{"id":794,"date":"2008-01-17T10:21:25","date_gmt":"2008-01-17T09:21:25","guid":{"rendered":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2008\/01\/17\/julien-gracq-a-saint-florent-le-vieil-nantes-paris\/"},"modified":"2025-05-26T17:52:20","modified_gmt":"2025-05-26T15:52:20","slug":"julien-gracq-a-saint-florent-le-vieil-nantes-paris","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2008\/01\/17\/julien-gracq-a-saint-florent-le-vieil-nantes-paris\/","title":{"rendered":"Julien GRACQ \u00e0 Saint-Florent-le-Vieil, Nantes, Paris&#8230;"},"content":{"rendered":"<p><em>\u00ab\u00a0Apr\u00e8s tout, si la litt\u00e9rature n&rsquo;est pas pour le lecteur un r\u00e9pertoire de femmes fatales et de cr\u00e9atures de perdition, elle ne vaut pas qu&rsquo;on s&rsquo;en occupe.\u00a0\u00bb<\/em><br \/>\n<em>En lisant, en \u00e9crivant<\/em>, Jos\u00e9 Corti, 1980.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" class=\" aligncenter size-full wp-image-2228\" src=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2008\/01\/jpg_GracqStFlorent3.jpg\" alt=\"GracqStFlorent3.jpg\" width=\"550\" height=\"380\" align=\"middle\" srcset=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2008\/01\/jpg_GracqStFlorent3.jpg 550w, https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2008\/01\/jpg_GracqStFlorent3-300x207.jpg 300w\" sizes=\"(max-width: 550px) 94vw, 550px\" \/><\/p>\n<p>Entre <em>\u00ab\u00a0le plus grand \u00e9crivain fran\u00e7ais vivant\u00a0\u00bb<\/em> (ce n&rsquo;est plus le cas depuis le 22 d\u00e9cembre 2007) et <em>\u00ab\u00a0l&rsquo;ermite de Saint-Florent-le-Vieil\u00a0\u00bb<\/em> (c&rsquo;est faux. Gracq \u00e9tait grand voyageur et marcheur, en particulier dans les ann\u00e9es 1960 et 1970), les clich\u00e9s vont bon train pour figer en une image la figure de Julien Gracq &#8211; auteur \u00e0 la plume complexe il est vrai. Lui qui disait, justement (entretien avec Michel Mitrani, dans l&rsquo;\u00e9mission <em>Un Si\u00e8cle d&rsquo;\u00e9crivains<\/em> consacr\u00e9e \u00e0 Gracq) : <em>\u00ab\u00a0Tout ce qui est biographie n&rsquo;est important que si l&rsquo;oeuvre l&rsquo;admet au d\u00e9part, si elle est consonante avec son exp\u00e9rience. Tout le reste est rejet\u00e9\u00a0\u00bb<\/em> (Cit\u00e9 dans le dossier sur Gracq r\u00e9alis\u00e9 en 1997 par le r\u00e9seau des librairies Initiales, en ligne sur www.initiales.org\/Julien-Gracq.html).<\/p>\n<p>N\u00e9 en 1910 \u00e0 Saint-Florent-le-Vieil, Louis Poirier va \u00e0 l&rsquo;\u00e9cole du village. Il d\u00e9couvre Jules Verne en \u00e9dition de poche (mode d&rsquo;\u00e9dition qu&rsquo;il refusera toujours pour lui-m\u00eame, pour des raisons que nous interpr\u00e9tons mal peut-\u00eatre, mais qui semblent li\u00e9es \u00e0 l&rsquo;effort demand\u00e9 au lecteur pour aller vers l&rsquo;oeuvre). Il devient en 1921 interne au lyc\u00e9e Clemenceau \u00e0 Nantes, quittant la maison familiale avec une difficult\u00e9 que l&rsquo;on imagine. Il se r\u00e9fugie dans Dumas, Poe, Nerval, Stendhal.<\/p>\n<p>Le voil\u00e0 \u00e0 Paris en 1928, pensionnaire au lyc\u00e9e Henri IV. Alain est son professeur de philosophie. Puis l&rsquo;Ecole normale rue d&rsquo;Ulm, \u00e0 partir de 1930, o\u00f9 il \u00e9tudie la g\u00e9ographie et se lie avec Henri Queff\u00e9lec qui lui fait aimer la Bretagne.<\/p>\n<p>Nantes le revoit comme soldat (pour son service militaire) puis comme professeur d&rsquo;histoire. Il enseigne \u00e0 Quimper en 1937. Son premier roman \u00e9dit\u00e9 est <em>Au Ch\u00e2teau d&rsquo;Argol<\/em>, publi\u00e9 cette ann\u00e9e-l\u00e0 par Jos\u00e9 Corti auquel il restera fid\u00e8le. 150 exemplaires vendus. Il a choisi Gracq pour la fa\u00e7on dont le nom r\u00e9sonne, et Julien pour Julien Sorel.<\/p>\n<p>Il se lie en 1939 avec un de ses lecteurs, Andr\u00e9 Breton, dont la <em>Nadja<\/em> l&rsquo;avait impressionn\u00e9 en 1932. Gracq fait un bout de chemin avec les surr\u00e9alistes, mais pas trop car il se m\u00e9fie des mouvements et des partis.<\/p>\n<p>En 1939-1940, la guerre le conduit en Moselle, dans les Flandres et en Hollande, alimentant son imagination en paysages qu&rsquo;il recr\u00e9era en fiction. Emprisonn\u00e9 puis lib\u00e9r\u00e9, il enseigne \u00e0 Amiens, Angers, \u00e0 l&rsquo;universit\u00e9 de Caen \u00e0 partir de 1941, et au lyc\u00e9e Claude-Bernard \u00e0 Paris \u00e0 partir de 1947 et jusqu&rsquo;\u00e0 sa retraite en 1970.<\/p>\n<figure id=\"attachment_2229\" aria-describedby=\"caption-attachment-2229\" style=\"width: 530px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" class=\" aligncenter size-full wp-image-2229\" title=\"Saint-Florent et les bords de la Loire\" src=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2008\/01\/jpg_GracqStFlorent1.jpg\" alt=\"Saint-Florent et les bords de la Loire\" width=\"530\" height=\"350\" align=\"middle\" srcset=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2008\/01\/jpg_GracqStFlorent1.jpg 530w, https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2008\/01\/jpg_GracqStFlorent1-300x198.jpg 300w\" sizes=\"(max-width: 530px) 94vw, 530px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-2229\" class=\"wp-caption-text\">Saint-Florent et les bords de la Loire<\/figcaption><\/figure>\n<p>Il quitte Paris pour Saint-Florent en 1990. Son retrait de la vie litt\u00e9raire mondaine (Gracq avait refus\u00e9 le prix Goncourt en 1951 pour <em>Le rivage des Syrtes<\/em>, coh\u00e9rent avec lui-m\u00eame ; il avait en effet peint un tableau acerbe des moeurs litt\u00e9raires l&rsquo;ann\u00e9e pr\u00e9c\u00e9dente dans <em>La litt\u00e9rature \u00e0 l&rsquo;estomac<\/em>) ne signifie pas retrait du \u00ab\u00a0monde fascinant et invivable\u00a0\u00bb (<em>Pr\u00e9f\u00e9rences<\/em>, Jos\u00e9 Corti, 1961) dans lequel nous vivons. C&rsquo;est pour mieux l&rsquo;entendre, le sentir et le voir en toute libert\u00e9 que l&rsquo;\u00e9crivain-marcheur se retire dans son village natal.<\/p>\n<p>Tout pr\u00e8s de chez lui, l&rsquo;hostellerie de la Gabelle &#8211; sur les rives de cette Loire o\u00f9 les villages qui la longent \u00e9taient autant d&rsquo;\u00e9tapes pour les contrebandiers du sel &#8211; lui r\u00e9serve une table et le marchand de journaux re\u00e7oit sa visite.<\/p>\n<figure id=\"attachment_2230\" aria-describedby=\"caption-attachment-2230\" style=\"width: 510px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" class=\" aligncenter size-full wp-image-2230\" title=\"La maison de Julien Gracq est \u00e0 droite, dans le bas de la rue du Grenier-\u00e0-sel. De l\u00e0, Gracq pouvait appareiller en esprit quand il le voulait.\" src=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2008\/01\/jpg_GracqStFlorent2.jpg\" alt=\"La maison de Julien Gracq est \u00e0 droite, dans le bas de la rue du Grenier-\u00e0-sel. De l\u00e0, Gracq pouvait appareiller en esprit quand il le voulait.\" width=\"510\" height=\"380\" align=\"middle\" srcset=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2008\/01\/jpg_GracqStFlorent2.jpg 510w, https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2008\/01\/jpg_GracqStFlorent2-300x224.jpg 300w\" sizes=\"(max-width: 510px) 94vw, 510px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-2230\" class=\"wp-caption-text\">La maison de Julien Gracq est \u00e0 droite, dans le bas de la rue du Grenier-\u00e0-sel. De l\u00e0, Gracq pouvait appareiller en esprit quand il le voulait.<\/figcaption><\/figure>\n<p>Sources :<br \/>\n&#8211; www.initiales.org\/visuels\/pdf\/Gracq.pdf<br \/>\n&#8211; <a href=\"http:\/\/www.tierslivre.net\/spip\/spip.php?article230\">www.tierslivre.net\/spip\/spip.php?article230<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00ab\u00a0Apr\u00e8s tout, si la litt\u00e9rature n&rsquo;est pas pour le lecteur un r\u00e9pertoire de femmes fatales et de cr\u00e9atures [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":2228,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[2],"tags":[21],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/794"}],"collection":[{"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=794"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/794\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":4673,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/794\/revisions\/4673"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/2228"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=794"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=794"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=794"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}