Chez Grosse-tête

Un autre restaurant du célèbre passage de l’Opéra dont il ne reste rien.


Le restaurant Grosse-Tête

Le passage de l'Opéra.
Le passage de l’Opéra.

Par Bernard Vassor

Ce restaurant pouvait rivaliser avec les « Cafés de Paris » et « Café Leblond » du boulevard des Italiens pour sa cuisine gastronomique. Il était fréquenté au déjeuner par les boursiers et les gens de lettres, et le soir, par la bohème galante.

Nous entrons dans « Le parc aux biches et le parc aux Daims », comme le dit plaisamment Alfred Delvau, qui au passage nous met en garde à propos des soupers :

«Je ne dis pas cela pour le restaurant Grosse-Tête, mais seulement parce que je ne songe en ce moment à cette importante recommandation – se défier de ces grands diables de poulets à longues pattes noires qu’on ne sert qu’à minuit dans la plupart des restaurants du boulevard. C’est une variété de volailles que cultivent les éleveurs de la banlieue en vue des soupeurs parisiens, gens qui gaspillent les vins et les mets qu’on apporte sur leur tables (…) ».

Les habitués sont : les frères Goncourt, Paul de Saint-Victor, Aurélien Scholl, les vaudevillistes des boulevards, et le cortège des petites actrices en quête d’un rôle ou d’une aventure.

À partir de minuit, le vin aidant, c’est le brouhaha, les cris, les rires, et les chansons paillardes résonnent dans le passage des Panoramas.