{"id":84,"date":"2003-08-19T22:31:45","date_gmt":"2003-08-19T20:31:45","guid":{"rendered":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2003\/08\/19\/jean-giono\/"},"modified":"2025-10-04T15:42:20","modified_gmt":"2025-10-04T13:42:20","slug":"jean-giono","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2003\/08\/19\/jean-giono\/","title":{"rendered":"Jean GIONO \u00e0 Manosque et Paris"},"content":{"rendered":"\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" width=\"410\" height=\"310\" src=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2004\/08\/jpg_GIONO.jpg\" alt=\"36 rue du Dragon \u00e0 Paris.\" class=\"wp-image-1769\" srcset=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2004\/08\/jpg_GIONO.jpg 410w, https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2004\/08\/jpg_GIONO-300x227.jpg 300w\" sizes=\"(max-width: 410px) 94vw, 410px\" \/><figcaption>36 rue du Dragon \u00e0 Paris.<\/figcaption><\/figure>\n\n\n<p>\u00a0<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Je crois que si j&rsquo;avais pu, j&rsquo;aurais quitt\u00e9 la Provence. J&rsquo;aime la pluie, j&rsquo;aime le froid, je n&rsquo;aime pas le soleil&#8230; Je d\u00e9teste l&rsquo;azur [&#8230;]\u00a0\u00bb<\/em> (Jean Giono).<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0je d\u00e9molis constamment le paysage pour le recr\u00e9er \u00e0 mon gr\u00e9 ; le lieu n&rsquo;a jamais non plus servi de support. Il n&rsquo;y a pas de localisation pr\u00e9cise except\u00e9 dans ceux de mes romans qui ont une base historique; En un mot, je m&rsquo;int\u00e9resse avant tout \u00e0 la pure recherche de la psychologie de mes personnages. [&#8230;] Quant aux plans, je n&rsquo;en fais pas. [&#8230;] Au fur et \u00e0 mesure que le roman avance, on est projet\u00e9 dans l&rsquo;avenir avec [les personnages] qui vous conduisent sans que l&rsquo;on puisse pr\u00e9voir o\u00f9 l&rsquo;on va\u00a0\u00bb<\/em> (Giono \u00e0 Jacqueline Mariel et Robert Sadoul).<\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p>Non seulement il cr\u00e9e des personnages et de nouveaux mondes (et pas seulement en Provence), mais il plie aussi la langue \u00e0 son propre style, il invente des mots et des images. Sous sa plume, <em>\u00ab\u00a0la jument [&#8230;] patapait de ses quatre sabots\u00a0\u00bb<\/em> (<em>Le Chant du monde<\/em>, 1934) et \u00ab\u00a0Le silence marchait, quelques oiseaux sur l&rsquo;\u00e9paule\u00a0\u00bb (Fragments d&rsquo;un paradis, 1948).<br \/>Ses pages doivent se lire comme des po\u00e8mes. Et, dans les po\u00e8mes, \u00ab\u00a0La v\u00e9rit\u00e9 objective n&rsquo;existe pas&#8230; Ce qui importe, c&rsquo;est d&rsquo;\u00eatre enchant\u00e9 !\u00a0\u00bb.<br \/>Inutile de chercher la v\u00e9rit\u00e9 biographique, topographique, historique ou lexicale dans les \u00e9crits de Jean Giono, on n&rsquo;y trouve que la v\u00e9rit\u00e9 po\u00e9tique.<br \/>Est-ce \u00e9tonnant, pour un employ\u00e9 de banque de Manosque (de 1911 \u00e0 1929 &#8211; sauf 1914 \u00e0 1919, car il fait la guerre) qui a d\u00e9couvert la litt\u00e9rature en achetant \u00e0 bon march\u00e9 les oeuvres de Virgile, Hom\u00e8re, Sophocle, Melville, Whitman et Kipling ?<\/p>\n<p>De la plupart de ces lectures, Giono &#8211; qui ne quittera presque jamais Manosque de toute sa vie, sauf \u00e0 de rares occasions &#8211; garde une fascination pour ceux qui, comme Ulysse ou Achab, sont capables d&rsquo;inventer leurs voyages ou d&rsquo;aller jusqu&rsquo;au bout de leur destin. Il commence \u00e0 composer des po\u00e8mes, mais ce n&rsquo;est qu&rsquo;apr\u00e8s le traumatisme de la guerre qu&rsquo;il adopte un rythme d&rsquo;\u00e9criture r\u00e9gulier, puis inlassable. Son premier roman &#8211; <em>Naissance de l&rsquo;Odyss\u00e9e<\/em> &#8211; est achev\u00e9 en 1927 mais ne trouve pas d&rsquo;\u00e9diteur. Le centre en est d\u00e9j\u00e0 le rapport de l&rsquo;homme \u00e0 la nature, dans lequel se m\u00ealent inqui\u00e9tude et fascination.<br \/>Et c&rsquo;est surtout en 1929 le succ\u00e8s de <em>Colline<\/em> qui voue Giono d\u00e9finitivement \u00e0 l&rsquo;\u00e9criture, cr\u00e9ant un genre nouveau fait de quotidien, d&rsquo;extraordinaire et de trag\u00e9die grecque&#8230;<br \/><em>Colline<\/em> fait venir Andr\u00e9 Gide jusqu&rsquo;\u00e0 Manosque. Giono ach\u00e8te alors la petite maison du Para\u00efs (l&rsquo;endroit o\u00f9 l&rsquo;on carde la laine, en proven\u00e7al), qu&rsquo;il habitera jusqu&rsquo;\u00e0 sa mort.<\/p>\n<p>Dans la tour de guet du Para\u00efs, sur sa petite table encombr\u00e9e de pipes et de porte-plumes, il r\u00e9dige quatre \u00e0 huit pages chaque jour, qu&rsquo;il lit \u00e0 sa famille. Il \u00e9crit, corrige, supprime, r\u00e9\u00e9crit sans cesse.<\/p>\n<p>Son style \u00e9volue. Il ne veut pas \u00ab\u00a0faire du Giono\u00a0\u00bb toute sa vie.<br \/>Apr\u00e8s-guerre, comme nombre de ses compatriotes, il d\u00e9vore les auteurs am\u00e9ricains &#8211; pour s&rsquo;inspirer entre autres du style de Faulkner et de celui d&rsquo;Hemingway &#8211; mais aussi les classiques russes, ses contemporains anglais, Cervant\u00e8s et Stendhal&#8230; avant d&rsquo;ouvrir le dernier \u00ab\u00a0S\u00e9rie Noire\u00a0\u00bb, dont, depuis plusieurs ann\u00e9es, il essaie de ne manquer aucun volume, fascin\u00e9 par les techniques de narration employ\u00e9es.<br \/>Sa pens\u00e9e \u00e9volue \u00e9galement, en particulier ses sentiments \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard d&rsquo;un monde dont il d\u00e9nonce les penchants \u00e0 l&rsquo;autodestruction.<br \/>Avec <em>Que ma joie demeure<\/em> (1935), le pessimisme entre dans son oeuvre. Il devient plus radical apr\u00e8s la seconde guerre mondiale, et ses romans s&rsquo;\u00e9vadent dans les si\u00e8cles pass\u00e9s ou les pays lointains (Le Hussard sur le toit, qui conna\u00eet un \u00e9norme succ\u00e8s, para\u00eet en 1951).<\/p>\n<p>Lorsqu&rsquo;il fait \u00e9tape \u00e0 Paris, il aime s&rsquo;arr\u00eater \u00e0 l&rsquo;h\u00f4tel du Dragon, 36 rue du Dragon, la rue de Hugo et de Martin du Gard.<\/p>\n<p><strong>Autres demeures de l&rsquo;auteur<\/strong><br \/>Avant de vivre au Para\u00efs \u00e0 partir de 1929, Jean Giono a habit\u00e9 \u00e0 Manosque :<br \/>&#8211; 1 rue Torte, o\u00f9 il est n\u00e9 le 30 mars 1895,<br \/>&#8211; 14 rue Grande, o\u00f9 ses parents d\u00e9m\u00e9nagent peu de temps apr\u00e8s,<br \/>&#8211; 8 rue Grande, o\u00f9 il emm\u00e9nage en 1920 apr\u00e8s son mariage.<br \/>Sur le boulevard circulaire se trouve le Cr\u00e9dit agricole, qui \u00e9tait le Comptoir d&rsquo;escompte lorsque Giono y travaillait.<br \/>\u00c0 vingt kilom\u00e8tres de Manosque, dans la commune de Sainte-Croix \u00e0 Lauze pr\u00e8s de C\u00e9reste, Giono ach\u00e8te en 1940 la ferme Le Criquet pour essayer de pourvoir aux difficult\u00e9s de ravitaillement.<br \/>Il ach\u00e8te un peu plus tard une seconde ferme, La Margotte \u00e0 Mane, pr\u00e8s de Forcalquier, qu&rsquo;il gardera plus longtemps.<br \/>Emport\u00e9 par une crise cardiaque le 9 octobre 1970, Jean Giono est enterr\u00e9 \u00e0 Manosque.<\/p>\n<p><strong>Pour visiter le lieu<\/strong><br \/>Le Centre Jean-Giono se trouve 3 boulevard El\u00e9mir-Bourges \u00e0 Manosque.<br \/><a href=\"https:\/\/centrejeangiono.com\/les-lieux\/jean-giono\/\">La Maison Jean-Giono &#8211; Le Para\u00efs<\/a> est situ\u00e9e Mont\u00e9e des Vraies Richesses \u00e0 Manosque. Elle se visite sur rendez-vous (t\u00e9l. : 04 92 87 73 03 le mardi et le vendredi entre 14h30 et 17h30).<\/p>\n<p><strong>\u00c0 voir aux alentours<\/strong><\/p>\n<p>Pr\u00e9sences litt\u00e9raires aux alentours de Manosque :<br \/>&#8211; <a href=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2003\/08\/14\/joseph-conrad-a-marseille-hyeres-montpellier\/\">Joseph Conrad<\/a> \u00e0 Marseille,<br \/>&#8211; <a href=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2003\/08\/28\/marcel-pagnol-a-aubagne-marseille-paris\/\">Marcel Pagnol<\/a>, Isabelle Eberhardt \u00e0 Marseille,<br \/>&#8211; <a href=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2003\/08\/29\/stefan-zweig\/\">Stefan Zweig<\/a> \u00e0 Marseille et Nice,<br \/>&#8211; <a href=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2003\/08\/28\/gaston-leroux\/\">Gaston Leroux<\/a> \u00e0 Menton et Nice,<br \/>&#8211; <a href=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2003\/08\/14\/jean-cocteau\/\">Jean Cocteau<\/a> \u00e0 Menton,<br \/>&#8211; Gogol \u00e0 Nice,<br \/>&#8211; <a href=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2003\/08\/28\/guy-de-maupassant-a-paris-chatou-poissy\/\">Maupassant<\/a> \u00e0 Antibes et Cannes,<br \/>&#8211; <a href=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2003\/08\/28\/vladimir-nabokov-a-paris-cannes-menton-etc\/\">Nabokov<\/a> \u00e0 Cannes,<br \/>&#8211; Mann et <a href=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2003\/08\/19\/aldous-huxley\/\">Huxley<\/a> \u00e0 Sanary,<br \/>&#8211; Wells \u00e0 Magagnosc,<br \/>&#8211; <a href=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2003\/08\/14\/alphonse-daudet-a-clamart-paris-et-champrosay\/\">Alphonse Daudet<\/a> \u00e0 N\u00eemes et Fontvieille,<br \/>&#8211; <a href=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2003\/08\/28\/stephane-mallarme\/\">Mallarm\u00e9<\/a> \u00e0 Avignon,<br \/>&#8211; Fr\u00e9d\u00e9ric Mistral \u00e0 Maillane,<br \/>&#8211; Vauvenargues \u00e0 Vauvenargues,<br \/>&#8211; <a href=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2003\/08\/14\/alexandra-david-neel-a-paris-toulon-digne-et-en-asie\/\">Alexandra David-Neel<\/a> \u00e0 Digne,<br \/>&#8211; Paul Val\u00e9ry \u00e0 S\u00e8te,<br \/>&#8211; <a href=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2003\/08\/14\/colette-3\/\">Colette<\/a> \u00e0 La Treille Muscate (Saint-Tropez),<br \/>&#8211; <a href=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2003\/08\/28\/jacques-prevert\/\">Pr\u00e9vert<\/a>, <a href=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2003\/08\/13\/georges-bernanos\/\">Bernanos<\/a> \u00e0 Toulon.<br \/>&#8211; <a href=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2003\/08\/14\/blaise-cendrars\/\">Blaise Cendrars<\/a> \u00e0 Aix-en-Provence,<br \/>&#8211; &#8230;<\/p>\n<p><strong>Petite bibliographie<\/strong><br \/><em>Giono<\/em>. Pierre Citron. Editions du Seuil, 1990.<br \/><em>La Provence de Jean Giono<\/em>. Pierre Magnan. \u00c9ditions du Ch\u00eane. 260 F.<br \/><em>La Provence de Giono<\/em>. Jacques Chabot. \u00c9disud. 166 F.<br \/><em>Les promenades de Jean Giono<\/em>. Pierre Magnan, \u00c9ditions du Ch\u00eane.<br \/><em>Le Bulletin des amis de Jean Giono<\/em> est publi\u00e9 tous les six mois par l&rsquo;Association des amis de Jean Giono, Lou Para\u00efs, BP 633, 04106 Manosque C\u00e9dex (t\u00e9l. : 04 92 72 24 86).<br \/><em>La haute Provence avec les yeux de Giono<\/em>. \u00c9ditions Didier Richard.<br \/><em>Sur les terres de Giono<\/em>. Jacques et Ren\u00e9 Mannent (auto-\u00e9dition).<br \/><em>Une balade dans Manosque avec Jean Giono<\/em>. Louis Michel. 1988, imprim\u00e9 \u00e0 Manosque, 16 p., 10 F.<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00a0 \u00ab\u00a0Je crois que si j&rsquo;avais pu, j&rsquo;aurais quitt\u00e9 la Provence. 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