Simon demeure 55 rue de la Loi vers 1790,<br \/>&#8211; il atterrit dans la prison de Saint-Lazare (6 cours de la ferme Saint-Lazare) apr\u00e8s son arrestation en novembre 1793, en partie erron\u00e9e car on le confond avec un autre, puis dans la prison du Luxembourg entre mai et octobre 1794. c&rsquo;est l\u00e0 que, raconte-t-il, Charlemagne lui appara\u00eet et lui demande d&rsquo;\u00eatre son h\u00e9ritier spirituel,<br \/>&#8211; il habite vers 1798 en face de l&rsquo;Ecole polytechnique,<br \/>&#8211; puis rue Vivienne en 1801, o\u00f9 il joue les \u00ab ma\u00eetres d&rsquo;h\u00f4tel de la science \u00bb en recevant le tout-Paris intellectuel et scientifique,<br \/>&#8211; au 26 rue des saints-P\u00e8res se tiennent vers 1828 des rencontres saint-simoniennes, dans l&rsquo;appartement d&rsquo;Hippolyte Carnot,<br \/>&#8211; la salle du 47 rue de Grenelle accueille des r\u00e9unions saint-simoniennes et fouri\u00e9ristes au d\u00e9but des ann\u00e9es 1830,<br \/>&#8211; les bureaux des fr\u00e8res P\u00e9reire sont situ\u00e9s 5 rue d&rsquo;Amsterdam sous le Second Empire,<br \/>&#8211; le 15 place Vend\u00f4me est le si\u00e8ge du Cr\u00e9dit mobilier des fr\u00e8res P\u00e9reire sous le Second Empire,<br \/>&#8211; les adresses d&rsquo;\u00c9douard Charton sont d\u00e9taill\u00e9es sur la page http:\/\/pageperso.aol.fr\/lagardehortensia : lorsqu\u2019il arrive \u00e0 Paris en 1827, il emm\u00e9nage dans une chambre 12 rue Taranne (c&rsquo;est depuis 1876 le c\u00f4t\u00e9 impair du boulevard Saint-Germain, entre la rue de Rennes et la rue des Saints-P\u00e8res), o\u00f9 il vit jusqu\u2019en 1835. L&rsquo;immeuble abrite le si\u00e8ge de deux soci\u00e9t\u00e9s qu&rsquo;il fr\u00e9quente : la Soci\u00e9t\u00e9 pour l&rsquo;Instruction \u00c9l\u00e9mentaire et la Soci\u00e9t\u00e9 de la Morale Chr\u00e9tienne. Il habite 7 rue de l\u2019Universit\u00e9 en 1835, puis, bri\u00e8vement, 19 quai Malaquais en 1839, puis 37 rue de Babylone entre 1840 et 1849, puis 2 de la rue Saint-Germain-des-Pr\u00e9s. Sa derni\u00e8re adresse parisienne est le 30 rue Bonaparte au num\u00e9ro 30.<\/p>\n<p><em>Sources :<\/em><br \/>&#8211; <em>Le Si\u00e8cle des saint-simoniens, du Nouveau christianisme au canal de Suez<\/em>, sous la direction de Nathalie Coilly et Philippe R\u00e9gnier, BNF, 2006, p. 67.<br \/>&#8211; <em>Saint-Simon, l&rsquo;utopie ou la raison en actes<\/em>, Olivier P\u00e9tr\u00e9-Grenouilleau, Payot,<br \/>&#8211; <em>Saint-Simon et le saint-simonisme<\/em>, par Pierre Musso, collection <em>Que sais-je ?<\/em>, n\u00b03468,<br \/>&#8211; <em>Les Voix de la libert\u00e9<\/em>, Michel Winock,<br \/>&#8211; base de donn\u00e9es du Paris r\u00e9volutionnaire de Philippe Boisseau.<\/p>\n<p>De nombreux \u00e9crits de Saint-Simon et sur le saint-simonisme sont accessibles depuis http:\/\/gallica2.bnf.fr.<\/p>\n\n\n<p>(1) : Qui se r\u00e9f\u00e8re explicitement \u00e0 Saint-Simon pour sa th\u00e9orie du d\u00e9p\u00e9rissement de l&rsquo;\u00c9tat, mais qualifie de \u00ab\u00a0pourriture saint-simonienne et d\u00e9mocratique\u00a0\u00bb le saint-simonisme, mais aussi&#8230; <em>Les Mis\u00e9rables<\/em> ; quant \u00e0 Fourier, ce sont les saint-simoniens qui vont chercher chez lui l&rsquo;id\u00e9e que l&rsquo;individu social doit \u00eatre un couple homme-femme.<br>(2) : Philippe Buchez, m\u00e9decin, ex-carbonaro comme Bazard &#8211; Bazard \u00e9tait en 1820 le principal organisateur du complot de Belfort, qui devait porter La Fayette au pouvoir. Particuli\u00e8rement soucieux du sort des plus pauvres, il quitte le mouvement saint-simonien fin 1829 et entra\u00eene quelques autres sous l&rsquo;appellation des \u00ab saint-simonistes \u00bb. \u00c9mules de Lamennais et d&rsquo;Ozanam, ils s&rsquo;orientent durant les ann\u00e9es 1830 vers une synth\u00e8se r\u00e9publicaine, socialiste et catholique de l&rsquo;action politique, pr\u00e9figurant le Sillon de Marc Sangnier.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Lorsque l&rsquo;on s&rsquo;int\u00e9resse au saint-simonisme, on se trouve devant deux grands paradoxes :&#8211; tout d&rsquo;abord, \u00ab\u00a0C&rsquo;est le monde [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":2224,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[3],"tags":[29,19,54],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/772"}],"collection":[{"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=772"}],"version-history":[{"count":6,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/772\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":6728,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/772\/revisions\/6728"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/2224"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=772"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=772"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=772"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}