{"id":778,"date":"2007-12-01T20:03:13","date_gmt":"2007-12-01T19:03:13","guid":{"rendered":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2007\/12\/01\/40-saint-simoniens-au-145-rue-de-menilmontant-en-1832\/"},"modified":"2024-06-09T13:27:53","modified_gmt":"2024-06-09T11:27:53","slug":"40-saint-simoniens-au-145-rue-de-menilmontant-en-1832","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2007\/12\/01\/40-saint-simoniens-au-145-rue-de-menilmontant-en-1832\/","title":{"rendered":"40 saint-simoniens au 145 rue de M\u00e9nilmontant en 1832"},"content":{"rendered":"<p>Enfantin enterre et discr\u00e9dite le saint-simonisme avec l&rsquo;exp\u00e9rience de M\u00e9nilmontant qui se termine mal. Les rescap\u00e9s du saint-simonisme \u2013 ceux qui ne suivent ni Enfantin en \u00c9gypte \u00e0 l&rsquo;automne 1833 ni Barrault en M\u00e9diterran\u00e9e &#8211; <em>\u00ab d\u00e9faits et amers, en sont de leur c\u00f4t\u00e9 r\u00e9duits \u00e0 d\u00e9poser leurs titres de l\u00e9gitimit\u00e9 et \u00e0 s&rsquo;essayer eux-m\u00eames de faire \u00e9cole et \u00c9glise, chacun pour soi, en ordre dispers\u00e9, sous peine d&rsquo;\u00eatre eux-aussi emport\u00e9s par la catastrophe. Le XIXe si\u00e8cle est peupl\u00e9 de saint-simoniens, illustres ou obscurs, qui, \u00e0 cause d&rsquo;Enfantin, ne se sont plus jamais r\u00e9clam\u00e9s de leur bapt\u00eame \u00bb <\/em>(<em>Le Si\u00e8cle des saint-simoniens, du Nouveau christianisme au canal de Suez<\/em>, p. 67).<\/p>\n<p>Revenons \u00e0 cette histoire qui se d\u00e9roule principalement entre avril et fin 1832.<\/p>\n<p>Si la religion telle que l&rsquo;envisage Bazard (qui a quitt\u00e9 le mouvement en novembre 1831) reste dans le droit fil du \u00ab\u00a0nouveau christianisme\u00a0\u00bb de <a href=\"https:\/\/www.terresdecrivains.org\/index.php\/2007\/01\/05\/saint-simon-et-les-saint-simoniens\/\">Saint-Simon<\/a> &#8211; rationnelle et m\u00eame rigoureuse et aust\u00e8re, proche d&rsquo;une m\u00e9taphysique inspir\u00e9e d&rsquo;Hegel et de Spinoza, sa fonction premi\u00e8re \u00e9tant d&rsquo;unifier les esprits au-del\u00e0 de tous les particularismes (\u00ab Sur les ruines du christianisme, il faut \u00e9difier une autre solidarit\u00e9 spirituelle. Durkheim en d\u00e9finira le but dans son cours sur le socialisme : \u00ab Sa v\u00e9ritable mission n&rsquo;est pas de d\u00e9tourner l&rsquo;esp\u00e8ce humaine de la r\u00e9alit\u00e9 temporelle [&#8230;], mais simplement de lui donner le sentiment de l&rsquo;unit\u00e9 du r\u00e9el [et] qu&rsquo;elle donne \u00e0 cette derni\u00e8re conscience de son unit\u00e9 \u00bb. En somme, une technocratie pr\u00e9sid\u00e9e par une th\u00e9ocratie &#8211; <em>Les Voix de la libert\u00e9<\/em>, Michel Winock) -, la conception d&rsquo;Enfantin, autre \u00ab\u00a0P\u00e8re\u00a0\u00bb du mouvement saint-simonien, d\u00e9borde de sentimentalisme et de th\u00e9ories sulfureuses qui ont pour origine en partie sa personnalit\u00e9 extravertie et son esprit de polytechnicien qui aime raisonner en deux ou trois dimensions, mais aussi les nouvelles questions pos\u00e9es au saint-simonisme confront\u00e9 \u00e0 son succ\u00e8s public. Pr\u00f4nant l&rsquo;am\u00e9lioration du sort des femmes, le mouvement voit en effet affluer des militantes en puissance qu&rsquo;il cherche \u00e0 int\u00e9grer d&rsquo;une fa\u00e7on conforme \u00e0 son discours. Saint-Simon, de fondateur d&rsquo;une \u00e9cole, est devenu simple pr\u00e9curseur.<\/p>\n<p>En 1831, Enfantin met ainsi sur le devant de la sc\u00e8ne une pr\u00e9occupation r\u00e9elle mais jusqu&rsquo;alors secondaire du mouvement saint-simonien : la r\u00e9conciliation de la chair et de l&rsquo;esprit. Cela lui permet de placer le discours sur un terrain o\u00f9 lui seul est ma\u00eetre et de se d\u00e9marquer de Bazard en le contournant \u2013 luxe supr\u00eame ! \u2013 par la gauche. Cette r\u00e9conciliation de la chair et de l&rsquo;esprit s&rsquo;entend spirituellement (r\u00e9concilier le paganisme &#8211; la chair &#8211; et le christianisme), sexuellement, g\u00e9opolitiquement (l&rsquo;Orient &#8211; la chair &#8211; et l&rsquo;Occident). En mati\u00e8re spirituelle, cela donne l&rsquo;institution de couples-pr\u00eatres mari\u00e9s, susceptibles selon Enfantin de se faire aimer selon la chair comme selon l&rsquo;esprit. Il instaure la mobilit\u00e9 amoureuse, qui doit s&rsquo;effectuer sous la direction du couple pr\u00eatre dirigeant, afin d&rsquo;\u00e9viter le libertinage.<\/p>\n<p>Il demande au mouvement de se mettre en attente de la femme-messie qui doit fonder avec lui, Enfantin, le premier couple-pr\u00eatre de la nouvelle religion. En avril 1832, Enfantin et 40 de ses \u00ab\u00a0fils\u00a0\u00bb &#8211; dont Chevalier et Barrault &#8211; emm\u00e9nagent donc 145 rue de M\u00e9nilmontant dans une grande propri\u00e9t\u00e9[[Dont il ne reste pratiquement rien aujourd&rsquo;hui, hormis un panonceau.]], non pas pour y cr\u00e9er un phalanst\u00e8re, mais pour attendre la femme-messie, s\u2019entra\u00eener pendant six mois et prendre des forces avant de partir agir dans le monde. Ils doivent, dit Enfantin, sortir de cette retraite \u00ab\u00a0imbrisables\u00a0\u00bb. Leur strat\u00e9gie est une prise du pouvoir non par la violence, mais plus progressive, par la formalisation de la doctrine et sa diffusion dans les m\u00e9dias et les \u00e9coles d\u2019ing\u00e9nieurs, et par la cr\u00e9ation de r\u00e9seaux de communication.<\/p>\n<p>En r\u00e9alit\u00e9, cette retraite est aussi motiv\u00e9e par des raisons pratiques : le mouvement est \u00e0 bout de forces, \u00e9reint\u00e9 par la surveillance polici\u00e8re et par le co\u00fbt de la diffusion gratuite du <em>Globe<\/em>, qui cesse de para\u00eetre en mai. Un objectif est attribu\u00e9 au groupe des 40 puis 50 disciples qui s&rsquo;installent avec Enfantin rue de M\u00e9nilmontant : \u00e9crire le \u00ab\u00a0Livre nouveau\u00a0\u00bb du saint-simonisme.<\/p>\n<p>Une discipline rigoureuse est impos\u00e9e afin de cadrer cette \u00e9lan. Une chastet\u00e9 temporaire est demand\u00e9e aux saint-simoniens. Ceux qui sont mari\u00e9s abandonnent leur femme le temps de cette retraite.<\/p>\n<p>Les fonctions de chacun sont r\u00e9gl\u00e9es pr\u00e9cis\u00e9ment selon un rythme de vie monastique et une r\u00e8gle : l&rsquo;abolition de toute hi\u00e9rarchie sociale. Ainsi, \u00e9crit Terson, un des disciples de M\u00e9nilmontant, <em>\u00ab\u00a0Un spectacle assez singulier, c&rsquo;est de voir les ma\u00eetres servir ceux qui furent leurs serviteurs. [&#8230;] Desloges, un ancien gar\u00e7on boucher charg\u00e9 de la buanderie, a sous ses ordres M. Franconi, fils d&rsquo;un riche colon am\u00e9ricain et M. Bertrand, ancien \u00e9tudiant. A table, Desloges re\u00e7oit la nourriture de M. Holstein au service duquel il \u00e9tait auparavant\u00a0\u00bb<\/em>. Parmi les membres de la colonie, on compte aussi Charles Lambert, qui cire et frotte les chaussures de ses compagnons. Cet ing\u00e9nieur partira bient\u00f4t enseigner en \u00c9gypte et deviendra directeur de l&rsquo;Ecole polytechnique du Caire. Il convertira au saint-simonisme Maxime du Camp, qui le rencontre au Caire en 1850.<\/p>\n<p>Les parisiens viennent observer ces curieux comportements le samedi et le dimanche. Des caricatures paraissent dans la presse, qui sont parfois sugg\u00e9r\u00e9es aux journalistes par les saint-simoniens eux-m\u00eames. Prenant le risque de s&rsquo;exposer \u00e0 la satire, ils veulent en effet frapper d\u00e9lib\u00e9r\u00e9ment les esprits.<\/p>\n<p>L&rsquo;\u00e9criture de ce \u00ab\u00a0Livre nouveau\u00a0\u00bb est un bel \u00e9chec, chacun s&rsquo;\u00e9puisant dans des discussions sans fin.<\/p>\n<p>1832 est aussi l&rsquo;ann\u00e9e qui voit le chol\u00e9ra d\u00e9cimer la capitale. Les saint-simoniens demandent \u00e0 Louis-Philippe de r\u00e9aliser un \u00ab\u00a0coup d&rsquo;Etat industriel\u00a0\u00bb pour assainir Paris en canalisant les eaux et en tra\u00e7ant des grandes rues dans l&rsquo;\u00e9cheveau des ruelles insalubres.<\/p>\n<p>Les saint-simoniens restent bien \u00e9trangers \u00e0 l&rsquo;insurrection r\u00e9publicaine de juin 1832 qui secoue la capitale et fournit \u00e0 Hugo le d\u00e9cor des <em>Mis\u00e9rables<\/em>. Le 29 juillet, ils d\u00e9filent en uniforme pour participer \u00e0 l&rsquo;enterrement de Bazard, d\u00e9c\u00e9d\u00e9 \u00e0 Courty (dans l&rsquo;actuelle Seine-et-Marne).<\/p>\n<p>La police les surveille et tente de limiter l\u2019affluence du public dans la maison. En juillet, Enfantin, Rodrigues, Barrault, Duveyrier et Chevalier sont arr\u00eat\u00e9s.<\/p>\n<p>En ao\u00fbt 1832, le mouvement est dissout par la justice et ses publications sont saisies. Enfantin, Chevalier et Duveyrier sont condamn\u00e9s \u00e0 un an de prison pour outrage aux bonnes m\u0153urs. La peine est confirm\u00e9e en d\u00e9cembre. Enfantin et Chevalier atterrissent \u00e0 Sainte-P\u00e9lagie. Duveyrier en est dispens\u00e9 pour raisons de sant\u00e9. Les pensionnaires de M\u00e9nilmontant quittent peu \u00e0 peu la retraite. Enfantin renonce \u00e0 \u00eatre le \u00ab\u00a0p\u00e8re supr\u00eame\u00a0\u00bb et des groupes de saint-simoniens se dispersent dans diff\u00e9rentes directions. C&rsquo;est \u00e0 cette \u00e9poque que l&rsquo;on voit certains arborer le collier saint-simonien.<\/p>\n<p>Sur le premier c\u00f4t\u00e9 : Le carr\u00e9 long repr\u00e9sente Saint-Simon ; les deux anneaux en cuivre ovale, Rouen et B\u00fbchez ; celui en cuivre rouge, Margerin ; la barre de fer d\u00e9signe Bazar, et les huit cha\u00eenons qui y sont attach\u00e9s, Jules Lechevalier, Transon, Carnot, Jean Reynaud, Leroux, Caseaux, Dugied, Resseguier ; suivent un anneau en cuivre rouge en m\u00e9moire de Bouffard, un autre en celui de Fournel ; un anneau de fer pour Lambert ; deux anneaux d\u2019acier brillans, pour Hoart et Bruneau ; un en cuivre pour Michel Chevalier. Sur le deuxi\u00e8me c\u00f4t\u00e9 : Un triangle fer bruni, en comm\u00e9moration d\u2019Eug\u00e8ne Rodrigues, d\u00e9c\u00e9d\u00e9 ; un anneau en fer repr\u00e9sentant Laurent ; un triangle cuivre rouge pour Olinde Rodrigues ; un anneau cuivre rouge pour St\u00e9phane Flachat ; un anneau plein en fer bruni pour Talabot, d\u00e9c\u00e9d\u00e9 ; deux anneaux en fer, l\u2019un pour Duveyrier, l\u2019autre pour d\u2019Eichtal ; et un en acier poli pour Barrault. La demi-sph\u00e8re qui est appendue \u00e0 ce collier est bomb\u00e9e d\u2019un c\u00f4t\u00e9 et plate de l\u2019autre. Le c\u00f4t\u00e9 bomb\u00e9 repr\u00e9sente le P\u00e8re ; autour de ces mots Le P\u00e8re, se trouvent cinq clous, qui sont Olivier, Holstein, Duguet, Alexis Petit et Paul Rochette. Sur le c\u00f4t\u00e9 plat est \u00e9crit : A la M\u00e8re (source : journal <em>L&rsquo;Echo de la Fabrique<\/em>, 1833).<\/p>\n<p>Enfantin a une illumination en prison : c&rsquo;est en Orient que la r\u00e9conciliation doit \u00eatre mise en oeuvre, en b\u00e2tissant des canaux de communication entre les pays.<\/p>\n<p>Enfantin est graci\u00e9 le 14 juillet 1833. Il rejoint ses camarades \u00e0 Alexandrie en octobre, leur demande d&rsquo;arr\u00eater de chercher la femme-messe-m\u00e8re-supr\u00eame et leur assigne un but plus pr\u00e9cis mais tout aussi ambitieux : percer le canal de Suez !<\/p>\n<p>Cette courte et singuli\u00e8re exp\u00e9rience de M\u00e9nilmontant aura certainement marqu\u00e9 ses participants. Il est singulier qu&rsquo;un grand nombre de ceux-ci soit appel\u00e9 \u00e0 occuper les cl\u00e9s du pouvoir \u00e9conomique, politique et m\u00e9diatique sous le Second empire, m\u00eame si l&rsquo;on peut en dire autant des ex-saint-simoniens qui ont quitt\u00e9 le mouvement en 1831.<\/p>\n<p>Michel Chevalier deviendra d\u00e9put\u00e9 et s\u00e9nateur et sera le conseiller \u00e9conomique de l&#8217;empereur ; son fr\u00e8re Auguste sera secr\u00e9taire de cabinet de Louis Bonaparte ; Charles Duveyrier sera une des grandes plumes politiques du Second empire, comme \u00c9mile Barrault qui, de fa\u00e7on \u00e9tonnante, sera un opposant au Second empire ; Henri Fournel poursuivra une carri\u00e8re de haut-fonctionnaire, Gustave d\u2019Eichtal sera un grand banquier aux c\u00f4t\u00e9s des P\u00e9reire, Rothschild et Laffitte, etc.<\/p>\n<p>Voici d&rsquo;autres \u00ab\u00a0ap\u00f4tres\u00a0\u00bb de M\u00e9nilmontant : Charles Lambert, L\u00e9on Simon, Bruneau, Hoart, Gustave d\u2019Eichtal, Adolphe Rigaud, Mo\u00efse Retouret, Antoine Olivier, Charles Duguet, Massol, Joseph Machereau, F\u00e9lix Tourneux, Rib\u00e9s, Paul Juttus, Jules Toche, Charles Penneserre, Victor Mercier, Dominique Lajan-Rog\u00e9, F\u00e9licien David, Casimir Cayol, Louis Desessarts, Raymond Bonheure, Victor Bertrand, Thomas Orbum, Desloges, Jean-Terson, Paul Rochette, Ren\u00e9 Rousseau, Pouyat, Alexis Petit, Ren\u00e9 Holstein. Edmond Talabot meurt du chol\u00e9ra \u00e0 M\u00e9nilmontant. Ses trois fr\u00e8res Paulin, Jules et L\u00e9on seront des acteurs majeurs du d\u00e9veloppement du r\u00e9seau ferr\u00e9 du Sud est et des docks de Marseille.<\/p>\n<p>On peut aussi pr\u00e9ciser qu&rsquo;Alexis Petit, apr\u00e8s avoir accompagn\u00e9 l&rsquo;exp\u00e9dition d&rsquo;Egypte en 1833, fondera \u00e0 Vauzelles pr\u00e8s de Nohant un \u00e9tablissement agricole saint-simonien dont l&rsquo;\u00e9chec \u00e9branlera sa raison.<\/p>\n<p>La carri\u00e8re d&rsquo;Enfantin n&rsquo;est pas finie pour autant. Il ressuscite en 1845 lorsque son ami Arl\u00e8s-Dufour l&rsquo;appelle aux affaires et l&rsquo;associe \u00e0 de vastes projets ferroviaires. Ne souhaitant rien effacer de l&rsquo;histoire, il l\u00e8gue \u00e0 la fin de sa vie ses archives \u00e0 la biblioth\u00e8que de l&rsquo;Arsenal.<\/p>\n<hr \/>\n<p>Voici un aper\u00e7u de la vie de la petite colonie (source : <em>L&rsquo;Echo de la Fabrique<\/em>) :<\/p>\n<p><em>Les ap\u00f4tres Saint-Simoniens habitent en ce moment une maison et un jardin tr\u00e8s-vaste, appartenant au p\u00e8re Enfantin, situ\u00e9s au sommet de la chauss\u00e9e de M\u00e9nil-Montant, pr\u00e8s Paris. Il ont fait de cette demeure un v\u00e9ritable paradis terrestre, sur une petite \u00e9chelle. Il n\u2019ont pas de domestiques, et se servent eux-m\u00eames avec une pr\u00e9cision rigoureuse. Nous allons en donner le d\u00e9tail extrait du Temps.<\/em><\/p>\n<p><em>MM. L\u00e9on Simon, traducteur de plusieurs ouvrages litt\u00e9raires et de m\u00e9decine, et Paul Rochette, ancien professeur de rh\u00e9torique, font la cuisine.<\/em><\/p>\n<p><em>M. L\u00e9on Talabot (c&rsquo;est une erreur, il s&rsquo;agit d&rsquo;Edmond. Ce n&rsquo;est sans doute pas la seule erreur de l&rsquo;article), ancien substitut du procureur du roi, \u00e9tait charg\u00e9 du lavage de la vaisselle. Cette fonction a ensuite \u00e9t\u00e9 exerc\u00e9e par M. Gustave d\u2019Eichtal, fils d\u2019un banquier : de ce dernier elle a pass\u00e9 \u00e0 M. Lambert, ancien \u00e9l\u00e8ve de l\u2019\u00e9cole polytechnique, apr\u00e8s lui \u00e0 M. le baron Charles Duveyrier, et aujourd\u2019hui \u00e0 M. Moise Retouret, jeune \u00e9l\u00e9gant dans le monde et pr\u00e9dicateur distingu\u00e9 parmi les Saint-Simoniens.<\/em><\/p>\n<p><em>M. Emile Barrault, ancien professeur \u00e0 l\u2019\u00e9cole de Sorr\u00e8ze, auteur d\u2019une assez bonne com\u00e9die en 5 actes et en vers, repr\u00e9sent\u00e9e en 1831 (la Crainte de l\u2019opinion), [8.1]est charg\u00e9 du cirage des bottes, aid\u00e9 de MM. Auguste Chevalier, ancien professeur de physique, et Duguet, avocat.<\/em><\/p>\n<p><em>M. Bruneau, ancien \u00e9l\u00e8ve de l\u2019\u00e9cole polytechnique, ex-capitaine d\u2019\u00e9tat-major, est charg\u00e9 de l\u2019entretien du linge, des v\u00eatemens, de la police g\u00e9n\u00e9rale, de la surveillance de la maison et du service de propret\u00e9.<\/em><\/p>\n<p><em>Les appartements sont frott\u00e9s par MM. Rigaud, docteur m\u00e9decin ; Holstein, fils d\u2019un n\u00e9gociant distingu\u00e9 ; le baron Charles Duveyrier, Pouyat et Bro\u00eb, anciens \u00e9tudians ; Charles Pennek\u00e8re, ancien courtier en librairie ; et Michel Chevalier, ancien \u00e9l\u00e8ve de l\u2019\u00e9cole polytechnique, ing\u00e9nieur des mines et directeur du Globe. Ce dernier est charg\u00e9 de l\u2019administration g\u00e9n\u00e9rale de la maison, et il fait le service de la table conjointement avec MM. Rigaud et Holstein.<\/em><\/p>\n<p><em>M. Desloges, ancien gar\u00e7on boucher, dirige la buanderie ; il a sous ses ordres M. Franconi, fils d\u2019un riche colon am\u00e9ricain, et M. Bertrand, ancien \u00e9tudiant.<\/em><\/p>\n<p><em>Le balayage des cours et de la rue est fait par MM. Gustave d\u2019Eichtal et Maschereau.<\/em><\/p>\n<p><em>M. Jean Terson, ancien pr\u00eatre catholique, est charg\u00e9 d\u2019\u00e9plucher les l\u00e9gumes, de mettre le couvert, et du menu d\u00e9tail de la maison.<\/em><\/p>\n<p><em>M. Alexis Petit, fils d\u2019un riche propri\u00e9taire, fournit la maison de chandelles, nettoie les chandeliers et veille \u00e0 l\u2019enl\u00e8vement des ordures.<\/em><\/p>\n<p><em>M. Enfantin, le p\u00e8re supr\u00eame, travaille au jardin, manie la pioche, la b\u00eache et le r\u00e2teau avec une vigueur peu ordinaire. MM. Henri Fournel, ex-directeur du creuset ; Raymond Bonheure, ancien professeur de dessin ; Justus, peintre, et Maschereau, dessinateur, sont charg\u00e9s du soin du jardin.<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Enfantin enterre et discr\u00e9dite le saint-simonisme avec l&rsquo;exp\u00e9rience de M\u00e9nilmontant qui se termine mal. 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