{"id":809,"date":"2008-06-20T12:24:18","date_gmt":"2008-06-20T10:24:18","guid":{"rendered":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2008\/06\/20\/joseph-roth-a-paris-1933-1939-debut\/"},"modified":"2025-08-17T14:51:42","modified_gmt":"2025-08-17T12:51:42","slug":"joseph-roth-a-paris-1933-1939-debut","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2008\/06\/20\/joseph-roth-a-paris-1933-1939-debut\/","title":{"rendered":"Joseph ROTH \u00e0 Paris (1933-1939) &#8211; D\u00e9but"},"content":{"rendered":"<p><strong>30 janvier 1933<br \/>\n<\/strong>Roth part \u00e0 Paris, comme pr\u00e9vu, avec Andrea Manga Bell (fille d\u2019un pianiste noir cubain et d\u2019une allemande, elle \u00e9pousa le roi du Cameroun, plus tard d\u00e9put\u00e9 fran\u00e7ais). Pendant sa liaison avec Roth, elle l\u2019aida dans son travail en dactylographiant plusieurs de ses romans.]] et ses deux enfants. Ils habitent d\u2019abord \u00e0 l\u2019h\u00f4tel Jacob puis, \u00e0 partir de mars, \u00e0 l\u2019h\u00f4tel Foyot o\u00f9 ils avaient d\u00e9j\u00e0 r\u00e9sid\u00e9 auparavant.<\/p>\n<p><strong>30 janvier 1933<br \/>\n<\/strong>Allemagne : le pr\u00e9sident du Reich, Paul Hindenburg, nomme Adolf Hitler, chef du NSDAP, chancelier du Reich.<br \/>\nDans un bref d\u00e9lai, de nouvelles lois sont promulgu\u00e9es pour renforcer les pouvoirs du parti au pouvoir et restreindre les droits d\u2019une partie des citoyens. Ces lois conduisent \u00e0 la discrimination, \u00e0 l\u2019interdiction professionnelle, \u00e0 l\u2019arrestation, la captivit\u00e9 et au meurtre des opposants et, en particulier, des juifs.<br \/>\nLe gouvernement d\u2019Hitler d\u00e9veloppe de nouvelles m\u00e9thodes de manipulation intensive de l\u2019opinion publique \u00e0 l\u2019aide des m\u00e9dias. Au fil des ans, les autres grandes puissances comme la France et l\u2019Angleterre laissent agir les gouvernants allemands ; l\u2019Italie fasciste soutient la politique de l\u2019Allemagne et ses vis\u00e9es expansionnistes, qu\u2019elle concr\u00e9tise pour sa part en Abyssinie et en Albanie.<br \/>\nBien que Roth soit citoyen autrichien, il ne peut \u2013 ni ne veut \u2013 plus se rendre en Allemagne, d\u2019autant plus qu\u2019il est connu pour son opposition v\u00e9h\u00e9mente aux nazis. Il traverse alors une crise financi\u00e8re et d\u2019identit\u00e9.<br \/>\nAndrea Manga Bell, avec laquelle Roth a d\u00e9j\u00e0 v\u00e9cu \u00e0 Berlin, le suit avec ses deux enfants. Roth s\u2019engage dans l\u2019aide aux r\u00e9fugi\u00e9s d\u2019Allemagne.<\/p>\n<p><strong>F\u00e9vrier 1933<br \/>\n<\/strong>Discussion sur la qualit\u00e9 de la traduction fran\u00e7aise de <em>La marche de Radetzky<\/em> par Blanche Gidon avec l\u2019int\u00e9ress\u00e9e et Pierre Bertaux, sp\u00e9cialiste des litt\u00e9ratures fran\u00e7aise et allemande, qui tient lieu de mentor \u00e0 Roth.<\/p>\n<p><strong>Printemps 1933<br \/>\n<\/strong>Chez les \u00e9diteurs n\u00e9erlandais Querido et Allert de Lange, des sections allemandes sont cr\u00e9\u00e9es pour servir de maison d\u2019\u00e9dition aux exil\u00e9s. Elles sont toutes les deux dirig\u00e9es par des collaborateurs de haut niveau de l\u2019\u00e9diteur berlinois Kiepenheuer qui se s\u00e9pare de ses auteurs juifs. Par l\u2019interm\u00e9diaire de la soci\u00e9t\u00e9 Orcovente, fond\u00e9e en Suisse, les droits d\u2019auteur pour l\u2019\u00e9tranger de Roth peuvent \u00eatre sauv\u00e9s. Gr\u00e2ce \u00e0 Hermann Kesten (1) et Walter Landauer (2) (Allert de Lange) et Fritz Landshoff (3) (Querido), Roth entre en relations d\u2019affaires avec les deux \u00e9diteurs.<br \/>\nRoth travaille \u00e0 la nouvelle <em>Le chef de gare Fallmerayer<\/em> qui para\u00eet dans un recueil avec des nouvelles d\u2019autres auteurs de langue allemande en exil, \u00e9dit\u00e9 par Hermann Kesten. Roth commence \u00e0 travailler pour diff\u00e9rentes revues d\u2019exil\u00e9s, entre autres, <em>Das neue Tagebuch<\/em> et le <em>Pariser Tagblatt<\/em>, puis son successeur, la <em>Pariser Tageszeitung<\/em>.<\/p>\n<p><strong>10 mai 1933<br \/>\n<\/strong>\u00c0 Berlin, les nazis br\u00fblent des livres d\u2019auteurs \u00ab interdits \u00bb.<br \/>\nLa premi\u00e8re liste d\u2019ouvrages interdits par le troisi\u00e8me Reich comprend tout l\u2019\u0153uvre d\u00e9j\u00e0 publi\u00e9 de Roth. Avec cette mise au ban, il perd une grande partie de son public en tant qu\u2019auteur et journaliste.<\/p>\n<p><strong>2 juillet 1933<br \/>\n<\/strong>Offres diverses. L\u2019\u00e9diteur am\u00e9ricain Ben Huebsch (Viking Press) vend les droits cin\u00e9matographiques du livre <em>Hiob<\/em> (en fran\u00e7ais <em>Le poids de la gr\u00e2ce<\/em>). Ce n\u2019est pas Roth, \u00e0 Paris, mais l\u2019\u00e9diteur Kienpenheuer, \u00e0 Berlin, qui per\u00e7oit les honoraires, \u00e0 l\u2019indignation de l\u2019auteur.<\/p>\n<p><strong>27 juillet 1933<br \/>\n<\/strong>Contrat avec l\u2019\u00e9diteur Allert de Lange pour le livre Les juifs et leurs antis\u00e9mites (qui deviendra L\u2019Ant\u00e9christ).<\/p>\n<p><strong>Ao\u00fbt 1933<br \/>\n<\/strong>Roth passe quelques jours chez Stefan et Friederike Zweig \u00e0 Salzbourg. Il se rend ensuite \u00e0 Rapperswill en Suisse. En septembre, il rencontre \u00e0 Z\u00fcrich Dorothy Thompson, la traductrice de la version anglaise de <em>Hiob<\/em>.<\/p>\n<p><strong>Automne 1933<br \/>\n<\/strong>Parution des traductions am\u00e9ricaine et norv\u00e9gienne de <em>La marche de Radetzky<\/em> et de la traduction britannique de <em>Hiob<\/em>.<\/p>\n<p><strong>Fin novembre 1933<br \/>\n<\/strong>Roth ach\u00e8ve \u00e0 Rapperswill le roman Tarabas qui doit para\u00eetre avant No\u00ebl chez l\u2019\u00e9diteur Querido. \u00c0 Amsterdam, Roth n\u00e9gocie le contrat d\u2019un nouveau roman.<br \/>\nDans la revue d\u2019exil\u00e9s <em>Die Sammlung<\/em>, \u00e9dit\u00e9e par Klaus Mann (Querido, 1933-1935), para\u00eet un extrait de <em>Tarabas<\/em>.<\/p>\n<p><strong>D\u00e9cembre 1933<br \/>\n<\/strong>Corrections de <em>Tarabas<\/em>. \u00c0 Amsterdam, Roth souffre de d\u00e9faillances (vraisemblablement physiques) et se rend ivre \u00e0 un rendez-vous avec Gerard de Lange. Il rentre \u00e0 Paris et s\u2019installe \u00e0 l\u2019h\u00f4tel Foyot. Il doit terminer <em>Les juifs et leurs antis\u00e9mites<\/em> avant le 31 mars 1934 pour assurer ses revenus des trois prochains mois. Le livre, qui prend pour titre d\u00e9finitif <em>L\u2019Ant\u00e9christ<\/em> en janvier, est achev\u00e9 dans les d\u00e9lais.<br \/>\n\u00c0 Vienne, Friederike Roth est intern\u00e9e \u00e0 l\u2019h\u00f4pital psychiatrique Am Steinhof ; elle vivait d\u00e9j\u00e0 en institution ferm\u00e9e depuis 1930 apr\u00e8s avoir \u00e9t\u00e9 soign\u00e9e chez des particuliers \u00e0 Berlin et \u00e0 Vienne.<\/p>\n<p><strong>Janvier-f\u00e9vrier 1934<br \/>\n<\/strong>Roth, malade, ne peut \u00e9crire et demande de l\u2019argent \u00e0 Stefan Zweig.<\/p>\n<p><strong>F\u00e9vrier-juin 1934<br \/>\n<\/strong>La guerre civile en Autriche conduit \u00e0 l\u2019interdiction des partis de gauche. En avril, le Parlement est dissout, le gouvernement du chancelier Engelbert Dollfu\u00df gouverne par ordonnances et modifie la constitution. En mai, la nouvelle constitution entre en vigueur et fonde l\u2019\u00c9tat \u00ab corporatiste \u00bb.<br \/>\nApr\u00e8s plusieurs attentats, les nazis autrichiens tentent un putsch le 25 juillet 1934 : il \u00e9choue mais Dollfu\u00df est assassin\u00e9. Kurt Schuschnigg devient chancelier.<br \/>\nLes putschistes nazis sont ex\u00e9cut\u00e9s mais les militants \u00ab ill\u00e9gaux \u00bb et certains hauts dignitaires gouvernementaux, comme le vice-chancelier Starhemberg poursuivent la politique d\u2019intimidation et d\u2019id\u00e9ologisation de la population dans un sens favorable \u00e0 l\u2019extr\u00eame-droite.<\/p>\n<p><strong>Mars 1934<br \/>\n<\/strong>La traduction du roman <em>La marche de Radetzky<\/em> par Blanche Gidon para\u00eet chez l\u2019\u00e9diteur parisien Plon.<\/p>\n<p><strong>Printemps 1934<br \/>\n<\/strong>Travail \u00e0 des nouvelles qui doivent para\u00eetre en recueil. <em>Le buste de l\u2019empereur<\/em> et Triomphe de la beaut\u00e9, traduites en fran\u00e7ais, sont publi\u00e9es en revue.<br \/>\nLe roman <em>Tarabas, un h\u00f4te sur cette terre<\/em>, para\u00eet chez l\u2019\u00e9diteur Querido.<br \/>\nN\u00e9gociations au sujet de parutions en anglais. Les dettes de Roth s\u2019accumulent. Un nouveau roman doit \u00eatre termin\u00e9 pour octobre. Roth part \u00e0 Marseille o\u00f9 il souhaiterait travailler quelques jours dans le calme.<\/p>\n<p><strong>11 juillet 1934<br \/>\n<\/strong>Roth part \u00e0 Nice avec Andrea Manga Bell o\u00f9, dans un premier temps, invit\u00e9s par Kesten, ils partagent la maison du 119, promenade des Anglais avec Hermann et Toni Kesten ainsi que Heinrich Mann et Nelly Kr\u00f6ger.<br \/>\nRoth \u00e9crit le roman <em>Les Cent jours<\/em>. Il rencontre Stefan et Friederike Zweig (4), Ludwig Marcuse (\u00e0 ne pas confondre avec Herbert, nettement plus connu), Schalom Asch, Ren\u00e9 Schickele, Valeriu Marcu et d\u2019autres \u00e9migr\u00e9s. Il redemande sans cesse de l\u2019argent \u00e0 Zweig.<br \/>\nLa situation s\u2019aggrave avec Landshoff et les \u00e9ditions Allert de Lange. Roth esp\u00e8re \u00eatre soutenu par Huebsch, qui est un ami de Zweig.<br \/>\nN\u00e9gociations infructueuses avec les \u00e9diteurs-agents anglais Gollancz et Holroyd-Reece.<\/p>\n<p><strong>Septembre 1934<br \/>\n<\/strong>Les contacts avec les cercles monarchistes autour d\u2019Otto de Habsbourg et des clercs catholiques exil\u00e9s d\u2019Allemagne et d\u2019Autriche s\u2019intensifient.<br \/>\n<em>L\u2019Ant\u00e9christ<\/em> para\u00eet aux \u00e9ditions Allert de Lange, \u00e0 Amsterdam, avec de grossi\u00e8res fautes d\u2019impression selon Roth.<\/p>\n<p><strong>1er-22 septembre 1934<br \/>\n<\/strong><em>Triomphe de la beaut\u00e9<\/em>, traduit par Blanche Gidon, para\u00eet en quatre \u00e9pisodes dans la revue renomm\u00e9e Les nouvelles litt\u00e9raires.<\/p>\n<p><strong>15 septembre 1934<br \/>\n<\/strong>Kesten quitte Nice. Roth et Manga Bell emm\u00e9nagent dans la maison voisine, 121 promenade des Anglais.<\/p>\n<p><strong>18 septembre 1934<br \/>\n<\/strong>La situation financi\u00e8re de Roth s\u2019aggrave : il \u00e9crit 10 \u00e0 12 heures par jour.<br \/>\nLe s\u00e9jour de son \u00e9pouse Friederike \u00e0 l\u2019h\u00f4pital Am Steinhof n\u2019est pay\u00e9 que jusqu\u2019en octobre. Roth sollicite \u00e0 nouveau le soutien financier de Zweig. Les beaux-parents, encourag\u00e9s par Roth, pr\u00e9parent leur \u00e9migration en Palestine.<\/p>\n<p><strong>Septembre 1934<br \/>\n<\/strong>Roth ne termine pas dans les d\u00e9lais la r\u00e9daction du roman <em>Les Cent jours<\/em>.<\/p>\n<p><strong>2 octobre 1934<br \/>\n<\/strong>Blanche Gidon pr\u00e9voit une traduction fran\u00e7aise de <em>L\u2019Ant\u00e9christ<\/em> qui ne sera pas r\u00e9alis\u00e9e.<\/p>\n<p><strong>Janvier-f\u00e9vrier 1935<br \/>\n<\/strong>Toujours \u00e0 Nice, Roth emm\u00e9nage \u00e0 l\u2019h\u00f4tel Imperator, boulevard Gambetta.<br \/>\nComme \u00e0 son habitude, apr\u00e8s une p\u00e9riode (souvent courte) de satisfaction concernant sa derni\u00e8re \u0153uvre, Roth se met \u00e0 la d\u00e9nigrer : il estime que <em>L\u2019Ant\u00e9christ<\/em> est un \u00e9chec parce qu\u2019il a \u00e9t\u00e9 \u00e9crit trop vite (il ne trouve un accueil favorable qu\u2019en Hollande).<\/p>\n<p><strong>15 f\u00e9vrier 1935<br \/>\n<\/strong>Roth essaie de r\u00e9diger lentement et soigneusement son roman <em>Les Cent jours<\/em>, bien que le d\u00e9lai de remise du manuscrit soit d\u00e9j\u00e0 largement d\u00e9pass\u00e9. Il craint de perdre l\u2019\u00e9diteur am\u00e9ricain Huebsch. Les \u00e9ditions Allert de Lange ne versent plus d\u2019avance.<\/p>\n<p><strong>Printemps 1935<br \/>\n<\/strong>N\u00e9gociations \u00e9ditoriales \u00e0 Amsterdam. Roth assiste \u00e0 une soir\u00e9e du cabaret Pfefferm\u00fchle (Le moulin \u00e0 poivre), dirig\u00e9 par Erika Mann, et en sort enthousiasm\u00e9.<\/p>\n<p><strong>6-14 mai 1935<br \/>\n<\/strong>La <em>Pariser Zeitung<\/em> publie <em>Triomphe de la beaut\u00e9<\/em>.<\/p>\n<p><strong>14-30 mai 1935<br \/>\n<\/strong>S\u00e9jour \u00e0 Vienne, h\u00f4tel Bristol. Roth souhaite engager une proc\u00e9dure de divorce.<\/p>\n<p><strong>Juin 1935<br \/>\n<\/strong>Gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019intervention de Soma Morgenstern (ami proche de Roth, il publia son <em>Fuite et fin)<\/em> et de Walter Landauer, Friederike Roth est admise gratuitement \u00e0 l\u2019h\u00f4pital Mauer-\u00d6hling \u00e0 Amstetten. Roth abandonne ses projets de divorce. Il se rend \u00e0 Nice et Marseille puis rentre \u00e0 Paris (h\u00f4tel Foyot).<br \/>\nD\u00e9c\u00e8s de l\u2019\u00e9diteur Gerard de Lange, favorable \u00e0 Roth et souvent enclin \u00e0 lui accorder des avances. Roth doit \u00e0 sa maison deux romans : <em>Les Cent jours<\/em> (achev\u00e9) et <em>L\u2019habitu\u00e9<\/em> (qui deviendra <em>Confession d\u2019un assassin<\/em>, pr\u00eat d\u2019\u00eatre achev\u00e9).<\/p>\n<p><strong>Ao\u00fbt 1935<br \/>\n<\/strong>Apr\u00e8s s\u2019\u00eatre lib\u00e9r\u00e9 de ses obligations, Roth veut se s\u00e9parer d\u2019Allert de Lange avec l\u2019aide de Stefan Zweig. Sur la suggestion de ce dernier, il envisage d\u2019entrer en rapport avec la maison d\u2019\u00e9dition Herbert Reichner de Vienne \u00e0 condition d\u2019obtenir une garantie de revenus pour un an. Roth envisage un grand roman sur l\u2019ambiance de son enfance, sous le titre Fraises.<\/p>\n<p><strong>28 juillet-1er ao\u00fbt 1935<br \/>\n<\/strong>Le buste de l\u2019empereur est publi\u00e9 dans le <em>Pariser Tagblatt<\/em>.<\/p>\n<p><strong>Octobre 1935<br \/>\n<\/strong>Roth entame une collaboration avec la revue autrichienne <em>Der Christliche St\u00e4ndestaat (L\u2019\u00c9tat corporatiste chr\u00e9tien)<\/em> commence ; par ailleurs, Roth publie des articles, entre autres dans les revues <em>Das neue Tagebuch<\/em> et <em>Wiener Montagszeitung<\/em>.<br \/>\nLe roman <em>Les Cent jours<\/em> para\u00eet aux \u00e9ditions Allert de Lange.<\/p>\n<p><strong>18 octobre 1935<br \/>\n<\/strong>Roth ne croit pas au succ\u00e8s des <em>Cent jours<\/em>. Dans une lettre \u00e0 Zweig, il tire un bilan : il n\u2019est un auteur reconnu qu\u2019en Hollande ; en Suisse, les revues importantes ne tiennent pas compte de lui ; en Autriche, il est assis entre deux chaises ; en France, il est brouill\u00e9 avec Gabriel Marcel, directeur de collection aux \u00e9ditions Plon, \u00e0 cause de l\u2019\u00e9chec de la traduction de <em>L\u2019Ant\u00e9christ<\/em>. Il redemande \u00e0 Zweig de l\u2019aider en prenant des contacts en son nom et en \u00e9crivant aussi \u00e0 Huebsch.<\/p>\n<p><strong>Automne-Hiver 1935<br \/>\n<\/strong>Roth s\u00e9journe \u00e0 Paris, toujours \u00e0 l\u2019h\u00f4tel Foyot. Il rencontre des difficult\u00e9s avec tous les \u00e9diteurs publiant les exil\u00e9s. Il n\u2019est plus question pour lui de travailler avec Allert de Lange ou Querido ; il n\u2019a engag\u00e9 que de vagues n\u00e9gociations avec des \u00e9diteurs anglais et am\u00e9ricains. L\u2019\u00e9diteur fran\u00e7ais Grasset serait dispos\u00e9 \u00e0 reprendre son nouveau roman si de Lange ne pose pas de conditions excessives. Roth appelle Landauer \u00e0 l\u2019aide.<br \/>\nSa relation avec Manga Bell l\u2019\u00e9touffe \u2013 au moins financi\u00e8rement \u2013, provoquant de violentes sc\u00e8nes entre eux.<\/p>\n<p><strong>Mars 1936<br \/>\n<\/strong>S\u00e9jour \u00e0 Amsterdam, \u00e0 l\u2019Eden Hotel. D\u2019\u00e2pres n\u00e9gociations avec Landauer (Allert de Lange) et Landshoff (Querido) n\u2019aboutissent \u00e0 aucun contrat ni \u00e0 aucun versement d\u2019honoraires. Querido ne versera d\u2019argent qu\u2019\u00e0 la r\u00e9ception d\u2019un manuscrit achev\u00e9, ce \u00e0 quoi Roth r\u00e9torque que l\u2019\u00e9diteur a re\u00e7u le manuscrit de sa meilleure nouvelle, L\u00e9viathan (composition et premi\u00e8res \u00e9preuves en 1936, premi\u00e8re parution en livre seulement en 1940).<br \/>\nLa vie \u00e0 Amsterdam est trop ch\u00e8re, mais il s\u2019y fixe et travaille au roman <em>L\u2019habitu\u00e9<\/em> (titre d\u00e9finitif : <em>Confession d\u2019un assassin<\/em>). L\u2019ouvrage est achev\u00e9 dans ses grandes lignes mais Roth, insatisfait, \u00ab fait du remplissage \u00bb. L\u2019\u00e9tat psychique de sa femme Friederike conna\u00eet une courte am\u00e9lioration : il en r\u00e9sulte de nouveaux soucis pour lui trouver un lieu d\u2019accueil gratuit.<\/p>\n<p><strong>30 mars 1936<br \/>\n<\/strong>Un nouveau contrat entre Roth et Querido est enfin conclu. Manga Bell s\u00e9journe chez une amie du couple \u00e0 Rapperswill. Un nouveau roman doit para\u00eetre en juin. Les \u00e9pisodes qui devaient constituer le grand roman Les fraises sont recycl\u00e9s sous l\u2019empire de la n\u00e9cessit\u00e9. Zweig conseille \u00e0 de nombreuses reprises de convertir des id\u00e9es de roman en sc\u00e9narii pour le cin\u00e9ma.<\/p>\n<p><strong>Mai 1936<br \/>\n<\/strong>Roth est toujours \u00e0 Amsterdam ; il est malade et \u00e9crit \u00e0 Stefan Zweig pour le supplier de venir l\u2019aider.<br \/>\nNouveau contact avec Blanche Gidon \u00e0 laquelle il promet de confier la traduction du roman fra\u00eechement compos\u00e9.<br \/>\nRoth et Andrea Manga Bell se s\u00e9parent d\u00e9finitivement.<\/p>\n<p><strong>11 mai 1936<\/strong><\/p>\n<p>Toujours \u00e0 l\u2019Eden Hotel \u00e0 Amsterdam. Roth corrige en deux semaines les \u00e9preuves du roman <em>Confession d\u2019un assassin<\/em> qui n\u2019a pas donn\u00e9 mati\u00e8re au sc\u00e9nario de film envisag\u00e9. Zweig envoie \u00e0 Roth 3 000 francs qu\u2019il a re\u00e7us d\u2019un \u00e9diteur hollandais. Roth emprunte 50 guldens \u00e0 l\u2019h\u00f4tel. Son \u00e9tat physique se d\u00e9t\u00e9riore : toux, jambes gonfl\u00e9es ; il boit du lait \u00ab pour se d\u00e9sintoxiquer \u00bb et ne supporte plus aucun aliment solide.<\/p>\n<p><strong>29 mai 1936<br \/>\n<\/strong>Dans une lettre, Roth d\u00e9clare qu\u2019il boit du vin, plus de schnaps (ce qu\u2019il d\u00e9crit \u00e0 Zweig comme un r\u00e9gime), qu\u2019il ne poss\u00e8de que deux costumes et six chemises et qu\u2019il lave lui-m\u00eame ses mouchoirs. Il a d\u00e9pens\u00e9 par anticipation une bonne partie de l\u2019argent promis par Zweig et souhaiterait, une fois les corrections achev\u00e9es, se rendre \u00e0 Bruxelles, s\u2019il peut obtenir un visa, car la vie y est moins ch\u00e8re.<\/p>\n<p><strong>12 juin 1936<br \/>\n<\/strong>Roth donne une conf\u00e9rence sur le th\u00e8me \u00ab Foi et progr\u00e8s \u00bb dans la librairie de l\u2019\u00e9diteur Allert de Lange \u00e0 Amsterdam. Il souffre de solitude apr\u00e8s sa s\u00e9paration. Depuis des ann\u00e9es, il vit au jour le jour, sans r\u00e9serve financi\u00e8re, et contracte donc de lourdes dettes. Landauer l\u2019aide de ses propres deniers.<\/p>\n<p><strong>24 juin 1936<br \/>\n<\/strong>Roth attend \u00e0 Amsterdam son visa qui devrait en fait lui \u00eatre d\u00e9livr\u00e9 en Autriche. Apr\u00e8s r\u00e9ception du document, il part pour Bruxelles, o\u00f9 il descend \u00e0 l\u2019h\u00f4tel Siru.<\/p>\n<p>(1) : (1900-1996) Collaborateur des \u00e9ditions Kiepenheueur \u00e0 Berlin jusqu\u2019en 1933 puis Allert de Lange \u00e0 Amsterdam jusqu\u2019en 1939. Intern\u00e9 par les Fran\u00e7ais en 1939, il parvint \u00e0 fuir aux Etats-Unis en 1940. Apr\u00e8s la guerre, il fut le promoteur des deux \u00e9ditions des \u0153uvres compl\u00e8tes de Roth (1957 et 1975).<br \/>\n(2) : (1902-1944) Principal ami de Roth dans le milieu \u00e9ditorial, il le soutint m\u00eame de ses propres deniers. Arr\u00eat\u00e9 par les nazis, il meurt en d\u00e9portation \u00e0 Bergen-Belsen.<br \/>\n(3) : Co-fondateur des \u00e9ditions Querido en 1933, r\u00e9fugi\u00e9 en Angleterre en 1940 puis aux \u00c9tats-Unis.<br \/>\n(4) : (1882-1971) \u00c9crivain, journaliste, traductrice, la premi\u00e8re \u00e9pouse de Stefan Zweig (divorc\u00e9e en 1938) a jou\u00e9 un r\u00f4le consid\u00e9rable dans la pr\u00e9servation des papiers laiss\u00e9s par Roth apr\u00e8s sa mort.<\/p>\n<p><em>Source : Joseph Roth im Exil in Paris 1933 \/ 1939, de Heinz Lunzer et Victoria Lunzer-Talos (victoria.lunzer -at- univie.ac.at), 2008. Merci \u00e0 Fran\u00e7ois W. pour la traduction. Ce livre n\u2019existe actuellement qu\u2019en allemand. Une exposition lui est associ\u00e9e, qui viendra peut-\u00eatre un jour \u00e0 Paris. www.literaturhaus.at\/veranstaltungen\/roth_exil\/presseinfo\/<\/em><\/p>\n<p>Suite : <a href=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2008\/06\/20\/joseph-roth-a-paris-1933-1939-fin\/\">Joseph ROTH \u00e0 Paris (1933-1939) &#8211; Fin<\/a>.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>30 janvier 1933 Roth part \u00e0 Paris, comme pr\u00e9vu, avec Andrea Manga Bell (fille d\u2019un pianiste noir cubain [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[2],"tags":[23],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/809"}],"collection":[{"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=809"}],"version-history":[{"count":8,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/809\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":7006,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/809\/revisions\/7006"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=809"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=809"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=809"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}