{"id":80,"date":"2003-08-19T22:27:43","date_gmt":"2003-08-19T20:27:43","guid":{"rendered":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2003\/08\/19\/theophile-gautier-a-paris-et-neuilly\/"},"modified":"2026-01-11T15:29:23","modified_gmt":"2026-01-11T14:29:23","slug":"theophile-gautier-a-paris-et-neuilly","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2003\/08\/19\/theophile-gautier-a-paris-et-neuilly\/","title":{"rendered":"Th\u00e9ophile GAUTIER \u00e0 Paris et Neuilly"},"content":{"rendered":"<div align=\"right\"><b><i>\u00ab\u00a0Un article, une page,<br \/>\nc&rsquo;est une chose de premier coup.<br \/>\nJe ne pense pas \u00e0 ce que je vais \u00e9crire.<br \/>\nJe jette mes phrases en l&rsquo;air<br \/>\ncomme des chats,<br \/>\nje suis s\u00fbr qu&rsquo;elles retomberont sur leurs pattes.\u00a0\u00bb<br \/>\n<\/i><br \/>\nGautier aux fr\u00e8res Goncourt.<\/b><\/div>\n<p>Le p\u00e8re du <em>Capitaine Fracasse<\/em> (gestation : une trentaine d&rsquo;ann\u00e9es !) partage avec Baudelaire &#8211; qui se d\u00e9clare son disciple &#8211; et Hugo &#8211; qui est son ma\u00eetre &#8211; une passion pour la peinture et le dessin. L&rsquo;image inspire leur plume, lui donnant, d&rsquo;un c\u00f4t\u00e9, une dimension souvent fantastique et, de l&rsquo;autre, un style qui recherche dans la forme et la sonorit\u00e9 des mots l&rsquo;harmonie des lignes et des couleurs.<\/p>\n<p>On les verra souvent critiques d&rsquo;art (pour Gautier, c&rsquo;est aussi un moyen de gagner sa vie), ou prenant eux-m\u00eames le crayon et le pinceau pour croquer leur entourage ou un paysage.<\/p>\n<p>Gautier fr\u00e9quente l&rsquo;atelier du peintre Rioult, rue Saint-Antoine \u00e0 Paris, pr\u00e8s du coll\u00e8ge Charlemagne o\u00f9 il est externe en 1822-23, et cr\u00e9e bient\u00f4t le \u00ab\u00a0C\u00e9nacle\u00a0\u00bb avec des amis artistes. Il pense devenir peintre&#8230; jusqu&rsquo;\u00e0 ce qu&rsquo;il rencontre Hugo (gr\u00e2ce \u00e0 Nerval, qu&rsquo;il a connu \u00e0 Charlemagne), en juin 1829, six mois avant la \u00ab\u00a0bataille d&rsquo;Hernani\u00a0\u00bb, et d\u00e9cide, par go\u00fbt, myopie et insuffisance de talents picturaux, de pr\u00e9f\u00e9rer les vers \u00e0 la peinture.<\/p>\n<p>Son histoire est celle d&rsquo;un provincial venu \u00e0 Paris malgr\u00e9 lui :<\/p>\n<p>&#8211; Il na\u00eet \u00e0 <a href=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2004\/01\/14\/tarbes-ville-natale-de-theophile-gautier\/\">Tarbes<\/a>, le 31 ao\u00fbt 1811. En 1814, \u00e0 sa grande tristesse, sa famille monte \u00e0 Paris car son p\u00e8re, fonctionnaire, y est appel\u00e9 par le nouveau gouvernement de Louis XVIII.<br \/>\n&#8211; Apr\u00e8s une adresse rue Vieille du Temple et une autre 4 rue du Parc-Royal, Th\u00e9ophile habite entre 1828 et 1833 (ou 34 ?) avec ses parents, 8 place Royale (place des Vosges). Il a pour voisin Hugo (qui r\u00e9side au 6 de 1832 \u00e0 1848), et c&rsquo;est l\u00e0 qu&rsquo;il commencera <em>Mademoiselle de Maupin<\/em>, roman fantastique, et \u00e9crira <em>La Larme du diable<\/em>, devenant en m\u00eame temps journaliste.<\/p>\n<p>Ses parents le soutiennent dans ses entreprises litt\u00e9raires. Son p\u00e8re, fervent d\u00e9fenseur du romantisme, ne laisse Th\u00e9ophile sortir de sa chambre que lorsqu&rsquo;il a \u00e9crit dix pages nouvelles de <em>Mademoiselle de Maupin<\/em>.<\/p>\n<p>Reste que Th\u00e9ophile ne sera jamais vraiment romantique. Dans sa pr\u00e9face \u00e0 Mademoiselle de Maupin, il d\u00e9crit sa doctrine de l&rsquo;art pour l&rsquo;art : l&rsquo;art se suffit \u00e0 lui-m\u00eame, sans qu&rsquo;il veuille r\u00e9former la politique et la soci\u00e9t\u00e9.<br \/>\n&#8211; Quand ses parents d\u00e9m\u00e9nagent \u00e0 Passy, il s&rsquo;installe rue du Doyenn\u00e9, o\u00f9 ses voisins, impasse du Doyenn\u00e9, sont Nerval et Houssaye.<\/p>\n<p>Gr\u00e2ce \u00e0 Balzac, il place des r\u00e9cits dans <em>La chronique de Paris<\/em>. Puis il collabore au <em>Figaro<\/em>, qu&rsquo;il alimente de feuilletons dramatiques, et \u00e0 <em>La Presse<\/em> nouvellement cr\u00e9\u00e9e, qu&rsquo;il alimente de chroniques litt\u00e9raires, dramatiques, musicales et artistiques entre 1836 et 1855.<br \/>\n&#8211; En 1840-1841, il habite 14[[Ou 13 ?]] rue de Navarin \u00e0 Montmartre, avec Nerval.<br \/>\n&#8211; Sans doute entre 1845 et 48, il habite 17 quai d&rsquo;Anjou, dans l&rsquo;h\u00f4tel de Pimodan, devenu de Lauzun, o\u00f9 il fonde le Club des haschichins (titre de la nouvelle parue en 1846 dans la <em>Revue des Deux mondes<\/em>). L&rsquo;objectif du club est clair : il s&rsquo;agit de trouver \u00ab\u00a0l&rsquo;\u00e9lectricit\u00e9 intellectuelle\u00a0\u00bb dans les vapeurs et les fum\u00e9es. C&rsquo;est l\u00e0 qu&rsquo;en 1845 Gautier fait connaissance avec Baudelaire, qui habitera plus tard ce m\u00eame h\u00f4tel.<br \/>\n&#8211; En 1857, sur le conseil des directeurs du <em>Moniteur universel<\/em> &#8211; journal d&rsquo;un r\u00e9gime imp\u00e9rial que Gautier respecte -, il quitte un 5e \u00e9tage de la rue de la Grange-Bateli\u00e8re et s&rsquo;installe avec sa femme et leurs deux filles 32 rue de Longchamp, \u00e0 Neuilly, dans une belle maison lou\u00e9e (que la promotion immobili\u00e8re a jusqu&rsquo;\u00e0 aujourd&rsquo;hui \u00e9pargn\u00e9e). Une petite surface, mais trois \u00e9tages et un vaste jardin en contrebas, disparu depuis.<\/p>\n<p>L&rsquo;\u00e9crivain garde tout de m\u00eame, en 1857-58, un pied \u00e0 terre parisien, 35 rue de Grammont.<\/p>\n<p>La maison de Neuilly est ouverte en permanence \u00e0 tous ses amis. Gautier, gros mangeur, les r\u00e9gale parfois lui-m\u00eame d&rsquo;une bonne recette.<br \/>\n&#8211; Toutes ces ann\u00e9es, il fr\u00e9quente 21 rue de S\u00e8vres le salon de Louise Colet, l&rsquo;amante de Flaubert, les r\u00e9ceptions de La Pa\u00efva, 25 avenue des Champs Elys\u00e9es, ainsi que le salon de la Princesse Mathilde, \u00e0 Paris &#8211; 24 rue de Courcelles &#8211; et \u00e0 Saint-Gratien. La guerre de 1870 et la Commune le poussent \u00e0 quitter Neuilly pour Paris, 12 rue de Beaune, puis Versailles, o\u00f9 il se r\u00e9fugie 3 avenue de Saint-Cloud pendant la Commune. Pendant cette derni\u00e8re, la maison de Neuilly est endommag\u00e9e par les bombardements.<\/p>\n<p>Pris dans des soucis financiers permanents (malgr\u00e9 le salaire de biblioth\u00e9caire imaginaire que lui verse la princesse Mathilde, il ne sait pas g\u00e9rer), malade, il regagne Neuilly au printemps 1871 et meurt en dormant le 23 octobre 1872.<br \/>\n&#8211; Il a \u00e9galement habit\u00e9 rue Rougemont.<\/p>\n<p><strong>Autres demeures de l&rsquo;auteur<\/strong><\/p>\n<p>Signalons seulement quelques pays travers\u00e9s par Th\u00e9ophile :<br \/>\n&#8211; l&rsquo;Espagne (1840),<br \/>\n&#8211; l&rsquo;Alg\u00e9rie (1845),<br \/>\n&#8211; l&rsquo;Italie (1850),<br \/>\n&#8211; la Gr\u00e8ce et la Turquie (1852),<br \/>\n&#8211; la Russie (1858),<br \/>\n&#8211; l&rsquo;Egypte (1862).<\/p>\n<p><strong>Pour visiter le lieu<\/strong><\/p>\n<p>La maison de Neuilly est toujours l\u00e0, signal\u00e9e par une plaque. L&rsquo;int\u00e9rieur a chang\u00e9 depuis l&rsquo;\u00e9poque de Gautier. Elle n&rsquo;est pas ouverte au public.<\/p>\n<p><strong>\u00c0 voir aux alentours<\/strong><\/p>\n<p>Des \u00e9crivains qui ont habit\u00e9 Neuilly ou les environs :<br \/>\n&#8211; <a href=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2003\/08\/13\/charles-baudelaire-a-paris-et-honfleur\/\">Baudelaire<\/a>, qui a habit\u00e9 Neuilly,<br \/>\n&#8211; <a href=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2003\/08\/29\/jean-paul-sartre\/\">Sartre<\/a>, qui a enseign\u00e9 au lyc\u00e9e Pasteur,<br \/>\n&#8211; <a href=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2003\/08\/19\/joseph-kessel\/\">Kessel<\/a>, qui a v\u00e9cu rue Quentin-Bauchart \u00e0 Paris,<br \/>\n&#8211; <a href=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2003\/08\/13\/honore-de-balzac\/\">Balzac<\/a> (rue Raynouard),<br \/>\n&#8211; <a href=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2003\/08\/28\/guy-de-maupassant-a-paris-chatou-poissy\/\">Maupassant<\/a>, lorsqu&rsquo;il vit rue du Boccador,<br \/>\n&#8211; <a href=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2003\/08\/14\/charles-dickens-a-paris\/\">Dickens<\/a> et <a href=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2003\/08\/29\/emile-zola-2\/\">Zola<\/a>, lorsqu&rsquo;ils fr\u00e9quentent les Champs-Elys\u00e9es,<br \/>\n&#8211; <a href=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2003\/08\/19\/victor-hugo-5\/\">Hugo<\/a>, lorsqu&rsquo;il meurt 124 avenue&#8230; Victor Hugo,<br \/>\n&#8211; et Paul Val\u00e9ry&#8230; 40 rue Paul Val\u00e9ry.<\/p>\n<p><strong>Petite bibliographie<\/strong><br \/>\n<em>Le bulletin de la Soci\u00e9t\u00e9 Th\u00e9ophile Gautier<\/em>.<br \/>\n<em>La maison de Th\u00e9ophile Gautier<\/em>. Article de Paul Guilly dans <em>Demeures inspir\u00e9es et sites romanesques<\/em>, tome IV, Editions de l&rsquo;Illustration. Paul-Emile Cadilhac et Robert Coiplet.<br \/>\n<em>La princesse Mathilde ou la chatelaine de Saint-Gratien<\/em>. Article de Jean des Cars dans <em>Balades en Val d&rsquo;Oise sur les pas des \u00e9crivains<\/em>, pr\u00e9sent\u00e9es par Marie-No\u00eblle Craissati aux <a href=\"http:\/\/www.alexandrines.fr\">\u00c9ditions Alexandrines<\/a>.<br \/>\n<em>Les \u00e9crivains du Marais<\/em>. Promenade litt\u00e9raire autour de la Place Royale. Le Promeneur des Lettres (01 40 50 30 95).<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00ab\u00a0Un article, une page, c&rsquo;est une chose de premier coup. 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