{"id":841,"date":"2009-06-03T22:06:52","date_gmt":"2009-06-03T20:06:52","guid":{"rendered":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2009\/06\/03\/edith-thomas-a-paris\/"},"modified":"2025-05-26T17:52:19","modified_gmt":"2025-05-26T15:52:19","slug":"edith-thomas-a-paris","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2009\/06\/03\/edith-thomas-a-paris\/","title":{"rendered":"\u00c9dith THOMAS \u00e0 Paris"},"content":{"rendered":"<p><em>\u00ab\u00a0Ils se r\u00e9unissent dans l&rsquo;appartement d&rsquo;\u00c9dith Thomas, 15 rue Pierre-Nicole, parce qu&rsquo;il n&rsquo;y a pas de concierge.\u00a0\u00bb<br \/>\n<br \/>Les Lettres fran\u00e7aises. Jalons pour l&rsquo;histoire d&rsquo;un journal. 1941-1972.<\/em> Pierre Daix, Tallandier, 2004, page 178.<\/p>\n<figure id=\"attachment_2296\" aria-describedby=\"caption-attachment-2296\" style=\"width: 400px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" class=\" aligncenter size-full wp-image-2296\" src=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2009\/06\/jpg_15ruePierreNicoledef.jpg\" alt=\"15 rue Pierre Nicole\" title=\"15 rue Pierre Nicole\" class=\"caption\" align=\"center\" width=\"400\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2009\/06\/jpg_15ruePierreNicoledef.jpg 400w, https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2009\/06\/jpg_15ruePierreNicoledef-300x225.jpg 300w\" sizes=\"(max-width: 400px) 94vw, 400px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-2296\" class=\"wp-caption-text\">15 rue Pierre Nicole<\/figcaption><\/figure>\n<p>\u00c9dith Thomas est \u00e9crivain et journaliste. Elle est remarqu\u00e9e en 1933 pour son premier roman <em>La Mort de Marie<\/em>. Elle devient journaliste \u00e0 <em>Ce soir<\/em> et \u00e9crit pour diff\u00e9rentes revues litt\u00e9raires et militantes : <em>Vendredi, Europe, Regards<\/em>, etc.). Lorsque la Guerre d&rsquo;Espagne \u00e9clate, elle effectue des reportages du c\u00f4t\u00e9 des R\u00e9publicains.<\/p>\n<p>Quelques ann\u00e9es plus tard, elle devient r\u00e9sistante dans la France occup\u00e9e et s&rsquo;inscrit au Parti communiste en 1942. Elle est nomm\u00e9e agent de liaison pour le Front national des \u00e9crivains, dont sera issu le Comit\u00e9 national des \u00e9crivains (CNE), davantage ouvert aux non-communistes.<\/p>\n<p>Ses textes et nouvelles sont imprim\u00e9s par des presses clandestines. Elle travaille alors aux Archives nationales. \u00ab~C&rsquo;\u00e9tait, \u00e9crit-elle dans <em>Le T\u00e9moin compromis<\/em> (cit\u00e9 par Pierre Daix), un endroit id\u00e9al pour conspirer. Qui pourrait croire que des \u00eatres qui ont choisi la poussi\u00e8re peuvent s&rsquo;int\u00e9resser encore suffisamment \u00e0 la vie pour risquer la leur en quelque mani\u00e8re ?~\u00bb<\/p>\n<p>Mais surtout, elle est une actrice importante du d\u00e9marrage des <em>Lettres fran\u00e7aises<\/em>, avec Jacques Decour, Jean Paulhan et Claude Morgan. Et son appartement de la rue Pierre-Nicole, pr\u00e8s de l&rsquo;h\u00f4pital du Val-de-Gr\u00e2ce, est le carrefour clandestin de la r\u00e9sistance intellectuelle \u00e0 l&rsquo;occupation nazie.<\/p>\n<p>En 1942, alors qu&rsquo;il s&rsquo;attelait au lancement d&rsquo;un journal clandestin, <em>Les Lettres fran\u00e7aises<\/em>, Jacques Decour est arr\u00eat\u00e9 puis d\u00e9tenu \u00e0 la prison du Cherche-Midi. Il est ex\u00e9cut\u00e9 en mai de cette ann\u00e9e. Le parti communiste charge Claude Morgan de poursuivre l&rsquo;entreprise. Il demande \u00e0 \u00c9dith Thomas de contacter Jean Paulhan, qu&rsquo;il sait impliqu\u00e9 dans le projet (\u00c9dith Thomas connaissait Paulhan, \u00e0 qui elle avait soumis des manuscrits).<br \/>\n<br \/>En septembre 1942, les deux hommes se rencontrent.<\/p>\n<p>Le 1er \u00e9tage du 15 rue Pierre-Nicole devient en 1943 le lieu des rencontres du comit\u00e9 de r\u00e9daction des <em>Lettres fran\u00e7aises<\/em>. La concierge du 15 loge au 13. Il arrive, certains jours de r\u00e9union, qu&rsquo;une vingtaine de v\u00e9los s&rsquo;entassent devant le 15, mais cela passe apparemment inaper\u00e7u.<\/p>\n<p>\u00ab~Par petits groupes, Mauriac avec Blanzat, \u00c9luard avec Guillevic, Morgan avec Deb\u00fb-Bridel, Paulhan avec Gu\u00e9henno, je les voyais arriver du bout de la rue, \u00e0 petit pas, sans se presser, reconnaissables \u00e0 ce je ne sais quoi qui fait les gens de lettres [&#8230;] Qu&rsquo;est-ce qui unit tous ces gens ? Comment se fait-il qu&rsquo;ils soient assis l\u00e0, tous ensemble ? Sans doute \u00e9taient-ils unis provisoirement dans une commune haine de l&rsquo;envahisseur, par un commun refus d&rsquo;accepter sa domination. Mais l\u00e0 s&rsquo;arr\u00eataient les ressemblances~\u00bb (<em>Le T\u00e9moin compromis<\/em>, cit\u00e9 par Pierre Daix).<br \/>\n<br \/>On pourrait aussi ajouter Camus, Sartre, Pierre Seghers, Charles Vidrac, Jean Lescure, Raymond Queneau, Vercors&#8230;<\/p>\n<p>Normalement, ces r\u00e9unions ne devaient pas rassembler plus de cinq personnes \u00e0 la fois, mais Edith Thomas compta un jour une quinzaine de bicyclettes dans l&rsquo;entr\u00e9e de son immeuble. <\/p>\n<p>Les <em>Lettres fran\u00e7aises<\/em> \u00e9taient mises en page dans le bureau de Morgan, au mus\u00e9e du Louvre, ou rue de Vaugirard, chez Georges Adam, ou encore rue du Dragon, dans les bureaux des <em>Cahiers d&rsquo;art<\/em> (Morgan habitait cette rue).<\/p>\n<p>Le quartier de la rue Pierre-Nicole a \u00e9t\u00e9 de fa\u00e7on \u00e9tonnante habit\u00e9 par de grandes personnalit\u00e9s de la R\u00e9sistance :<br \/>\n&#8211; Jean Gu\u00e9henno a v\u00e9cu les 20 derni\u00e8res ann\u00e9es de sa vie aux 35-37 rue Pierre-Nicole (plaque),<br \/>\n&#8211; <a href=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2004\/06\/30\/simone-weil\/\">Simone Weil, 3 rue Auguste-Comte<\/a>,<br \/>\n&#8211; Genevi\u00e8ve Anthonioz-de Gaulle. <\/p>\n<p>Sources :<br \/>\n&#8211; <em>Les Lettres fran\u00e7aises. Jalons pour l&rsquo;histoire d&rsquo;un journal. 1941-1972.<\/em> Pierre Daix, Tallandier, 2004,<br \/>\n&#8211; <em>Paris, les lieux de la R\u00e9sistance<\/em>. Anne Thoraval, Parigramme, 2007.<br \/>\n&#8211; <em>La Rive gauche. Du front populaire \u00e0 la guerre froide.<\/em> Herbert R. Lottman, Points Seuil n\u00b0161.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00ab\u00a0Ils se r\u00e9unissent dans l&rsquo;appartement d&rsquo;\u00c9dith Thomas, 15 rue Pierre-Nicole, parce qu&rsquo;il n&rsquo;y a pas de concierge.\u00a0\u00bb Les [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":2296,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[2],"tags":[36],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/841"}],"collection":[{"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=841"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/841\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":3927,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/841\/revisions\/3927"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/2296"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=841"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=841"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=841"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}