« Nicolas Le Floch », le tableau de Paris de Jean-François Parot, de Pascale Arizmendi

Avec Le roman policier historique. Histoire et polar : autour d’une rencontre, paru en novembre 2009, « Nicolas Le Floch », le tableau de Paris de Jean-François Parot, publié en février 2010, montre l’intérêt croissant que les critiques et analystes portent au polar historique.

Cet ouvrage est issu de la thèse soutenue en juin 2009 par Pascale Arizmendi (arizmendi.ruquet – at – orange.fr), professeur agrégée de lettres, sur la représentation du Paris des Lumières dans la série des enquêtes de Nicolas Le Floch écrite par Jean-François Parot.

36784.pngL’ouvrage s’intéresse aux mutations urbaines qui accompagnent les sept premiers épisodes de la série, dont les évènements s’étendent sur une quinzaine d’année. Les classes sociales, les mentalités et les mœurs, les lieux de pouvoir et de misère, etc., sont l’objet d’analyses détaillées. On parvient à lire leur histoire et leur évolution au fil des enquêtes de Nicolas Le Floch, dans ces années qui précèdent la Révolution française.

L’angle de l’ouvrage est cependant plus large qu’il ne semble. Il aborde également d’autres questions qui passionneront les amis de Nicolas Le Floch ainsi que tous les amateurs de polars historiques : les manières dont, au fil des épisodes, se transforment peu à peu certains personnages, faisant de la série Le Floch – entre autres choses – un grand roman d’apprentissage ; la modernité de certains héros par rapport à leur époque ; l’utilisation du langage par le romancier (comment restituer la langue du XVIIIe siècle sans alourdir les dialogues et le récit) ; une étude minutieuse est proposée sur la façon dont Parot puise dans des textes de l’époque et les retraduit avec son propre style ; la transformation de la police sous l’impulsion du lieutenant général La Reynie ; les rapports entre la fiction et la vérité historique ; le travail du romancier sur le matériau historique…

Sur toutes ces thématiques, les analyses de Pascale Arizmendi, écrites avec une très belle plume, sont précises et éclairantes. Elles donnent envie de lire et de relire l’œuvre de Parot.

Elle écrit page 142 : « Diplomate, J.-F. Parot rappelle souvent que la mission du diplomate est de décrire la réalité mouvante de l’histoire en train de se faire. C’est précisément cette posture qu’il adopte face à la société parisienne du XVIIIe siècle et la représentation qu’il en donne, extrêmement attentive à rendre les moindres nuances du vivant, l’actualise sous les yeux du lecteur. » Son ouvrage est une impressionnante illustration de tout cela.

« Nicolas Le Floch », le tableau de Paris de Jean-François Parot, Pascale Arizmendi, Presses Universitaires de Perpignan, 2010, 400 pages, 25 euros.

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    jcamus

    « Nicolas Le Floch », le tableau de Paris de Jean-François Parot, de Pascale Arizmendi
    J’étais présent à la soutenance de thèse de Madame Arizmendi à l’Université Via Domitia de Perpignan.
    J’étais là à double titre.
    Je suis un passionné des aventures de Nicolas Le Floch et ma belle fille, Mademoiselle Anne Chamayou, Professeur des Universités était un des quatre membres du jury.
    J’ai passé des heures enchanteresses à écouter cette soutenance de thèse. Les examinateurs étaient conquis et Madame Arizmendi a fait une prestation de haut vol.
    J’ai immortalisé ce moment par de nombreuses photos et j’ai filmé une partie de la thèse.
    Jean CAMUS CAMPAN

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