{"id":88,"date":"2003-08-19T22:39:38","date_gmt":"2003-08-19T20:39:38","guid":{"rendered":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2003\/08\/19\/ernest-hemingway-a-paris\/"},"modified":"2003-08-19T22:39:38","modified_gmt":"2003-08-19T20:39:38","slug":"ernest-hemingway-a-paris","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2003\/08\/19\/ernest-hemingway-a-paris\/","title":{"rendered":"Ernest HEMINGWAY \u00e0 Paris"},"content":{"rendered":"<p><html><\/p>\n<p><div align=\"right\"><b><i>\u00ab\u00a0Et pouvez-vous sonder la profondeur de grotesque \u00e0 laquelle sombre un Hemingway -le plus grand romancier am\u00e9ricain vivant- lorsqu&rsquo;il parle de ses livres comme d&rsquo;un moyen de \u00ab\u00a0d\u00e9fendre son titre de champion\u00a0\u00bb ? [&#8230;]<br \/>\n[La plaisanterie] est r\u00e9v\u00e9latrice : elle trahit cette conviction profonde que la litt\u00e9rature serait affaire de comp\u00e9tition, tout comme un championnat de boxe professionnelle.\u00a0\u00bb<br \/><\/i><br \/>\nArthur Koestler en 1950.<\/b><\/p>\n<\/div>\n<div align=\"right\"><b><i>\u00ab\u00a0[&#8230;] Toute sa vie il a lutt\u00e9 contre sa l\u00e2chet\u00e9 et la tentation du suicide, [&#8230;] son paysage int\u00e9rieur \u00e9tait un cauchemar et [&#8230;] ses nuits se passaient \u00e0 combattre ses d\u00e9mons.\u00a0\u00bb<br \/><\/i><br \/>\nNorman Mailer.<\/b><\/div>\n<p><div align=\"right\"><b><i>\u00ab\u00a0C&rsquo;est parfait d&rsquo;\u00eatre en marge quand on est \u00e9crivain. Ce n&rsquo;est pas bon de se mettre trop au centre de son &#339;uvre. Hemingway s&rsquo;est d\u00e9truit parce qu&rsquo;il avait cr\u00e9\u00e9 un monstre qui l&rsquo;a d\u00e9pass\u00e9. Son ego \u00e9tait en contradiction avec sa personne priv\u00e9e. Norman Mailer a fait la m\u00eame chose et il s&rsquo;est d\u00e9truit aussi. Mieux vaut consacrer son \u00e9nergie \u00e0 son travail.\u00a0\u00bb<br \/><\/i><br \/>\nJim Harrison dans <i>Le point<\/i>, 13 juin 2003.<\/b><\/div>\n<p><div align=\"right\"><b><i>\u00ab\u00a0L&rsquo;\u00e9criture d&rsquo;un roman doit tuer le romancier.<br \/>\nS&rsquo;il en reste quoi que ce soit, c&rsquo;est qu&rsquo;il n&rsquo;a pas travaill\u00e9 assez.\u00a0\u00bb<br \/><\/i><br \/>\nE. H.<\/b><\/div>\n<p><\/html><\/p>\n<p>De ses jeunes ann\u00e9es jusqu&rsquo;\u00e0 son suicide le 2 juillet 1961 (son p\u00e8re s&rsquo;est lui-m\u00eame suicid\u00e9 en 1928), la litt\u00e9rature est pour Hemingway affaire de comp\u00e9tition litt\u00e9raire (r\u00e9compens\u00e9e pour lui par le prix Pulitzer en 1953 et le Nobel en 1954) autant que puissant anti-d\u00e9presseur.<\/p>\n<p>Quelques traits du personnage : il commence la p\u00eache \u00e0 trois ans, la chasse \u00e0 dix et la boxe \u00e0 douze ; il est des deux guerres mondiales ; comme notre Saint-Exup\u00e9ry, il est aussi r\u00e9guli\u00e8rement couvert de pansements, survivant \u00e0 divers accidents de voiture et d&rsquo;avion ; l&rsquo;\u00e9criture ? Il n&rsquo;arr\u00eate d&rsquo;\u00e9crire que quand il est s\u00fbr de savoir comment reprendre le lendemain ; il pr\u00e9tend avoir r\u00e9\u00e9crit&#8230; trente-neuf fois la premi\u00e8re page de L&rsquo;adieu aux armes.C&rsquo;est dans les ann\u00e9es 20 qu&rsquo;Hemingway, attir\u00e9 par la libert\u00e9 d&rsquo;expression et le taux de change favorable, vient tra\u00eener ses gu\u00eatres \u00e0 Paris. C&rsquo;est l\u00e0 que, pouss\u00e9 par Gertrude Stein, il abandonne le journalisme pour la litt\u00e9rature et trouve son style. C&rsquo;est l\u00e0 que son premier livre est publi\u00e9 en 1923 (et l\u00e0 qu&rsquo;il vit le plus fort de ses idylles).<\/p>\n<p>Suivons-le dans les rues de la capitale et ailleurs :<\/p>\n<p>&#8211; Il d\u00e9couvre Paris fin mai 1918, \u00e0 vingt ans.<br \/>\n<br \/>Hadley et Ernest arrivent \u00e0 Paris le 22 d\u00e9cembre 1921 et logent d&rsquo;abord \u00e0 l&rsquo;h\u00f4tel Jacob et d&rsquo;Angleterre, 44 rue Jacob. Leur restaurant favori est le Pr\u00e9-aux-Clercs, 30 rue Bonaparte.<br \/>\n&#8211; Le 9 janvier 1922, les voil\u00e0 -jusqu&rsquo;\u00e0 ao\u00fbt 23- au 3\u00e8me \u00e9tage du 74 rue du Cardinal Lemoine, presqu&rsquo;en face de Val\u00e9ry Larbaud qui v\u00e9cut au 71 quelques ann\u00e9es plus t\u00f4t (et de Joyce qui lui emprunta quelque temps cet appartement).<br \/>\n&#8211; Peu de temps apr\u00e8s, pour \u00e9crire, Hemingway loue une chambre dans un h\u00f4tel de la rue Mouffetard. S&rsquo;agit-il de l&rsquo;immeuble du 39 rue Descartes, o\u00f9 Verlaine est mort en 1895 ? Hem aime le faire croire dans <em>Paris est une f\u00eate<\/em>, mais ce n&rsquo;est pas si s\u00fbr, malgr\u00e9 la plaque qui orne le n\u00b039&#8230;<br \/>\n&#8211; Il fr\u00e9quente la librairie que Sylvia Beach a ouverte en 1919 8 rue Dupuytren (trop \u00e0 l&rsquo;\u00e9troit, elle emm\u00e9nage d\u00e9but 1922 12 rue de l&rsquo;Od\u00e9on, en face de la Maison des amis du livre, la librairie d\u00e9j\u00e0 bien fr\u00e9quent\u00e9e d&rsquo;Adrienne Monnier).<br \/>\n&#8211; Hem fr\u00e9quente aussi, au 27 de la rue de Fleurus, l&rsquo;appartement de Gertrude Stein, avec Pound, Fitzgerald et d&rsquo;autres am\u00e9ricains de la \u00ab\u00a0g\u00e9n\u00e9ration perdue\u00a0\u00bb, comme elle les appelle.<br \/>\n&#8211; Ils se retrouvent aussi dans les caf\u00e9s : le Select, le D\u00f4me, les Deux Magots, la Closerie des lilas.<br \/>\n&#8211; Les Hemingway habitent en 1924 113 rue Notre-Dame-des-Champs, en haut d&rsquo;un pavillon dans une cour. Ezra Pound habite alors au 70 bis et corrige les manuscrits d&rsquo;Ernest en \u00e9change de le\u00e7ons de boxe&#8230; C&rsquo;est le seul \u00e9crivain proche d&rsquo;Hemingway, avec Joyce, qui ne se f\u00e2chera jamais avec lui.<br \/>\n&#8211; Hem revient \u00e0 Paris en 1927. Il vit &#8211; maintenant avec Pauline &#8211; 69, rue Froidevaux. &#8211; En 1929, les voil\u00e0 6 rue F\u00e9rou, pr\u00e8s de Saint-Sulpice.<br \/>\n&#8211; Lors de l&rsquo;\u00e9t\u00e9 1929, Hemingway combat \u00e0 la boxe le journaliste Morley Callaghan au Falstaff (le match est arbitr\u00e9 par Francis Scott Fitzgerald, qui s&rsquo;arrange pour qu&rsquo;Ernest prenne un maximum de coups&#8230;)<br \/>\n&#8211; Il est de nouveau \u00e0 Paris \u00e0 la fin de l&rsquo;automne 33, d\u00e9but 34, en mai 37, pour la lib\u00e9ration de la capitale en ao\u00fbt 1944, pour un voyage en 1956 qui le m\u00e8ne aussi \u00e0 Biarritz, Chartres,&#8230;<br \/>\n<br \/>Toutes les occasions sont bonnes pour retrouver ses \u00e9motions litt\u00e9raires et autres des ann\u00e9es 20&#8230;<br \/>\n&#8211; Un autre de ses h\u00f4tels parisiens : l&rsquo;h\u00f4tel du Mont-Blanc, 28 rue de la Huchette. <\/p>\n<p><strong>Autres demeures de l&rsquo;auteur<\/strong><br \/>\n<br \/>L&rsquo;\u00e9t\u00e9 1926, les Hemingway s&rsquo;installent dans la villa Paquita \u00e0 Juan-les-Pins, que les Fitzgerald viennent de lib\u00e9rer, puis \u00e0 l&rsquo;h\u00f4tel de la Pin\u00e8de, avant de retrouver Paris.<\/p>\n<p><strong>Pour visiter le lieu<\/strong><br \/>\n<br \/>Les demeures parisiennes d&rsquo;Hemingway sont visitables&#8230; de l&rsquo;ext\u00e9rieur. <\/p>\n<p><strong>Sites \u00e0 visiter :<\/strong><br \/>\n<br \/>La <a href=\"http:\/\/www.hemingwaysociety.org\">Hemingway Society<\/a>.<br \/>\n<br \/>La <a href=\"http:\/\/www.hemingway.org.\">Ernest Hemingway Foundation of Oak Park<\/a>,<br \/>\n&#8211; <a href=\"www.arte-tv.com\/fr\/art-musique\/Ernest-Hemingway\/Documentation\/1089574,CmC=1085664.html\">le site de l&rsquo;\u00e9mission d&rsquo;Arte du 22\/01\/06 sur Hemingway<\/a>.<\/p>\n<p><strong>\u00c0 voir aux alentours<\/strong><br \/>\n<br \/>Le Paris d&rsquo;Hemingway est celui de Montparnasse et Saint-Germain-des-Pr\u00e9s, donc celui de beaucoup de monde : (dans le d\u00e9sordre) Diderot, Apollinaire, Artaud, Baudelaire, Sartre, Duras, Fitzgerald, Desnos, Joyce, Sand, Hugo, Wilde, Cesbron, Rimbaud, Verlaine, Vian,&#8230;  <\/p>\n<p><strong>Petite bibliographie<\/strong><br \/>\n<br \/><em>Ernest Hemingway en France, 1926-1994<\/em>. Genevi\u00e8ve Hily-Mane. Presses universitaires de Reims, 1995.<br \/>\n<br \/><em>Hemingway, the Paris years<\/em>. Michael Reynolds. Editions W. W. Norton &#038; Company.<br \/>\n<br \/><em>Au Rendez-vous des g\u00e9nies. \u00c9crivains am\u00e9ricains \u00e0 Paris dans les ann\u00e9es vingt<\/em>. Humphrey Carpenter, \u00e9ditions Aubier, 1990.<br \/>\n<br \/>Dossier Hemingway du <em>Magazine litt\u00e9raire<\/em> n\u00b0377 de juin 1999.<br \/>\n<br \/><em>Paris des \u00e9crivains<\/em>. Sous la direction de Laure Murat. \u00c9ditions du Ch\u00eane.<br \/>\n<br \/><em>La c\u00f4te d&rsquo;Azur des \u00e9crivains<\/em>. Christian Arthaud, Eric L. Paul, Edisud, 1999.<\/p>\n<figure id=\"attachment_1296\" aria-describedby=\"caption-attachment-1296\" style=\"width: 1299px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" class=\" aligncenter size-full wp-image-1296\" src=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2003\/08\/jpg_Dome-4.jpg\" alt=\"Le D\u00f4me.\" title=\"Le D\u00f4me.\" class=\"caption\" align=\"center\" width=\"1299\" height=\"793\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-1296\" class=\"wp-caption-text\">Le D\u00f4me.<\/figcaption><\/figure>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00ab\u00a0Et pouvez-vous sonder la profondeur de grotesque \u00e0 laquelle sombre un Hemingway -le plus grand romancier am\u00e9ricain vivant- [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":1296,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[2],"tags":[24,32,38],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/88"}],"collection":[{"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=88"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/88\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/1296"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=88"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=88"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=88"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}