{"id":902,"date":"2010-11-12T16:56:07","date_gmt":"2010-11-12T15:56:07","guid":{"rendered":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2010\/11\/12\/dans-limpasse-du-doyenne-a-paris-vers-1835\/"},"modified":"2025-05-26T17:52:18","modified_gmt":"2025-05-26T15:52:18","slug":"dans-limpasse-du-doyenne-a-paris-vers-1835","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2010\/11\/12\/dans-limpasse-du-doyenne-a-paris-vers-1835\/","title":{"rendered":"Dans l&rsquo;impasse du Doyenn\u00e9 \u00e0 Paris, vers 1835"},"content":{"rendered":"<p class=\"post_excerpt\">En 1835, le 3 impasse du Doyenn\u00e9 accueille une boh\u00eame ais\u00e9e, autour du peintre Camille Rogier et de G\u00e9rard Labrunie (bient\u00f4t de Nerval), les deux locataires du lieu &#8211; Rogier habitait auparavant 5 rue des Beaux Arts. Ars\u00e8ne Houssaye les rejoint bient\u00f4t. Th\u00e9ophile Gautier habite alors \u00e0 quelques dizaines de m\u00e8tres, rue du Doyenn\u00e9. Sur les plans et dans les \u00e9crits de l&rsquo;\u00e9poque, on confond souvent l&rsquo;impasse et la rue du Doyenn\u00e9. Tout ce quartier sera d\u00e9finitivement ray\u00e9 de la carte en 1850. Essayons d&rsquo;y voir un peu plus clair.<\/p>\n<p><!--more--><br \/>\nSituons tout d&rsquo;abord rapidement l&rsquo;\u00e9poque. La Monarchie de Juillet qui d\u00e9bute avec l&rsquo;arriv\u00e9e au pouvoir de Louis-Philippe en 1830 est un r\u00e9gime secou\u00e9 par les complots r\u00e9publicains qui se traduisent en \u00e9meutes et en <a href=\"http:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Attentats_contre_Louis-Philippe_Ier\">attentats<\/a>. En effet, suite \u00e0 la r\u00e9pression dont sont victimes les mouvements populaires &#8211; dont certaines manifestations sont s\u00e9v\u00e8rement combattues, comme la r\u00e9pression de <a href=\"https:\/\/www.terresdecrivains.org\/index.php\/2007\/01\/06\/juin-1832-linsurrection-oubliee\/\">l&rsquo;\u00e9meute de juin 1832<\/a>, que l&rsquo;on retrouve magnifi\u00e9e dans <em>Les Mis\u00e9rables<\/em> de Hugo -, les R\u00e9publicains, m\u00eame ceux qui \u00e9taient au d\u00e9but favorables \u00e0 Louis-Philippe, se sont tourn\u00e9s vers l&rsquo;opposition, et certains vers la clandestinit\u00e9, les soci\u00e9t\u00e9s secr\u00e8tes (comme la <a href=\"http:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Soci%C3%A9t%C3%A9_des_Droits_de_l%27Homme\">Soci\u00e9t\u00e9 des droits de l&rsquo;homme<\/a>) et l&rsquo;action violente. Leurs complots finiront d&rsquo;ailleurs par leur nuire pour quelques ann\u00e9es. En avril 1834, une \u00e9meute est r\u00e9prim\u00e9e s\u00e9v\u00e8rement et donne lieu au massacre de la rue Transnonain. En juillet 1835, l&rsquo;attentat de Fieschi fait plusieurs morts boulevard du Temple (dans ses m\u00e9moires, Canler, chef de la S\u00fbret\u00e9 \u00e0 la Pr\u00e9fecture de police de Paris, explique que le pr\u00e9fet Gisquet avait depuis quelques ann\u00e9es remis un peu d&rsquo;ordre dans la capitale et que la police, bien que pr\u00e9venue qu&rsquo;une machine infernale avait \u00e9t\u00e9 pr\u00e9par\u00e9e pour un attentat, avait \u00e9t\u00e9 prise par surprise).<\/p>\n<p><strong>Le sentiment d&rsquo;inutilit\u00e9 ressenti par une partie de la jeunesse de 1835-36.<\/strong><\/p>\n<p>Alfred de Musset d\u00e9crit en 1836 dans sa <em>Confession d&rsquo;un enfant du si\u00e8cle<\/em> l&rsquo;\u00e9tat d&rsquo;esprit de la jeunesse d&rsquo;alors, fils des glorieux soldats de l&rsquo;Empire. Extrait.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Un sentiment de malaise inexprimable commen\u00e7a donc \u00e0 fermenter dans tous les c\u0153urs jeunes. Condamn\u00e9s au repos par les souverains du monde, livr\u00e9s aux cuistres de toute esp\u00e8ce, \u00e0 l\u2019oisivet\u00e9 et \u00e0 l\u2019ennui, les jeunes gens voyaient se retirer d\u2019eux les vagues \u00e9cumantes contre lesquelles ils avaient pr\u00e9par\u00e9 leur bras. Tous ces gladiateurs frott\u00e9s d\u2019huile se sentaient au fond de l\u2019\u00e2me une mis\u00e8re insupportable. Les plus riches se firent libertins ; ceux d\u2019une fortune m\u00e9diocre prirent un \u00e9tat et se r\u00e9sign\u00e8rent soit \u00e0 la robe, soit \u00e0 l\u2019\u00e9p\u00e9e ; les plus pauvres se jet\u00e8rent dans l\u2019enthousiasme \u00e0 froid, dans les grands mots, dans l\u2019affreuse mer de l\u2019action sans but. Comme la faiblesse humaine cherche l\u2019association et que les hommes sont troupeaux de nature, la politique s\u2019en m\u00eala. On s\u2019allait battre avec les gardes du corps sur les marches de la chambre l\u00e9gislative, on courait \u00e0 une pi\u00e8ce de th\u00e9atre o\u00f9 Talma portait une perruque qui le faisait ressembler \u00e0 C\u00e9sar, on se ruait \u00e0 l\u2019enterrement d\u2019un d\u00e9put\u00e9 lib\u00e9ral. Mais des membres des deux partis oppos\u00e9s, il n\u2019en \u00e9tait pas un qui, en rentrant chez lui, ne sent\u00eet am\u00e8rement le vide de son existence et la pauvret\u00e9 de ses mains.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p><strong>Les artistes du Doyenn\u00e9<\/strong><\/p>\n<p>Peut-\u00eatre que les locataires du 3 impasse du Doyenn\u00e9 et leurs amis ressentaient quelque peu le vide de leur existence, mais leurs mains ne cessaient de s&rsquo;activer.<\/p>\n<p>\u00ab Les souvenirs qu\u2019ont laiss\u00e9s les uns et les autres sur ce compagnonnage heureux tendent tous \u00e0 accr\u00e9diter l\u2019id\u00e9e que ces jeunes gens avaient r\u00e9alis\u00e9 l\u2019id\u00e9al des f\u00eates galantes repr\u00e9sent\u00e9es par Watteau, \u00e9crit Michel Brix dans son article \u00ab\u00a0Nerval, Watteau et le p\u00e9lerinage \u00e0 l&rsquo;\u00eele de Cyth\u00e8re\u00a0\u00bb. En effet, \u00e0 ceci pr\u00e8s que Nerval et ses amis avaient \u00e9lu domicile en ville et non au milieu d\u2019une nature bienfaisante, on croirait volontiers que ce sont les personnages m\u00eames de L\u2019Embarquement pour Cyth\u00e8re qui avaient emm\u00e9nag\u00e9 au Doyenn\u00e9 : ces artistes, qui partageaient l\u2019avantage radieux de la jeunesse, occupaient leurs journ\u00e9es et leurs soir\u00e9es \u00e0 parler d\u2019art, \u00e0 peindre, \u00e0 \u00e9crire, \u00e0 danser, \u00e0 faire du th\u00e9\u00e2tre et de la musique, ainsi qu\u2019\u00e0 organiser des f\u00eates et des bals. \u00bb<\/p>\n<p>Nerval a alors les moyens de mener belle vie. Il lance en 1835 <em>Le Monde dramatique<\/em>, revue consacr\u00e9e aux th\u00e9\u00e2tres du monde entier mais qui le mettra rapidement sur la paille. Ses amis peintres d\u00e9corent l&rsquo;appartement apr\u00e8s que Nerval a dispos\u00e9s deux grands panneaux de Fragonard. Gautier lui-m\u00eame \u00e9crit en 1874 dans ses <em>Portraits contemporains. Litt\u00e9rateurs, peintres, sculpteurs, artistes dramatiques<\/em> (t\u00e9l\u00e9chargeables sur <a href=\"http:\/\/gallica.bnf.fr\/ark:\/12148\/bpt6k35411j\">Gallica<\/a>) : \u00ab Pour moi, je peignis dans un dessus de glace un d\u00e9jeuner sur l\u2019herbe, imitation d\u2019un Watteau ou d\u2019un Lancret quelconque, car en ce temps, j\u2019h\u00e9sitais entre le pinceau et la plume. \u00bb<\/p>\n<p>Les amis qui fr\u00e9quentent l&rsquo;appartement de l&rsquo;impasse sont les romanciers Roger de Beauvoir et \u00c9douard Ourliac, les polytechniciens Allyre Bureau (qui s&rsquo;orientera vers le fouri\u00e9risme et dont le caract\u00e8re utopique s\u00e9duit Nerval) et Victor Loubens, P\u00e9trus Borel, Eug\u00e8ne Piot, Alphonse Karr, Jules Janin&#8230; Beaucoup d&rsquo;autres sont de passage seulement.<\/p>\n<p>Le 28 novembre 1835, Nerval et Rogier organisent impasse du Doyenn\u00e9 un grand bal costum\u00e9. Ils y invitent leurs amis, mais aussi les voisins, y compris le commissaire d&rsquo;en face (voir plus bas).<\/p>\n<p>Les autres f\u00eates qu&rsquo;ils organisent tr\u00e8s r\u00e9guli\u00e8rement font un peu de bruit dans le quartier, et le propri\u00e9taire de l&rsquo;appartement finit par les prier de quitter les lieux.<\/p>\n<p><strong>O\u00f9 se trouvait l&rsquo;impasse du Doyenn\u00e9 ?<\/strong><\/p>\n<p>\u2026 Non loin de la r\u00e9sidence de Louis-Philippe au Palais des Tuileries. Pour en savoir davantage, il ne faut pas se fier aveugl\u00e9ment aux plans parisiens de l&rsquo;\u00e9poque, pas plus qu&rsquo;aux r\u00e9cits que les uns et les autres firent de la \u00ab boh\u00eame du Doyenn\u00e9. \u00bb Deux raisons peuvent excuser leurs erreurs : il existait une rue du Doyenn\u00e9 et une impasse du Doyenn\u00e9, souvent confondues (\u00e0 commencer par Nerval qui, au d\u00e9but du Premier ch\u00e2teau de ses <em>Petits ch\u00e2teaux de Boh\u00eame<\/em>, situe son logement rue du Doyenn\u00e9&#8230; avant de parler surtout de l&rsquo;impasse dans la suite de son texte), et le quartier a \u00e9t\u00e9 pendant la premi\u00e8re moiti\u00e9 du XIXe si\u00e8cle un vaste chantier de d\u00e9molition-reconstruction dont le charme et les loyers modestes ont attir\u00e9 aussi bien \u2013 dans la fiction \u2013 la cousine Bette de Balzac que \u2013 dans la vraie vie \u2013 Th\u00e9ophile Gautier, G\u00e9rard de Nerval, le dessinateur Camille Rogier et leurs amis \u00e9crivains et artistes.<\/p>\n<p>Ces projets de d\u00e9molitions remontaient \u00e0 l&rsquo;attentat de la rue Saint-Nicaise en 1800, \u00e0 la suite duquel Bonaparte avait d\u00e9cid\u00e9, pour plus de s\u00e9curit\u00e9, de faire raser une partie des petites rues et immeubles serr\u00e9s qui s&rsquo;amassaient entre le Louvre et les Tuileries. En 1808 \u00e9tait ainsi apparue la rue du Carrousel, qui joignait ces deux grands ensembles. Quelques ann\u00e9es auparavant, l&rsquo;arc de triomphe du Carrousel avait \u00e9t\u00e9 \u00e9rig\u00e9 sur l&#8217;emplacement r\u00e9cemment d\u00e9gag\u00e9.<\/p>\n<p>On peut comprendre que, devant un tel chantier permanent, les dessinateurs des sc\u00e8nes et plans parisiens de l&rsquo;\u00e9poque aient pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 soit laisser courir leur imagination, soit faire figurer un grand vide \u00e0 cet emplacement. En tout cas, la plupart nomment rue du Doyenn\u00e9 ce qui \u00e9tait en r\u00e9alit\u00e9 l&rsquo;impasse.<\/p>\n<p>Le plan le plus fid\u00e8le du quartier, que Claude Pichois et Michel Brix proposent dans leur biographie de Nerval, est celui de Jacoubet (1836), ou encore celui de Vasserot-Bellanger (1836), tous deux consultables \u00e0 la Biblioth\u00e8que historique de la Ville de Paris.<\/p>\n<figure id=\"attachment_2412\" aria-describedby=\"caption-attachment-2412\" style=\"width: 300px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/www.terresdecrivains.com\/IMG\/jpg\/Plan_Vasserot_Bellanger_1836.jpg\"><img loading=\"lazy\" class=\" aligncenter size-full wp-image-2412\" title=\"Plan Vasserot-Bellanger de 1836 (consultable \u00e0 la Biblioth\u00e8que historique de la Ville de Paris). Cliquez pour agrandir.\" src=\"https:\/\/www.terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2010\/11\/jpg_Plan_Vasserot_Bellanger_1836_300.jpg\" alt=\"Plan Vasserot-Bellanger de 1836 (consultable \u00e0 la Biblioth\u00e8que historique de la Ville de Paris). Cliquez pour agrandir.\" width=\"300\" height=\"226\" align=\"middle\" \/><\/a><figcaption id=\"caption-attachment-2412\" class=\"wp-caption-text\">Plan Vasserot-Bellanger de 1836 (consultable \u00e0 la Biblioth\u00e8que historique de la Ville de Paris). Cliquez pour agrandir.<\/figcaption><\/figure>\n<figure id=\"attachment_2413\" aria-describedby=\"caption-attachment-2413\" style=\"width: 300px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/www.terresdecrivains.com\/IMG\/jpg\/Plan_Vasserot_Bellanger_1836_bis.jpg\"><img loading=\"lazy\" class=\" aligncenter size-full wp-image-2413\" title=\"Plan Vasserot-Bellanger de 1836 (autre vue). Cliquez pour agrandir.\" src=\"https:\/\/www.terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2010\/11\/jpg_Plan_Vasserot_Bellanger_1836_bis_300.jpg\" alt=\"Plan Vasserot-Bellanger de 1836 (autre vue). Cliquez pour agrandir.\" width=\"300\" height=\"225\" align=\"middle\" \/><\/a><figcaption id=\"caption-attachment-2413\" class=\"wp-caption-text\">Plan Vasserot-Bellanger de 1836 (autre vue). Cliquez pour agrandir.<\/figcaption><\/figure>\n<figure id=\"attachment_2414\" aria-describedby=\"caption-attachment-2414\" style=\"width: 300px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/www.terresdecrivains.com\/IMG\/jpg\/Jacoubet_1000.jpg\"><img loading=\"lazy\" class=\" aligncenter size-full wp-image-2414\" title=\"Plan de Jacoubet de 1836 (BHVP). La diff\u00e9rence avec le plan pr\u00e9c\u00e9dent est que les b\u00e2timents li\u00e9s aux \u00c9curies du roi ont disparu. Etait-ce le cas en 1836 ? Cliquez pour agrandir.\" src=\"https:\/\/www.terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2010\/11\/jpg_Jacoubet_300.jpg\" alt=\"Plan de Jacoubet de 1836 (BHVP). La diff\u00e9rence avec le plan pr\u00e9c\u00e9dent est que les b\u00e2timents li\u00e9s aux \u00c9curies du roi ont disparu. Etait-ce le cas en 1836 ? Cliquez pour agrandir.\" width=\"300\" height=\"225\" align=\"middle\" \/><\/a><figcaption id=\"caption-attachment-2414\" class=\"wp-caption-text\">Plan de Jacoubet de 1836 (BHVP). La diff\u00e9rence avec le plan pr\u00e9c\u00e9dent est que les b\u00e2timents li\u00e9s aux \u00c9curies du roi ont disparu. Etait-ce le cas en 1836 ? Cliquez pour agrandir.<\/figcaption><\/figure>\n<p>Le n\u00b03 \u00e9tait la derni\u00e8re maison au fond de l&rsquo;impasse, donnant \u00e0 la fois sur l&rsquo;impasse et, de l&rsquo;autre c\u00f4t\u00e9, sur la galerie du mus\u00e9e du Louvre et le \u00ab\u00a0Gymnase des pages, sans doute \u00e0 cette \u00e9poque devenu un terrain vague o\u00f9 gisaient, au milieu d&rsquo;une jungle d&rsquo;orties et le long de la rue des Orties, les pierres qui devaient servir \u00e0 l&rsquo;ach\u00e8vement du Louvre, la longue galerie au bord de l&rsquo;eau presque toujours plong\u00e9e dans l&rsquo;ombre de ce c\u00f4t\u00e9\u00a0\u00bb (Henri Boucher).<\/p>\n<p>La maison du 3 avait une cour commune avec celle du n\u00b0 5.<\/p>\n<p>En face du 3 demeurait le secr\u00e9taire du commissaire de police du quartier des Tuileries, M. Marut de Lombre. Par leurs fen\u00eatres, les artistes du n\u00b03 essayaient d&rsquo;attendrir la femme du secr\u00e9taire, Joseph Prunaire (leur fils Alfred deviendra graveur et illustrera les <em>Petits ch\u00e2teaux de Boh\u00eame<\/em> et les <em>Promenades et souvenirs)<\/em>.<\/p>\n<figure id=\"attachment_2415\" aria-describedby=\"caption-attachment-2415\" style=\"width: 650px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" class=\" aligncenter size-full wp-image-2415\" title=\"Vue du quartier des Tuileries en 1846. Il est bien difficile de rep\u00e9rer l'impasse du Doyenn\u00e9.\" src=\"https:\/\/www.terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2010\/11\/jpg_Vue_de_Paris_en_1846_550.jpg\" alt=\"Vue du quartier des Tuileries en 1846. Il est bien difficile de rep\u00e9rer l'impasse du Doyenn\u00e9.\" width=\"650\" height=\"413\" align=\"middle\" srcset=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2010\/11\/jpg_Vue_de_Paris_en_1846_550.jpg 650w, https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2010\/11\/jpg_Vue_de_Paris_en_1846_550-300x191.jpg 300w\" sizes=\"(max-width: 650px) 94vw, 650px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-2415\" class=\"wp-caption-text\">Vue du quartier des Tuileries en 1846. Il est bien difficile de rep\u00e9rer l&rsquo;impasse du Doyenn\u00e9.<\/figcaption><\/figure>\n<figure id=\"attachment_2416\" aria-describedby=\"caption-attachment-2416\" style=\"width: 650px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" class=\" aligncenter size-full wp-image-2416\" title=\"La place du Carrousel en 1849. Au fond, le Louvre\" src=\"https:\/\/www.terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2010\/11\/jpg_P1020179_650.jpg\" alt=\"La place du Carrousel en 1849. Au fond, le Louvre\" width=\"650\" height=\"347\" align=\"middle\" srcset=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2010\/11\/jpg_P1020179_650.jpg 650w, https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2010\/11\/jpg_P1020179_650-300x160.jpg 300w\" sizes=\"(max-width: 650px) 94vw, 650px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-2416\" class=\"wp-caption-text\">La place du Carrousel en 1849. Au fond, le Louvre<\/figcaption><\/figure>\n<p><strong>Quelques extraits des <em>Petits ch\u00e2teaux de Boh\u00eame<\/em> de G\u00e9rard de Nerval.<\/strong><\/p>\n<p><em>C\u2019\u00e9tait dans notre logement commun de la rue du Doyenn\u00e9 que nous nous \u00e9tions reconnus fr\u00e8res \u2014 Arcades ambo \u2014 dans un coin du vieux Louvre des M\u00e9dicis, \u2014 bien pr\u00e8s de l\u2019endroit o\u00f9 exista l\u2019ancien h\u00f4tel de Rambouillet.<br \/>\nLe vieux salon du doyen, aux quatre portes \u00e0 deux battants, au plafond histori\u00e9 de rocailles et de guivres, restaur\u00e9 par les soins de tant de peintres, nos amis, qui sont depuis devenus c\u00e9l\u00e8bres, retentissait de nos rimes galantes, travers\u00e9es souvent par les rires joyeux ou les folles chansons des Cydalises.<br \/>\nLe bon Rogier souriait dans sa barbe, du haut d\u2019une \u00e9chelle, o\u00f9 il peignait sur un des trois dessus de glace un Neptune, \u2014 qui lui ressemblait ! Puis les deux battants d\u2019une porte s\u2019ouvraient avec fracas : c\u2019\u00e9tait Th\u00e9ophile. On s\u2019empressait de lui offrir un fauteuil Louis XIII, et il lisait, \u00e0 son tour, ses premiers vers, \u2014 pendant que Cydalise Ire, ou Lorry, ou Victorine, se balan\u00e7aient nonchalamment dans le hamac de Sarah la blonde, tendu \u00e0 travers l\u2019immense salon.<br \/>\nQuelqu\u2019un de nous se levait parfois, et r\u00eavait \u00e0 des vers nouveaux en contemplant, des fen\u00eatres, les fa\u00e7ades sculpt\u00e9es de la galerie du Mus\u00e9e, \u00e9gay\u00e9e de ce c\u00f4t\u00e9 par les arbres du man\u00e8ge.<br \/>\n\u2026<\/em><\/p>\n<p>Vers cette \u00e9poque, je me suis trouv\u00e9, un jour encore, assez riche pour enlever aux d\u00e9molisseurs et racheter deux lots de boiseries du salon, peintes par nos amis. J\u2019ai les deux dessus de porte de Nanteuil ; le Watteau de Vattier, sign\u00e9 ; les deux panneaux longs de Corot, repr\u00e9sentant deux Paysages de Provence ; le Moine rouge, de Ch\u00e2tillon, lisant la Bible sur la hanche cambr\u00e9e d\u2019une femme nue, qui dort ; les Bacchantes, de Chass\u00e9riau, qui tiennent des tigres en laisse comme des chiens ; les deux trumeaux de Rogier, o\u00f9 la Cydalise, en costume r\u00e9gence, en robe de taffetas feuille morte, \u2014 triste pr\u00e9sage, \u2014 sourit, de ses yeux chinois, en respirant une rose, en face du portrait en pied de Th\u00e9ophile, v\u00eatu \u00e0 l\u2019espagnole. L\u2019affreux propri\u00e9taire, qui demeurait au rez-de-chauss\u00e9e, mais sur la t\u00eate duquel nous dansions trop souvent, apr\u00e8s deux ans de souffrances, qui l\u2019avaient conduit \u00e0 nous donner cong\u00e9 a fait couvrir depuis toutes ces peintures d\u2019une couche \u00e0 la d\u00e9trempe, parce qu\u2019il pr\u00e9tendait que les nudit\u00e9s l\u2019emp\u00eachaient de louer \u00e0 des bourgeois. \u2014 Je b\u00e9nis le sentiment d\u2019\u00e9conomie qui l\u2019a port\u00e9 \u00e0 ne pas employer la peinture \u00e0 l\u2019huile.<\/p>\n<p>\u2026<\/p>\n<p><em>Comme il \u00e9tait impossible de dormir dans ces vieilles maisons, \u00e0 cause des suites chor\u00e9graphiques de nos soupers, \u2014 munis du silence complaisant des autorit\u00e9s voisines, \u2014 nous invitions tous les locataires distingu\u00e9s de l\u2019impasse, et nous avions une collection d\u2019attach\u00e9s d\u2019ambassades, en habits bleus \u00e0 boutons d\u2019or, de jeunes conseillers d\u2019\u00c9tat, de r\u00e9f\u00e9rendaires en herbe, dont la nich\u00e9e d\u2019hommes d\u00e9j\u00e0 s\u00e9rieux, mais encore aimables, se d\u00e9veloppait dans ce p\u00e2t\u00e9 de maisons, en vue des Tuileries et des minist\u00e8res voisins. Ils n\u2019\u00e9taient re\u00e7us qu\u2019\u00e0 condition d\u2019amener des femmes du monde, prot\u00e9g\u00e9es, si elles y tenaient, par des dominos et des loups.<br \/>\nLes propri\u00e9taires et les concierges \u00e9taient seuls condamn\u00e9s \u00e0 un sommeil troubl\u00e9 \u2014 par les accords d\u2019un orchestre de guinguette choisi \u00e0 dessein, et par les bonds \u00e9perdus d\u2019un galop monstre, qui, de la salle aux escaliers et des escaliers \u00e0 l\u2019impasse, allait aboutir n\u00e9cessairement \u00e0 une petite place entour\u00e9e d\u2019arbres, \u2014 o\u00f9 un cabaret s\u2019\u00e9tait abrit\u00e9 sous les ruines imposantes de la chapelle du Doyenn\u00e9.<\/em><\/p>\n<p><strong>Le quartier du Doyenn\u00e9 d\u00e9crit dans <em>La Cousine Bette<\/em>.<\/strong><\/p>\n<p>Lisbeth Fisher, surnomm\u00e9e la cousine Bette dans le roman de Balzac, habite la rue du Doyenn\u00e9 en 1838. Mais la description que le romancier donne du quartier est un peu fantaisiste (dans <em>Balzac arch\u00e9ologue de Paris<\/em>, Jeanine Guichardet montre que Balzac s&#8217;emm\u00eale un peu dans sa description des alentours de la rue du Doyenn\u00e9, et en fait un quartier plus sinistre qu&rsquo;il n&rsquo;\u00e9tait en r\u00e9alit\u00e9).<\/p>\n<p>Extrait de <em>La Cousine Bette<\/em> (1846).<\/p>\n<p><em>XIII. Le Louvre<\/em><\/p>\n<p>A sept heures, le baron, voyant son fr\u00e8re, son fils, la baronne et Hortense occup\u00e9s tous \u00e0 faire le whist, partit pour aller applaudir sa ma\u00eetresse \u00e0 l\u2019Op\u00e9ra en emmenant la cousine Bette, qui demeurait rue du Doyenn\u00e9, et qui pr\u00e9textait de la solitude de ce quartier d\u00e9sert pour toujours s\u2019en aller apr\u00e8s le d\u00eener. Les Parisiens avoueront tous que la prudence de la vieille fille \u00e9tait rationnelle.<\/p>\n<p>L\u2019existence du p\u00e2t\u00e9 de maisons qui se trouvent le long du vieux Louvre est une de ces protestations que les Fran\u00e7ais aiment \u00e0 faire contre le bon sens, pour que l\u2019Europe se rassure sur la dose d\u2019esprit qu\u2019on leur accorde et ne les craigne plus. Peut-\u00eatre avons-nous l\u00e0, sans le savoir, quelque grande pens\u00e9e politique. Ce ne sera certes pas un hors-d\u2019\u0153uvre que de d\u00e9crire ce coin du Paris actuel, plus tard on ne pourrait pas l\u2019imaginer ; et nos neveux, qui verront sans doute le Louvre achev\u00e9, se refuseraient \u00e0 croire qu\u2019une pareille barbarie ait subsist\u00e9 pendant trente-six ans, au c\u0153ur de Paris, en face du palais o\u00f9 trois dynasties ont re\u00e7u, pendant ces derni\u00e8res trente-six ann\u00e9es, l\u2019\u00e9lite de la France et celle de l\u2019Europe.<\/p>\n<p>Depuis le guichet qui m\u00e8ne au pont du Carrousel jusqu\u2019\u00e0 la rue du Mus\u00e9e, tout homme venu, ne f\u00fbt-ce que pour quelques jours, \u00e0 Paris, remarque une dizaine de maisons \u00e0 fa\u00e7ades ruin\u00e9es, o\u00f9 les propri\u00e9taires d\u00e9courag\u00e9s ne font aucune r\u00e9paration, et qui sont le r\u00e9sidu d\u2019un ancien quartier en d\u00e9molition depuis le jour o\u00f9 Napol\u00e9on r\u00e9solut de terminer le Louvre. La rue et l\u2019impasse du Doyenn\u00e9, voil\u00e0 les seules voies int\u00e9rieures de ce p\u00e2t\u00e9 sombre et d\u00e9sert o\u00f9 les habitants sont probablement des fant\u00f4mes, car on n\u2019y voit jamais personne. Le pav\u00e9, beaucoup plus bas que celui de la chauss\u00e9e de la rue du Mus\u00e9e, se trouve au niveau de celui de la rue Froidmanteau. Enterr\u00e9es d\u00e9j\u00e0 par l\u2019exhaussement de la place, ces maisons sont envelopp\u00e9es de l\u2019ombre \u00e9ternelle que projettent les hautes galeries du Louvre, noircies de ce c\u00f4t\u00e9 par le souffle du nord. Les t\u00e9n\u00e8bres, le silence, l\u2019air glacial, la profondeur caverneuse du sol concourent \u00e0 faire de ces maisons des esp\u00e8ces de cryptes, des tombeaux vivants.<\/p>\n<p>Lorsqu\u2019on passe en cabriolet le long de ce demi-quartier mort, et que le regard s\u2019engage dans la ruelle du Doyenn\u00e9, l\u2019\u00e2me a froid, l\u2019on se demande qui peut demeurer l\u00e0, ce qui doit s\u2019y passer le soir, \u00e0 l\u2019heure o\u00f9 cette ruelle se change en coupe-gorge, et o\u00f9 les vices de Paris, envelopp\u00e9s du manteau de la nuit, se donnent pleine carri\u00e8re. Ce probl\u00e8me, effrayant par lui-m\u00eame, devient horrible quand on voit que ces pr\u00e9tendues maisons ont pour ceinture un marais du c\u00f4t\u00e9 de la rue de Richelieu, un oc\u00e9an de pav\u00e9s moutonnants du c\u00f4t\u00e9 des Tuileries, de petits jardins, des baraques sinistres du c\u00f4t\u00e9 des galeries, et des steppes de pierres de taille et de d\u00e9molitions du c\u00f4t\u00e9 du vieux Louvre. Henri III et ses mignons qui cherchent leurs chausses, les amants de Marguerite qui cherchent leurs t\u00eates doivent danser des sarabandes au clair de la lune dans ces d\u00e9serts domin\u00e9s par la vo\u00fbte d\u2019une chapelle encore debout, comme pour prouver que la religion catholique, si vivace en France, survit \u00e0 tout. Voici bient\u00f4t quarante ans que le Louvre crie par toutes les gueules de ces murs \u00e9ventr\u00e9s, de ces fen\u00eatres b\u00e9antes : \u00ab\u00a0Extirpez ces verrues de ma face !\u00a0\u00bb On a sans doute reconnu l\u2019utilit\u00e9 de ce coupe-gorge, et la n\u00e9cessit\u00e9 de symboliser au c\u0153ur de Paris l\u2019alliance intime de la mis\u00e8re et de la splendeur qui caract\u00e9rise la reine des capitales. Aussi ces ruines froides, au sein desquelles le journal des l\u00e9gitimistes a commenc\u00e9 la maladie dont il meurt, les inf\u00e2mes baraques de la rue du Mus\u00e9e, l\u2019enceinte en planches des \u00e9talagistes qui la garnissent auront-elles la vie plus longue et plus prosp\u00e8re que celle de trois dynasties peut-\u00eatre !<\/p>\n<p>D\u00e8s 1823, la modicit\u00e9 du loyer dans des maisons condamn\u00e9es \u00e0 dispara\u00eetre avait engag\u00e9 la cousine Bette \u00e0 se loger l\u00e0, malgr\u00e9 l\u2019obligation que l\u2019\u00e9tat du quartier lui faisait de se retirer avant la nuit close. Cette n\u00e9cessit\u00e9 s\u2019accordait, d\u2019ailleurs, avec l\u2019habitude villageoise qu\u2019elle avait conserv\u00e9e de se coucher et de se lever avec le soleil, ce qui procure aux gens de la campagne de notables \u00e9conomies sur l\u2019\u00e9clairage et le chauffage. Elle demeurait donc dans une des maisons auxquelles la d\u00e9molition du fameux h\u00f4tel occup\u00e9 par Cambac\u00e9r\u00e8s a rendu la vue de la place.<\/p>\n<p>XIV. O\u00f9 l\u2019on voit que les jolies femmes se trouvent sous les pas des libertins comme les dupes vont au-devant des fripons<\/p>\n<p>Au moment o\u00f9 le baron Hulot mit la cousine de sa femme \u00e0 la porte de cette maison, en lui disant : \u00ab\u00a0Adieu, cousine !\u00a0\u00bb une jeune femme, petite, svelte, jolie, mise avec une grande \u00e9l\u00e9gance, exhalant un parfum choisi, passait entre la voiture et la muraille pour entrer aussi dans la maison. Cette dame \u00e9changea, sans aucune esp\u00e8ce de pr\u00e9m\u00e9ditation, un regard avec le baron, uniquement pour voir le cousin de la locataire ; mais le libertin ressentit cette vive impression qu\u2019\u00e9prouvent tous les Parisiens quand ils rencontrent une jolie femme qui r\u00e9alise, comme disent les entomologistes, leurs desiderata, et il mit avec une sage lenteur un de ses gants avant de remonter en voiture, pour se donner une contenance et pouvoir suivre de l\u2019oeil la jeune femme, dont la robe \u00e9tait agr\u00e9ablement balanc\u00e9e par autre chose que ces affreuses et frauduleuses sous-jupes en crinoline.<\/p>\n<p><em>&#8211; Voil\u00e0, se disait-il, une gentille petite femme de qui je ferais volontiers le bonheur, car elle ferait le mien <\/em>(il s&rsquo;agit de Mme Marneffe).<\/p>\n<p><img class=\"caption\" title=\"Le quartier du Louvre et des Tuileries sur le plan de Turgot (1737). On distingue au-dessus de la place du Carrousel l'h\u00f4tel de Cr\u00e9quy-Cambac\u00e9r\u00e8s, dont il est question dans &lt;em&gt;La Cousine Bette&lt;\/em&gt;.\" src=\"https:\/\/www.terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2010\/11\/jpg_P1020177_800.jpg\" alt=\"Le quartier du Louvre et des Tuileries sur le plan de Turgot (1737). On distingue au-dessus de la place du Carrousel l'h\u00f4tel de Cr\u00e9quy-Cambac\u00e9r\u00e8s, dont il est question dans &lt;em&gt;La Cousine Bette&lt;\/em&gt;.\" align=\"middle\" \/><\/p>\n<p>Sources :<br \/>\n&#8211; <em>G\u00e9rard de Nerval<\/em>, biographie par Claude Pichois et Michel Brix, \u00e9ditions Fayard.<br \/>\n&#8211; \u00ab Nerval, Watteau et le p\u00e9lerinage \u00e0 l&rsquo;\u00eele de Cyth\u00e8re \u00bb, article de Michel Brix (michel.brix (at) fundp.ac.be) disponible sur http:\/\/www.akademiai.com\/content\/05w2524785672221\/<br \/>\n&#8211; <em>La Boh\u00eame galante<\/em> (1852) et <em>Petits ch\u00e2teaux de Boh\u00eame<\/em> (1853), de G\u00e9rard de Nerval,<br \/>\n&#8211; Ars\u00e8ne Houssaye, <em>Les Confessions. Souvenirs d&rsquo;un demi-si\u00e8cle 1830-1880<\/em>, Paris, Dentu, 1885 (Houssaye, avec une nostalgie pas tout \u00e0 fait d\u00e9sint\u00e9ress\u00e9e, s&rsquo;est r\u00e9appropri\u00e9 la boh\u00e8me du Doyenn\u00e9 dans ses m\u00e9moires),<br \/>\n&#8211; \u00ab\u00a0<a href=\"https:\/\/www.terresdecrivains.org\/index.php\/2010\/11\/12\/un-petit-point-de-topographie-romantique\/\">Un petit point de topographie romantique<\/a>\u00ab\u00a0, article de Henri Boucher paru dans le <em>Bulletin du bibliophile<\/em>, janvier-f\u00e9vrier 1918.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>En 1835, le 3 impasse du Doyenn\u00e9 accueille une boh\u00eame ais\u00e9e, autour du peintre Camille Rogier et de [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":2412,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[2],"tags":[31],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/902"}],"collection":[{"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=902"}],"version-history":[{"count":5,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/902\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":5729,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/902\/revisions\/5729"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/2412"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=902"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=902"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=902"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}